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Sciences politiques. Comment l'Europe devrait-elle se comporter vis-à-vis de la Chine?
Jean-Paul Baquiast 13/01/2015

Dans un article du 25 décembre, La Chine face au dollar , nous faisions un rapide recensement des perspectives de développement de la Chine, tant en interne que dans ses relations avec les pays du Brics, notamment la Russie. Nous évoquions aussi l'affrontement croissant qui l'oppose désormais aux Etats-Unis, très largement à l'initiative de ces derniers, dans le cadre de ce que Obama a nommé le « pivot vers l'Asie », c'est-à-dire en fait un encerclement militaire de la Chine sur ses côtes en mer de Chine, mené avec l'appui des Etats limitrophes alliés des Etats-Unis.

Nous faisions allusion aussi aux relations actuelles et futures de la Chine et de l'Europe. Cette dernière est aujourd'hui partagée entre la volonté de coopérer avec Pékin, notamment dans le cadre du grand programme dit Nouvelle Route de la Soie proposé par la Chine, ou en acceptant des prises de participation chinoises dans ses industries essentielles et parfois stratégiques, et la peur d'être submergée par un continent bien plus grand et dynamique qu'elle, qui ne respecte pas nécessairement les mêmes règles.

Nous avons reçu de nombreux commentaires, venant notamment de personnes connaissant bien la Chine et le plus souvent y travaillant. Ces commentaires développaient le thème suivant: notre article révélait une insuffisante connaissance de la Chine et ne faisait pas suffisamment attention aux points par lesquels ce continent risquait de coloniser, au sens propre du terme, l'Europe dans les prochaines années.

Ces points sont très souvent évoqués aujourd'hui., y compris par nous dans des articles précédents. On ne peut donc nous reprocher de les ignorer. Dans la première partie de cet article, nous les résumerons rapidement, Dans la seconde partie, nous nous demanderons cependant si les pays européens doivent continuer à faire valoir les différences qui les séparent de la Chine pour refuser de coopérer avec elle. Faut-il aller plus loin, comme le font désormais les Etats-Unis, faire de ce pays un second ennemi public numéro un, derrière la Russie qui concerne le privilège de figurer au premier rang? Faut-il tout au contraire retrouver au sein d'un euroBrics encore à construire tous ceux qui refusent la domination de l'Empire américain.

1. Des différences indiscutables

On présente généralement en Occident ces différences, souvent assorties de mises en garde multiples, comme intrinsèques à la Chine. On oublie généralement que beaucoup des critiques formulées à l'encontre de ce pays devraient êtes faites aux pays occidentaux, et en premier lieu à l'Amérique. Quoiqu'il en soit nous pouvons les résumer de la façon suivante:

Dans le domaine géopolitique et économique

* Une population de 1,200 milliards d'habitants, pouvant, ne fut-ce que par leur nombre, submerger les pays européens en voie de dépeuplement. Le même risque menace d'ailleurs aussi la Russie, notamment dans ses provinces sibériennes.

* Des territoires très étendus, sur des superficies au moins équivalentes à celle de l'Europe. Certains d'entre eux sont désertiques ou en voie de désertification, mais même dans ces zones se trouvent des ressources minérales considérables bien qu'encore mal explorées, qui manquent cruellement à l'Europe.

* Une langue et une écriture dont il est difficile pour les européens d'acquérir la pratique. Il est vrai que ce caractère se retrouve dans les pays asiatiques voisins, notamment le Japon. Les spécialistes de la pensée chinoise montrent par ailleurs que ces différences traduisent des conceptions du monde, y compris dans le domaine scientifique, très différentes et mal comprises en Europe. Ainsi le « réalisme des essences » qui inspire les sciences du monde dit macroscopique » en Occident, est-il remplacé par des concepts proches de ceux de la physique quantique (voir pour plus de détails le livre de François Jullien, cité en référence).

