Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 114
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubriques)

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).
 

Article. Premiers résultats d'ensemble obtenus par l'observatoire satellitaire européen Planck
Jean-Paul Baquiast - 12/01/2011

 

Le 11 janvier à Paris, la collaboration Planck qui reçoit et interprète les observations du satellite Planck, tout récent observatoire spatial de l'ESA dédié à l'observation du fond de ciel, a publié une série de résultats nouveaux qui modifient profondément la connaissance non seulement du CMB, Cosmic Microwave Backgroud, mais de nombreux objets célestes intermédiaires dans l'espace-temps entre le premier rayonnement cosmique et la formation de notre galaxie. Il s'agit de résultats scientifiques de première grandeur qui honorent en premier lieu les chercheurs et les techniciens européens.

 

Nouvelles données provenant de l'observatoire Planck de l'Esa. "Early Release Compact Source Catalogue"
Compilation

L'observatoire orbital Planck de l'Esa avait été lancé en mai 2009, conjointement avec l'observatoire Herschell. Il a été positionné sur un point de Lagrange, en équilibre gravitationnel entre la Terre et le Soleil, à la distance de 1,5 million de km de la Terre. La mission doit en principe se terminer vers la fin de 2013.

En juillet 2010 la Collaboration Planck (équipe internationale en charge du suivi et de l'exploitation des données recueillies par le satellite) avait publié une vue complète du ciel (Image ci-dessous) prise dans les hyperfréquences qui font partie du spectre des micro-ondes Rappelons que le spectre des micro-ondes est défini approximativement pour la plage de fréquences de 0,3 à 1000 gigahertz. Pour une fréquence d'utilisation entre 1 GHz et 100 GHz, on emploie en général le terme d'hyperfréquences, la plupart des applications communes utilisant la gamme de 1 à 40 gigahertz.

Sur l'image reconstituée présentée en début d'article (ci-dessus), on voit la Voie lactée dont le disque principal occupe le centre de l’image. Au dessus et en dessous de la Voie lactée, on remarque des filaments de poussière froide qui sont le lieu de formation de nouvelles étoiles. Planck y a décelé de nombreuses zones où des étoiles sont sur le point de naître ou entament leur cycle de développement. Tout aussi intéressant est l’arrière-plan, en haut et en bas de l’image, caractérisé par un aspect moucheté. Il s’agit du rayonnement de fond cosmologique hyperfréquence (CMBR), la plus ancienne lumière émise par l’Univers, issue de la grande explosion (ou d'un phénomène encore à définir) d’où notre Univers a émergé il y a 13,7 milliards d’années. Un des objectifs de Planck était de prendre le relais à cet égard de l'observatoire de la Nasa Wilkinson Microwave Anisotropy Probe (WMAP) dont les images spectaculaires du rayonnement cosmologique ont entretenu depuis son lancement en 2001 les hypothèses des cosmologistes pendant des années et qui avait vieilli.

Planck continue de cartographier l’Univers. Avant la fin de sa mission en 2012, il aura balayé quatre fois l’ensemble du ciel. La première diffusion des données complètes sur le CMBR est prévue en 2012. En attendant, vient d'être publié le 11 janvier 2011 un Catalogue comportant différents objets de la galaxie ainsi que des galaxies lointaines. Si la Voie lactée montre à quoi ressemble notre Univers proche à l’heure actuelle, les hyperfréquences le dévoilent à l’aube de sa création, avant que n’existent les étoiles ou les galaxies. C’est là que réside le cœur de la mission Planck : décoder ce qui s’est produit dans cet Univers primordial en analysant l’arrière-plan moucheté. Cette représentation fournie par les hyperfréquences est l’empreinte du cosmos primitif à partir duquel se sont formés les amas et les superamas de galaxies actuels. Les couleurs correspondent à d’infimes différences de température et de densité de matière dans le ciel. Pour une raison ou pour une autre, que les cosmologistes aimeraient bien préciser (simple hasard ? ), ces petites irrégularités se sont transformées en régions plus denses qui ont donné les galaxies actuellement observées.

Le rayonnement CMBR couvre l’ensemble du ciel, mais la majeure partie est cachée, sur l'image, par l’émission de la Voie lactée, qui devra être supprimée des données définitives de façon numérique, afin que le rayonnement hyperfréquences puisse apparaître dans son intégralité.

Lorsque ce travail sera terminé, Planck nous dévoilera l’image la plus précise du rayonnement hyperfréquence jamais obtenue. La grande question sera alors de savoir si ces données révèleront la signature cosmique de la période primordiale supposée dénommée l’inflation. Diverses hypothèses, aujourd'hui il est vrai en partie discutée, évoque immédiatement après le Big Bang une augmentation énorme de la taille de l’Univers sur une très courte durée.

La nouvelle image (voir animation et référence ci-dessous) présentée par la Collaboration Planck à partir du l0 janvier 2011 permet de mieux analyser le fond diffus cosmologique, rayonnement électromagnétique provenant de l'Univers et qui frappe la Terre de façon quasi uniforme dans toutes les directions. Il fait apparaître notamment la poussière froide de notre galaxie, les galaxies lointaines ou les électrons évoluant dans les champs magnétiques. Ainsi Planck détecte non seulement l'émission des poussières dans notre Galaxie ou dans les Nuages de Magellan proches mais aussi l'accumulation des émissions de poussières présentes dans les autres galaxies, jusqu'aux plus lointaines, notamment le fond diffus infrarouge.

Celui-ci est un rayonnement électromagnétique d'une longueur d'onde supérieure à celle de la lumière visible mais plus courte que celle des micro-ondes. L'analyse de ces émissions «parasites», nécessaire pour accéder au rayonnement fossile, fournit des données très précieuses et souvent inédites sur ces objets. Les sources détectées par Planck vont ainsi des fréquences radio à l'infrarouge lointain ; elles comprennent des nébuleuses denses et froides situées dans des régions de formation d'étoiles de notre galaxie, et des amas de galaxies supermassifs. On y voit notamment des dizaines de clusters ou super-clusters de galaxies mai identifiées jusqu'à présent (voir pour plus d'informations à ce jour le document de l'Esa Planck's new view of the Cosmic Theatre cité dans les sources.

Précisons que les poussières de l'espace profond identifiées par Planck tournent sur elles-mêmes extrêmement rapidement (des dizaines de milliards de fois par seconde ! ?). Elles émettent des radiations électromagnétiques du fait qu'elles sont électriquement chargées. Ce sont les heurts avec les photons et les atomes circulant dans l'espace qui provoquent cette rotation, la plus rapide jamais observée dans l'univers. Les nouvelles données fournies par Planck permettront de mieux distinguer les radiations ainsi émises de celles provenant du CMB ou d'autres sources (voir http://www.newscientist.com/article/dn19955-spinning-cosmic-dust-motes-set-speed-record.html).

La prochaine publication de résultats est prévue pour juillet 2013. Elle est d'ores et déjà attendue avec impatience.

Sources
Document de l'Esa. Planck's new view of the Cosmic Theatre . http://www.esa.int/esaCP/SEMK4D3SNIG_index_0.html
Animation tirée de ce document http://www.esa.int/esaCP/SEMK4D3SNIG_index_1.html
Article de juillet 2010 http://www.esa.int/esaCP/SEMD4JRZ5BG_France_0.html
Communiqué du CNRS http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2072.htm
Planck Home page http://www.rssd.esa.int/index.php?project=planck
Le projet Planck http://public.planck.fr/
WMAP Wilkinson Microwave Anisotropy Probe (WMAP) http://map.gsfc.nasa.gov/mission/observatory.html

Retour au sommaire