La
Russie plus que jamais dans la course aux planètes
Jean-Paul Baquiast 27/01/2011
Le
centre de recherche spatial russe Khrunichev annonce le développement
d'un lanceur super-lourd destiné à emporter un
module habité vers Mars aux alentours de 2037.
Ce
lanceur sera développé à partir de la série
Angara en cours de mise au point. Les capacités d'emport
de cette série seront modulables entre 2 et 40,5 tonnes.
Il s'agira de remplacer la flotte actuel vieillissante. Les
différentes fusées ont un dessin similaire exploitant
un module polyvalent dit URM (Universal Rocket Module).
Les
essais des premières Angara sont prévus pour 2013,
un vol habité vers Mars pouvant être envisagé
à partir de 2037.
En
tant qu'européen nous ne pouvons qu'apprécier
la continuité de la politique spatiale russe. Mais ces
projets devraient alerter les responsables de l'espace Européen.
Si l'Europe voulait rester dans la course, vers la Lune, Mars
ou dans un premier temps concernant la mise en orbite terrestre
de charges lourdes, il ne serait que temps de préparer
la succession des vaillantes Ariane V.
Il
reste que les responsables russes, dont le spécialiste
des fusées Boris Chertok, déplorent que les crédits
spaciaux russes soient 10 fois inférieurs à ceux
des Etats-Unis. La Russie devra collaborer, a-t-il dit, avec
l'Inde et le Kazakstan. Il ne voit pour l'avenir que 3 puissances
spatiales crédibles, les USA, la Chine et la Russie.
Apparemment l'Europe, à ses yeux, n'aura qu'un rôle
épisodique. Nous l'avons bien cherché.
Pour
en savoir plus
La
famille Angara http://en.wikipedia.org/wiki/Angara_%28rocket_family%29
Premier
vol du Global Observer sous moteur à hydrogène
liquide
Jean-Paul Baquiast - 18/01/2011

La
firme américaine AeroVironment Inc. a développé
pour le compte de l'US Air Force un avion sans pilote (UAS)
aux caractéristiques très originales. Il s'agit
d'un aéronef de grande taille, extrêmement léger
et doté d'un moteur fonctionnant à l'hydrogène
liquide, donc non polluant. Il
sera capable de séjourner à très haute
altitude (20 000 m environ) pendant au moins une semaine, au-dessus
de quelque endroit du globe que ce soit.
Il
s'agira d'un véritable système de télécommunication
et d'observation, pouvant à bien moindre coût rendre
une partie des services d'un satellite géostationnaire.
Les applications seront essentiellement militaires mais pourront
également être civiles (surveillance des cyclones,
relais avec le trafic aérien, etc.). Deux exemplaires
se relayant pourraient suffire à rendre les services
attendus - tout au moins dans l'optique où, comme d'ailleurs
les satellites, ils ne seraient pas détruits en vol par
des adversaires potentiels.
Le
premier exemplaire vient de réaliser un vol de 4h à
1 500 m. au dessus du Centre d'essai de la base Edwards (Air
Force Flight Test Center). L'engin, en dehors de ses qualités
annoncées, est d'une très grande beauté.
Nous
avions signalé précédemment les essais
réussis de l'avion ultra-léger à énergie
solaire, le Solar Impulse de Bertrand Piccard et André
Borschberg (CH). La conception et les ambitions sont très
différentes, mais dans les deux cas il s'agit d'initiatives
que l'on aimerait voir se développer, y compris en France,
patrie traditionnelle de l'aviation.
Pour
en savoir plus
article :
http://www.avinc.com/uas/stratospheric/global_observer/
vidéo
: http://video.golem.de/wirtschaft/4250/jungfernflug-des-global-observer.html
Pétition
pour sauver l'Hôpital Public
Jean-Paul Baquiast - Christophe Jacquemin 18/01/2011
Nous relayons bien volontiers cette démarche d'intérêt
général
http://www.petition-mdhp.fr/
Drones.
Coopération Israël-Russie
Jean-Paul Baquiast - 18/01/2011
L'entreprise
d'armement publique Israeli Aerospace Industries (IAI) vient
de signer un contrat de 400 millions de dollars avec la Russie
pour la fourniture d'un certain nombre d'exemplaires de trois
catégories de drones militaires.
Il s'agit du petit Bird-Eye 400 (photo), du I-View Mk 150 et
du drone à plus long rayon d'action, le Searcher II.
