La construction de lEurope et le développement des coopérations internationales multiplient les besoins de traduction au sein de ladministration. Aujourdhui, ladministration française est mal préparée à faire face à ces nouveaux besoins. En effet, seuls le ministère de léconomie et des finances et le ministère des affaires étrangères disposent de services de traduction organisés. Il est essentiel que ces besoins soient mieux pris en compte.
Lutilisation doutils logiciels daide à la traduction : traduction automatique, mémoires de traduction, dictionnaires multilingues, etc. pourraient faciliter un certain nombre de tâches de traduction et, notamment, faciliter la compréhension de textes rédigés en langue étrangère.
Ce projet propose dexpérimenter pendant une année quelques-uns de ces outils avec des groupes de fonctionnaires soumis à des besoins de traduction identifiés. Il propose également dévaluer cette expérimentation et détudier les modes de son extension éventuelle.
Le projet : afin dévaluer lutilité pour ladministration des outils de traduction proposés sur le marché et pour déterminer les modifications qui pourraient leur être apportées afin de les rendre plus efficaces, un appel à volontaires sera lancé, en coordination avec la Commission de coordination de la documentation administrative (CCDA), en direction de plusieurs groupes cibles de fonctionnaires : par exemple, administrateurs des sites Web de ladministration, experts impliqués dans des projets avec les PECO, écoles dadministration (ENA, CFPP, IIAP, etc.), correspondants " Europe " dans des domaines particuliers (société de linformation, télécommunications, normalisation, etc.), fonctionnaires chargés dune activité de veille dans un domaine particulier (Commissariat général du Plan, SGDN, SJTI, etc.) et groupes de fonctionnaires coordonnés par le SGCI et le ministère des affaires étrangères (MAE)...
Les candidatures seront regroupées et sélectionnées en privilégiant la constitution de groupes cohérents (types dusage, thématique particulière). Les fonctionnaires retenus recevront une formation aux outils mis à leur disposition et un protocole dexpérimentation afin den faciliter lévaluation. Lexpérimentation durera une année.
Évaluation : Cette expérimentation sera évaluée de façon continue avec lensemble des partenaires. Un rapport dévaluation sera rédigé. Cette évaluation sera réalisée à partir dun protocole dexpérimentation mis en uvre par la DGLF après validation des différents partenaires du projet " Estrade " (Cf. Annexe 1). Cette évaluation déterminera les suites éventuelles de ce projet et fera des propositions concrètes.
Les outils : deux types doutils seront expérimentés : lutilisation à distance dun serveur de traduction et des logiciels de traduction installés sur postes informatiques. Lexpérimentation seffectuera avec des outils disponibles sur le marché développés par des sociétés françaises. (Softissimo, Systran, ...). Plusieurs " couples " de langues seront mis à disposition des expérimentateurs : français-anglais, français-allemand, français-espagnol et, si nécessaire, français-russe.
Ces outils seront plus particulièrement utilisés pour faciliter la compréhension de textes de documentation et daccompagnement. En effet, lutilisation de tels outils pour produire des textes en langue étrangère ou pour servir de bases de négociation nest pas recommandée (qualité et fiabilité de la traduction) et pourrait même aller parfois à lencontre du statut de notre langue dans certaines organisations.
Volet optionnel : Les outils de traduction automatique sont plus efficaces lorsquils disposent de dictionnaires spécialisés du domaine dactivités de leur utilisateur. Une aide à la constitution de dictionnaires personnels spécialisés pourrait être apportée dans un domaine particulièrement sensible (société de linformation, télécommunications, industries numériques, etc.).
Mise en perspective : le ministère de la culture et de la communication, pour sa part, a prévu de lancer en son sein, dès 1998, des expérimentations équivalentes et de les financer. Laide demandée au fonds pour la modernisation de lÉtat permettrait une première extension interministérielle de cette expérimentation. Elle serait pilotée par la délégation générale à la langue française, qui a une mission interministérielle pour les questions de langue.
En outre, ce projet permettrait de bien relayer en France une initiative de la Commission européenne (DG XIII), qui, à la fin de 1997, a lancé un appel à manifestation dintérêt sur le thème de la traduction auprès des administrations des États membres. La France a répondu à cet appel par le projet " Estrade ", qui propose létablissement dun réseau " multilinguisme et traduction " dans ladministration française. Ce projet, présenté de façon interministérielle, devrait débuter en 1998.
Enfin, ce projet apporterait un soutien à la politique de la France en faveur du plurilinguisme dans les organisations internationales et dans lUnion.