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Actualités
février - mars 2013

 

Google glass: un cauchemar de plus?
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 10/03/2013

Google glass Le projet Google Glass est en passe de se concrétiser. Google compte proposer avant la fin de 2013 des lunettes interconnectées. Il ne s'agit pas de lunettes de vue, mais d'appareils donnant à l'utilisateur la possibilité de bénéficier de différents services "sous le casque", comme l'on dirait en aéronautique: GPS, accès aux bases d'informations concernant les objets et scènes observées, possibilité de filmer et mémoriser à tous moments les lieux et les personnes, sans évidemment leur demander leur accord.

Pour Google, il s'agit d'introduire la réalité augmentée dans la vie quotidienne. Ce serait auss,i on le devine, la possibilité de généraliser pratiquement sans limites l'accès aux informations et données que la firme collecte dans le monde entier, ainsi que les retombées commerciales qu'elle en tire.

Plusieurs questions restent posées, au- delà de l'enthousiasme de milliers de « geeks » plus ou moins mobilisés par Google pour faire sa publicité. La première et la plus importante concerne la protection de la vie privée. Chacun pourra filmer ce qu'il voudra sans autorisations. Cette objection est déjà faite à l'encontre des projets de drones à usage civil qui vont semble-t-il se multiplier, notamment aux Etats-Unis

D'autres questions intéressent la santé et la sécurité: effet des radiations émises par ces appareils au plus près du cerveau, perturbation de la vision et fatigue visuelle dues à un usage monoculaire, distractions imposées aux utilisateurs pouvant provoquer des accidents, etc.

Google répond qu'il prend très au sérieux ces diverses objections, et que les solutions utiles sont ou seront proposées. On notera cependant que plusieurs collectivités ou entreprises américaines ont décidé de prohiber l'usage des Google Glass dans leurs enceintes. Nous aimerions savoir pour notre part comment les différentes administrations en charge de ces questions envisagent en Europe, et a fortiori en France, l'attitude à adopter. La CNIL, déjà bien affaiblie, y compris par les représentants de l'Etat, aura-t-elle un mot à dire ?

Voir Google


Un satellite quantique ? 10/03/2013

Dans le numéro référencé ci-dessous de Physics World, Thomas Jennewein et Brendon Higgins de l'Institute for Quantum Computing (University of Waterloo, Canada), décrivent une course entre laboratoires visant à réaliser le premier réseau mondial de communication quantique.

L'objectif sera dans un premier temps de réaliser des échanges de messages cryptés comportant des bits quantiques en état de superposition, ou intriqués. La cryptologie a déjà montré qu'il était possible de s'assurer du fait qu'un tel message n'a pas été violé. Si en effet, le message était lu, l'état du bit quantique correspondant serait modifié irrévocablement. L'effraction serait révélé. Il n'y aurait plus envoyer un nouveau message.

Mais pour qe ce procédé puisse opérer, il faut que Bob et Alice, l'expéditeur et le destinataire, ne soient pas trop éloignés. Autrement, le bit quantique perd sa cohérence et n'est plus utilisable. Des lignes terrestres, au delà de quelques centaines de km, multiplient les risques d'interaction avec des objets susceptibles d'altérer l'état du q.bit.

Il est donc envisagé d'utiliser entre Bob et Alice le relais d'un satellite géostationnaire. Celui-ci permettrait de relier 2 points à la surface de la Terre en minimisant les risques d'interactions avec des objets terrestres. L'utilisation de clefs d'encryptage constituées de photons deviendrait généralisable. Ce satellite deviendrait alors le hub d'un réseau de communications dites quantiques.

C'est un tel projet qu'étudient les chercheurs précités.

Source
Physics World http://www.iop.org/news/13/mar/page_59601.html


Les données publiques à l'encan
Jean-Paul Baquiast 17/02/2013

Le gouvernement britannique vient de lancer un Cloudstore ou magasin regroupant un très grand nombre de données publiques présentées sous forme de Cloud ou nuage. Le Cloud computing est l'accès via le réseau, à la demande et en libre-service, à des ressources informatiques partagées configurables selon la définition du National Institute of Standards and Technology. Ce n'est pas innocent

Le service offert n'est pas un service public gratuit et protégé par le droit public, comme on l'entend en France. C'est un service commercial, confié par des administrations publiques à des entreprises privées sous-traitantes, en l'espèce dans un premier temps la société Solidsoft elle-même hébergée dans le cloud Azure de Microsoft. Les concessions faites aux sociétés privées sont assorties d'un certain nombre de clauses garantissant les administrations et les citoyens contre les abus. Mais on sait que la structuration en Cloud permet tous les abus de droit imaginables, venant d'entreprises commerciales, de hackers, de maffieux divers. Autrement dit, la protection des données publiques brtianniques – qui recouvrent essentiellement des données privées fournies par les citoyens – ne sera que très superficiellement assurée.

