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La Revue mensuelle n° 147
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Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
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Actualités

Cyc bientôt sous les feux de l'actualité ?
Christophe Jacquemin - 07/07/2014

CycEffet d'annonce ? L'entreprise Cycorp, créée par Douglas Lenat serait proche de placer enfin sous les projecteurs son système d'Intelligence artificielle "Cyc". Nous avions parlé plusieurs fois dans nos colonnes de ce projet (voir notamment notre dossier "L'intelligence artificielle - de l'IA faible à l'IA forte"), dont l'objectif est de doter les machines de la capacité d'apprendre elles-mêmes et découvrir des connaissances automatiquement.

Notons tout d'abord que ce projet fêtera cette année le 30ème anniversaire de son développement, ce qui montre que des projets privés de recherche fondamentale peuvent exister sur le long terme(1). Et jusqu'ici, Cycorp n'a jamais été prolixe en informations destinées à la presse sur le sujet.

Avec Cyc (dont on peut trouver une version "allégée" sur le site de Cycorp), Doug Lenat essaie d’établir un réseau général de la connaissance de sens commun que nous, humains, mobilisons dans la vie de tous les jours, les connaissances dont nous avons besoin pour comprendre le monde qui nous entoure, et de les représenter d’une manière codée qui soit intelligible pour les ordinateurs. Donner par exemple à la machine la possibilité de recevoir des instructions par la voix, les comprendre et les exécuter sans avoir à les reprogrammer à chaque nouvelle application.
Ainsi n'étant pas programmée au sens primaire du terme, cette IA permet aux machines d’évoluer en permanence grâce aux données qu’elles accumulent. Une espèce d'apprentissage naturel.

Cycorp va-il révolutionner le secteur de la robotique ?

A suivre...



Vidéo un peu ancienne (mai 2006)
d'une rare conférence de Douglas Lenat parlant de ses travaux

(1) Ceci tenant en partie à la grande perspicacité de Doug Lenat : en travaillant sur les secteurs clés du traitement du langage naturel et de la gestion des connaissances, Cycorp a engrangé tout au long du projet des retombées financières directes via le développement d'applications industrielles pour d'autres sociétés privées ou pour le gouvernement américain. Cycorp entretient aussi de nombreux liens avec le monde universitaire, notamment européen.


Intelligence artificelle, AFIA
Jean Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 06/07/2014

Notre collègue Alain Cardon qui vient d’assister au congrès de l‘AFIA (association française d’intelligence artificielle) vient de nous dire que la multiplication des petits logiciels permettant d’analyser voire de modifier à distance ce qui s’écrit sur les réseaux est devenue exponentielle. Quelques universitaires semblent en être conscients, sinon inquiets, mais le mouvement est impulsé à la base par des start-up qui cherchent surtout un marché.

Il ne s’agirait pas de prétendre les contrôler (encore heureux qu’il y ait quelques françaises parmi elles), mais plutôt de confirmer la nécessité de comités citoyens de vigilance présentée par ailleurs sur ce site. Peut-être pourrions nous via l'AFIA prendre contact avec lesdits universitaires pour les informer de ce projet et de voir comment ils réagiraient.

Site de l'AFIA


Pourquoi ne voulons-nous rien changer ?
Jean Paul Baquiast - 06/07/2014

Un article que nous devrions tous méditer. Que ceux qui ont des contre-arguments à opposer sortent leurs calculettes

Cet article de l'environnementaliste Georges Monbiot, intitulé “The impossibility of growth” ne pose pas seulement la question, éminemment systémique, de l'impossibilité de la croissance, mais une autre, éminemment systémique elle aussi : savoir pourquoi, nous humains, qui ne pouvons pas ne pas savoir cela au moins intuitivement, ne pouvons et surtout ne voulons rien changer. Il semble qu'une sorte de fatalisme destructeur, cosmologique, analogue sous d'autres formes à celui qui avait provoqué la ruine de Vénus et de Mars en tant que planètes habitables, s'exerce implacablement sur la Terre, et sur nous tous. Ne pensez vous pas qu'il faudrait y réfléchir ?

Lire "The impossiblity of growth"


Objets connectés
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 23/06/2014

Le blog Cyberland a publié cet article Shodan, le moteur des objets connectés.
Son auteur nous a autorisés à le reproduire.

L'abonnement au blog est recommandé.
On y trouve des informations et des réflexions originales, sur un thème de plus en plus sensible AI.

