
Page personnelle
http://www.lifesci.sussex.ac.uk/home/John_Gribbin/
John Gribbin
http://en.wikipedia.org/wiki/John_Gribbin
Notice bibliographique
http://www.johngribbin.co.uk/
John Gribbin est un écrivain
scientifique très prolifique. C'est aussi un
astronome et un physicien confirmé. Il convient
donc d'apporter la plus grande attention à ses
écrits, même lorsqu'il aborde des thèmes
qui obligent à remettre en question les convictions
les plus répandues.
Parmi celles-ci, figure celle selon
laquelle l'univers, proche ou lointain, pourrait abriter
un nombre éventuellement grand de civilisations
plus ou moins intelligentes, avec lesquelles nous pourrions
communiquer. Cette hypothèse, jusqu'ici relevant
de la science fiction, reçoit de nouveaux arguments
depuis quelques années avec la découverte
présumée de centaines d'exoplanètes
(extérieures au système solaire). Les
progrès rapides de l'observation astronomique
et satellitaire font espérer que dans quelques
années, il sera possible de commencer à
observer directement de telles planètes, notamment
les plus intéressantes, planètes dites
rocheuses se situant dans la zone réputée
habitable entourant leur étoile. Peut-être
sera-t-il même possible de détecter sur
ces planètes des indices révélant
une vie biologique, voisine de celle présente
sur Terre depuis environ 3,5 milliards d'années.
Au- delà de ces observations,
parfaitement justifiées, des crédits non
négligeables continuent d'être affectés,
dans le cadre du SETI et programmes analogues (Search
for Extra-Terrestrial Intelligence), à l'écoute
de messages provenant d'éventuels extra-terrestres,
voire à l'envoi de messages à eux destinés.
Il s'agit là d'une étonnante perversion
de l'esprit scientifique, très proche de la foi
religieuse. Sauf à imaginer que toutes les lois
connues de la physique soient fausses, les distances
galactiques, compte tenu des technologies actuelles,
sont telles qu'elles réduisent à néant
tout espoir d'échange dans la durée d'une
vie humaine. Ainsi l'étoile la plus proche de
la Terre, Proxima du Centaure (d'ailleurs particulièrement
hostile à la vie), est suffisamment loin (4 années-lumières)
pour décourager la communication avec elle, et
a fortiori tout voyage en sa direction.
Il reste que le besoin de ne pas se
croire seul dans l'univers, y compris seul dans la galaxie,
est si profondément ancré dans les consciences
que les scientifiques les plus avertis continuent, pour
d'obscures raisons, à imaginer que les technologies
et sciences de demain mettront l'humanité, sinon
en état de quitter la Terre, du moins à
prouver qu'il existe ailleurs des civilisations plus
ou moins proches de la nôtre. Il en découle
que les hypothèses scientifiques visant à
démontrer l'improbabilité très
forte de telles civilisations, que ce soit dans la galaxie
ou plus largement dans l'univers connu, sont comme le
présent ouvrage de John Gribbin, très
mal reçues.
De la même façon, les avertissements,
tels ceux de James Lovelock, concernant la nécessité
de préserver une planète qui est la seule
dont nous disposions, ne sont pas prises en compte par
les intérêts politiques et économiques
dominants. Les travaux de ce scientifique exceptionnel,
et d'autres analogues, sont scandaleusement présentés
comme catastrophistes(1).
Concernant l'ouvrage de John Gribbin,
présenté ici, il est suffisamment documenté
pour montrer que tous les arguments aujourd'hui disponibles
confirment bien l'hypothèse du titre: nous sommes
effectivement seuls dans l'Univers. Affirmer le contraire
ne reposerait sur aucune base solide. On notera que
le cosmologiste français Christian Magnan vient
de publier un livre qui reprend la même thèse,
que nous avons récemment commenté "Le
théorème du jardin".
Les raisonnements des deux auteurs
ne se recoupent pas exactement, mais dans l'ensemble
ils font appel à des arguments convergents, de
type probabiliste. Les probabilités de trouver
dans l'univers, à quelque échelle de temps
que ce soit, une civilisation proche de la nôtre
sont si faibles qu'il vaut mieux n'en pas parler. Christian
Magnan raisonne à l'échelle de l'univers
entier qui pourrait comporter plus de cent milliards
de galaxies. John Gribbin se situe à l'échelle
de notre galaxie, la Voie lactée, qui pourrait
comporter plusieurs centaines de milliards d'étoiles.
