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Biblionet
L'oligarchie c'est fini. Vive la démocratie
Hervé Kempf
Le Seuil janvier 2011
présentation
et discussion par Jean-Paul Baquiast - 02/03/2011
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Hervé
Kempf est un militant reconnu de l'écologie
politique, celle pour laquelle la sauvegarde
de la planète ne se fera pas sans
un engagement politique impliquant aussi
bien les citoyens que les institutions.
Dans cet esprit, il tient une chronique
hebdomadaire dans le journal Le Monde.
Dans deux précédents ouvrages
également publiés au Seuil,
Comment les riches détruisent
la planète (2007) et Pour
sauver la planète, sortir du capitalisme
(2008)(1), il expliquait que la course
au profit résultant de la généralisation
du capitalisme et du libéralisme
conduisait inexorablement à l'aggravation
rapide de la destruction de l'environnement
dont les populations pauvres seront les
premières victimes. Autrement dit,
son combat écologique et pour la
décroissance des consommations gaspilleuses
se situait d'emblée dans la lutte
politique contre le capitalisme.
Les crises récemment induites par
le capitalisme financier dit aussi néo-capitalisme,
déjà pressenties dans ces
livres, n'ont pu depuis que renforcer sa
position militante anti-capitalisme(2).
(1)
Voir présentation de ces deux ouvrages
et discussion avec l'auteur http://www.article11.info/spip/Herve-Kempf-Ce-que-nous-vivons-n
(2) Voir notre article Hervé Kempf,
invité du mois http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=672&r_id
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La
thèse du livre
Dans
son dernier ouvrage, L'oligarchie ça
suffit, vive la démocratie, il va beaucoup
plus loin dans la dénonciation du système
politique mondial responsable de l'aggravation
de ce qui deviendra rapidement, si rien n'est
fait, un drame écosystémique irréversible.
Pour lui, le responsable de la crise écologique
et humaine qui menace n'est pas seulement le capitalisme,
mais un type d'organisation sociale transcendant
les époques et les sociétés.
Il le nomme l'oligarchie. Ayant comme il le rappelle
en introduction vécu la grande déception
du sommet de Copenhague de 2009 où les
Etats se sont mis d'accord pour refuser toute
mesures sérieuses permettant de lutter
contre la crise climatique, il a constaté
qu'il fallait chercher les responsables de cet
aveuglement au-delà du seul patronat décrit
par la théorie marxiste traditionnelle.
Toutes les formes de pouvoir, dans tous les régimes
politiques, se sont mis d'accord pour ne rien
changer. «Business as usual».
Comme
le montre la lecture de son précédent
livre Comment les riches détruisent
la planète, Hervé Kampf avait
déjà soupçonné qu'une
véritable coalition mondiale des riches
et des puissants unit désormais, au-delà
des différences de régimes politiques,
tous ceux qui détiennent les leviers de
commande, qui les utilisent à leur seul
profit et qui font ce qu'il faut pour en exclure
les neuf dixièmes de l'humanité.
Pour identifier cette forme de pouvoir en faisant
appel au langage de la science politique, l'auteur
propose de reprendre le vieux terme d'oligarchie,
que l'on peut traduire par «gouvernement
des riches et des puissants».
Beaucoup
d'analystes parlaient déjà d'oligarchie
pour décrire des situations politiques
où les riches s'approprient les instruments
du pouvoir ou, à tout le moins, exercent
une influence disproportionnée par rapport
à celles des autres forces politiques.
Mais pour Hervé Kempf, il conviendrait
de donner désormais à ce concept
d'oligarchie une valeur universelle. Il s'agirait
selon lui nous le suivrons volontiers en
cela d'un outil conceptuel essentiel, sinon
le seul outil efficace pour comprendre
l'évolution du monde actuel et la nature
précise des risques qui menacent les civilisations
telles que les nôtres. Celles-ci se croit
à l'abri des dictatures grâce au
régime démocratique ou gouvernement
du peuple par le peuple qu'elles pensent avoir
instauré en leur sein depuis des décennies.