Il semble que des accords aient été passés
permettant à l'industrie aéronautique russe, totalement
inadéquate actuellement dans ce domaine, d'en assurer
ultérieurement la fabrication. Israël s'est également
engagé à former des pilotes russes à l'utilisation
de ces appareils. En octobre 2010, un accord précédent
avec le groupe russe Oboronprom OPK avait autorisé la
fabrication du drone Heron I capable de missions stratégiques
avancées.
Cette démarche, qui semble inquiéter Washington,
est intéressante à deux titres. Elle marque le
fait qu'Israël semble faire confiance à la volonté
russe de ne pas armer l'Iran. Elle serait la suite logique du
refus de livraison à Téhéran de missiles
S-300PMU qui auraient posé de sérieux problèmes
dans la perspective d'une attaque aérienne israélienne
visant les installations nucléaires iraniennes. L'accord
actuel devrait en bonne logique diplomatique conforter l'engagement
de la Russie à ne pas soutenir les volontés militaristes
de l'Iran.
Par ailleurs le contrat avec IAI marque la volonté russe
de renforcer le potentiel de ses industries de défense
en coopération avec ce que l'on pourra globalement nommer
l'Occident. C'est notamment l'acquisition de l'ensemble des
systèmes électroniques et informatiques impliqués
qui intéresse ces dernières. Le récent
accord avec la France concernant le Mistral allait, à
une toute autre échelle, dans ce sens.
Les Européens, comme d'ailleurs les Israéliens,
devraient en conclure qu'il importe de conforter cette volonté
russe de définir avec eux des perspectives stratégiques
à long terme. Ils ne devraient pas en ce cas s'embarrasser
des réticences, voire des manuvres ouvertes des
Etats-Unis, notamment par le biais de l'Otan, visant à
parasiter de tels rapprochements. Nous pensons en particulier
au projet toujours actuel (au moins sur le papier) de bouclier
anti-missile dit prétendument européen (BMDE),
projet récemment réactivé par Barack Obama.
Mais
pour que l'alliance stratégique euro-russe conserve sont
intérêt pour les deux parties, il faudrait que
les Européens ne relâchent pas leurs propres efforts
de R/D dans les domaines avancés de l'industrie aérospatiale,
qu'elle soit de défense ou à destination civile.
C'est bien ce qu'a compris et que continue à faire Israël.
Pour cela, du côté Europe, il faudrait une vraie
volonté politique et quelques allocations de crédits.
On la cherche. Quand on considère tout ce que peut faire
dans ces domaines un petit pays aidé il est vrai
de différents côtés pour se doter
de technologies hors-pair, on ne peut que regretter l'atonie
européenne.
Observons
que pour le moment, Israël n'a pas encore accepté
de fournir à la Russie son drone géant Heron TP,
ou Eitan, de 4,5 tonnes, susceptible d'emporter des missiles
air-sol au cours de vols de longue durée.
Stuxnet.
Cooopération Israël USA
Jean-Paul Baquiast - 17/01/2011
Nous
avions précédemment rapporté
les supputations concernant l'origine du ver Stuxnet supposé
avoir mis hors service pour au moins 2 ans le cinquième
du parc des centrifugeuses iraniennes fournissant de l'uranium
enrichi. Un article du New York Times donne plus de précisions
à cet égard.
Selon
les rédacteurs de cet article, il s'est bien agi d'une
coopération concertée entre spécialistes
israéliens, américains et allemands (provenant
de Siemens, fournisseur des "contrôleurs" utilisés
par les centrifugeuses) qui a produit ce ver. Il est apparemment
dédié à un objectif bien précis
et ne semble pas capable de se répandre dans les milliers
d'autres systèmes de contrôles utilisés
par les services publics du reste du monde.
Mais
beaucoup de spécialistes de la défense pensent
que la fragilité des grands réseaux mondiaux aux
regards de cyber-attaques de ce style demeure entière.
Elle devrait être prise en compte dès le début
par les concepteurs de ces réseaux, au lieu d'être
envisagée par défaut, en cas d'incidents avérés.
