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Article. Ebola, la pandémie en marche ?
Jean-Paul Baquiast 02/10/2014

Dans un article du 24 septembre « Ebola, une menace mondiale », nous indiquions qu'il fallait s'attendre à une extension prochaine et rapide de la maladie. Les faits confirment aujourd'hui ce pronostic. En dehors de l'infirmière française hospitalisée mais diagnostiquée à temps, il apparaît qu'un malade américain a pu pendant quatre jours contaminer son entourage avant d'être identifié comme contagieux.

Tous les médias signalent aujourd'hui qu'un citoyen américain en retour de Monrovia et porteur du virus Ebola est à ce jour (2 octobre) hospitalisé à Dallas dans un état critique. Or le diagnostic est survenu plusieurs jours avant les premiers symptômes. Nous avions dans notre article précité insisté sur le fait que des personnes apparemment saines mais porteuses du virus pouvaient être contagieuses avant d'être diagnostiquées.

Les autorités de santé semblaient considérer ce risque comme improbable vu que l'on n'est pas réputé contagieux avant d'avoir manifesté des symptômes. Mais, à supposer que ce soit vrai, reste à bien interpréter les symptômes qu'un malade manifeste. Si, comme ce fut le cas à Dallas, les médecins diagnostiquent une simple grippe, le malade pourra transmettre le virus à des dizaines de personnes avant d'être reconnu comme effectivement contaminé. Beaucoup de gens, par ailleurs, ressentiront ces premiers symptômes sans s'en inquiéter et sans alerter un médecin.

L'homme actuellement en isolement à Dallas avait manifesté une simple fièvre le 24 septembre. Il s'est fait examiner à l'hôpital de Dallas le 26 septembre, mais renvoyé chez lui en dépit du fait qu'il arrivait de Monrovia, capitale du Libéria et épicentre de l'épidémie. Ses symptômes s'étant aggravés, il a été ré-hospitalisé mais le diagnostic d'Ebola ne fut prononcé que deux jours après. Pendant 4 jours, il a donc eu le temps de transmettre le virus à son entourage. Le US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) affirme que ses contacts ont été à leur tour identifiés et isolés.

Une approche probabiliste

Il est impossible à ce jour de prévoir ce qu'il adviendra de ces cas particuliers. Mais une approche probabiliste statistique s'impose plus que jamais. Le nombre de personnes provenant d'un pays infecté se multipliera, y compris dans les pays qui comme les Etats Unis et en Europe s'estiment relativement à l'abri de la contagion. Une fois le phénomène enclenché, il ne pourra que se développer selon un mode dit non linéaire, c'est-à-dire pouvant être exponentiel.

Ceci veut dire que pour bien faire, il faudrait demander à tous les centres de soins et à tous les médecins et professionnels de santé d'être sur leur garde en présence de personnes revenant d'un pays infecté. Ceci d'autant plus qu'il apparaît aujourd'hui que les contrôles avant embarquement sont généralement superficiels et confiés à des agents souvent incompétents.

Or cette alerte générale ne pourra pour des raisons pratiques ni être lancée ni appliquée, y compris dans les pays dits riches dont les moyens en ce domaine restent limités. L'étude de la North Eastern Université (voir lien) prévoit qu'en décembre 2014 la grande majorité des pays, développés ou non, affronteront un risque de 100% d'importer un cas. De plus, lorsque le nombre des cas se sera multiplié dans ces mêmes pays, à partir de circuits de contagions internes, la situation deviendra non maitrisable.

On dira que les mêmes prévisions ultra-pessimistes avaient été faites à propos du SARS, et que finalement le virus avait perdu de sa contagiosité et que le risque avait disparu. Mais il semble bien, concernant le virus Ebola, que loin de devenir moins trasmissible, il le devient de plus en plus.

Le WWF vient de publier un rapport alarmant, mais auquel personne ne prête la moindre attention, indiquant que la moitié des espèces vivantes peuplant la terre auront disparu dans la décennie du fait des activités humaines. Rassurons-nous. Ce sera sans doute le cas concernant les espèces complexes. Mais leurs places seront prises par des espèces plus résistantes parce que plus facilement adaptatives, notamment les bactéries, archae et virus. Ainsi la Terre se retrouvera dans la situation qui caractérisait le vie pendant 4 milliards d'années, avant les grandes explosions du Cambrien.

Références

* North Eastern University. Assessing the international spreading risk associated with the 2014 West African Ebola outbreak

aussi http://currents.plos.org/outbreaks/article/assessing-the-international-spreading-risk-associated-with-the-2014-west-african-ebola-outbreak/

* WWWF Biennal Living Planet Report


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