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Sciences politiques
Hollande. Note 20/20. Pour la France et pour l'Europe

Jean-Paul Baquiast - 22/01/2012
Disclaimer. Cet article n'engage pas nécessairement toute la rédaction

Comme beaucoup, nous attendions avec une certaine appréhension la grande profession de foi du candidat Hollande au Bourget ce 22 janvier. Allait-il dépasser la confrontation avec Nicolas Sarkozy pour traiter ce que sont pour nous et pour beaucoup d'autres électeurs les vraies priorités de la France et de l'Europe ?

Or nous n'avons pas été déçus. Toutes les priorités ont été abordées, avec au cas par cas l'énoncé de solutions politiques et économiques susceptibles d'être portées par le futur président, mises en oeuvre par le futur gouvernement. Le lieu n'est pas ici de revenir sur la longue liste énoncée avec une conviction contagieuse par François Hollande. Citons dans le désordre la mise au pas de la finance, le financement de l'investissement industriel et scientifique, la réinsertion des quartiers périphériques, la relance de l'alliance avec l'Allemagne, la défense sans ambiguïté des valeurs de la République et de la laïcité, le soutien aux services publics, le renforcement du projet éducatif, le départ de l'Afghanistan, la refonte de certains points des traités européens devenus paralysants, le refus des extrêmes-droites nationalistes.

Nos voisins européens pourront se rassurer. François Hollande, outre une connaissance étendue des dossiers, a montré qu'il ne s'imaginait pas que la France puisse seule conduire ces réformes. Il lui faudra convaincre les autres Etats afin de mobiliser toutes les forces européennes dans une entreprise débordant largement les objectifs de la seule social-démocratie. De larges domaines de négociation diplomatiques pourront donc s'ouvrir dès les élections, sinon avant, afin de reconstruire l'Europe sur de nouvelles bases.

La droite française fait déjà largement valoir que les mesures proposées heurteront tellement d'intérêts qu'elles seront bloquées dans l'oeuf ou détournées. C'est là que le nouveau gouvernement devra reprendre le flambeau que vient de lui confier François Hollande. Celui-ci a su faire naître au Bourget une ferveur peu vue depuis 1981 et la Libération. Lorsqu'un grand projet politique transcende les intérêts particuliers en se mettant au service des valeurs républicaines, il peut provoquer des miracles de la part des citoyens. C'est ce que Victor Hugo avait superbement dit à propos des soldats de l'An II.

La tristesse et la peur leur étaient inconnues.
Ils eussent, sans nul doute, escaladé les nues
Si ces audacieux,
En retournant les yeux dans leur course héroïque
Avaient vu derrière eux la grande République
Montrant du doigt les cieux ! ...

Si la France sait générer un tel enthousiasme chez ses citoyens, nul doute que nos voisins et amis européens ne s'en inspirent aussi. Alors l'Europe n'aura plus d'adversaires susceptibles de l'inquiéter.

 

A la demande d'amis, je reprend ici le poême tout entier JPB

Ô soldats de l'an deux !

Ô soldats de l'an deux ! ô guerres ! épopées !
Contre les rois tirant ensemble leurs épées,
Prussiens, Autrichiens,
Contre toutes les Tyrs et toutes les Sodomes,
Contre le czar du nord, contre ce chasseur d'hommes
Suivi de tous ses chiens,

Contre toute l'Europe avec ses capitaines,
Avec ses fantassins couvrant au loin les plaines,
Avec ses cavaliers,
Tout entière debout comme une hydre vivante,
Ils chantaient, ils allaient, l'âme sans épouvante
Et les pieds sans souliers !

Au levant, au couchant, partout, au sud, au pôle,
Avec de vieux fusils sonnant sur leur épaule,
Passant torrents et monts,
Sans repos, sans sommeil, coudes percés, sans vivres,
Ils allaient, fiers, joyeux, et soufflant dans des cuivres
Ainsi que des démons !

La Liberté sublime emplissait leurs pensées.
Flottes prises d'assaut, frontières effacées
Sous leur pas souverain,
Ô France, tous les jours, c'était quelque prodige,
Chocs, rencontres, combats ; et Joubert sur l'Adige,
Et Marceau sur le Rhin !

On battait l'avant-garde, on culbutait le centre ;
Dans la pluie et la neige et de l'eau jusqu'au ventre,
On allait ! en avant !
Et l'un offrait la paix, et l'autre ouvrait ses portes,
Et les trônes, roulant comme des feuilles mortes,
Se dispersaient au vent !

Oh ! que vous étiez grands au milieu des mêlées, Soldats !
L'oeil plein d'éclairs, faces échevelées
Dans le noir tourbillon,
Ils rayonnaient, debout, ardents, dressant la tête ;
Et comme les lions aspirent la tempête
Quand souffle l'aquilon,

Eux, dans l'emportement de leurs luttes épiques,
Ivres, ils savouraient tous les bruits héroïques,
Le fer heurtant le fer,
La Marseillaise ailée et volant dans les balles,
Les tambours, les obus, les bombes, les cymbales,
Et ton rire, ô Kléber !

La Révolution leur criait : - Volontaires,
Mourez pour délivrer tous les peuples vos frères ! -
Contents, ils disaient oui.
- Allez, mes vieux soldats, mes généraux imberbes !
Et l'on voyait marcher ces va-nu-pieds superbes
Sur le monde ébloui !

La tristesse et la peur leur étaient inconnues.
Ils eussent, sans nul doute, escaladé les nues
Si ces audacieux,
En retournant les yeux dans leur course olympique,
Avaient vu derrière eux la grande République
Montrant du doigt les cieux ! ...

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