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Biblionet
Alone in the Universe.
Why our Planet is Unique

par John Gribbin.

Penguin Books 2011


Introduction par Jean Paul Baquiast
08/01/2012




John Gribbin Page personnelle http://www.lifesci.sussex.ac.uk/home/John_Gribbin/
John Gribbin http://en.wikipedia.org/wiki/John_Gribbin
Notice bibliographique http://www.johngribbin.co.uk/

John Gribbin est un écrivain scientifique très prolifique. C'est aussi un astronome et un physicien confirmé. Il convient donc d'apporter la plus grande attention à ses écrits, même lorsqu'il aborde des thèmes qui obligent à remettre en question les convictions les plus répandues.

Parmi celles-ci, figure celle selon laquelle l'univers, proche ou lointain, pourrait abriter un nombre éventuellement grand de civilisations plus ou moins intelligentes, avec lesquelles nous pourrions communiquer. Cette hypothèse, jusqu'ici relevant de la science fiction, reçoit de nouveaux arguments depuis quelques années avec la découverte présumée de centaines d'exoplanètes (extérieures au système solaire). Les progrès rapides de l'observation astronomique et satellitaire font espérer que dans quelques années, il sera possible de commencer à observer directement de telles planètes, notamment les plus intéressantes, planètes dites rocheuses se situant dans la zone réputée habitable entourant leur étoile. Peut-être sera-t-il même possible de détecter sur ces planètes des indices révélant une vie biologique, voisine de celle présente sur Terre depuis environ 3,5 milliards d'années.

Au- delà de ces observations, parfaitement justifiées, des crédits non négligeables continuent d'être affectés, dans le cadre du SETI et programmes analogues (Search for Extra-Terrestrial Intelligence), à l'écoute de messages provenant d'éventuels extra-terrestres, voire à l'envoi de messages à eux destinés. Il s'agit là d'une étonnante perversion de l'esprit scientifique, très proche de la foi religieuse. Sauf à imaginer que toutes les lois connues de la physique soient fausses, les distances galactiques, compte tenu des technologies actuelles, sont telles qu'elles réduisent à néant tout espoir d'échange dans la durée d'une vie humaine. Ainsi l'étoile la plus proche de la Terre, Proxima du Centaure (d'ailleurs particulièrement hostile à la vie), est suffisamment loin (4 années-lumières) pour décourager la communication avec elle, et a fortiori tout voyage en sa direction.

Il reste que le besoin de ne pas se croire seul dans l'univers, y compris seul dans la galaxie, est si profondément ancré dans les consciences que les scientifiques les plus avertis continuent, pour d'obscures raisons, à imaginer que les technologies et sciences de demain mettront l'humanité, sinon en état de quitter la Terre, du moins à prouver qu'il existe ailleurs des civilisations plus ou moins proches de la nôtre. Il en découle que les hypothèses scientifiques visant à démontrer l'improbabilité très forte de telles civilisations, que ce soit dans la galaxie ou plus largement dans l'univers connu, sont comme le présent ouvrage de John Gribbin, très mal reçues.

De la même façon, les avertissements, tels ceux de James Lovelock, concernant la nécessité de préserver une planète qui est la seule dont nous disposions, ne sont pas prises en compte par les intérêts politiques et économiques dominants. Les travaux de ce scientifique exceptionnel, et d'autres analogues, sont scandaleusement présentés comme catastrophistes(1).

Concernant l'ouvrage de John Gribbin, présenté ici, il est suffisamment documenté pour montrer que tous les arguments aujourd'hui disponibles confirment bien l'hypothèse du titre: nous sommes effectivement seuls dans l'Univers. Affirmer le contraire ne reposerait sur aucune base solide. On notera que le cosmologiste français Christian Magnan vient de publier un livre qui reprend la même thèse, que nous avons récemment commenté "Le théorème du jardin".

