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Article.

L'Amérique et le contrôle des nuages de données (Big data)
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 30/03/2013

Un article du journal italien "Il fatto quotidiano" a commenté une information dont nous vous avions précédemment entretenu. Voir par exemple notre article "War Games at Crypto-City". Curieusement d'ailleurs, nous avons été les seuls, semble-t-il en France, à en parler. Il s'agit de la façon dont la CIA et la NSA s'organisent, en coopération étendue avec les grands serveurs américains Amazon, Google et autres, à qui nous confions sans hésiter nos données les plus confidentielles, pour recueillir et stocker indéfiniment tout ce que nous produisons sur les réseaux. La démarche américaine repose sur l'idée que dans ces océans de données peuvent se trouver des informations utiles aux stratégies de l'Amérique et qu'il sera toujours en ce cas possible de les retrouver et les exploiter – au mépris évidemment des droits les plus élémentaires des citoyens à la "privacy".

Un certain Ira Hunt, responsable du département technologique de la CIA, l’a expliqué publiquement à New York, deux jours après l’annonce de l’accord conclu avec Amazon qui fournira à l’Agence la technologie permettant de construire un nuage informatique (Cloud) capable de conserver des quantités de données jamais imaginées auparavant. Il s'agit du "Big data" présenté comme à la fois le présent et l’avenir du Renseignement, destiné à mémoriser toutes les informations générées par l’espèce humaine, y compris celles produites par milliards sur les réseaux sociaux.  Le but déclaré est celui de protéger les États-Unis de ses ennemis et du terrorisme international, en évitant de refaire les erreurs du passé. Qui le leur reprocherait, n'est-ce pas?

Mais le vrai but est de se donner les moyens de "monitorer" la planète en détail. D’après le Federal Computer Week, un site Web dédié aux responsables du gouvernement fédéral, la chose est en train de se faire : grâce à un premier accord portant sur 600 millions de dollars répartis sur 10 ans, Amazon aidera l’Agence à construire une infrastructure de « Cloud computing » privée, qui lui permettra de ne pas se faire dépasser grâce à l’évolution du monde des Big Data, tout en contrôlant les coûts.

Certes, ni Amazon ni la CIA n’ont confirmé la nouvelle. Cependant d'ores et déjà la CIA embauche des personnes hautement qualifiées en gestion des Big Data. On ne sait ce que font de leur côté les Chinois dans ce domaine sensible. Ce que l'on peut par contre supposer sans grands risques est que les services européens, à moins de se faire satelliser par leurs collègues américains, n'auront jamais les moyens d'accéder à de telles sources.