En fait elles sont aveuglées par une définition
bien trop formelle ou théorique de la démocratie
politique. Sous les apparences de celle-ci, ce
sont de véritables tyrannies douces qui
exercent le pouvoir.
La
critique n'est pas nouvelle. Nous avons ici utilisé
plusieurs fois le terme de corporatocratie mis
en circulation par l'américain John Perkins
pour désigner l'alliance de fait et souvent
de droit entre les pouvoirs économico-financiers
et les pouvoirs politiques. Les Etats-Unis depuis
plus d'un siècle en sont l'illustration
éclatante. Mais le Vieux Continent n'en
a jamais été préservé.
A ces deux catégories de pouvoirs, on ajoute
dorénavant celui des médias, notamment
presse et télévision. Ceux-ci exercent
une si grande influence sur les opinions publiques
qu'ils ne peuvent pas rester indépendants,
sauf marginalement. Les gouvernements et les entreprises
s'en servent ou se les approprient d'un façon
systématique pour mettre en tutelle les
citoyens dès leur plus jeune âge,
que ce soit par la propagande politique, par la
publicité commerciale ou par des formes
moins visibles de contrôle.
A
ce procès traditionnel, Hervé Kempf
apporte des arguments renouvelés et tirés
d'une analyse, notamment de la société
française, qui n'a rien de réjouissant
pour ceux qui croyaient encore vivre libres dans
un Etat de Droit. Certes les Français et
les Européens en général
jouissent du droit de vote, de la liberté
d'expression et d'un certain nombre de droits
civiques qui sont uniques au monde. Mais si ces
acquis sont précieux, il serait naïf
de penser qu'ils suffisent à rendre les
citoyens convenablement responsables de leur destin.
En Europe, aux Etats-Unis et a fortiori dans des
régimes comme la Chine où ces droits
ne sont pas assurés, ce sont d'autres forces,
d'autres pouvoirs qui décident en leur
nom et à leur place. Ces forces, ces pouvoirs
ne sont pas inhérents à l'ordre
naturel et de ce fait non contrôlables,
comme peut l'être la dérive des continents.
Ce sont des individus et des groupes conscients
et organisés qui les exercent, soit de
façon cachée, soit même ouvertement
et sans le dissimuler. Pour cela ils détournent
à leur profit tous les mécanismes
institutionnels.
Le
lecteur prudent reprochera à Hervé
Kempf de céder à l'esprit conspirationniste,
toujours commode pour expliquer des phénomènes
que l'on ne s'explique pas. Peut-on raisonnablement
faire l'hypothèse que quelques centaines
de personnages riches et puissants, provenant
des trois mondes décrits par le livre,
ceux de l'entreprise et la banque, de l'administration
et des médias soient capables de s'entendre
pour protéger leurs intérêts
corporatifs d'un bout de la planète à
l'autre. Peut-on par exemple imputer aux membres
de la Trilatérale, du groupe Bildenberg(1)
ou du Forum de Davos des décisions visant
à imposer leur influence à 5 milliards
d'humains ?
Mais
Hervé Kempf est un journaliste parfaitement
informé, ayant beaucoup lu et rencontré
beaucoup de monde. Son livre est un (désolant)
catalogue de toutes les procédures et détournements
de procédures permettant aux riches et
aux puissants de s'imposer au reste du monde.
La fraude, la corruption, le clientélisme,
le partage d'intérêts, le trafic
d'influences, le mensonge, appuyés si nécessaire
par la force militaire ou des procédés
empruntés à la maffia, jouent en
permanence. Le régime politique français
actuel, sous la présidence de Nicolas Sarkozy,
en donne des exemples affligeants. Le phénomène
est moins marqué, mais n'est pas très
différent, au niveau des institutions européennes.
Quant aux Etats-Unis, en Chine ou en Inde, pour
ne pas citer la Russie, le régime de l'oligarchie
y est tout aussi puissant.