Mais dans l'ensemble, les deux approches se complètent.
Quelques centaines de milliards de galaxies n'augmentent
pas sensiblement, malgré les apparences, la probabilité
pour nous de trouver des systèmes planétaires
où pourraient se développer des vies intelligentes,
par rapport à ce qu'elle est dans notre galaxie.
On objecte qu'une telle affirmation
est idéologique, puisque précisément
notre présence est là pour démonter
qu'une telle circonstance s'est au moins produite une
fois. Mais l'argument ne tient pas, s'il n'existe aucune
preuve que l'évènement ait pu se produire
ailleurs ou puisse se reproduire, même sur la
base de très grands nombres. On ne peut donc
que récuser le principe anthropique « faible »
selon lequel il existerait des lois naturelles pouvant
encourager l'apparition de la vie intelligente, tout
au moins quand on veut l'appliquer à l'étude
de l'univers. Il n'y a pas de lois naturelles favorables
à l'apparition de l'intelligence dans les systèmes
naturels, il n'y a eu qu'un hasard heureux. Autrement
dit, tout espoir de découvrir quelque part des
civilisations de près ou de loin proches de la
nôtre serait vain, voire dangereux. Il nous permettrait
de ne pas faire tous les efforts possibles pour protéger
notre civilisation supposée intelligente, y compris
à très court terme, des innombrables risques
qui la menace(2).
Or les deux ouvrages évoqués
ici, malgré les efforts tout à fait remarquables
de scientificité déployés par leurs
auteurs, semblent se heurter à un épais
silence de la communauté scientifique. Peut-être
est-ce du au fait qu'ils suscitent, chez tout lecteur
fut-il scientifique, un profond malaise, confinant au
rejet. Quelle en est la raison ? L'espoir est-il si
l'on peut dire organiquement chevillé au corps
de tout être vivant un tant soit peu complexe
? Sagirait-il d'un atout (comme d'ailleurs la croyance
religieuse) indispensable à la lutte pour la
vie ? Ou bien faudrait-il rechercher des causes plus
profondes à un tel phénomène? En
discuter pourrait permettre d'éclairer avec des
arguments concrets la vieille question des rapports
entre les approches se voulant scientifiques, autrement
dit visant à l'objectivité, et les convictions
philosophiques ou affectives des citoyens. C'est la
raison pour laquelle nous proposons ici ce trop bref
article.
Quant au fond de la question, nous n'avons
pas la prétention de remettre en cause les arguments
de John Gribbin, d'autant plus que ceux-ci paraissent
extrêmement convaincants. Nous nous bornerons
dans la première partie de l'article, à
les résumer très sommairement pour les
personnes non anglophones ou ne pouvant accéder
au livre.
Pourquoi notre
planète est elle unique ?
Le livre de John Gribbin expose en détail
les arguments selon lesquels pour la grande majorité
des scientifiques contemporains, au moins de ceux qui
se tiennent informés des observations les plus
récentes de l'astronomie et de l'exobiologie,
l'extrême diversité des formes de vie et
d'intelligence terrestres résultent de séquences
d'évènements si improbables qu'il est
à peu près possible d'affirmer leur caractère
unique. Autrement dit, de telles séquences -
y compris des catastrophes ayant permis à la
vie de repartir sur de nouvelles bases, ne se seraient
pas produites ailleurs dans la galaxie, durant son histoire
passée. Elles n'auraient aucune chance de se
reproduire pas dans le temps d'existence qui lui reste.
Ceci vient directement en contradiction avec la croyance
populaire selon lesquelles il existerait des lois d'organisation
ou d'auto-organisation susceptibles de provoquer l'apparition
régulière de systèmes intelligents,
ici ou ailleurs.
Intéressant notre système
solaire, le plus significatif de ces évènements
serait l'impact avec le Terre d'un objet céleste
de la taille de Mars, qui se serait produit quelques
temps après la formation de notre planète,
il y a 5 milliards d'années. Comme toute hypothèse,
celle-ci trouve encore des détracteurs, mais
les observations les plus récentes convergent.