* Une industrie particulièrement compétitive, tant du fait d'une main d'oeuvre très largement sous-payée au regard des salaires européens, que par sa compétence en hausse rapide dans les domaines techniques et professionnelle.

* Des effectifs de chercheurs et d'étudiants en sciences de plus en plus nombreuse. Ceux-ci essaiment dans tous les laboratoires du monde, notamment aux USA. On leur reproche souvent de pratiquer l'espionnage économique, mais que dire de la NSA américaine? L'Europe aujourd'hui peine à former des chercheurs, en dehors des sciences humaines.

* La volonté, au contraire de l'Europe, de mettre en oeuvre de grands programmes, notamment dans le domaine spatial et de l'exploration planétaire. Ceux-ci se déroulent jusqu'à présent sans fautes visibles. Leurs succès probables donneront à la Chine, non seulement dans les pays en développement mais en Europe, un grand prestige facilitant la pénétration chinoise.

* Un effort d'armement qui, bien que restant marginal par rapport aux moyens de l'US Army, montre une volonté de s'imposer dans des conflits locaux au détriment des autres puissances asiatiques. L'Europe, dont les efforts de défense en propre (hors Otan) sont, sauf en France, inexistants, devra en tenir compte en cas de tensions.

Dans le domaine des institutions politiques, administratives et juridiques

* Un mode de gouvernement radicalement différent de celui pratiqué par les pays européens. Le pouvoir y est exercé au niveau national par un Comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois, comportant 7 membres dont le secrétaire général du PC chinois. Ce comité permanent est à la tête d'une structure pyramidale, comportant le Bureau politique (une vingtaine de membres, le Comité central du parti (200 membres) et le parti (80 millions de membres). Ce système fonctionne d'une façon pratiquement incompréhensible vue de l'extérieur, y compris par les diplomates des autres pays. Il n'est soumis à aucun contrôle parlementaire. Il est par conséquent difficilement prévisible. Les changements affectant notamment les grandes options politiques et les personnes en charge de responsabilités, notamment à la tête de l'Etat, se découvrent après coup. Dans les pays européens, même si beaucoup d'influences parasites, tenant notamment à divers lobbies, restent peu connues, un minimum de transparence (même dans la Russie actuelle) s'y fait jour. Comment négocier durablement avec des partenaires si incompréhensibles?

* Des administrations régionales et municipales très puissantes. Elles paraissent reposer sur des jeux de pouvoir entre représentants des élites, pouvant conduire à des politiques contradictoires dans l'espace et le temps. Comment dans ce cas pouvoir coopérer à long terme avec un minimum de sécurité.

* L'absence d'entreprises industrielles et commerciales relativement autonomes, sur le modèle européen. Toutes, quelque soit leur taille, semblent obéir en profondeur à des instructions ou interventions du Parti. Au plan monétaire le yuan est administré par la banque centrale de Chine, qui contrôle ses fluctuations éventuelles. Ce n'est le cas depuis longtemps du rouble et moins encore de l'euro.

* L'absence, en dépit de progrès récents, de ce que l'on nomme en occident les libertés publiques et les droits de l'homme. Le droit pénal, pour ce qui le concerne, reste d'une exceptionnelle sévérité, avec un fort taux d'exécutions capitales. Hors de la Chine, l'on dénonce aussi avec véhémence les répressions systématiques s'exerçant sur les minorités qualifiées de séparatistes, ouïgours, tibétains, mandchous et mongols notamment, sans parler des habitants de Hong Kong. Les cas d'abus de droits sont innombrables. Sont également réprimées sans pitié toutes les revendications pour plus de démocratie politique et plus de droits civiques, se faisant jour régulièrement dans la population . Il est vrai que, dans le reste du monde, l'action de prétendues ONG poussées par les Etats-Unis pour déstabiliser les gouvernements en place, ne peut qu'inciter le pouvoir chinois à la méfiance. A Hong Kong, ainsi, le régime avait affirmé que la « révolution des parapluies » avaient été financée par des intérêts anglo-saxons pour provoquer un « regime change ». Cela fut sans doute très largement le cas.