De
plus, sur des questions où les intérêts
de toutes ces oligarchies se recoupent, comme
le refus de la lutte contre le réchauffement
climatique, des alliances de fait s'établissent
entre oligarchies de nature ou de domaines d'exercice
éventuellement différents, provenant
de systèmes politiques, capitalistes ou
«socialistes» se disant différents.
Le phénomène oligarchique, tel que
décrit par l'auteur, ne dépend que
très faiblement des choix exprimés
par la voie démocratique ordinaire, notamment
les élections. Il est probable par exemple
qu'un changement de majorité en France,
même s'il entraînait la disparition
d'un personnage tel que l'actuel président
de la République, quasi universellement
détesté, ne changerait grand chose
à la répartition et à l'exercice
des pouvoirs occultes déterminant notre
destin, à travers par exemple ce que l'on
nomme l'atlantisme, dont le FMI est un représentant
actif.
Hervé
Kempf décrit l'oligarchie avec beaucoup
de précision. Mais il ne faut pas chercher
dans son livre une réflexion anthropologique
ou biologique sur l'histoire et les causes du
phénomène. Il ignore notre thèse
concernant ce que nous avons nommé les
systèmes anthropotechniques (voir
Le paradoxe du Sapiens). On pourrait en conclure
que les processus de domination et de segmentation
étant inhérents à l'organisation
sociale des animaux de toutes espèces,
les oligarchies actuelles ne sont que les héritières,
adaptées aux évolutions économiques
et technologiques récentes, d'anciennes
aristocraties, théocraties ou monarchies.
Il
est certain qu'à travers les siècles,
les peuples de la base, si l'on peut dire, n'ont
guère vu évoluer leur situation
de dépendance. L'auteur veut quand même
souligner, comme l'indique le titre du livre,
que depuis quelques années ou décennies,
en Europe occidentale mais aussi dans des pays
moins libéraux une ambition de partage
du pouvoir s'est progressivement installée
au sein notamment des classes moyennes et populaires.
Celles-ci se sont imaginées que la démocratie
politique leur apporterait un minimum de démocratie
économique et sociale. Or même si
les niveaux de vie moyens se sont élevés,
la capacité de ces classes à participer
aux grands choix de société ne s'est
en rien accrue. L'élection de représentants
politiques appartenant aux oligarchies ou contrôlées
par elles ne leur permet pas, aujourd'hui plus
qu'hier, de faire entendre leurs différences,
de conquérir leur auto-détermination.
Or
comme le souligne l'auteur, la crise mondiale
grandissante imposera aux sociétés
développées de supporter des sacrifices
considérables, au profit des pays pauvres
ou pour la préservation de la planète.
Seule alors la démocratie permettra de
faire admettre par tous et partager la contribution
aux sacrifices nécessaires. Bien entendu,
le scénario noir, selon lequel une internationale
des oligarques s'entendrait pour imposer aux peuples,
par la terreur et la mort, les sacrifices nécessaires,
n'est pas du tout à exclure. Si cependant
un minimum de citoyens conscients et responsables
voulaient éviter cela, ils devraient faire
en sorte de revivifier les structures aujourd'hui
creuses de la démocratie afin de les rendre
enfin vivantes.
Concrètement,
que faire ?
Sur ce point, qu'il n'aborde d'ailleurs qu'à
la fin du livre, l'auteur décevra beaucoup
de ses lecteurs, car il n'offre pas de solutions
précises. Mais pour notre part, nous voulons
le louer de ne pas se présenter en gourou
de la démocratie dont les préconisations,
au rythme avec lequel évolue l'histoire,
auraient toutes chances de se révéler
inadéquates. Cependant il explique sa réserve
pour une raison plus fondamentale. Le propre d'une
société démocratique serait
selon lui de ne prendre de décisions collectives
qu'après de nombreuses délibérations,
échanges et contestations. Ceux qui refusent
d'entrer dans ces processus, au prétexte
de l'urgence des questions à résoudre,
montrent qu'ils sont encore inspirés par
le point de vue technocratique caractérisant
les oligarchies. Il s'ensuit que l'avenir même
proche, en démocratie, ne peut être
prévue. Tout peut arriver, au sens propre
du terme. Les démocraties peuvent très
bien se tromper massivement et sombrer dans des
catastrophes. Elles pourraient à l'inverse
faire émerger des situations salvatrices,
résultant de combinaisons chaotiques (au
sens systémique du terme) qui surprendront
tout le monde.