Il y a plus. Un « activiste citoyen » bien connu, Conrad Jaeger, vient d'attirer l'attention sur le fait que les données publiques britanniques, y compris les plus confidentielles (par exemple en matière de santé) , seront accessibles par la CIA, la NSA et les agences américaines de lutte contre la cyberwar, ceci en fonction de l'US Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA)

Le parlement européen semble s'inquiéter de ces perspectives. Mais nous n'avons pas eu écho du fait qu'il se soit saisi officiellement de la question.

Une nouvelle fois, le Royaume Uni se révèle ainsi le Cheval de Troie qui détruit, au profit d'intérêts commerciaux légitimes et illégitimes, le vieil arsenal de protection des droits et libertés publiques élaboré par les Etats européens.

Les esprits réalistes nous demanderont de quoi nous nous inquiétons. Ne savons nous pas que depuis des décennies, la CIA et la NSA ont mémorisé toutes les données nous concernant. Nous répondrons que tout nouveau pas – et quel pas - dans la voie du contrôle total ne peut que nous faire réagir

Sources.
* Article de computerweekly http://www.computerweekly.com/news/2240117551/Government-launches-CloudStore-and-names-G-Cloud-suppliers
* Article de Conrad Jaeger dans Occupy: http://www.occupy.com/article/techtivist-report-uk-warned-cia-will-access-all-government-data
* Solidsoft http://www.solidsoft.com/


Solve for X, la foire aux innovations proposée par Google
Jean-Paul Baquiast - 15/02/2013

Il faut reconnaitre que Google ne se borne pas à gagner de l'argent sur les publicités en ligne, ruinant ce faisant la presse papier. Il s'efforce, pour désarmer les critiques, de consacrer quelques uns de ses millions à des usages offrant une utilité sociale ou scientifique.

C'est le cas, semble-t-il, de l'initiative Solve for X, dont il a présenté tout récemment la version 2013. En collaboration avec le MIT et divers autres sponsors, l'évènement s'adresse à des entrepreneurs, scientifiques et inventeurs qui proposent des projets dits "moonshot" (à ne pas traduire par "plans sur la comète"). Il s'agit de proposer des solutions "radicales" mais réalistes susceptibles de répondre à des problèmes importants, encore mal ou non résolus. Ces solutions, pour bien faire, devraient reposer sur des innovations technologiques "révolutionnaires".

Nous avons plusieurs fois indiqué ici que les pays européens, en mal de développement, devraient faire appel systématiquement à de tels concours d'idées. Ils n'en font rien évidemment. A défaut, ils pourront aller à la pèche dans les propositions rassemblées par Google. De bons esprits jugeront sans doute que ces propositions ne vont pas très loin. Qu'à cela ne tienne. Nous attendrons les leurs.

*Le site de Solve for X https://www.solveforx.com/


Météorite et astéroide
Jean-Paul Baquias - t 15/02/2013

Un météorite a fait le 15 février au matin plusieurs centaines de blessés legers, par bris de vitres, dans la ville russe de Tcheliabinsk, en Oural. L'évènement n'est pas exceptionnel, mais c'est la première fois qu'il atteint une agglomération, au lieu de se perdre dans des espaces inhabités.

Il n'a aucun rapport avec le passage quelques heures plus tard de l'astéroide 2012 DA 14, très près de la Terre à 27.000 kms de distance. Celui-ci, de plusieurs centaines de mètres de longueur, aurait provoqué en heurtant notre planète des catastrophes innombrables. Il n'est pas interdit de frémir rétrospectivement. L'attraction terrestre aurait pu, après tout, modifier la trajectoire de l'astéroïde, en dépit des prévisions rassurantes des astronomes.

Signalons que les Russes pensent pouvoir prédire une collision frontale avec un astéroïde qu'ils viendraient de découvrir, vers les années trente du présent siècle. Ce serait alors une vraie fin du monde. Il ne s'agirait pas d'Apophis, dont la trajectoire est à peu près précisée aujourd'hui. Nous y reviendrons.