Les raisonnements des deux auteurs ne se recoupent pas exactement, mais dans l'ensemble ils font appel à des arguments convergents, de type probabiliste. Les probabilités de trouver dans l'univers, à quelque échelle de temps que ce soit, une civilisation proche de la nôtre sont si faibles qu'il vaut mieux n'en pas parler. Christian Magnan raisonne à l'échelle de l'univers entier qui pourrait comporter plus de cent milliards de galaxies. John Gribbin se situe à l'échelle de notre galaxie, la Voie lactée, qui pourrait comporter plusieurs centaines de milliards d'étoiles. Mais dans l'ensemble, les deux approches se complètent. Quelques centaines de milliards de galaxies n'augmentent pas sensiblement, malgré les apparences, la probabilité pour nous de trouver des systèmes planétaires où pourraient se développer des vies intelligentes, par rapport à ce qu'elle est dans notre galaxie.

On objecte qu'une telle affirmation est idéologique, puisque précisément notre présence est là pour démonter qu'une telle circonstance s'est au moins produite une fois. Mais l'argument ne tient pas, s'il n'existe aucune preuve que l'évènement ait pu se produire ailleurs ou puisse se reproduire, même sur la base de très grands nombres. On ne peut donc que récuser le principe anthropique « faible » selon lequel il existerait des lois naturelles pouvant encourager l'apparition de la vie intelligente, tout au moins quand on veut l'appliquer à l'étude de l'univers. Il n'y a pas de lois naturelles favorables à l'apparition de l'intelligence dans les systèmes naturels, il n'y a eu qu'un hasard heureux. Autrement dit, tout espoir de découvrir quelque part des civilisations de près ou de loin proches de la nôtre serait vain, voire dangereux. Il nous permettrait de ne pas faire tous les efforts possibles pour protéger notre civilisation supposée intelligente, y compris à très court terme, des innombrables risques qui la menace(2).

Or les deux ouvrages évoqués ici, malgré les efforts tout à fait remarquables de scientificité déployés par leurs auteurs, semblent se heurter à un épais silence de la communauté scientifique. Peut-être est-ce du au fait qu'ils suscitent, chez tout lecteur fut-il scientifique, un profond malaise, confinant au rejet. Quelle en est la raison ? L'espoir est-il si l'on peut dire organiquement chevillé au corps de tout être vivant un tant soit peu complexe ? Sagirait-il d'un atout (comme d'ailleurs la croyance religieuse) indispensable à la lutte pour la vie ? Ou bien faudrait-il rechercher des causes plus profondes à un tel phénomène? En discuter pourrait permettre d'éclairer avec des arguments concrets la vieille question des rapports entre les approches se voulant scientifiques, autrement dit visant à l'objectivité, et les convictions philosophiques ou affectives des citoyens. C'est la raison pour laquelle nous proposons ici ce trop bref article.

Quant au fond de la question, nous n'avons pas la prétention de remettre en cause les arguments de John Gribbin, d'autant plus que ceux-ci paraissent extrêmement convaincants. Nous nous bornerons dans la première partie de l'article, à les résumer très sommairement pour les personnes non anglophones ou ne pouvant accéder au livre.

Pourquoi notre planète est elle unique ?

Le livre de John Gribbin expose en détail les arguments selon lesquels pour la grande majorité des scientifiques contemporains, au moins de ceux qui se tiennent informés des observations les plus récentes de l'astronomie et de l'exobiologie, l'extrême diversité des formes de vie et d'intelligence terrestres résultent de séquences d'évènements si improbables qu'il est à peu près possible d'affirmer leur caractère unique. Autrement dit, de telles séquences - y compris des catastrophes ayant permis à la vie de repartir sur de nouvelles bases, ne se seraient pas produites ailleurs dans la galaxie, durant son histoire passée. Elles n'auraient aucune chance de se reproduire pas dans le temps d'existence qui lui reste. Ceci vient directement en contradiction avec la croyance populaire selon lesquelles il existerait des lois d'organisation ou d'auto-organisation susceptibles de provoquer l'apparition régulière de systèmes intelligents, ici ou ailleurs.