L'impact, aurait-il été frontal, aurait
sans doute pulvérisé les deux astres en
donnant naissance à un nuage de poussières
et de planétésimaux. S'étant produit
avec une certaine incidence, il a arraché à
la Terre la matière nécessaire à
la formation de la Lune, tout en donnant à la
Terre une inclinaison et une vitesse de rotation sur
l'écliptique qui se sont dans l'ensemble conservés
jusqu'à nos jours. L'évènement
a généré les marées d'origine
lunaire, la succession des saisons et des jours, ainsi
qu'un phénomène dont la pleine portée
a été longue à comprendre, la dérive
des continents. A supposer que soient déjà
apparues sur la Terre des formes de vie sous-marines
primitives, ces diverses circonstances ont permis aux
premières cellules, archae, eucaryotes, puis
procaryotes, de se multiplier. La présence stabilisatrice
de la Lune reste encore indispensable aux grands mécanismes
biologiques actuels(3).
D'autres
phénomènes potentiellement catastrophiques
ont failli provoquer la disparition de la vie, mais
n'étant pas allé jusqu'au bout de leur
effet destructif, ils ont relancé le mécanisme
de mutation sélection propre à celle-ci.
Sans eux, nous n'existerions pas. John Gribbin mentionne
une collision entre Vénus et une super comète,
s'étant produite il y a 600 millions d'années
et ayant recouvert tout le système solaire intérieur
d'une couche de particules de glace et de poussière.
Il en est résulté une glaciation quasi
complète de la Terre (Terre « boule
de neige ») , récemment identifiée
et aux conséquences bien analysées. La
plupart des organismes existants ont disparu sous l'effet
du froid, sauf dans quelques zones protégées.
Au retour de températures normales, une explosion
d'animaux aux formes étranges s'est produite
(explosion du Cambrien et faune dite du Burgess) à
partir de laquelle les populations maritimes et terrestres
aujourd'hui identifiées dans les couches fossilifères
ont pu se développer. Mais là encore,
si cette comète avait impacté directement
la Terre ou si, à l'opposé, elle était
restée extérieure au système solaire,
nous ne serions pas là pour en discuter. Or les
chances pour que de telles successions d'évènements
se produisent sur d'autres planètes sont quasiment
nulles.
Les
paléobiologistes ont multiplié les exemples
d'autres extinctions massives ayant atteint les populations
en place, dont ont résulté de nouveaux
sauts qualitatifs de compétence ayant profité
aux espèces survivantes. La dernière et
la plus commentée concerne la suite d'évènements
ayant provoqué à la fin du crétacé
l'extinction des dinosaures. Ceci ne veut pas dire que
si les dinosaures n'avaient pas disparu, au point d'évolution
atteint par certains d'entre eux à cette époque,
de petits dinosaures tels que le peu connu troodon
(image), assez proches au plan anatomique et semble-t-il
cognitif des futures primates, n'auraient pas servi
de base à ce que l'on aurait pu appeler des lignées
intelligentes d'anthroposaures. Mais en fait ce furent
les primates, dont les humains que John Gribbin voudrait
à juste titre classer parmi les "pan"
(pan sapiens), qui ont profité des nouvelles
opportunités ouvertes par les changements climatiques
les ayant chassé des forêts tropicales.
John Gribbin termine son exposé
en rappelant que les civilisations humaines développées,
capables d'un minimum de représentation d'elles-mêmes
dans leur environnement, devraient mettre tous leurs
soins à éviter de disparaitre, du moins
à la suite de phénomènes dont ils
seraient directement responsables. Or il constate que
ce n'est pas le cas. Pour le moment encore les forces
sociales (que nous appelons nous-mêmes anthropotechniques)
sont incapables de limiter leur croissance démographique
et la surexploitation des ressources énergétiques
et minérales naturelles découlant de leurs
courses à la domination. Or, souligne-t-il, quand
ces ressources auront disparu, aucune solution de type
technologique ne permettra d'éviter l'effondrement
de ces civilisations y compris bien sûr
l'impossible exode sur d'autres planètes. Ceci
pour une raison simple. De telles solutions technologiques
nécesiteraient des ressources en énergie
et matière premières qui auraient alors
été épuisées.
La Terre et nous-mêmes disparaitront
certes inexorablement,pour des raisons cosmologiques,
avec la transformation du soleil en géante rouge
ou, bien avant cela, par suite de rencontres inévitables
avec des astéroïdes de grande taille. Mais
le « doomsday » ou dernier
jour pourrait survenir à bien plus proche échéance,
dans quelques décennies éventuellement,
si nous n'y prenions pas garde.