Nous
voudrions poursuivre la discussion du livre d'Hervé
Kempf en nous demandant si la démocratie
active telle qu'il l'a définie dans son
livre n'est pas en train de faire apparaître
des solutions inattendues aux blocages oligarchiques,
que ce soit dans le monde arabe ou en Europe-même.
L'émergence
inattendue de démocraties de terrain. Rôle
de l'Internet
L'influence
croissante de l'Internet (défini au sens
large) dans la mobilisation des victimes du néocapitalisme
au sein des pays riches a fait espérer
qu'un nouveau moyen d'action s'offrait désormais
à ce que l'on pourrait appeler les cyber-militants
ou cyber-activistes au service d'une démocratie
de terrain encore pour l'essentiel à inventer.
Nous en avons plusieurs fois discuté ici.
L'exemple des révolutions en cours dans
les pays arabes a paru confirmer ce diagnostic.
Si l'Internet n'a pas été le facteur
déclenchant, il a vite permis aux opposants
de se coordonner et de se faire entendre bien
au delà des premiers foyers d'insurrection.
Aujourd'hui, la question revient en écho
dans les pays européens: faut-il considérer
l'Internet comme un moyen efficace de lutter contre
les oligarchies, dans quelques parties du monde
que ce soit ?
Pour prétendre ici répondre à
cette question, nous voudrions rappeler quelques
points qu'il ne faudrait pas perdre de vue, sauf
à tomber dans la naïveté. Les
considérations résumées ci-dessous
ne visent pas à retirer de leur pertinence
aux appels d'Hervé Kampf en faveur de davantage
de démocratie, mais à rappeler les
difficultés qu'il faudra surmonter.
1.
Internet ne peut suffire à déclencher
des révoltes, dès que celles-ci
dépassent le stade de l'indignation individuelle
et se veulent politiquement efficace. Il faut,
nous l'avons dit, que préexistent des causes
de fond et aussi des causes circonstancielles.
Les causes de fond, en Europe et aux Etats-Unis,
tiennent en particulier à la suppression,
sous prétexte de «réformes»,
des garanties jusque là apportées
par l'Etat providence et le droit syndical aux
populations les plus faibles. Dans les pays arabes,
elles ont sans doute tenu au renchérissement
des prix des produits agricoles, conjuguée
avec l'envol des dépenses de luxe émanant
des clans dirigeants.
Comme
le prévoit à juste titre Hervé
Kempf, ces causes de fond ne vont pas disparaître
à l'avenir, mais au contraire devenir de
plus en plus déterminantes. Le généralisation
de la crise qui touchera tous les pays, y compris
les plus développés, suscitera des
révoltes croissantes. Les inégalités
seront de moins en moins tolérées.
On verra donc se généraliser les
réactions hostiles aux pouvoirs et aux
possédants, jugés à tort
ou à raison responsables de ces situations.
Internet canalisera les mots d'ordre et amplifiera
probablement leurs effets. Ceci d'autant plus
qu'avec l'extension de la numérisation
de la société, les outils du réseau
ne seront plus réservés aux membres
les plus éduqués supposés
aussi être, sinon les plus modérés,
du moins les plus conscients des limites à
ne pas dépasser pour que ne soient pas
entièrement remis en cause les privilèges
dont ils jouissent eux-mêmes. On verra passer
à l'action des couches populaires qui,
à proprement parler, n'auront pas grand
chose à perdre.
Les
causes circonstancielles servant de déclenchement
aux révoltes, par définition, ne
peuvent pas être prévues à
l'avance. Dans certains contextes de pré-crise,
le feu peut prendre à partir d'évènements
que l'on pourrait juger relativement anodins ou
faciles à circonscrire: parole maladroite
d'un responsable, répression trop brutale
d'une manifestation, diffusion fortuite d'images
compromettantes. Le «savoir-faire»
des activistes du web reposera dans leur capacité
à repérer ces évènements
et leur donner la plus grande diffusion possible.