Intéressant notre système solaire, le plus significatif de ces évènements serait l'impact avec le Terre d'un objet céleste de la taille de Mars, qui se serait produit quelques temps après la formation de notre planète, il y a 5 milliards d'années. Comme toute hypothèse, celle-ci trouve encore des détracteurs, mais les observations les plus récentes convergent. L'impact, aurait-il été frontal, aurait sans doute pulvérisé les deux astres en donnant naissance à un nuage de poussières et de planétésimaux. S'étant produit avec une certaine incidence, il a arraché à la Terre la matière nécessaire à la formation de la Lune, tout en donnant à la Terre une inclinaison et une vitesse de rotation sur l'écliptique qui se sont dans l'ensemble conservés jusqu'à nos jours. L'évènement a généré les marées d'origine lunaire, la succession des saisons et des jours, ainsi qu'un phénomène dont la pleine portée a été longue à comprendre, la dérive des continents. A supposer que soient déjà apparues sur la Terre des formes de vie sous-marines primitives, ces diverses circonstances ont permis aux premières cellules, archae, eucaryotes, puis procaryotes, de se multiplier. La présence stabilisatrice de la Lune reste encore indispensable aux grands mécanismes biologiques actuels(3).

D'autres phénomènes potentiellement catastrophiques ont failli provoquer la disparition de la vie, mais n'étant pas allé jusqu'au bout de leur effet destructif, ils ont relancé le mécanisme de mutation sélection propre à celle-ci. Sans eux, nous n'existerions pas. John Gribbin mentionne une collision entre Vénus et une super comète, s'étant produite il y a 600 millions d'années et ayant recouvert tout le système solaire intérieur d'une couche de particules de glace et de poussière. Il en est résulté une glaciation quasi complète de la Terre (Terre « boule de neige ») , récemment identifiée et aux conséquences bien analysées. La plupart des organismes existants ont disparu sous l'effet du froid, sauf dans quelques zones protégées. Au retour de températures normales, une explosion d'animaux aux formes étranges s'est produite (explosion du Cambrien et faune dite du Burgess) à partir de laquelle les populations maritimes et terrestres aujourd'hui identifiées dans les couches fossilifères ont pu se développer. Mais là encore, si cette comète avait impacté directement la Terre ou si, à l'opposé, elle était restée extérieure au système solaire, nous ne serions pas là pour en discuter. Or les chances pour que de telles successions d'évènements se produisent sur d'autres planètes sont quasiment nulles.

Les paléobiologistes ont multiplié les exemples d'autres extinctions massives ayant atteint les populations en place, dont ont résulté de nouveaux sauts qualitatifs de compétence ayant profité aux espèces survivantes. La dernière et la plus commentée concerne la suite d'évènements ayant provoqué à la fin du crétacé l'extinction des dinosaures. Ceci ne veut pas dire que si les dinosaures n'avaient pas disparu, au point d'évolution atteint par certains d'entre eux à cette époque, de petits dinosaures tels que le peu connu troodon (image), assez proches au plan anatomique et semble-t-il cognitif des futures primates, n'auraient pas servi de base à ce que l'on aurait pu appeler des lignées intelligentes d'anthroposaures. Mais en fait ce furent les primates, dont les humains que John Gribbin voudrait à juste titre classer parmi les "pan" (pan sapiens), qui ont profité des nouvelles opportunités ouvertes par les changements climatiques les ayant chassé des forêts tropicales.

John Gribbin termine son exposé en rappelant que les civilisations humaines développées, capables d'un minimum de représentation d'elles-mêmes dans leur environnement, devraient mettre tous leurs soins à éviter de disparaitre, du moins à la suite de phénomènes dont ils seraient directement responsables. Or il constate que ce n'est pas le cas. Pour le moment encore les forces sociales (que nous appelons nous-mêmes anthropotechniques) sont incapables de limiter leur croissance démographique et la surexploitation des ressources énergétiques et minérales naturelles découlant de leurs courses à la domination. Or, souligne-t-il, quand ces ressources auront disparu, aucune solution de type technologique ne permettra d'éviter l'effondrement de ces civilisations – y compris bien sûr l'impossible exode sur d'autres planètes. Ceci pour une raison simple. De telles solutions technologiques nécesiteraient des ressources en énergie et matière premières qui auraient alors été épuisées.

La Terre et nous-mêmes disparaitront certes inexorablement,pour des raisons cosmologiques, avec la transformation du soleil en géante rouge ou, bien avant cela, par suite de rencontres inévitables avec des astéroïdes de grande taille. Mais le « doomsday » ou dernier jour pourrait survenir à bien plus proche échéance, dans quelques décennies éventuellement, si nous n'y prenions pas garde.