Or pourquoi, répétons
le, un message si alarmant, le plus pertinent que puisse
suggérer aujourd'hui les sciences des systèmes
naturels, laisse-t-il les opinions indifférentes
? Nous avons précédemment, pour tenter
de répondre à cette question, évoqué
un phénomène civilisationnel que nous
avons nommé le Paradoxe du sapiens (voir la version
téléchargeable de cet essai)
Oculos habent
et non videbunt
Mais avant d'aborder cette perspective,
il paraît nécessaire de préciser
la définition que l'on se donne de la vie et
de l'intelligence, afin d'en rechercher l'éventuelle
présence, ou absence, dans la galaxie. Concernant
la vie, John Gribbin se contente des définitions
retenues par les paléobiologistes, qui recoupent
celles données par les exobiologistes. Il existe
désormais des critères assez généraux
permettant de différencier des systèmes
que l'on qualifiera de vivant au regard de systèmes
réputés simplement matériels ou
physico-chimiques.
Concernant l'intelligence, les critères
sont moins nets. Pourrait-il exister dans l'univers
des formes d'intelligence artificielle, se greffant
sur des vies artificielles ou de synthèse apparaissant
spontanément dans des circonstances favorables
? On pourrait imaginer que de tels systèmes puissent
émerger spontanément, dans certains milieux
physiques exotiques, à partir par exemple de
fluctuations dans le vide quantique, mais rien de tel
jusqu'à ce jour n'a été identifié
par la science. L'hypothèse n'est cependant pas
à exclure définitivement, sans en faire
le support de rêveries qui relèveraient
de la science-fiction.
Ceci ne veut pas dire qu'il faille,
comme le fait John Gribbin, se contenter de définitions
classiques de la vie et de l'intelligence, que ce soit
pour comprendre les phénomènes cognitifs
présents sur la Terre, ou pour en rechercher
d'équivalents éventuels dans l'univers.
Nous avons depuis longtemps, sur ce site, proposé
de prendre en considération ce que nous nommons
des systèmes anthropotechniques. Il s'agit d'entités
(super-organismes ou "complexes" associant
très étroitement, y compris en termes
génétiques, des humains, individus et
groupes, et les diverses technologies aujourd'hui proliférantes
qu'ils ont développées depuis l'âge
de pierre. Ces systèmes émergent sur le
mode darwinien d'une compétition pour les pouvoirs
et les ressources.
On ne peut évidemment pas étudier
les systèmes anthropotechniques comme on le fait
des systèmes physiques ou biologiques. Ils sont
multi-échelles, de l'individu à la civilisation
mondiale toute entière, en passant évidemment
par les différents réseaux de traitement
et de mémorisation intéressant la production
de connaissances, qu'elles soient empiriques ou scientifiques.
Ils sont multi-domaines et multi-sites. Les humains
qui en forment la composante anthropique, bien que dotés
de cerveaux et capables de cognition, constituent à
ce titre des systèmes souvent qualifiés
en Intelligence artificielle de "systèmes
cognitifs".
Le point important est qu'en leur état
actuel de développement, ces systèmes
sont insuffisamment cognitifs. Ils ne peuvent
pour le moment se donner de la Planète et des
sociétes humaines elles-mêmes une connaissance
complète, faute de prendre le recul nécessaire.
Pour pleinement comprendre et prédire les déterminismes
complexes qui les entraînent, ils devraient disposer
d'instruments d'observation et de logiques englobantes,
ce qui semble pour le moment hors de leur portée.
Il faut insister sur cette question.
Pourquoi les systèmes anthropotechniques associant
depuis quelques millénaires des homo (ou pan)
sapiens et des technologies de plus en plus pertinentes,
y compris dans le domaine observationnel, se montrent-ils
encore incapables de prévoir et surtout de prévenir
les catastrophes menaçant l'avenir de la vie
et de l'intelligence sur la Terre. En principe, ils
devraient conjuguer les capacités cognitives
et d'action rationnelle propres aux humains et aux technologies
qui les composent. Or la pratique montre le contraire.
Les potentiels les plus pointus en matière d'observation,
de prédiction et d'action préventive dont
disposent ces systèmes servent principalement
à encourager des luttes et guerres pour le pouvoir,
au mépris des conséquences létales
pouvant en résulter pour l'avenir de nos civilisations
terrestres?
