Article.
La Z machine. Beaucoup de raisons pour
s'y intéresser.
Jean-Paul Baquiast
12/05/2011
Un
article du physicien Jean-Pierre Petit dans le n°
74 (mai-juin) de la parfois controversée mais
néanmoins fort utile revue Nexus, relance l'intérêt
porté à la Z machine, alors que beaucoup
s'interrogent sur la possibilité de trouver des
substituts au nucléaire de fission pour produire
de l'énergie utilisable. Jean-Pierre Petit lui-même
est un scientifique controversé, pour des raisons
complexes dont son intérêt pour les Ovni.
Mais ses compétences dans le domaine des plasmas
à haute température et plus généralement
en physique atomique devraient le rendre incontournable
sur ces questions.
Quoiqu'il
en soit, la Z machine n'est pas un produit inventé
par Jean-Pierre Petit, mais un dispositif expérimental
auquel s'intéressent de nombreux Etats et des
laboratoires renommés. On en trouve une description
à laquelle nous vous renvoyons sur Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Z_machine.
Cet article fournit un grand nombre de liens et
de références que nous ne reproduisons
pas ici.
La
Z machine est le plus puissant générateur
de rayons X au monde. Les rayons X sont des rayonnements
électromagnétiques constitués de
photons. Ils sont connus et utilisés, notamment
en médecine, depuis plus d'un siècle.
Il s'agit de rayonnements ionisants, c'est-à-dire
qu'ils ajoutent ou enlèvent des charges électriques
aux atomes traversés, les transformant en ions,
particules qui ne sont pas neutres électriquement.
Pour les organismes vivants, ils sont potentiellement
nocifs.
La Z machine est installée dans les laboratoires
Sandia à Albuquerque au Nouveau-Mexique,. Elle
a été conçue vers 1975 à
partir d'une idée relativement simple du russe
Valentin Smirnov, envoyer dans une bobine de fils très
fins de puissants courants électriques provoquant
la fusion de certains de ses fils sous la forme d'un
plasma à très haute température.
Le procédé a été développé
par les militaires américains à partir
de 1996 pour contrôler des matériaux soumis
à des conditions extrêmes de température
et de pression. Notamment pour tester la résistance
des enceintes à de fortes émissions irradiantes,
par exemple les ogives nucléaires soumises à
des armes anti-missiles susceptibles de rendre inopérants
leurs circuits électroniques.
A la suite de plusieurs essais, il a été
découvert, un peu par hasard semble-t-il, que
l'on pouvait obtenir pendant quelques nanosecondes des
cordons de plasma pouvant atteindre quelques milliards
de degré, soit des centaines de fois la chaleur
régnant au coeur du soleil et dix fois celle
d'une bombe thermonucléaire. Différents
perfectionnement permettent désormais à
la machine de se comporter comme un générateur
de fusion nucléaire appliqué notamment
au deuterium (isotope de l'hydrogène).
Hors
les bombes H, la fusion nucléaire, en laboratoire,
est obtenue par deux grands procédés,
le confinement magnétique (tokamak) ou confinement
inertiel (laser). Elle sera recherchée à
grande échelle par les programmes ITER-DEMO.
D'où l'intérêt de la Z machine qui
propose une sorte de mix entre confinement magnétique
et confinement inertiel susceptible d'être mis
en oeuvre avec des moyens relativement légers.
D'autres
prototypes de Z machines ont été développés
par diverses nations s'intéressant à la
fusion nucléaire, dans le but notamment de rassembler
les données nécessaires à la simulation
informatique des armes nucléaires. Mais, assez
curieusement, les processus mis en oeuvre pour atteindre
les températures extrêmes dont l'on crédite
le plasma produit pas la Z machine font encore l'objet
de discussions très techniques entre scientifiques.
Les recherches correspondantes ne semblent pas être
encouragées par les militaires.
Ceux-ci,
notamment aux Etats-Unis, ne souhaitent pas pour diverses
raisons que toute la lumière soit faite sur ces
processus. Selon Jean-Pierre Petit, une Z machine « de
poche », si l'on peut dire, assez facile
à fabriquer, pourrait permettre à des
organisations terroristes de fabriquer des bombes au
plutonium sans passer par le déclencheur actuel,
une bombe A. L'énergie obtenus serait en effet
suffisante pour déclencher la réaction
en chaine.
Cependant,
les températures extrêmes produites par
une Z machine, soit dans un espace de quelques millisecondes
à quelques secondes jusqu'à deux milliards
de degrés, seraient en principe suffisantes pour
amorcer n'importe quel processus de fusion, réutilisable
pour la production industrielle d'énergie. On
pourrait donc éviter les investissements coûteux
et les processus non encore maitrisés liés
au programme Iter.
Un
centre d'étude internationale pourrait être
mis en place pour étudier ces phénomènes,
dont les conséquences dans la compréhension
scientifiques des états encore peu connus de
la physique du cosmos pourraient être considérables.Mais
les résistances de ceux qui veulent éviter
la prolifération de « bombes H du
pauvre », comme celle des organismes impliqués
dans ITER, rendraient aujourd'hui cette perspective
peu crédible. S'y ajoutent dorénavant
l'opposition de principe des anti-nucléaires.
Nous
pensons pour notre part que les Européens, par
l'intermédiaire de telle ou telle des structures
de recherche dont ils disposent, ne devraient pas laisser
aux Américains et aux Russes, toujours très
intéressés, le monopole de recherches
futures sur la Z machine.
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