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Sciences,
technologies et politiques. JSF:
Une restructuration ou une mort qui ne veut pas encore
s'annoncer
Jean-Paul Baquiast 11/01/2011

Le
DoD (US Department of Defense) vient sous l'autorité
du Secrétaire à la Défense Robert
Gates d'officialiser une restructuration du programme
de réalisation du Joint Strike Fighter (JSF)
développé par Lockheed Martin depuis
de nombreuses années déjà. Il
convient de tenir compte des multiples difficultés
techniques rencontrées et des nombreux dérapages
dans les coûts et les délais.
On sait que par le programme JSF le DoD comptait assécher
les perspectives de développement de tous autres
avions de combat, au moins dans le monde occidental.
Divers pays européens ou alliés, telle
l'Australie, s'étaient inscrits comme acquéreurs.
La
restructuration se traduira par un allongement de
la phase de conception et développement ( System
Design and Development phase ) et la réduction
des cadences de production. Le Pentagone a promis
de prendre en charge les coûts résultant
des nouveaux travaux et tests. Mais les acheteurs
finaux devront assumer des hausses dans les coûts
unitaires de production dont nul ne mesure encore
l'importance.
Le
programme JSF porte sur 3 versions différentes
de l'appareil:
- un avion conventionnel dit F-35A Conventional Take
Off and Landing (CTOL)
- un avion à décollage vertical, le
F-35B Short Take Off and Vertical Landing (STOVL)
- un appareil embarqué pour la Marine, le F-35C
Carrier Variant (CV).
Actuellement l'US Air Force et l'Australie envisagent
l'acquisition de la version CTOL. Aucune précision
n'est pour le moment disponible concernant les performances
et les délais de mise en service des autres
versions.
Concernant le CTOL les premières livraisons,
initialement prévues pour 2009, n'auront pas
lieu avant 2014. L'intégration des systèmes
d'armes et les essais repousseront la mise en service
au mieux en 2018. Have a Drink.
Pour Philippe Grasset, qui depuis le début
s'est fait sur le site DeDefensa l'historiographe
de la « narrative » JSF, ces
retards successifs marquent l'échec sinon l'effondrement
d'un des plus grands « enfumages »
(le terme est de nous) imposés par le Pentagone
et le Military Industrial Complex au reste du monde.
Une des victimes les plus marquantes en est et demeure
le Rafale français...et les forces aériennes
qui dans le monde, sous la pression américaine
(voir à ce sujet des câbles diplomatiques
publiés par WikiLeaks) n'ont pas osé
en faire l'acquisition.
Aujourd'hui la Russie et, à un stade moins
avancé, la Chine disposent d'avions de combats
furtifs qui seront sans doute disponibles plus tôt
et à moindre coûts. Pour la Chine, il
s'agit d'un protoype dit J-20, développé
conjointement avec un nouveau système de missiles
balistiques et un nouveau porte-aéronef.
Robert
Gates, en visite à Pékin à la
date où nous écrivons cet article, s'en
inquiète officiellement. Mais les négociations
avec les Chinois pour éviter une course aux
armements paraissent difficiles compte-tenu des milliards
de dollars de livraison d'armes consentis récemment
à Taïwan par les Etats-Unis. Pour le plus
grand profit du MIC...
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