Actualités
Février-mars
2012
Une
nouvelle mise en garde de l'UNEP (United Nations Environment
Program)
Jean-Paul Baquiast 28/02/2011
Il s'agit en fait plus d'un avis de tempête que
d'une simple mise en garde Les 18 experts ayant obtenu
les précédents prix Blue Planet de l'UNEP
( prix considéré comme le Nobel de l'environnement),
viennent de publier, le 21 février 2012, un rapport
bien plus alarmant que ceux jusqu'ici distribués.
Ils avertissent qu'une tempête parfaite (perfect
storm) menace désormais le monde. Elle résultera
de la conjugaison des problèmes écologiques
et sociaux dus à la surpopulation, la surconsommation
et le suremploi de technologies environnementalement
destructrices.
Pour eux, la société mondiale n'a d'autres
choix que des changements radicaux permettant d'éviter
l'effondrement des civilisations. Ils dénoncent,
une nouvelle fois, la confiance indue faire aux « marchés »,
c'est-à-dire au capitalisme financier et au libéralisme
sans frontières, pour résoudre ces problèmes.
Ils demandent aux responsables politiques d'écouter
les opinions publiques,des pays pauvres pour qui les
questions relatives à l'eau, la nourriture et
les modes de vie sont interdépendantes et intégrées
dans un écosystème vivant global.
Ils refusent de faire confiance à des solutions
centralisées ou à des experts sans expérience
pratique. Ils demandent au contraire de remettre aux
communautés locales la gestion, le contrôle
et la propriété des technologies.
Ils réclament plus précisément:
- Le remplacement des indices calculant le produit national
brut par des évaluation intéressant le
capital environnemental, humain et social ainsi que
sur leurs relations.
- La suppression des subventions à l'énergie,
aux transports et à l'agriculture qui provoquent
des surcoûts environnementaux et sociaux que personne
ne prend en charge.
- La condamnation des surconsommations du monde riche
et à l'inverse la promotion des femmes, de l'éducation
et de la contraception dans les pays pauvres.
- L'attribution de pouvoirs de décisions aux
groupes sociaux marginalisés.
- L'intégration plutôt que la mise en concurrence
des politiques économiques, environnementales
et sociales.
- La protection et la valorisation économique
de la biodiversité et des activités de
défense des écosystèmes, au sein
d'activités économiques « vertes ».
- L'investissement dans la science et les formations
concernant ces divers enjeux.
Ces
propositions seront présentées et discutées
au sommet de Rio du 20-22 juin 2012, consacré
par l'ONU à la promotion du développement
durable.
Nous
pensons que sur le fond, ces différentes propositions
devraient être étudiées et discutées
en profondeur. Le faire signifierait le début
de prise de conscience d'un danger global menaçant
nos civilisations et dans une large mesure la planète
toute entière. Mais on ne voit pas pour le moment
comment les solutions évoquées pourraient
être mises en place, face aux résistances
des intérêts dominants. Ceci aussi bien
dans les pays riches que dans les pays pauvres.
Faudra-t-il attendre que la tempète annoncée
s'établisse vraiment pour que les rapports de
force changent. Et même en ce cas, qui garantira
que les intérêts dominants n'en profiteront
pas pour augmenter leur emprise sur les sociétés?
On notera que contrairement à la bien-pensance
rêgnant à ce sujet dans beaucoup de pays,
la surpopulation (actuelle et non la surpopulation future)
est présentée comme un fléau majeur,
à combattre notamment par la réduction
des naissances. .
Références
* Propositions des experts
http://www.scribd.com/doc/82268857/Blue-Planet-Synthesis-Paper-for-UNEP
* Sommet de Rio http://www.uncsd2012.org/rio20/index.html
* UNEP http://www.unep.org/
* Prix Blue Planet
http://www.af-info.or.jp/blog/b-info_en/
Supercalculateurs.
L'Europe relèverait le défi.
Jean -Paul Baquiast 28/02/2012
La
commission européenne, par la voix de la vice-présidente
Neelie Kroes, vient de confirmer que l'Europe entend
bien s'inscrire en tête dans la course aux super-calculateurs
de très haute performance (exascale computing).
Elle devrait doubler sa contribution aux projets correspondants,
soit de 630 millions d'euros à 1,6 milliard.
La Chine dans le même temps vient d'annoncer qu'elle
dispose des hommes et des crédits pour atteindre
par ses propres moyens le niveau de l'exascale.
La communauté scientifique et informatique américaine
s'en alarme, dénonçant les réductions
budgétaires annoncées par le Congrès.
Le risque de prendre du retard dans un domaine jusque-là
dominé par les Etats-Unis est présenté
comme sérieux.
On ne peut que se réjouir de constater la volonté
des Européens de figurer en bonne place dans
cette course. Ils font valoir à juste titre les
multiples retombées découlant de la réalisation
et de l'utilisation des calculateurs de haute performance.
Le groupe français Bull est bien placé
dans ce secteur.
*
Voir Computer world
http://www.computerworld.com/s/article/9224435/Europe_plans_exascale_funding_above_U.S._levels
Neutrinos
supra-lumineux: défauts dans le cablage ?