* Une presse restant étroitement contrôlée par le pouvoir, même dans le domaine de l'internet, malgré l'accroissement récent des ouvertures permises par cette technologie. De fortes revendications pour plus de liberté d'expression se font jour, mais elles n'entrainent encore que des évolutions limitées. Les « blogueurs » réellement indépendants ne paraissent pas tolérés.

* Une corruption omniprésente, à tous les niveaux de l'Etat, des administrations et des entreprises. Il s'agit d'une tradition millénaire. Selon une formule datant de la Chine impériale: « Le haut fonctionnaire qui ne prend pas de pots de vin ferait mieux de se retirer ; le petit fonctionnaire qui n'extorque pas d'argent ne trouvera pas à marier ses enfants. Pas de rivière sans poissons, pas d'officiel sans appétit de gain ». Certes aujourd'hui, sous la pression de milieux politiques inspirés par la volonté de s'ouvrir à des règles du jeu plus occidentales, des procès très suivis menés à l'encontre de responsables de tous grades accusés de corruption montrent la volonté de changement.

Mais un doute très fort subsiste. Ces procès ne sont-ils pas en fait destinés à provoquer la chute de telle personnalité que d'autres mieux placées politiquement voudraient remplacer? Certes, en Occident et notamment en Europe, des phénomènes analogues sont couramment dénoncés. Mais il semble qu'ils soient, notamment sous le contrôle de l'opinion publique, plus faciles à réprimer. En Occident demeurent par ailleurs pratiquement incontrôlables les interventions des divers lobbies (notamment le lobby militaro-industriel aux Etats-Unis). Mais ces mêmes lobbies sont inévitablement également aux commandes en Chine.

Rappelons que la corruption est encore extrêmement répandue chez le partenaire russe. Les grands programmes internationaux tels que la nouvelle Route de la Soie engagée par la Chine devront inévitablement en tenir compte, ainsi que les partenaires européens à ces programmes.

* Une volonté d'expansion tous azimuts. L'Empire du milieu, s'étant limitée depuis des siècles à ses frontières historiques, semble vouloir dorénavant s'étendre à une grande partie du monde, notamment l'Asie et l'Afrique, éventuellement l'Europe. En Europe, ce mouvement inquiète d'autant plus que l'Union européenne semble avoir désormais renoncé à toute volonté conquérante, voire toute volonté de résistance. Par un retour des choses historiques, l'Europe deviendra-t-elle aujourd'hui pour la Chine un territoire de conquête, comme l'était cette dernière du temps de la guerre de l'opium?

2. Des coopérations nécessaires

Les différences rapidement résumées ci-dessus, doivent-elles être considérées par les Européens comme interdisant, ou rendant très difficiles, des coopérations avec la Chine. Nous pensons pour notre part que l'Europe n'aura pas le choix. Elle devra coopérer ou périr. Pourquoi et comment?

L'Europe victime de la tyrannie du dollar

On peut pronostiquer que les pays européens, même les plus « atlantistes », se rendront rapidement compte que leur principal ennemi aujourd'hui n'est pas le terrorisme islamique, mais le système monétaire international reposant sur le dollar et imposé aujourd'hui par l'Amérique au monde entier, y compris à ce jour, malgré leurs efforts pour s'en défaire, à la Chine et à la Russie. Le terrorisme n'en est qu'une conséquence.

* Le coup de force de 1971. Ce fut à cette date que toutes les références à l'or ont été exclues par les banques centrales nationales, y compris aujourd'hui la Banque centrale européenne en ce qui concerne l'euro, à la suite du coup de force imposé par Richard Nixon le 15 août 1971. Il faut se souvenir qu'en 1944, les accords de Bretton Woods avaient mis en place un système de changes fixes entre les mon­naies et l'or ou le dollar, la clé de voûte du système étant la pos­si­bilité de convertir, selon une parité fixe, le dollar en or (35$ l'once d'or). Cependant, à partir des années 1960, ce système a été progressivement combattu par les Etats-Unis, compte tenu de leur déficit extérieur, du principalement à l'explosion de leurs dépenses militaires. Ils importaient plus qu'ils n'exportaient et devaient financer la dif­fé­rence par création de dollar. Les réserves d'or de la Fed (Federal Reserve Bank, la banque centrale des États-Unis), se révélèrent vite insuffisantes pour garantir une conversion des dollars en respectant la parité officielle.

