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Sciences, technologies et politique
Gaz et huile de schiste, castastrophe environnementale annoncée ?
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 13 mars 2011

 



USA : quand l'eau du robinet prend feu
(dû à des fuites de gaz vers les nappes phréatiques)

Cette image est tirée du documentaire américain "Gasland", écrit et réalisé par Josh Fox (2010). Le film montre les conséquences des forages de gaz de schiste pour les habitants vivant à proximité... Un désastre écologique.
(film découvert grâce à une correspondante suisse que nous remercions).

En savoir plus :
http://owni.fr/2011/02/27/josh-fox-realisateur-anti-gaz-de-schiste-classe-terroriste/
La présentation du film (en anglais) est visible sur you tube :
http://www.youtube.com/watch?v=dZe1AeH0Qz8&feature=related


Extrait du film "Gasland"

 

Selon le terme de Stéphane Hessel, nous nous "indignons" des projets qui avaient été annoncés de concessions de permis d'exploration en matière de gaz de schiste en France et utilisant notamment la procédure extrêmement destructrice de l'hydrofracturation.

Si, face à la grogne des écologistes et des élus locaux, le gouvernement a pour l'instant suspendu les travaux de prospection de gaz de schiste jusqu'à l'été au moins et demandé une étude d'impact, il semble que la
marge de manoeuvre paraisse plus limitée face aux forages d'huile de schiste (forme de pétrole piégé dans la roche et dont l'extraction demande des techniques similaires à celles utilisées pour le gaz de schiste) qui étaient prévues dans le Bassin parisien. En effet, dans ce cas, et selon la presse, les autorisations de travaux avaient déjà été données à la compagnie pétrolière américaine Hess, alliée à la société indépendante Toreador, qui prévoyait un premier forage en mars près de Château-Thierry (Aisne).
Une dépêche AFP du vendredi 11 mars signale cependant que François Fillon a demandé ce jour à son gouvernement de veiller à ce qu'il ne soit procédé à aucune opération de forage de gaz et huiles de schiste à l'aide de méthodes non conventionnelles d'ici la remise de rapports début juin sur leur impact environnemental.

A suivre de près donc.

 

Gaz de schiste

Signalons que le terme "gaz de schiste" provient finalement d'une traduction approximative de l'anglais "shale gas". Il faut en effet savoir que "shale" est un mot anglais sans traduction française simple.
Selon les dictionnaire de géologie(1), il désigne "toute roche sédimentaire litée à grain très fin, en général argileuse ou marneuse".
Et à la définition du mot "schiste", on trouve :
1) "toutes roches susceptibles de se débiter en feuillet".
Cette définition peut donc désigner aussi bien un schiste métamorphique (angl. schist), qu'une roche présentant un clivage ardoisier (angl. slate) ou bien une pélite (argile) feuilletée (angl. Shale) ;
(2) : "roche ayant acquis une schistosité sous l'influence de contraintes tectoniques".

Ainsi, dans l'expression "gaz de schiste", le terme "schiste" est donc par définition un terme qu'il est souvent conseillé d'éviter. Ce gaz n'est pas contenu dans des schistes au sens tectono-métamorphique mais dans des argiles et marnes litées, sédimentaires. On devrait donc plutôt parler de "gaz de marnes" ou de "gaz de pélites".
Mais c'est l'expression «gaz de schiste» qui est cependant entrée dans l'usage.

Le "gaz de schiste" est du gaz méthane encore contenu dans sa roche mère, parce que celle-ci n'est pas - ou très peu - perméable. Ce méthane y est souvent contenu dans des micropores ne communiquant pas entre eux, ou éventuellement adsorbé sur des particules argileuses, d’où l’imperméabilité de la roche. Non perméabilité qui a empêché le méthane de migrer : la roche mère est donc restée riche en gaz.

Cette imperméabilité empêche l'extraction du gaz par des moyens classiques comme les simples forages ?... qu'à cela ne tienne : pour les ingénieurs, il n'y a qu'à rendre la roche mère perméable. Et c'est ici qu'intervient la fracturation hydraulique - parfois associée à des explosifs -, couplée à des forages horizontaux. Forages horizontaux parce q'une fracturation hydraulique en terminaison de puits vertical ne fracturerait la roche qu'au voisinage du forage, ce qui ne permettrait de récupérer qu'une très faible quantité de gaz. Avec un forage horizontal dans la couche de schistes, il est possible d'en fracturer une plus importante quantité, donc de récupérer beaucoup plus de gaz. Et si, à partir d'une même tête de forage, sont effectués des forages horizontaux dans plusieurs directions (forages en étoile par exemple), alors la récupération sera maximale. A noter cependant que la technique des puits verticaux suivis de forages horizontaux ne permet d'exploiter le gaz de schiste que sur quelques km2 autour de chaque puits. Ainsi, pour exploiter complètement une couche horizontale, il est nécessaire de disposer d'un puits tout les 1 à 4 km.