* Sur Apophis, voir Notre Planète


Le futur réseau militaire français Comcept

Le gouvernement français a choisi Astrium pour mettre en place un réseau de satellites de communication militaire à large bande ultra-rapide. Le contrat passé par la Direction Générale de l' Armement couvrira une durée de 17 ans.

Comcept se superposera à l'actuel réseau Syracuse. Il utilisera principalement le futur satellite franco-italien Athena-Fidus, mais sera aussi compatible avec les satellites commerciaux opérant en Ka-band

Voir Communiqué Astrium


Le consortium Euclid prend forme
Jean-Paul Baquiast - 14/03/2013

L'ESA, avec le partenariat de la Nasa, prépare le lancement en 2020 d'un téléscope spatial nommé Euclid, assisté de divers instruments L'objectif de la mission sera de cartographier la taille, la luminosité et la distribution en 3D de deux milliards de galaxies couvrant plus du tiers du ciel et remontant aux trois quarts de l'histoire de l'univers. Euclid y consacrera 6 années.

Entre autres objectifs, les flots de données obtenues devraient permettre de mieux connaître les deux grandes inconnues de la cosmologie contemporaine, la matière noire et l'énergie noire.. On peut se féliciter de constater qu'à une époque où l'Europe sembre renoncer à toute ambition, il lui reste encore un peu de punch pour poursuivre des objectifs scientifiques aussi essentiels que lointains

* Consortium Euclid http://www.euclid-ec.org/


Inde-France. Relance de la coopération stratégique
Jean-Paul Baquiast - 14/02/2013

L'Inde a la réputation d'être le plus gros importateur d'armement au monde. Le gouvernement indien voudrait depuis longtemps changer cela en développant les industries nationales. Ce souci est en arrière plan de la visite d'état de François Hollande à New Delhi le 14 février. Nul n'ignore que les Français souhaiteraient bien conclure au printemps un contrat pour la fourniture par Dassault Aviation de 126 Rafales, dont seulement une douzaine seraient fabriqué en France, les autres étant construits en Inde sous licence, avec un important partage de technologie.

Le partenaire indien du futur éventuel contrat sera HAL, Hindustan Aeronautics Limited, qui dispose d'un quasi monopole dans l'industrie aérospatiale du pays. HAL produit déjà sous licence l'avion d'entrainement d'origine britannique Hawk, des avions de combats multi-rôle russe SU-30 et des hélicoptères européens.

Le problème est que HAL, de l'avis même des experts indiens, est réputé comme peu efficace. Formée à la gestion publique, fortement syndicalisée, l'entreprise n'a pas encore la culture industrielle de ses partenaires étrangers. Il lui a fallu 25 ans pour réaliser un avion de combat léger, le Tejas, qui est encore loin de pouvoir entrer en service (image). Elle devra cependant dans les prochaines années s'étendre, sur volonté gouvernementale, dans le domaine de la maintenance des aéronefs et des infrastructures aéroportuaires.

Dassault Aviation n'aura cependant pas le choix, non plus que les autres industriels venus en Inde dans la délégation française. Pour que les projets de contrat aboutissent, les Français devront s'accorder avec les partenaires imposés par l'Inde. Ils demeurent confiants, ayant le savoir-faire nécessaire pour mener à bien ce type d'échanges. Mais, pour rester compétitifs, Dassault et les autres entreprises devront bénéficier de commandes en France leur permettant de préparer les technologies de demain. Aussi efficaces que se montrent les Rafales, ils ne pourront pas espérer rester les seuls concurrents sérieux dans les Trente prochaines années.

D'où l'intérêt de maintenir en France un budget d'équipements militaires permettant de faire face aux nouveaux engagements de défense dans lesquels, à défaut de ses partenaires européens, s'engage dorénavant le pays.


Ce que vous pourrez être dans 50 ans
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 04/02/2013

Un nouvel ouvrage de futurologie, provenant du prévionniste Yan Pearson, nous décrit ce que nous pourrons décider d'être dans 50 ans. Deux grands choix s'offriront selon lui, un cerveau détaché du corps biologique ou un corps biologique relié à un cerveau artificiel. Diverses variantes seraient disponibles.

L'image représente Ian Pearson dans son état actuel. Manifestement, il est déjà doté d'un cerveau de grande taille. Ce serait dommage de l'échanger pour un cerveau artificiel

 

* http://timeguide.wordpress.com/2012/12/17/what-will-your-next-body-be-like/


Un robot convivial, Roboy
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 04/02/2013

Des chercheurs du laboratoire d'Intelligence Artificielle de l'Université de Zurich ouvrent une souscription permettant de réaliser un robot, nommé Roboy, dont les articulations seront imitées de celles de l'homme. Il pourra donc se comporter en robot de compagnie très proche des humains.