PS au 26/01. L'ambassadeur de la Russie auprès
de l'Otan Dimitry Rogozine a demandé une enquête
de l'Organisation à propos de la contamination par le
virus Stuxnet de centrifugeuses produisant de l'uranium pour
la centrale iranienne de Bushehren cours de construction sous
la responsabilité russe. Un nouveau Tchernobyl aurait
pu se produire, d'après les experts russes. Les Iraniens
ont minimisé le risque. (source Space War)
*
Article du NYT :
http://nyti.ms/ea1faP
ATV-2
Johannes Kepler : préparatifs de départ
Jean-Paul Baquiast - 17/01/2011
Un
nouvel ATV (Automated Transfer Vehicle) baptisé Johannes
Kepler devrait être lancé par une Ariane V Heavy
lift en principe le 15 février. Ce sera la charge la
plus lourde emportée par le lanceur européen à
ce jour, soit 20 tonnes. L'ATV emmènera environ 8 tonnes
d'approvisionnements et matériels divers.
L'assemblage
a déjà commencé à Kourou. Les amateurs
pourront suivre, dès aujourd'hui, le déroulement
des opérations sur un blog dédié : http://blogs.esa.int/atv/
Un
pemier ATV nommé Jules Verne, avait été
lancé par l'Esa en direction de la Station Spatiale Internationale
en 2008. La mission avait été un succès
complet, montrant les capacités d'accostage et d'arrimage
automatique de l'engin.
Rappelons
que si l'Europe avait quelque ambition en matière de
missions spatiales, l'ATV et Ariane 5 pourraient être
reconfigurés pour constituer un ensemble capsule+lanceur
à destination de la Lune.
Les
applications robotiques du concept de neurones-miroirs
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 12/01/2011
On
entend encore des neurologues affirmer que les neurones miroirs
n'ont été clairement identifiés que chez
les primates. Ce sont de tels neurones qui, comme l'avait montré
pour la première fois Giacomo Rizzolatti, permettent
d'activer de façon identique les zones du cortex moteur,
que le sujet accomplisse lui-même un geste ou observe
un tiers accomplissant ce geste. Ces neurones sont un puissant
facteur facilitant la dissémination par mimétisme
des comportements liés notamment à l'utilisation
des outils. Or il est aujourd'hui devenu évident que
le cerveau humain comporte des neurones associatifs jouant le
même rôle que les neurones moteurs des macaques
qu'ils soient ou non anatomiquement comparables.
Mais
ce ne seront plus désormais les seuls primates et autres
animaux qui pourront se flatter d'utiliser les services de neurones
miroirs pour faciliter les processus d'acquisition de compétences
par l'intermédiaire du geste, sans avoir recours à
la parole. Des chercheurs de l'Institut sud coréen Korea
Advanced Institute of Science and Technology (KAIST) à
Daejeon, sont en train d'apprendre à des robots comment
comprendre les gestes des humains afin de les imiter ou même
d'y répondre par des gestes appropriés.
Pour
cela, en interagissant avec leurs moniteurs humains, les robots
apprennent progressivement, sur le mode adaptatif, à
réagir aux gestes et mêmes aux mimiques par des
réponses appropriées. Pour acquérir des
capacités analogues à celles que permettraient
des neurones miroirs, le robot observe le comportement de la
personne et la décompose en modules analytiques qu'il
mémorise. Il compare le comportement observé à
une base de données relatives à ses propres actions
et propose un comportement en réponse qui soit le plus
proche possible du comportement observé.
Le
robot ne réagit pas seulement aux gestes simples. Il
acquiert progressivement la capacité d'y attacher des
intentions. Si par exemple l'humain désigne un objet
de la main, il ne se bornera pas à faire le même
geste. Selon les cas, il apprendra à saisir l'objet pour
l'apporter ou l'éloigner. Si cet objet est une balle,
il associera la balle au geste consistant à la saisir
et la relancer. En cas de difficulté de compréhension,
il signalera son incertitude à l'humain et demandera
un geste de confirmation.
Dans
tous ces cas, les interactions entre robots et humains n'ont
plus besoin de reposer sur une communication verbale dont la
compréhension pour le robot présente plus de difficultés
que la perception des gestes et de leurs significations élémentaires.
Les chercheurs imaginent ainsi que des robots de ce type pourront
communiquer avec des personnes de langue étrangère
ou éventuellement incapables de parler.
Les
robots dotés de ces capacités seront par ailleurs
beaucoup plus aptes que d'autres à communiquer entre
eux et se doter de cultures gestuelles communes. Ce sera la
cas, par exemple, dans les équipes de robots footballeurs.
Référence
Article
KAIST / NewScientist
: http://www.kaist.edu/edu.html
Des
tanks invisibles mais dotés d'une bonne vision
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 11/01/2011
Des
ingénieurs militaires britanniques travaillant pour BAE
Systems annoncent le développement dans les 5 prochaines
années de chars d'assaut «invisibles». Ces
blindés utiliseront une technologie dite « e-camouflage ».