Sous la pression de Wall Street, le président Richard Nixon a donc décidé en 1971 de suspendre la convertibilité en or du dollar, puis de le dévaluer à plusieurs reprises. En mars 1973, une nouvelle crise des changes a conduit au flottement généralisé des monnaies : la plupart des monnaies ont des taux de change « flottants », qui varient au jour le jour. En 1976, les accords de la Jamaïque ont entériné cet état de fait et l'abandon de toute référence à l'or dans le système monétaire international. C'était le dollar qui devenait de facto l'unité de change internationale.

* Un véritable hold up sur les richesses du monde. Maitresse du dollar, la Fed pouvait en faisant fonctionner la planche à billet fournir aux Américains toutes les devises dont ils avaient besoin pour mener leur expansion militaire et économique, achats de pétrole, matières premières et entreprises, destruction par la corruption ou des coups d'Etats financés en dollar des Etats refusant de se soumettre, le précédent le plus célèbre étant le Chili de Salvador Allende, très vite suivi de l'Argentine. Dans un système ouvert, les autres pays, disposant de leurs propres réserves en or et en devises nationales, auraient pu refuser les dollars ainsi créés. Mais étant eux-mêmes assujettis au dollar et ne pouvant en créer pour leur propre compte, ils étaient obligés s'ils voulaient commercer entre eux ou avec les Etats-Unis d'accepter les dollars américains et les politiques économiques et diplomatiques menées par l'Amérique.

Aujourd'hui le même hold up se poursuit et s'amplifie. Alors que tous les Etats du monde se saignent pour rembourser leurs dettes, souscrites en dollars et auprès d'établissements financiers tous américain, Washington, qui lui aussi croule sous les dettes, n'a pas de soucis à se faire. Comme l'a montré la dernière crise financière, il suffit que le Président ordonne à la Fed d'émettre les billions de dollars (quantitative easing) nécessaires au paiement de ces dettes. Tous les producteurs de richesses du monde, en Chine notamment, se précipitent pour acheter les bons du trésor fédéraux et soutenir ainsi la suprématie américaine, n'ayant pas la possibilité d'épargner au plan international avec leurs propres monnaies.

* La prise en mains par les services secrets américains. Pourquoi les gouvernements de ces pays ne se rebellent-ils pas, en refusant par exemple d'acheter des US bonds voire d'honorer leurs propres dettes? Parce que ces gouvernements sont contraints de le faire, sous la pression des moyens militaires de l'US Army en ce qui concerne les petits Etats, et sous celle des milliers d'agents de la CIA qui opèrent dans les plus grands Etats, notamment en Europe, et notamment en France, pour s'assurer que les dirigeants de ces Etats marchent droit. Sinon, les services américains, dans la suite d'une longue tradition, susciteront les troubles politiques qui emporteront les récalcitrants (regime change).

* Détruire à tous prix la Russie. Ce pays, qui aurait du être reconnu comme fréquentable à la suite de la chute du communisme, est plus que jamais, depuis qu'il est redevenu fort, considéré par l'Amérique comme l'ennemi à abattre. Pourquoi? Essentiellement parce qu'il dispose de l'arme atomique, d'une population qui ne s'en laisse pas compter, de territoires et de réserves naturelles qui prendront de plus en plus d'importance avec la crise environnementale en cours. Dans la mesure où la Chine s'est rapprochée de la Russie au sein du Brics (voir ci-dessous) elle est en train de devenir elle-aussi un ennemi à abattre.