Shodan, le moteur de recherche des objets connectésShodan est un moteur de recherche dédié à la localisation des objets connectés.

Le moteur détecte et référence des centaines de millions d'objets connectés. Il constitue certainement le meilleur outil de démonstration des lacunes de sécurité qui accompagnent la plupart de ces objets.

John Matherly, créateur de Shodan, l'a développé durant trois ans offrant ainsi une formidable base empirique d'étude des vulnérabilités des objets connectés.

Cameras de surveillance, réfrigérateurs, instruments de mesure divers et variés, routeurs, systèmes de gestion de centrales hydrauliques, ou encore tableau de commande d'un incinérateur ; on trouve tout sur Shodan...

Pour s'en convaincre, rien de tel qu'un bon exemple, bien concret, et bien sordide.

Après une simple requête sur les caméras connectées, on trouve par exemple un lien pointant sur un système de vidéo surveillance installé dans une propriété privée de l'Eure - Haute Normandie. Le visiteur prend le contrôle des 11 caméras installées dans la demeure y-compris celle (intérieure) du garage et du cellier.

Le visiteur peut à loisir déplacer les caméras, zoomer, élargir et suivre l'intégralité de la vie de la maison, en temps réel , au détriment ,bien entendu, de ses propriétaires.

Cet exemple pris parmi des milliers nous alerte et démontre que les pouvoirs publics vont devoir rapidement réglementer l'activité des sociétés de vidéo surveillance. La qualité de service passe avant tout par la garantie d'un seuil minimal de sécurité et de confidentialité.

Deux questions pour conclure :

1 - Qui a installé le système vidéo surveillance de cette propriété privée ?

2 - Les habitants de cette demeure savent-ils qu'ils participent à une télé-réalité intrusive, ouverte à tous ?

COMPLEMENTS :

Pour des raisons évidentes de sécurité, je ne diffuse pas le lien pointant vers le système de vidéo surveillance et j'alerte la gendarmerie locale.


Sur les data centers
Christophe Jacquemin - 14/06/2014

Cette semaine, l'Union européenne et la Corée du sud ont signé un accord stratégique pour travailler ensemble sur la mise au point de la 5G, cinquième génération de réseau mobile. Annoncés pour 2020, ce réseau sera capable d'atteindre un débit théorique de 10 Gigabits par seconde (actuellement, la 4G, c'est théoriquement 100 mégabits/s, donc 100 fois
moins).

Mais finalement, à quoi cela va-t-il servir ? A télécharger plus vite des films ? Mais pourquoi les stocker dans son ordinateur puisqu'on pourra y avoir accès de manière instantanée en ligne? Parce que finalement et c'est la pensée générale qu'on veut nous imposer, "le futur, c'est le cloud"...

Mais qu'est-ce qui a été réellement pensé en cette matière concernant la souveraineté des données numériques pour les Etats ? Quel souveraineté des données face à des data centers qui appartiendront à des entreprises commerciales ? Quelle sécurité ?, quel jeu de reventes et d'acquisitions entre des entreprises commerciale qui se feront la guerre ? Quelles garanties de voir les data centers européens passer un jour dans d'autres mains ?

Bien sûr on peut lire ça et là : "Conscients de ces enjeux, les états et les acteurs privés européens développent de nombreux projets de "clouds souverains" afin de protéger leurs données et de permettre en particulier à leurs administrations et entreprises publiques d'entrer dans l'ère du Cloud.".

Mais quand on voit où l'on en est avec Alstom...


The dark side of Open Access in Google and Google Scholar: the case of Latin-American repositories
Enrique Orduña-Malea, Emilio Delgado Lopez-Cozar

Les sites académiques et les cours en ligne disponibles sur le web et provenant d'autres pays que les pays anglophones sont-ils convenablement indexés par les moteurs de recherche américains, notamment Google et Google Scholar? Une étude réalisée par deux chercheurs latino-américains montre qu'il n'en est rien. La présence des sites latino-américain est quasiment nulle dans le cas de Google, et nulle dans le cas de Google Scholar. Aucune raison technique ne justifie un si bas ratio d'indexation.

Les auteurs n'évoquent qu'à mots couverts l'hypothèse d'une occultation volontaire. Mais pour nous, c'est bien évidemment le cas. Il doit en être de même en ce qui concerne les sources académiques provenant des pays francophones, ou d'autres pays non anglophones. Il s'agit manifestement d'un ostracisme délibéré. Autrement dit, la jeunesse du monde ne pourra se former sur le web qu'à travers les sources anglo-saxonnes et l'idéologie qui les imprègne. D'où l'intérêt, encore utopique malheureusement, de développer des moteurs de recherche plus ouverts que ceux dominant actuellement le marché.