Les «fuites» de documents compromettants,
sur le modèle de l'opération WikiLeaks,
provenant de complicités intérieures,
constitueront par ailleurs une menace permanente
pour ceux ayant des informations à cacher.
Plus
généralement, l'Internet sous ses
diverses formes encouragera la prise de conscience
de l'exploitation des populations par les oligarchies.
L'écrivain d'obédience royaliste
Bertrand Renouvin en a donné récemment
une excellente description, dont nous reprenons
ci-dessous en appendice quelques éléments.
2. Les manifestations d'opposition, et
a fortiori les révoltes et révolutions,
ne peuvent évidemment rester virtuelles,
c'est-à-dire se limiter à l'espace
de la communication. A un moment ou à un
autre, elles doivent se traduire par des passages
à l'acte, dont les formes se répartiront
selon le degré de violence ou non-violence
impliquée. Aujourd'hui, les oligarchies
savent parfaitement réprimer la violence,
même symbolique. Souvent même elles
la provoquent afin de la sur-réprimer.
Il leur est plus difficile, particulièrement
lorsque le régime politique affecte des
formes démocratiques, de prévenir
et réprimer l'action non violente: défilés
et sit-in résolument pacifiques, exploitation
de failles dans la réglementation... L'octogénaire
américain Gene Sharp(2)
s'est fait connaître par la rédaction
d'un manuel de la manifestation non violente,
devenu aujourd'hui un must éditorial..
Amplifiées par le web et reproduites en
de nombreux lieux à la fois, de telles
manifestations peuvent avoir un effet d'entraînement
considérable(3).
3.
Les oligarchies ne se laissent jamais dépouiller
de leurs pouvoirs sans opposer les plus vives
résistances. L'histoire des révoltes
ouvrières réprimées dans
le sang et des révolutions avortées
ou récupérées en fournit
d'innombrables exemples. Il en sera de même
avec l'Internet. Déjà, comme nous
l'avons indiqué dans des articles précédents,
les autorités, que ce soit dans les régimes
autoritaires ou dans ceux réputés
démocratiques, ont appris à paralyser
le web en temps de crise, à le pervertir
par de multiples intrusions, à s'en servir
à leur profit. Pour cela elles mobilisent
des ressources financières illimitées,
par comparaison avec les moyens réduits
dont disposent les cyber-activistes d'opposition(4).
Mais ces moyens «pacifiques» ne doivent
pas faire illusion. Dès que des oppositions
jugées dangereuses pour les oligarchies
prendront forme en utilisant Internet, elles seront
démantelées par des moyens légaux
ou illégaux. Comme en Iran ou Chine, les
opposants seront éliminés.
Plus généralement, il faut bien
se rendre compte du fait que progressivement se
met en place, dans le monde entier, un univers
de contrôle et de mise en condition bien
autrement intrusif que ce qui existe déjà.
.Le web en sera un des moyens,
mais aussi les outils de plus en plus nombreux
relevant de ce que l'on nomme l'Internet des objets(5).
Notes
(1) Rappelons que certains observateurs
prétendent que ces structures n'existent
que dans l'imagination des conspirationnistes.
Mais Hervé Kempf a raison de rappeler que
l'efficacité de telles structures, comme
jadis de certains organisations secrètes
telles que l'Opus Dei, tient à leur discrétion.