Cela tient semble-t-il au fait que les
ressorts anthropologiques les plus primitifs, de type
épigénétique, visant à dominer,
continuent à l'emporter sur les formes de coopération
poussant à la prévision et à la
prudence . Les sociétés humaines anthropotechniques
ne sont à cet égard pas très différentes
des sociétés animales. Celles-ci, dans
l'ensemble, persistent à exploiter jusqu'à
épuisement les ressources dont elles bénéficient.
Malthus l'avait bien vu.
Qu'espérer? Il faudrait que les
systèmes anthropotechniques mutent suffisamment
pour que la raison l'emporte dans la gestion des ressources
planétaires. Mais on ne voit guère comment
de telles mutations pourraient se produire, avec l'ampleur
permettant de faire disparaître les comportements
suicidaires archaïques afin de laisser place à
des comportements plus prudents. Plus exactement, on
ne voit que des catastrophes de grande ampleur qui soient
susceptibles de provoquer la disparition massive des
humains prédateurs entraînant actuellement
nos civilisations à leur perte. Ce serait à
cette condition que de nouvelles générations
de systèmes anthropotechniques pourraient faire
durer les sociétés intelligentes au moins
aussi longtemps que le permettront les mécanismes
cosmologiques naturels.
On conçoit qu'énoncer
froidement de telles perspectives ferait passer leur
auteur pour un fou dangereux. John Gribbin ne s'y est
pas risqué, sauf peut-être sous une formes
subliminale. Soyons lui gré pourtant d'avoir
pris ce risque(4).
Notes
(1) Renvoyons sur ce point le lecteur
à notre recension du dernier ouvrage de James
Lovelock, intitulé d'une façon prophétique
"The
vanishing face of Gaïa, a Final Warning"
On lira, dans le même esprit,
"Storms
of my Grand-Children", de James Hansen.
(2) Nous ne mentionnerons pas ici
les innombrables publications et articles qui, de nos
jours encore, abordent la question de l'intelligence
dans l'univers d'une façon plus littéraire,
sinon inspirée par des croyances religieuses.
C'est la cas notamment du principe anthropique dit fort,
selon lequel l'évolution de l'univers a été
organisée sous l'influence d'une déité
non-matérielle, afin de faire apparaître
des formes spirituelles à son image.
Observons que si le principe anthropique
et son optimisme sous-jacent ne nous paraissent pas
relever d'une approche scientifique, il en est de même
des innombrables prophéties apocalyptiques ayant
toujours prédit pour le court terme la fin de
l'univers. John Gribbin, certes, fournit de nombreux
arguments pouvant laisser craindre la fin, éventuellement
prochaine, de notre civilisation terrestre. Mais il
s'agit là de prospectives scientifiques méritant,
au contraire de leurs homologues métaphysiques,
d'être prises au sérieux.
(3) On lira
sur ces sujets le travail considérable du biochimiste
Nick Lane Life ascending, présentée
sur ce site à l'adresse http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2010/mar/nicklane.html
. La formulation de Nick Lane semble sous-entendre
que l'ascension vers des organismes complexes ait correspondu
à des mécanismes inévitables. Mais
Nick Lane insiste sur le caractère aléatoire
de certains des évènements fondateurs.
(4) Répétons-le,
il est surprenant de voir le nombre de gens qui réagissent
très mal à l'hypothèse selon laquelle
nous serions seuls dans l'univers. Ils veulent absolument
se persuader, avec des suppositions parfaitement hasardeuses,
que ce n'est pas le cas.
* Voir sur NewScientist :
http://www.newscientist.com/blogs/culturelab/2011/12/earth-lifes-only-home.html
* Voir aussi le débat suscité par le présent
article sur Agoravox http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/alone-in-the-universe-seuls-dans-l-107641
J'ai pour ma part répondu ceci: "Selon
moi, il nest pas scientifique de considérer
quun phénomène probable, en termes
scientifiques, existerait quelque part, tant que lon
ne peut pas apporter la preuve de cette existence. Tout
ce que lon pourrait scientifiquement faire serait
de le rechercher activement, jusquà le
trouver.
Jusquà ce jour, rappelons le, nul na
jamais observé de formes de vie, même loin
de celles que nous définissons comme telles,
ailleurs dans lunivers. Mais rien ne vous empêche
de continuer à chercher
Par ailleurs, vous pouvez avoir une autre définition
de la science. Ce ne sera pas la mienne" .
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