Référence
http://arxiv-web3.library.cornell.edu/abs/1406.4331


Francis Hallé
Jean-Paul Baquiast - 21/06/2014

Francis Hallé, né en 1938, est diplômé en biologie de la Sorbonne, en botanique de l’université d’Abidjan. C'est un botaniste et un biologiste, spécialiste de l’écologie des forêts tropicales humides et défenseur des forêts primaires (c’est-à-dire les forêts jamais exploitées par l’homme, qui ne représenteraient plus aujourd'hui que 5 à 10 % des forêts de la planète). De 1986 à 2003, il a dirigé les missions scientifiques du Radeau des cimes sur les canopées des forêts tropicales. Il a montré que la canopée est une source primordiale de la diversité biologique.

France Culture a pris a bonne initiative de lui consacrer une série d'émission dont la dernière en date du 21/06, 07h15, que l'on peut réécouter sur le site. Dans tous ses livres, et notamment le dernier " Plaidoyer pour la forêt tropicale : Sommet de la diversité " (7 mai 2014), il propose une approche systémique de la forêt tropicale, qui devrait intéresser tous les scientifiques. Il montre comment les différentes formes de la vie végétale et animale s'articulent et s'auto-déterminent entre elles, ainsi qu'avec le milieu géographique et atmosphérique. Il expose aussi comment toute cette richesse est en train de disparaître irrémédiablement (il faut 7 siècle pour reconstituer une forêt primaire) devant la surpopulation, l'avidité des forestiers et autres exploitants, la complicité d'administrations censées être protectrices mais qui sont le plus souvent corrompues. Ceci est vrai, même en Guyane française, souvent présentée comme un refuge.

Note
Notre ami Jacques de Gerlache écrit :
Puis-je préciser que j'avais convaincu Solvay en 2000 de soutenir Francis Hallé et l'association Pronatura dans leurs explorations de la biodiversité et nous avons construit avec ses complices l'architecte Gilles Ebersolt et l'aéronaute Dany Cleyet-Marel le "SolVinBretzel" ou radeau des cimes de deuxième génération, structure en PVC gonflable. J'ai eu la chance d'accompagner Francis Hallé à la mission de Madagascar, puis celle au Vanuatu en 2006;

Si cela vous intéresse, voici la vidéo qui résume la mission à Madagascar


Variations dans le champ magnétique terrestre
Jean-Paul Baquiast 20/06/2014

Changes in Earth's magnetic field from January to June 2014 as measured by the Swarm constellation of satellites. These changes are based on the magnetic signals that stem from Earth's core. Shades of red represent areas of strengthening, while blues show areas of weakening over the 6-month period. Image courtesy ESA/DTU Space

Ce champ protège la Terre des bombardements de rayons cosmiques et particules chargées. Le système de 3 satellites associés destiné à l'étudier, dit Swarm, lancé par l'ESA, fonctionne depuis novembre 2013. Le champ résulte de l'action du coeur ferreux de la Terre, mais aussi d'autres sources: manteau, croûte, océan, ionosphère et magnétosphère.

Or les mesures montrent qu'il a tendance à s'affaiblir dans l'hémisphère ouest, et à se renforcer dans l'océan indien sud. Ceci ne va pas en principe jusqu'à laisser présager une inversion rapide des pôles. Ce dernier phénomène, qui s'est déjà produit plusieurs fois dans l'histroire de la Terre, générerait un grand nombre de problèmes dans le fonctionnement des réseaux électromagnétiques mis en place depuis un siècle. Les raisons en sont inconnues.

Pour en savoir plus
Voir ESA


L'écosystème numérique : un ogre énergétique
Christophe Jacquemin - 06/06/2014

Data centerSelon une étude du cabinet conseil Digital Power Group - mais déjà un peu ancienne car datant d'août 2013 - , le numérique consomme 10% de l’électricité mondiale.

Les réseaux, datacenters et terminaux consomment actuellement 1500 térawatt heures par an, soit l'équivalent du Japon et de l’Allemagne réunis, ou encore la quantité d'électricité utilisée en 1985 pour éclairer le monde. Un coût énergétivore largement caché... et c
ette quantité devrait encore augmenter avec le déploiement de nouveaux datacenters, ainsi que l’usage en hausse d’applications toujours plus nombreuses.

