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Sciences, technologies et politique. Alstom éliminé du projet de TGV Moscou Pékin
Jean-Paul Baquiast 05/01/2015

 

Selon les sources citées ci-dessous, réputées comme particulièrement fiables, le grand programme de Train à grande vitesse destiné à relier Moscou et Pékin, co-financé par les deux pays pour un coût estimé de 150 milliards de dollars, devait faire appel à Alstom (Alstom ferroviaire, la composante restée « française », non achetée par General Electric) pour la conception et la mise en place d'une première section du réseau, Moscou Kazan. Au total, la nouvelle ligne reliera les deux capitales en 48h au lieu de 15 jours actuellement.

Tout autant que les machines proprement dite, la partie rail est absolument stratégique. La ligne traversera des pays à la géographie très diverses et devra se révéler d'une fiabilité à toute épreuve. On se souvient qu'un TGV chinois avait subi il y a quelques mois un accident grave du fait d'une défaillance des infrastructures. Or Alstom est réputé dans le monde entier pour son expertise en ce domaine. Le TGV français, principalement réalisé par Alstom, peut atteindre sur rails conventionnels des vitesses de plus de 550 kms. La formule est largement compétitive par rapport aux trains à lévitation magnétique développés au Japon et en Chine. (à Shanghai). Participer au TGV Moscou Pékin aurait par ailleurs permis à Alstom ferroviaire de relancer son activité alors que celle-ci souffre fortement de la crise affectant d'autres maîtres d'ouvrage de projets analogues dans le monde.

Or Alstom devra renoncer à être impliqué dans ce magnifique projet. Moscou considère à juste titre que la servilité du gouvernement français à l'égard des oukases venus de Washington, qui se traduit actuellement par le refus de la France de livrer à la Russie deux porte-hélicoptères (BPC) pourtant dûment achetés et payés, n'en fait plus un partenaire fiable pour un projet aussi stratégique que le TGV Moscou-Pékin. Les responsables du projet feront appel, pour remplacer Alstom, à China Railway High-speed, filiale de China Railway,

La distance totale entre Moscou et Pékin est d'environ 7.000 kms, ce qui fera de la future ligne le plus long TGV du monde. Le projet, sur lequel viennent de s'accorder les premiers ministres Dmitri Medvedev et Li Kegiang, fera appel à de nombreuses entreprises privées dans le monde. Parmi elles devraient figurer les allemands Volkswagen, BMW et Mercedes. Personne ne sera surpris de constater que les firmes allemandes ne semblent pas s'embarrasser des « sanctions » contre la Russie décidées par les Etats-Unis, fussent-elles officiellement approuvées par la Chancelière Merkel. Seule la France, à la suite des décisions personnelles de François Hollande, continuera à s'empêtrer dans ces sanctions, en matière agricole, navale et maintenant ferroviaire.

Le fait que Alstom ou d'autres entreprises françaises soient désormais exclues de projets russo-chinois comme l'actuel Moscou-Pékin, compromettra, sans doute définitivement, leur participation à d'autres grands programmes: ceux composant la future « Route de la Soie », ou bien la mise en valeur des territoires arctiques – sans mentionner une part des investissements considérables qui se préparent dans le BTP à l'est de l'Oural. Plus généralement, l'espoir de voir la France jouer un rôle dans les futures et inévitables coopération euroBrics semble partir en fumée. Toute place perdue est immédiatement prise par d'autres, et ne se retrouve pas. On peut se demander à quoi servent les organisations professionnelles françaises, patronales et ouvrières, si elles acceptent de se voir imposer, au delà de l'importante question de l'ouverture des magasins le dimanche, des décisions aussi aberrantes?

Sources

* International Business Times
* Business Insider

 

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