Or pourquoi, répétons le, un message si alarmant, le plus pertinent que puisse suggérer aujourd'hui les sciences des systèmes naturels, laisse-t-il les opinions indifférentes ? Nous avons précédemment, pour tenter de répondre à cette question, évoqué un phénomène civilisationnel que nous avons nommé le Paradoxe du sapiens (voir la version téléchargeable de cet essai)

Oculos habent et non videbunt

Mais avant d'aborder cette perspective, il paraît nécessaire de préciser la définition que l'on se donne de la vie et de l'intelligence, afin d'en rechercher l'éventuelle présence, ou absence, dans la galaxie. Concernant la vie, John Gribbin se contente des définitions retenues par les paléobiologistes, qui recoupent celles données par les exobiologistes. Il existe désormais des critères assez généraux permettant de différencier des systèmes que l'on qualifiera de vivant au regard de systèmes réputés simplement matériels ou physico-chimiques.

Concernant l'intelligence, les critères sont moins nets. Pourrait-il exister dans l'univers des formes d'intelligence artificielle, se greffant sur des vies artificielles ou de synthèse apparaissant spontanément dans des circonstances favorables ? On pourrait imaginer que de tels systèmes puissent émerger spontanément, dans certains milieux physiques exotiques, à partir par exemple de fluctuations dans le vide quantique, mais rien de tel jusqu'à ce jour n'a été identifié par la science. L'hypothèse n'est cependant pas à exclure définitivement, sans en faire le support de rêveries qui relèveraient de la science-fiction.

Ceci ne veut pas dire qu'il faille, comme le fait John Gribbin, se contenter de définitions classiques de la vie et de l'intelligence, que ce soit pour comprendre les phénomènes cognitifs présents sur la Terre, ou pour en rechercher d'équivalents éventuels dans l'univers. Nous avons depuis longtemps, sur ce site, proposé de prendre en considération ce que nous nommons des systèmes anthropotechniques. Il s'agit d'entités (super-organismes ou "complexes" associant très étroitement, y compris en termes génétiques, des humains, individus et groupes, et les diverses technologies aujourd'hui proliférantes qu'ils ont développées depuis l'âge de pierre. Ces systèmes émergent sur le mode darwinien d'une compétition pour les pouvoirs et les ressources.

On ne peut évidemment pas étudier les systèmes anthropotechniques comme on le fait des systèmes physiques ou biologiques. Ils sont multi-échelles, de l'individu à la civilisation mondiale toute entière, en passant évidemment par les différents réseaux de traitement et de mémorisation intéressant la production de connaissances, qu'elles soient empiriques ou scientifiques. Ils sont multi-domaines et multi-sites. Les humains qui en forment la composante anthropique, bien que dotés de cerveaux et capables de cognition, constituent à ce titre des systèmes souvent qualifiés en Intelligence artificielle de "systèmes cognitifs".

Le point important est qu'en leur état actuel de développement, ces systèmes sont insuffisamment cognitifs. Ils ne peuvent pour le moment se donner de la Planète et des sociétes humaines elles-mêmes une connaissance complète, faute de prendre le recul nécessaire. Pour pleinement comprendre et prédire les déterminismes complexes qui les entraînent, ils devraient disposer d'instruments d'observation et de logiques englobantes, ce qui semble pour le moment hors de leur portée.

Il faut insister sur cette question. Pourquoi les systèmes anthropotechniques associant depuis quelques millénaires des homo (ou pan) sapiens et des technologies de plus en plus pertinentes, y compris dans le domaine observationnel, se montrent-ils encore incapables de prévoir et surtout de prévenir les catastrophes menaçant l'avenir de la vie et de l'intelligence sur la Terre. En principe, ils devraient conjuguer les capacités cognitives et d'action rationnelle propres aux humains et aux technologies qui les composent. Or la pratique montre le contraire. Les potentiels les plus pointus en matière d'observation, de prédiction et d'action préventive dont disposent ces systèmes servent principalement à encourager des luttes et guerres pour le pouvoir, au mépris des conséquences létales pouvant en résulter pour l'avenir de nos civilisations terrestres?