(2) Sur Gene Sharp voir France
Culture http://www.franceculture.com/emission-les-idees-claires-petit-manuel-de-la-revolution-non-violente-2011-03-01.html
ainsi que ses différents ouvrages (anglais)
référencés sur le site Albert
Einstein
http://www.aeinstein.org/selfLiberation.html
(3) On suivra dans ce domaine
les proportions que prendra l'opération
dite Uncut qui se développe dans
divers pays européens pour protester contre
les excès et fraudes des banques et de
certaines sociétés. Voir notre article
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=676&r_id=
(4) Voir le site réputé
de droite (bien qu'il s'en défende, évidemment)
qui vient d'être créé en France
sous le nom d'Atlantico. Il s'agit, non seulement
dans la perspective de l'élection présidentielle
mais dans celles d'éventuelles manifestations
d'opposition sur Internet plus structurées
que celles existant actuellement, de resserrer
les rangs au sein des oligarchies américano-européennes
bien représentées en France comme
dans le reste de l'Europe. Les informations ayant
circulé concernant les ressources mises
à la disposition de cet organe montrent
l'importance que la droite attache à la
maîtrise du terrain virtuel comme
si les versions en ligne des grands médias
actuels ne suffisaient pas. http://www.atlantico.fr/
(5) Voir notre article « Les
processus coactivés et la nouvelle maîtrise
du monde » http://www.automatesintelligents.com/echanges/2011/jan/cardon.html
Appendice.
Extraits de l'article de Bertand Renouvin du 28
Février 2011 Paris après Tunis,
le Caire et Benghazi ?
http://www.marianne2.fr/Paris-apres-Tunis-Le-Caire-et-Benghazi_a203360.html
LElysée
aurait tort destimer que les grandes foules
sont désormais domptées et démoralisées.
Même si les rues sont aujourdhui paisibles,
une large fraction de la population exprime de
diverses manières son hostilité
à lultralibéralisme et le
climat social reste dautant plus orageux
que de nouvelles catégories sociales sont
entrées en révolte. En France, la
situation est prérévolutionnaire
en raison de la conjonction de plusieurs facteurs
:
1/ Une prise de conscience générale
du cynisme de loligarchie : après
avoir déclaré que les caisses sont
vides, la « gouvernance » sauve les
banques qui continuent daccumuler dénormes
profits.
2/ Une grande lucidité les causes de la
souffrance au travail, en raison des articles,
des reportages, des téléfilms qui
assurent la diffusion de situations intolérables
et dexplications pertinentes.
3/ Une volonté très répandue
de sinformer sur les mécanismes économiques
et financiers, attestée par le succès
de livres et de blogs dabord difficile et
qui sont pourtant lus par des citoyens qui veulent
acquérir de solides connaissances. Les
réseaux sociaux remplacent les brochures
et les tracts de la propagande du 20ème
siècle, permettent la diffusion dune
culture politique de masse et favorisent les mobilisations.
Bien entendu, Facebook et Twitter ne font pas
les révolutions : les idées révolutionnaires
circulent par ce biais, mais lessentiel
de la partie se joue dans la rue puis dans les
urnes.
4/ Le durcissement des conflits sociaux localisés,
faiblement médiatisés mais qui sonnent
comme autant davertissement de la révolte
des classes moyennes et populaires. Une multitude
de citoyens pauvres ou en voie dappauvrissement
savent depuis la bataille des retraites que loligarchie
veut détruire peu à peu lensemble
du système de protection sociale, donc
les conquêtes du Front populaire et de la
Libération. Les innombrables lecteurs de
Stéphane Hessel (« Indignez-vous
! ») font clairement ce lien entre lactualité
et les pages glorieuses de notre histoire politique
et sociale.
5/ Les mouvements de grève dans la police
nationale, la révolte des magistrats, le
malaise dans larmée, la colère
de la plupart des fonctionnaires confrontés
à la RGPP, le mouvement de contestation
au Quai dOrsay montrent que tous les éléments
constitutifs de lEtat sont touchés
ou emportés par un mouvement de révolte
ouverte ou feutrée.
6/ La corruption des oligarques (affaire Woerth,
affaire Alliot-Marie), larrogance de la
classe dirigeante, les profits des banquiers,
accroissent le sentiment de révolte.
Sur
ces sujets, voir aussi Marc Jutier, Nouvelle
Civilisation 2012 (Éditions PASCAL
octobre 2008) en librairie et en ligne ici : Fichier
pdf de NC2012 : http://www.fraternitecitoyenne.org/pdf/NC2012.pdf
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