Jean-Paul Baquiast 28/02/2012
Le CERN a poursuivi avec assiduité la critique
des conditions ayant permis d'obtenir des informations
relatives à l'existence de neutrinos dépassant
la vitesse de la lumière. Or il vient d'annoncer
avoir détecté des défauts dans
les cablages des instruments utilisés. Ces défauts
seraient de deux sortes. Mais ils seraient de sens opposés,
les uns augmentant la vitesse observée, les autres
la diminuant. Aucune conclusion précise ne peut
encore être retenue.
On peut cependant penser en attente de conclusions défintives
que l'anomalie constatée dans la vitesse des
neutrinos tiendrait aux conditions de l'expérimentation.
Les physiciens théoriciens le regretteront.
* Voir
http://news.sciencemag.org/scienceinsider/2012/02/official-word-on-superluminal-ne.html?ref=hp
Des
drones américains pour l'Otan
Jean-Paul Baquiast 16/02/2012
L'Otan
va se doter d'un programme de 3 milliards d'euros en
20 ans afin d'acquérir aux Etats-Unis des drones
dont l'absence s'était faite sentir lors de la
campagne de Libye.
Il
s'agira dans un premier temps de 5 appareils Global
Hawk de Northrop Grumman (image), accompagnés
de stations à terre et de la technologie d'analyse
des images. Il faudra ajouter 2 milliards en 20 ans
pour la mise en oeuvre des drones. L'ensemble sera basé
à Sigonella, en Sicile. La Grande Bretagne et
la France ont annoncé qu'elles contribueraient
avec leurs propres ressources. Encore heureux.
Encore
heureux quand on sait que les Européens disposent
de tous les éléments pour produire eux-mêmes
d'excellents drones aux performances diversifiées.
Mais comme d'habitude les gouvernements de qui dépendent
les commandes n'ont pas encore réussi à
s'accorder sur des spécifications et des fournisseurs
communs. Ils le paieront cher car les drones promettent
de remplacer les avions pilotés dans un très
grand nombre d'emplois militaires et civils. Encore
un secteur industriel qui, si rien n'est décidé
rapidement, échappera à l'Europe.
PS
au 18/02. On a noté que, lors de la réunion
entre Nicolas Sarkozy et David Cameron le 17/02 à
Paris, consacrée à des programmes communs
de défense, a été évoqué
le projet d'un drone franco-britannique. Nous n'avons
pas d'informations précises sur les spécification
de ce drone, ni sur les industriels concernés.Par
contre on ne peut que méditer sur la data de
mise en service de cet appareil: 2030...D'ici là...
Des
Rafales indiens?
Jean-Paul Baquiast 01/02/2012
Les déceptions en matière de contrats
d'armement sont fréquentes. Peut-on commencer
à se réjouir en France de l'annonce par
l'Inde d'une importante commande de Rafales?
Il faut évidemment être prudent. Mais les
choses semblent bien se présenter. Dassaul et
Delhi seraient en effet entrés en "négociation
exclusives" sur ce contrat, a annonce le 31 janvier
une agence de presse indienne. L'appel d'offres qui
serait remporté par l'avionneur français,
finaliste aux côtés du consortium européen
EADS (producteur de l'avion de combat Eurofighter Typhoon),
porte sur 126 Rafale (pour un montant d'environ 9,11
milliards d'euros) et intervient au terme d'une période
de cinq ans de négociations et d'hésitations.
Le
gouvernement indien, confronté à des défis
stratégiques importants du fait de sa proximité
avec des pays potentiellement hostiles comme le Pakistan
et la Chine, avait lancé en 2007 un appel d'offres
géant (baptisé MMRCA pour "Medium
Multi-Role Combat Aircraft), destiné à
remplacer une flotte vieillissante composée d'appareils
Mig-21 (de fabrication russe) et à y ajouter
une force supplémentaire de 126 avions.
Si
l'opération réussissait, au delà
de son intérêt industriel et militaire,
elle montrerait l'importance des convergences stratégiques
qui pourraient s'établir entre l'Europe gaullienne
(pour ne pas dire la France) et son grand voisin du
sous-continent indien.
En
attendant, il ne serait pas inutile de rappeler à
tous ceux qui croyaient de bon ton de dénigrer
le Rafale que ses échecs à l'exportation
ont résulté pour l'essentiel des incroyables
pressions - inimaginables quand on n'a pas regardé
les câbles diplomatiques - émanant du Département
d'Etat et des ambassades américaines vers les
gouvernements des pays intéressés. Depuis
l'annonce d'un possible contrat avec l'Inde, les critiques
incompétentes contre le Rafale qui se multiplient
en France dans les médias et les blogs révèlent-elles
seulement la stupidité infatuée de leurs
auteurs, ou sont elles aussi le résultat de campagnes
organisées par les intérêts anglo-saxons?
Mise
à jour à la date du 13 février
2012: Inutile de dire que les bruits intéressants
provenant de différents pays ayant manifesté
un intérêt pour le Rafale, Brésil,
Suisse, par exemple, nous confirmeraient dans l'opinion
de tous les experts aéronautiques et pilotes
ayant fréquenté cet appareil. Qu'il soit
acheté ou non hors de France, il sera, à
la suite de l'effondrement du F35 américain,
le meilleur appareil polyvalent de ces trente prochaines
années. Ceci dit, let's wait and see.