* Des crises dont l'Europe supportera la première les effets destructeurs. Beaucoup d'économistes considèrent que le système financier reposant sur la domination du dollar s'écroulera prochainement. C'est possible, mais ce seront les pays européens qui en seront les premières victimes. Ils ont depuis longtemps refusé de développer leurs propres défenses. Ceci d'abord sur le plan de la monnaie. L'euro serait une machine parfaitement capable de s'opposer voire de supplanter le dollar s'il était, à travers la Banque centrale européenne, géré par des gouvernements véritablement décidés à s'en servir comme une arme, au sein d'une zone euro harmonisée au plan fiscal et réglementaire.

L'Europe a également démissionné devant l'Amérique dans le domaine des technologies numériques, où elle a renoncé à toute indépendance face à la Silicon Valley et aux « géants du web « américains, le plus dangereux étant Google. Enfin, sur le plan diplomatique et militaire, l'Europe a complètement remis son sort entre les mains de l'Amérique, notamment à travers l'Otan. Aujourd'hui, à travers une crise ukrainienne entièrement suscitée et instrumentalisée par Washington, elle est en train de réussir le tour de force de se faire l'ennemie durable d'une Russie que tout appelait à devenir une alliée naturelle.

Le Brics

* Mais comment sortir de la domination du dollar afin de s'affranchir de la domination américaine? C'est à de nombreux Etats de ce monde, représentant les 4/5 des effectifs de la planète, que se pose la question. Outre la Russie, la Chine et l'Inde sont les premières concernées. La réponse est qu'il faut se regrouper pour devenir suffisamment forts mondialement. C'est ce que tentent actuellement de faire les dirigeants du Brics, en mettant en place une monnaie commune qui ne serait plus le dollar (dédollarisation), un fonds monétaire Brics et une banque mondiale Brics, de grands programmes d'investissements productifs Brics destinés à assurer leur développement.

* Jusqu'à présent, les Européens se sont laissés impressionner par les arguments de l'Empire américain, visant à les dissuader de rejoindre le Brics, sous la forme d'un euroBrics qui pourrait se décliner de nombreuses façons. Un euroBrics représenterait en effet, en conjuguant les forces de l'Europe et du Brics, un danger mortel pour la domination de Wall Street et du dollar. Une propagande de guerre incessante, conduite par l'Amérique, vise donc à convaincre les opinions européennes qu'une alliance avec le Brics signerait la disparition de l'Europe. Selon cette propagande, au delà de la Russie, déjà diabolisée, c'est la Chine qui est visée. Elle est présentée d'abord comme une force qui écrasera l'Europe de son poids, comme elle le fera de l'Afrique.

* De plus, au delà de l'économie, cette propagande s'exerce surtout dans un domaine auquel les Européens sont culturellement sensibles: les libertés civiles, les droits de l'homme. Des ONG financées par le dollar répètent inlassablement qu'aucune alliance de long terme avec la Chine ne serait possible car la civilisation européenne y perdrait son âme. Certes, la Chine présente à cet égard bien des traits qui la séparent de l'Europe. L'Empire du milieu n'est pas l'Europe et ne cherche pas à devenir européen. Mais cela ne devrait pas empêcher des alliances stratégiques au sein de l'euroBrics évoqué plus haut. L'Europe trouverait d'ailleurs probablement la Russie à ses côtés dans cet effort pour perpétuer des cultures et des intérêts communs.

Conclusion

Dans la première partie de cet article, nous avons brièvement recensé les différences qui pour le moment encore, séparent l'Europe de la Chine. Mais les alliances durables ne se construisent pas sur une négation des différences. Elle se construit sur la volonté permanente de les subsumer, autrement dit de les transcender.

Ceci, réaffirmons-le pour conclure, ne pourra se faire que dans la construction déterminée d'un véritable euroBrics, où chacun des partenaires apportera ce qu'il a de meilleur.
Références

* « L'arrogance chinoise ». Voir notre présentation

* Voir aussi « Les Transformations silencieuses »

 

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