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Mission
Baquiast - Propositions sur les apports d'Internet à la modernisation
du fonctionnement de l'Etat.
Propositions |
* Par micro, nous entendons évidemment l'ordinateur et son dispositif de communication (modem)
Beaucoup de fonctionnaires s'interrogent encore sur l'intérêt pour eux de posséder et d'utiliser un micro.
Rappelons quelques principes simples s'appliquant aujourd'hui à tous sans exception:
- il deviendra vite inacceptable de ne pas utiliser un micro, et a fortiori de ne pas savoir s'en servir. C'est non seulement l'accès à Internet qui en dépend, mais le travail en commun dans une structure moderne (voir messagerie, intranet). Imposer à son entourage le passage par les solutions traditionnelles, sous prétexte que l'on ne dispose ou n'utilise pas de micro, serait aussi inexcusable qu'organiser des réunions de travail à son domicile sous prétexte que l'on n'a pas envie de se déplacer.
- utiliser un micro suppose un apprentissage qu'il faut accepter de subir, suivi d'un entraînement quotidien. Il faut posséder les bases de la dactylographie au clavier, du système d'exploitation, en insistant sur la gestion des fichiers, du traitement de texte et de l'édition html, qui permet de produire des textes immédiatement disponibles pour mise en ligne. L'on peut se former seul, mais l'on gagne beaucoup de temps en disposant de conseils, pour lesquels le bénévolat de proximité s'impose de lui-même. La formation dispensée par l'administration n'est évidemment pas à exclure, mais elle se doit d'être quasi-permanente, sous forme notamment d'assistance à l'utilisateur (hot line).
- l'administration doit donc impérativement équiper et câbler le maximum de ses agents. Le taux d'un micro par agent, considéré il y a un an encore comme un rêve impossible, ne doit pas être considéré comme abusif. Pour certains pays et services, il est même d'1,5 micros par agent. Il faut raisonner en ce domaine comme avec les postes téléphoniques. Luxe du directeur il y a 30 ans, le terminal téléphonique est aujourd'hui disponible sur chaque bureau, via le standard. Beaucoup en ont 2. Il faudra consacrer quelques milliards de F en 3 ou 4 ans à cet objectif. Rapporté à la masse des dépenses de fonctionnement de l'Etat, et compte tenu des économies qui pourront être générées si ces investissements sont bien utilisés, la dépense n'a rien d'exorbitant. Ce n'est pas ce seul montant qu'il faut considérer, mais le coût et le délai global de la production, ressource humaine incluse.
- ceci dit, les agents non encore équipés et disposant d'une rémunération correcte ne devraient par arguer de la défaillance de l'administration pour ne pas s'équiper eux-mêmes, en acquérant un micro, de préférence portable, pour leur usage propre. Le fonctionnaire refuse-t-il d'aller au bureau au prétexte que l'administration ne lui fournit pas de voiture? Ultérieurement 2 micros, l'un de bureau et l'autre portable, permettront de répartir le travail beaucoup plus agréablement, en inaugurant en douceur les pratiques du télétravail.
- Il ne suffit pas d'avoir un micro, il faut l'utiliser en permanence. L'on voit encore trop souvent des rédacteurs mobiliser des temps de secrétariat considérables, et retarder en proportion les délais de réponses, en faisant des minutes à la main, alors qu'ils disposent d'un micro sur leur bureau. Les traitements de textes sont suffisamment conviviaux aujourd'hui pour que chacun, directeur ou inspecteur général inclu, s'en serve lui-même. Economisant non seulement du temps de secrétariat, mais de leur temps propre, et rédigeant (composant) d'ailleurs plus efficacement, ils se rendront davantage disponibles pour les tâches méritant leur attention. Le dédain, affiché souvent comme un snobisme, d'un chef pour la "dactylographie", ne devrait plus être accepté.
- en matière de technologie micro, il faut selon nous évacuer les fantasmes selon lesquels les micros ou terminaux dits de réseaux (networks computers) à configuration réduite, ne demanderont plus d'apprentissage de la part de l'utilisateur.. Celui-ci devra toujours gérer des fichiers et des procédures. Ce qu'il apprend sur un micro actuel ne sera pas perdu. L'on n'attendra donc pas l'arrivée sur le marché de ces nouveaux produits pour engager des plans d'équipement. Il faudra par contre rester attentifs à cette arrivée, de façon à en tirer immédiatement profit. Une stricte interopérabilité entre logiciels facilitera le passage, d'où l'intérêt, à nouveau, des logiciels libres (qui permettent également de donner une deuxième vie aux micros anciens, plutôt que les envoyer à la casse)..
PROPOSITION: annoncer la décision de doter chaque agent en micro-ordinateurs connectés ou équivalents, sur 3 ans. L'équipement se fera évidemment sous la responsabilité de chacun des ministères, et en le liant à des projets de services ou applications de terrain en assurant la bonne utilisation. Mettre en place les politiques de financement, d'acquisition et de formation nécessaires. Niveau de responsabilité: Gouvernement, ministres.