(1) En l'occurrence ici, celui de de Foucault et Raoult.

 

Pour en savoir plus :
Nous renvoyons à un article de Greenpeace France (voir ci-dessous), qui présente la question bien mieux que nous ne saurions le faire.
Nous encourageons par ailleurs nos lecteurs de continuer à signer la pétition de la Coordination des collectifs pour un moratoire sur la prospection du gaz de schiste : http://www.petitions24.net/gaz_de_schiste__non_merci

Voir aussi l'Article du New York Times
"Pressure Limits Efforts to Police Drilling for Gas" :
http://nyti.ms/fRfwdG


Article tiré de http://energie-climat.greenpeace.fr/hydrocarbures-de-schistes-ni-gaz-ni-petrole-ni-ici-ni-ailleurs

"Gaz, pétrole de schiste… le danger des hydrocarbures non conventionnel s’étend

Les projets se multiplient : dans le bassin parisien, il s’agit de pétrole de schiste (shale oil). Dans le Sud de la France, il s’agit de gaz de schiste (shale gaz).

Dans les deux cas pétrole ou gaz, la méthode d’extraction, extrêmement dommageable pour l’environnement, est la même : forage très profond et fracturation de la roche via injection d’eau sous haute pression et de produits chimiques.

Le New York Times a publié cette semaine 30.000 pages de rapports secrets de l’agence de protection de l’environnement (EPA) américaine, de l’industrie gazière et des régulateurs. Une volumineuse collection de documents inédits que le site du journal met à la disposition des internautes.

Ces documents démontrent les ravages de l’hydrofracturation (ou fracturation hydraulique) : cette technique consiste à injecter de l’eau dans la roche prospectée. Sous la très forte pression, les fissures préexistantes s’ouvrent davantage, facilitant le drainage des poches d’hydrocarbures. Ces gisements étant généralement de très petites tailles, cela oblige les compagnies exploitantes à forer un grand nombre de puits pour produire des volumes conséquents d’hydrocarbures.

A force de creuser, les foreurs traversent parfois des terrains comprenant des minerais radioactifs (uranium, radium). Une radioactivité qui finit par remonter. Aux États-Unis, de 10% à 40% de l’eau et des déchets de forage (boues, sables) sont ramenés en surface pour, officiellement, y être traités. Ce qui explique, en partie, la noria de camions qui s’agite autour de chaque forage. Lire ici l’article de Planete89.

Exploration, exploitation … Où en sont les permis en France ?

La phase d’exploration donne lieu à un permis exclusif de recherches (accordé pour une durée de 5 ans, renouvelable 2 fois) : des permis de ce type ont été accordés au pétrole ET gaz de schiste en France

Après les phases d’exploration, la phase d’exploitation donne lieu à une mise en concession (accordée pour une durée de 50 ans maximum, qui fait l’objet d’une enquête publique) : pour le moment, aucun permis d’exploitation n’a été accordé au pétrole et gaz de schiste en France

La phase de travaux donne lieu à un permis de travaux (obligatoire pour à la fois le permis de recherche et la concession) : des permis ont été accordés uniquement au pétrole de schiste en France.

Le flou gouvernemental et les premiers forages dès le 15 avril
dans le bassin parisien

Le gouvernement a suspendu momentanément les autorisations de travaux sur les 3 permis de gaz de schiste dans le sud de la France : suspension des opérations de forage et de fracturation hydraulique jusqu’au 31 mai, date de sortie de l’étude d’impact environnementale.

Concernant le pétrole de schiste dans le Nord de la France (bassin parisien – Seine et Marne – Picardie), le gouvernement a suspendu les opérations de forage jusqu’au 15 avril, date de remise de la pré-étude d’impact, et les opérations de fracturation hydraulique jusqu’au 31 mai.

Le traitement accordé au pétrole et au gaz de schiste est donc différent. Le gouvernement entretient-il volontairement la confusion ? Et pourquoi ? Rappelons encore une fois que l’exploitation des hydrocarbures de schistes est dangereuse, extrêmement dommageable pour la santé et l’environnement et qu’il n’existe pas de techniques «propres» en la matière. Rappelons enfin que si on veut éviter les pires conséquences du dérèglement climatique nous ne pouvons tout simplement pas exploiter ce pétrole non conventionnel !"

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