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Mission
Baquiast - Propositions sur les apports d'Internet à la modernisation
du fonctionnement de l'Etat.
Propositions |
Nous avons évoqué à plusieurs reprises le fait que la généralisation de l'Internet dans l'administration imposera des dépenses d'investissement incontournables, si l'on veut récupérer le retard pris en matière d'équipement (micro-ordinateurs et câblage) par la plupart des administrations, surtout en ce qui concerne leurs services extérieurs.
Nous indiquons dans le 1.3.2. du rapport:
De plus, partout, la part consacrée aux technologies Internet n'atteint pas encore un pourcentage significatif . Les pourcentages ne changeront pas sensiblement si rien n'est prévu. Dans les services dits pauvres, qui ne sont pas les moins utiles, le taux de dotation en micro-ordinateurs modernes ne dépasse guère (les chiffres précis sont inconnus) 1 pour 10 à 15 agents. La plupart de ces machines sont anciennes et ne sont pas connectées à Internet.
Nous ne citerons pas de chiffres ici, mais une étude sérieuse et objective s'impose. Quant aux dépenses à consentir, dans l'état des technologies du marché en 1998, l'on ne peut tricher avec les chiffres. Pour équiper à neuf 100 personnes, aujourd'hui, il faut compter globalement 1,8 à 2MF* hors formation. Les coûts baisseront, les matériels existants pourront être éventuellement reconditionnés, mais l'ordre de grandeur ne changera sans doute pas dans les 2 ans à venir, où l'effort le plus substantiel est à consentir.
*minimum: matériels et cäblage 15.000x100, logiciels 10.000x100, serveur 80.000, sécurité 100.000 , divers.
Ceci ne veut pas dire qu'il ne faille pas redéployer dépenses et économies, au sein d'un budget global stabilisé, afin de ne pas augmenter les dépenses de l'Etat, mais le redéploiement ne peut se faire, dans l'immédiat, à l'intérieur du seul chapitre 37-95 consacré aux technologies de l'information.
Nous ne donnerons pas à ce stade d'estimation des effectifs à équiper ou rééquiper dans les 2 à 3 prochaines années, hors personnels enseignants qui relèvent d'une autre logique: 300.000, 500.000, 800.000. Disons seulement que l'administration serait mal venue à refuser l'équipement minimum à tels ou tels de ses agents, sous prétexte d'économies, alors que le mot d'ordre gouvernemental est d'accélérer l'entrée dans la société de l'information, et que l'on fait à juste titre du micro connecté l'instrument indispensable des nouvelles méthodes de travail et d'efficacité.
Ce seraient donc au minimum 2 à 3 milliards de F chaque année pendant 3 ans qu'il faudrait en principe consacrer aux investissements indispensables. A ces chiffres, il faudrait évidemment opposer le coût du non-équipement, moins visible mais qui n'en pèserait pas moins sur l'économie nationale.
Les entreprises performantes ont depuis déjà quelques années procédé à des investissements analogues. Pour elles, il s'agit non d'une dépense mais d'une façon de gagner de l'argent, d'une part en faisant des économies sur les postes de dépense traditionnels, d'autre part en se donnant de nouvelles activités rentables. Pour financer l'investissement, elles font souvent appel à des prêts, qui sont remboursés lorsque les gains de productivité espérés ont été obtenus.
Par ailleurs, elles s'imposent des règles strictes leur permettant de minorer les dépenses en gérant intelligemment les achats (achats groupés, respect des standards...) et en évitant les pertes de productivité à l'usage (refus des logiciels et applications non conformes aux standards, évaluation précise des modes d'utilisation, etc).
L'administration française pourrait-elle procéder de la sorte? Il faudrait tout au moins y réfléchir sérieusement, en s'affranchissant du poids des habitudes devenues autant de handicaps en matière de gestion des crédits informatiques, et de passation de contrats et commandes. Sans attendre, il conviendra d'augmenter sensiblement, sans préjudice de redéploiement, les budgets informatiques consacrés à l'acquisition de micros et au câblage, ce dès l'exercice prochain.
PROPOSITION: mettre en place au niveau gouvernemental, avec la participation d'experts du secteur privé, un groupe de travail sur le thème du financement et des procédures d'achat intéressant les investissements de micro-ordinateurs, réseaux et logiciels (voir la question des logiciels libres). Niveau de responsabilité: Premier ministre, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.