Actualités
Juillet-
août - septembre 2011
Inquiétudes
concernant l'avenir du programme ISS.
Jean-Paul Baquiast 25 août 2011
Un
cargo spatial russe Progress destiné au ravitaillement
de la Station spatiale internationale (ISS) s'est écrasé
en Sibérie peu après son décollage
de Baïkonour, le 24 août. Il apportait en
routine 3 tonnes de ravitaillements divers pour les
6 spationautes de la Station. Il était propulsé
par une fusée Soyouz. Le couple était
jusqu'ici jugé très fiable, ayant accompli
43 missions de ce type, emportant tantôt du matériel
tantôt des humains.
Rappelons
que depuis l'abandon par la Nasa du programme des navettes,
seule l'Esa dispose d'un moyen efficace de liaison avec
l'IST, l'ATV ou Autonomous Transport Vehicle, couplé
avec un lanceur Ariane 5. Encore ce dernier n'est-il
pas accommodé pour le transport d'équipages.
Les Etats-Unis compteraient dorénavant sur les
investisseurs privés pour relayer la Nasa. Ce
serait peut-on penser un abandon de souveraineté
que les autres partenaires ne pourraient accepter.
Il
s'agit du second accident affectant le programme spatial
russe, un satellite de télécommunication
destiné au programme Glonass ayant été
placé sur une mauvaise orbite par la défaillance
d'un lanceur Proton ce même mois d'août.
Les 6 occupants actuels de la Station (3 russes, 2 américains
et 1 japonais) ont fait part de leur tranquillité
d'esprit, comptant sur le succès d'une prochaine
liaison. On ne peut qu'admirer leur force de caractère.
Il reste que la désinvolture avec laquelle tant
les Américains que les Européens traitent
l'avenir de l'ISS ne peut qu'inquiéter, au moment
où la Chine prépare sa propre station
habitée en permanence.
Nous avons plusieurs fois indiqué qu'une collaboration
sérieuse entre l'Esa et l'agence russe Roskosmos
pour développer un double système de liaison
hommes-matériels, impliquant la transformation
de l'ATV en module habité, s'imposait si l'on
voulait conserver l'ISS en état de service.
Ceci dit l'espace ne sera jamais sans risque. Il y a
quelques semaines, l'ISS avait échappé
de justesse à une collision fatale avec un mini-météorite
circulant à proximité.
Jean-Pascal
Capp
Jean-Paul
Baquiast 23/08/2011
Jean-Jacques Kupiec, en réaction à notre
article Nouveaux paysages à explorer dans
l'étude des causes des cancers http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2011/120/cancer.htm,
nous écrit ceci, dont nous le remercions. Nous
présenterons le livre le moment venu.
"Je
ne connaissais pas les travaux de Pandolfi. Sur la question
du cancer je voudrais vous signaler la sortie prochaine
d'un
livre de Jean-Pascal Capp. Il avait déja écrit
un artcile dans "Le
hasard au coeur de la cellule" sur la question
et publié des articles en anglais auparavant.
C'est un chercheur de Toulouse qui analyse le cancer
avec l'ontophylogenèse comme grille de lecture.
Cela lui permet de réinterpréter de nombreuse
données et de lever diverses contradictions.
Il débouche aussi sur des propositions concrètes
en termes de recherche thérapeutique.
Je
pense qu'il s'agit d'un livre important qui va changer
la donne dans ce domaine."
Miroslav
Radman et la réparation cellulaire.
Jean-Paul
Baquiast 23/08/2011
On
regrette à juste titre que beaucoup de chercheurs
européens s'expatrient aux Etats-Unis. Ils disent,
non sans raisons, y trouver des conditions plus favorables
à la recherche. Ceci ne doit pas faire passer
sous silence le travail que mènent en Europe
des scientifiques éminents. Concernant la France,
il reste encore, autour du CNRS et de l'Académie
des sciences, beaucoup d'occasion pour faire progresser
des idées innovantes. Encore faut-il être
capable de générer de telles idées.
Le
travail conduit par le biologiste moléculaire
d'origine croate Miroslav Radman en est la preuve. Il
est aujourd'hui directeur de l'unité INSERM U571
«Génétique moléculaire, évolutive
et médicale» de la faculté de médecine
de l'Hôpital Necker à Paris. Il a été
en 2002 élu membre de l'Académie des sciences.Toute
sa carrière scientifique a été
consacrée aux mécanismes de réparation
de l'ADN.
Dans la suite de ces travaux il pu préciser le
lien entre mutation et cancer chez l'homme. Il s'intéresse
aujourd'hui aux méthodes qui permettraient de
reculer l'âge de la vieillesse chez l'homme en
aidant les cellules à se débarasser du
matériel biologique endommagé, notamment
par oxydation. Malheureusement, il ne semble pas que
cette nouvelle direction de recherche ait encore reçu
de financements suffisants pour être développée.