Dans cet ensemble, ordinateurs, smartphones, tablettes et autres consomment aujourd'hui beaucoup plus que la seule énergie nécessaire aux datacenters. Pour mieux fixer les idées, il faut savoir que regarder une heure de vidéo par semaine sur une tablette ou un smartphone consomme plus d'électricité par an que deux réfrigérateurs.

Même si aujourd'hui des réflexions existent pour la création de datacenters moins énergétivores (voir par exemple ce projet de réalisation d'un data center européen alimenté au gaz (diminution de 20 à) 30% de consommation d'énergie attendue), il y a fort à parier que la demande d’usage des centres de données va augmenter plus vite que leurs gains en efficacité énergétique...

L'écosystème numérique est un ogre énergétique... Et vive la fuite (de gaz...) en avant !

Source :
Etude : "The cloud begins with coal - Big data, big Networks, big infrastructure, and big Power : an overview of the electricity used by the global digital ecosystem", par Mark P. Mills
CEO, Digital Power Group


Première connexion très haut débit vers la Lune
Christophe Jacquemin - 22/05/2014

Data centerSi les générations futures devaient vivre et travailler sur la lune ou sur un astéroïde lointain, nul doute qu'elles voudraient une connexion haut débit pour communiquer avec la Terre, surfer sur les réseaux sociaux, bénéficier de la musique et des films en streaming... regarder aussi les émissions diffusées depuis la Terre.
Une première pierre vient d'être posée en ce sens par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) du Laboratoire Lincoln, ayant travaillé en en collaboration avec la NASA. Le site de publication scientifique "The Optical Society" rapporte aujourd'hui que ces chercheurs ont envoyé à bon port un signal de liaison montant vers la Lune, avec un débit de 622 megabits par seconde.
L'équipe s'est servie pour cela de 4 télescopes distincts, basés au nouveau Mexique, chacun alimenté par un transmetteur laser envoyant l'information codée sous forme de pulsations infrarouge.

Communiquer à des débits élevés de la Terre à la Lune avec des faisceaux laser est ici une vraie performance du fait des quelque 384 633 kilomètres de distance, disséminant le faisceau de lumière. C'est pour cette raison que l'équipe de scientifiques a utilisé 4 télescopes, chacun transmettant la lumière à travers une colonne d'air différente, expérimentant différents effets de flexion de l'atmosphère. Ceci a pour effet d'augmenter la probabilité qu'au moins un des faisceaux laser interagisse avec le récepteur qui était placé sur un satellite en orbite autour de la Lune. Ce dernier utilise un télescope légèrement plus étroit pour collecter la lumière, qui est ensuite focalisée dans une fibre optique semblable à celles utilisées dans les réseaux terrestres.
Ce signal est ensuite amplifié environ 30 000 fois et un photodétecteur convertit les impulsions de lumière en impulsions électriques, qui sont à leur tour converties en bits de données qui transmettent le message.
Si l'émetteur envoyait depuis la Terre des signaux de 40 watts (somme des quatre émetteurs séparés), c'est moins d'un milliardième de watt qui a été reçu par le satellite. Pour Mark Stevens du MIT, c'est encore "10 fois le signal nécessaire pour parvenir à une communication sans erreur".

L'équipe a également transmis des données de la Lune à la Terre, à 19,44 mégabits par seconde, vitesse dépassant très largement celle du débit moyen en France (qui est de 6,6 Mbits/s - données 2013) et surtout, qui dépasse de très loin celle d'une communication sur fréquence radio, allant ici 4800 fois plus vite que la plus rapide jamais mesurée.

Si cette expérience a été menée à l'automne 2013, les conclusions de ces recherches seront présentées le 9 juin lors de la conférence CLEO 2014 dédiée aux lasers et à l'électro-optique.

Source :
First Broadband Wireless Connection…to the Moon


Une intelligence artificielle nommée au Conseil d'administration d'un fonds de pension
Christophe Jacquemin - 13/05/2014

La société Deep Knowledge Ventures (DKV), société d'investissement en capital à haut risque adossée à des sociétés investissant dans les biotechnologies et les traitements liés au vieillissement et à la médecine régénérative, vient de nommer l'algorithme VITAL (Validating Investment Tool for Advancing Life Sciences) comme sixième membre de son conseil d'administration (CA). VITAL dispose d'une voix au CA, tout comme ses cinq collègues humains.