Par ailleurs, il sera doté de divers caractères humanoïdes le rendant familier. Sans être méchant, disons que les images communiquées sont pour le moment plutôt effrayantes. Mais ce n'est qu'un début. Et puis nous sommes en Suisse, où les humains sont placides.

La plateforme devrait être disponible dans 9 mois pour les développeurs intéressés.

* http://www.roboy.org/


Observer la biosphère nanométrique
Jean Paul Baquiast - 04/02/2013

Des chercheurs du Carilion Research Research Institute ont mis au point une nouvelle technique permettant de visualiser en direct des structures biologiques en mouvement de taille nanométrique. Celles sont sont « imagées » dans leur environnement naturel. Il s'agit d'un premier pas important permettant de concrétiser les progrès de la biologie nanométrique, qui est indispensable pour comprendre l'activité des virus et des éléments internes de cellules infectées.


L'objectif est d'obtenir un microscope électronique permettant d'observer avec de hauts niveaux de résolution les mécanismes ou machines moléculaires tels que les modes d'association des virus et leurs entrées dans des cellules-hôtes. Des applications thérapeutiques devraient s'en suivre.

L'article présente l'observation d'un rotavirus responsable de diarrhées souvent mortelles dans le tiers-monde.

Source

* Brian L. Gilmore et al., Visualizing viral assemblies in a nanoscale biosphere, Lab on a Chip, 2013, DOI: 10.1039/C2LC41008G (open access) http://pubs.rsc.org/en/Content/ArticleLanding/2013/LC/c2lc41008g


Astrium chef de file pour développer les futures Arianes
Jean-Paul Baquiast - 04/02/2013

L'ESA a signé avec Astrium un contrat de 108 millions la qualifiant comme chef de file (prime contractor) pour le développement des futures Ariane 6 et Ariane 5 ME. Ce contrat fait suite à la décision prise en conseil des ministres de l'ESA le 20 novembre 2012.

Il s'agit d'une très bonne nouvelle. Le contrat permettra de définir les principales spécifications de ces deux modèles, dont la mise en oeuvre devrait garantir la présence d'Arianespace sur le marché pour au moins une décennie.

L'Ariane 6 dite PPE sera un lanceur modulaire avec une capacité d'emport en orbite géostationnaire atteignant 3 à 6,5 tonnes. L'Ariane 5 ME (Midlife Evolution) pourra être mise en oeuvre dans de court délais, afin de remplacer les actuelles Ariane 5, avec une capacité accrue de 20%, et aux mêmes coûts.

Astrium supervise un réseau de 550 entreprises européennes, dont un grand nombre de PME. Il s'agit d'un véritable succès européen, qui doit avouons-le mezzo voce beaucoup aux compétences de la France dans ce domaine


Qui est responsable de l'échec? Le lanceur ou la plateforme?
Jean-Paul Baquiast - 03/02/2013

Cette question formulée en termes quasi policiers se pose à la suite de l'échec d'un lanceur russe, Zenith 3SL, qui devait mettre en orbite pour le compte de Boeing un satellite Intelsat-27 destiné à compléter une gamme destinée à couvrir en émissions TV l'Amérique du Nord et l'Europe.

Le lancement avait été prévu à partir d'une plate-forme flottante fournie par la société Sea Launch. Cette plate-forme, baptisée Odyssée, avait été reconvertie de l'exploration pétrolière en mer du Nord. Sea Launch l'avait utilisée pour 35 mission depuis 1999, dont 2 échecs. La société venait juste de sortir d'une grave crise financière.

Le lanceur a plongé dans le Pacifique peu après son départ, manquant de peu la plate-forme. Les autorités russes, qui ont enregistré divers échecs ces derniers mois, ont tenu immédiatement à souligner que le premier étage du Zénith avait fonctionné normalement.

Certains observateurs imputent l'accident aux fortes vagues qui assaillaient la plate-forme au moment du départ. L'une d'elle aurait pu désorienté le système de navigation du lanceur. Raison de plus pour préférer les bases de lancement à terre. Vous avez dit Kourou?

NB. Précisons que Sea Launch est, depuis une faillite en 2009, une société russe. Certains concurrents doutent qu'après cet échec, elle puisse attirer de nouveaux clients en nombre suffisant. Voir http://www.space-travel.com/reports/Another_Sea_Launch_Failure_999.html