La question est présenté dans l'ouvrage
co-écrit avec Daniel Carton, Au delà
de nos limites biologiques. Editions Plon, 2011.
Les auteurs y analysent, entre autres, le cas étonnant
de la bactérie Deinococcus Radiodurans.
Celle-ci, comme son nom l'indique, est capable de se
reconstituer après irradiation en recombinant
les éléments dispersés des 4 exemplaires
d'ADN dont l'évolution l'a dotée. Un autre
micro-organisme, plus complexe, le rotifère bdelloide,
dispose de la même propriété.
Pourquoi ont-ils été, contrairement aux
milliards d'autres espèces, capables au cours
de l'évolution de se doter de telles capacités
régénératrices, ? Certains biologistes
font l'hypothèse, concernant Deinococcus Radiodurans,
en tous cas, que cette bactérie n'a pas acquis
sur Terre cette forme de résistance aux conditions
extrêmes. Elle serait venue avec, à partir
de l'espace, peut-être à bord d'une météorite.
Pour
en savoir plus
Miroslav Radman http://fr.wikipedia.org/wiki/Miroslav_Radman*
Article
de La Recherche
Miroslav Radman:«Un surprenant mécanisme
de réparation du génome»
http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=8011
Premières
formes de vie
Jean-Paul Baquiast 23/08/2011
Un
article
du journaliste scientifique Michel de Pracontal, dans
Mediapart, rapporte la découverte récente,
faite en Australie, d'organismes, de bactéries
capables de metaboliser le soufre. On estime qu'elles
remontent à -3,4 milliards d'années -
ce qui en ferait les plus anciennes formes de vie aujourd'hui
identifiées. On lira aussi sur ce sujet l'article
des découvreurs dans Nature-Geoscience http://www.nature.com/ngeo/journal/vaop/ncurrent/full/ngeo1238.html
Les sulfures étaient les principaux comburants
disponible à cette époque pour la vie.
Nous
renvoyons le lecteur, concernant les origines de la
vie, à l'ouvrage fondamental du géochimiste
britannique Nick Lane http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2010/mar/nicklane.html
Un
Suédois arrêté pour avoir tenté
de bricoler...
un réacteur nucléaire dans sa cuisine
Christophe Jacquemin - 03/08//2011
Quand
la réalité dépasse la fiction :
Richard Handi, jeune suédois de 31 ans, a été
arrêté en juillet dernier à son
domicile d'Angelholm pour avoir tenté de construire
un réacteur nucléaire fonctionnel dans
sa cuisine. Lors de l'arrestation, il a expliqué
à la police qu'il ne s'était pas rendu
compte, que pour lui, "il s'agissait d'un hobby".
Il faut savoir que l'apprenti sorcier tenait régulièrement
depuis des mois un blog décrivant son expérience,
expliquant aussi combien il est difficile de se procurer
certains matériaux. En tous cas, il avait réussi
à dénicher des éléments
radioactifs comme de l'uranium, du radium, de l'américium...
(éléments collectés pour certains
à l'intérieur de détecteurs d'incendie)
C'est seulement plus tard qu'il a compris sa billevesée
: se demandant finalement si la détention d'éléments
radioactifs était légale, tout comme son
projet, il n'a pas hésité à envoyer
une question à ce sujet à l'Autorité
suédoise compétente (la Swedish Radiation
Safety Authority). Celle-ci a derechef répondu
à cette missive par un envoi de la maréchaussée...
"J'ai
toujours été intéressé par
la physique et la chimie", a déclaré
Richard Handi, ajoutant qu'il voulait juste "voir
si il était possible de fissionner des atomes
à la maison."
Extrait de son blog :
"Effondrement de cuisinière.
Non,
c'est pas si dangereux.
Mais j'ai essayé de faire cuire l'américium,
le radium et le béryllium dans 96% d'acide sulfurique,
pour faciliter le mélange. Mais le tout a explosé
dans l'air..."
Bien
qu'il n'y ait pas eu de niveaux dangereux de radiation
constatés dans son appartement par la police,
Richard Handi reconnaît maintenant que le projet
"n'était certainement pas une si bonne idée"
(...). "A
partir de maintenant, je m'en tiendrai à la théorie"...
a-t-il ajouté.
Notons
que ce n'est pas la première fois qu'un bricoleur
tente de construire tout seul un réacteur nucléaire.
En juin 2010, à New-York dans un hangar de Brooklyn,
Mark Suppes, physicien amateur de 32 ans, s'attachait,
lui à la réalisation de son "Fusor",
un
petit réacteur à fusion par confinement
électrostatique.
Pour
en savoir plus :
-
Richard's
Reactor
: le blog de Richard Handi
-
Lire aussi cet article (en anglais) : "Amateur
"Fusioneers", explore Energy Future"