Simple coup de publicité de la part de cette société hongkongaise pour assurer le buzz auprès de la presse ou marqueur d'une évolution irréversible de la gestion du monde par les machines ? La suite de cet article parle d'elle même... Nous y reviendrons dans de prochains articles.

"Validating Investement Tool for Advancing Life Sciences", soit en français "outil de validation des investissements dans la science pour les progrès de la vie" est un algorithme qui a pour mission d'analyser les chiffres comptables des sociétés dans lesquelles DKV souhaite investir, ainsi que leurs données cliniques, les tests effectués, les levées de fonds précédentes et la liste des brevets disponibles... ceci afin de déterminer les meilleures stratégies à mener en termes d'investissement.

VITAL n'est pas un inconnu. Initialement développé par le Center for Biogerontoloy and Regenerative Medicine (CBRM) et acquis depuis par la société britannique Aging Analitycs, il a servi précédemment les intérêts de la société Pathway Phamaceuticals (basée à Hong Kong) et de InSilico Medecine (à Baltimore). Mais avec DKV, c'est la première fois qu'il siège à égalité avec des humains à un poste de décision. Sa force ? VITAL peut analyser et croiser des données en un temps record. En ce sens, il n'est pas très différent des algorithmes assez classiques rencontrés dans le monde du trading haute fréquence.

Selon Andrew Garazha, analyste senior chez Aging Analytics, "nous avons développé VITAL avec le souhait de créer un software qui puisse prédire de manière intuitive le succès d'un projet ou d'une entreprise, au moment même de sa levée de fonds. Ce processus s'appuie sur une analyse complète et empirique des données collectées. A cause du manque d'accessibilité et de transparence des données en matière de levées de fonds, la propriété intellectuelle et les résultats des tests cliniques ne sont pas toujours disponibles. Malgré cela, notre équipe de programmeurs, dont la plupart possèdent un solide bagage en physique théorique, est capable de mettre en application des concepts de logique floue pour identifier la probabilité de succès à partir de l'analyse des paramètres impliqués. Notre objectif, à travers ces sorties et mises à jours itératives est de créer un programme capable d'effectuer des décisions d'investissement autonomes".

Tout est dit dans ce "autonome" : VITAL est un algorithme génétique, faisant évoluer en temps réel ses paramètres et apprenant de lui-même.

Aujourd'hui, les machines ont déjà amplement pris la place des traders sur les marchés de transactions à haute fréquence car elles sont considérées comme plus fiables, rapides et rationnelles (non influencées par les émotions) que les traders humains. Alors donner aujourd'hui à un algorithme la possibilité de peser dans un conseil d'administration montre la confiance qu'on lui porte. Ses avis ont la même valeur que celles des cinq autres membres. "Si les gens peuvent être subjectifs ou influencés par leurs émotions, les ordinateurs, eux, peuvent avoir des intuitions géniales. Former une équipe mixte est juste logique : nous essayons d'optimiser les avantages de chacun", déclare Dmitry Daminskiy, l'un des responsables chez DKV (...) "Les perspectives offertes pour la gestion de portefeuilles sont immenses : un tel logiciel va nous permettre d'accélérer les vérifications lors d'une transaction et de voir des corrélations qui ne sautent pas forcément aux yeux des humains".

En savoir plus :
Deep Knowledge ventures
Communiqué d'Aging Analytics Agency


Commentaire d'Alain Cardon

Il y a réellement un problème avec ces systèmes autonomes qui prennent la même place que des humains. Le fait qu'ils existent et qu'ils aient aujourd'hui de très grandes capacités est, dans un sens, une réussite scientifique et technologique.

Mais le problème est leur mise en application : est-ce qu'on a demandé auparavant leur avis à tous les usagers qui sont mis à égalité de décision participative avec de tels systèmes qu'ils ne peuvent influencer en temps réel ?
Que le conseil d'administration de DKV ait l'approbation de tous ses membres est évident. Mais lorsqu'un tel système, qui est aujourd'hui opérationnel, sera mis dans un CA d'entreprise, dans un conseil d'administration, dans une structure hiérarchique, où même dans l'ordinateur personnel de chacun, est-ce les gens seront prévenus avant pour avoir leur approbation ?

Là est clairement le problème de la liberté du citoyen devant un tel envahissement technologique possible. Et ce problème devrait être posé au niveau politique devant toute la société, et résolu. La notion de Comité d'Ethique Citoyen en Informatique me semble un élément de réponse.

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