Cela tient semble-t-il au fait que les ressorts anthropologiques les plus primitifs, de type épigénétique, visant à dominer, continuent à l'emporter sur les formes de coopération poussant à la prévision et à la prudence . Les sociétés humaines anthropotechniques ne sont à cet égard pas très différentes des sociétés animales. Celles-ci, dans l'ensemble, persistent à exploiter jusqu'à épuisement les ressources dont elles bénéficient. Malthus l'avait bien vu.

Qu'espérer? Il faudrait que les systèmes anthropotechniques mutent suffisamment pour que la raison l'emporte dans la gestion des ressources planétaires. Mais on ne voit guère comment de telles mutations pourraient se produire, avec l'ampleur permettant de faire disparaître les comportements suicidaires archaïques afin de laisser place à des comportements plus prudents. Plus exactement, on ne voit que des catastrophes de grande ampleur qui soient susceptibles de provoquer la disparition massive des humains prédateurs entraînant actuellement nos civilisations à leur perte. Ce serait à cette condition que de nouvelles générations de systèmes anthropotechniques pourraient faire durer les sociétés intelligentes au moins aussi longtemps que le permettront les mécanismes cosmologiques naturels.

On conçoit qu'énoncer froidement de telles perspectives ferait passer leur auteur pour un fou dangereux. John Gribbin ne s'y est pas risqué, sauf peut-être sous une formes subliminale. Soyons lui gré pourtant d'avoir pris ce risque(4).

Notes
(1) Renvoyons sur ce point le lecteur à notre recension du dernier ouvrage de James Lovelock, intitulé d'une façon prophétique "The vanishing face of Gaïa, a Final Warning"
On lira, dans le même esprit, "Storms of my Grand-Children", de James Hansen.
(2) Nous ne mentionnerons pas ici les innombrables publications et articles qui, de nos jours encore, abordent la question de l'intelligence dans l'univers d'une façon plus littéraire, sinon inspirée par des croyances religieuses. C'est la cas notamment du principe anthropique dit fort, selon lequel l'évolution de l'univers a été organisée sous l'influence d'une déité non-matérielle, afin de faire apparaître des formes spirituelles à son image.
Observons que si le principe anthropique et son optimisme sous-jacent ne nous paraissent pas relever d'une approche scientifique, il en est de même des innombrables prophéties apocalyptiques ayant toujours prédit pour le court terme la fin de l'univers. John Gribbin, certes, fournit de nombreux arguments pouvant laisser craindre la fin, éventuellement prochaine, de notre civilisation terrestre. Mais il s'agit là de prospectives scientifiques méritant, au contraire de leurs homologues métaphysiques, d'être prises au sérieux.
(3
) On lira sur ces sujets le travail considérable du biochimiste Nick Lane Life ascending, présentée sur ce site à l'adresse http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2010/mar/nicklane.html . La formulation de Nick Lane semble sous-entendre que l'ascension vers des organismes complexes ait correspondu à des mécanismes inévitables. Mais Nick Lane insiste sur le caractère aléatoire de certains des évènements fondateurs.
(4) Répétons-le, il est surprenant de voir le nombre de gens qui réagissent très mal à l'hypothèse selon laquelle nous serions seuls dans l'univers. Ils veulent absolument se persuader, avec des suppositions parfaitement hasardeuses, que ce n'est pas le cas.
* Voir sur NewScientist :
http://www.newscientist.com/blogs/culturelab/2011/12/earth-lifes-only-home.html
* Voir aussi le débat suscité par le présent article sur Agoravox http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/alone-in-the-universe-seuls-dans-l-107641
J'ai pour ma part répondu ceci: "Selon moi, il n’est pas scientifique de considérer qu’un phénomène probable, en termes scientifiques, existerait quelque part, tant que l’on ne peut pas apporter la preuve de cette existence. Tout ce que l’on pourrait scientifiquement faire serait de le rechercher activement, jusqu’à le trouver.
Jusqu’à ce jour, rappelons le, nul n’a jamais observé de formes de vie, même loin de celles que nous définissons comme telles, ailleurs dans l’univers. Mais rien ne vous empêche de continuer à chercher
Par ailleurs, vous pouvez avoir une autre définition de la science. Ce ne sera pas la mienne" .

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