Il s'agira de senseurs attachés à la coque qui
projetteront à l'extérieur des images de l'environnement
destinées à se mélanger avec celles recueillies
par un observateur, créant ainsi confusion et invisibilité
de fait.
Dans le
même temps, les tourelles des véhicules pourront
être dotées d'un blindage plastique transparent
bien plus résistant que celui utilisé dans les
voitures blindées actuelles. La visibilité sur
l'extérieur dont disposera l'équipage du char
sera ainsi considérablement accrue.
Enfin
une technologie dite « biometric integration »
utilisera des programmes d'IA avancés pour analyser les
groupes et les individus entourant éventuellement le
véhicule afin d'y détecter d'éventuelles
menaces.
Pour
en savoir plus
Sur l'e-camouflage:
http://www.armedforces-int.com/news/e-camouflage-could-create-invisible-army-tanks.html
Greffe
de matières fécales
Jean-Paul Baquiast - 11/01/2011
Il
ne s'agit pas d'une plaisanterie de carabin, mais d'opérations
très intéressantes conduites par Alex Khoruts,
gastroentérologiste à la Medical School de l'Université
du Minnesota, ainsi que par des confrères dans d'autres
hôpitaux (Cf. NewScientist, 18 décembre
2010, p. 36).
Nous
évitons sur ce site de nous intéresser à
la médecine, qui constitue un monde si foisonnant que
nos incursions ne pourraient qu'y être hasardeuses. Dans
ce cas cependant, le thème met l'accent sur la complexité
de la vie cellulaire et les relations qu'entretiennent les colonies
microbiennes avec les autres colonies de cellules formant le
corps des animaux de grande taille dont nous sommes en particulier
des représentants. On considère en effet aujourd'hui
que le contenu de l'intestin humain résulte de l'activité
de 25.000 sous-espèces de bactéries. Elles forment
un gigantesque réseau compacté qu'il conviendra
de considérer comme un organisme à part entière
hébergé par le nôtre. Le nombre des cellules
le constituant serait supérieur de neuf fois à
celui des cellules du corps humains (tissus interstitiels exclus).
On
connaît plus ou moins bien depuis longtemps le rôle
de ces bactéries dans la catabolyse des aliments et la
production des divers éléments nécessaires
à la vie. On sait aussi qu'il s'agit d'un milieu fragile.
Un excès d'antibiotiques administré à un
patient peut le détruire. De plus aujourd'hui, on a constaté
notamment lors des épidémies de maladies nosocomiales
qu'un germe polyrésistant précisément nommé
le Clostridium difficile, peut s'introduire dans l'intestin
Dès ce moment, notamment chez des patients fragilisés,
c'est la mort assurée par diarrhées sévères
puis septicémie. Même lorsque le C.difficile
paraît éliminé, il revient en quelques
heures. Aujourd'hui,
on enregistre en Grande Bretagne, par exemple, plus de morts
par septicémies intestinales que par accidents de la
route.
Pour
reconstituer le milieu d'origine, un certain nombre de précurseurs
américains avaient eu l'idée de faire appel aux
matières fécales de personnes proches du patient
sur le plan de la flore intestinale, par exemple un fils. Au
Canada et aux Etats-Unis, une procédure simple a été
mise au point. On fabrique à partir des fèces
du donneur une liqueur riche en Bactéroides, bactérie
dominante dans un colon sain. Elle est injectée par la
voie anale chez le malade, dont l'équilibre intestinal
se rétablit en général rapidement.
Des études
en double-aveugle conduites par l'Université médicale
de Leyde, en Hollande, ont montré récemment que
ce traitement est plus efficace et considérablement moins
coûteux, que celui faisant appel aux antibiotiques. Il
serait intéressant que l'ensemble des gastroentérologues
s'en persuadent dorénavant. Beaucoup de vies seraient
sauvées.
On peut
se demander si des méthodes analogues, faisant appel
à ce que l'on pourrait appeler la guerre bactériologique,
ne pourraient pas être envisagées contre d'autres
germes polyrésistants qui font actuellement des ravages,
staphylocoques ou bacilles de Kock.
Pour
en savoir plus
Fecal bacteriotherapy : http://en.wikipedia.org/wiki/Fecal_bacteriotherapy
Des
protéines synthétiques permettant la croissance
de souches microbiennes vivantes
Jean-Paul Baquiast - 08/01/2011
Une
équipe de l'Université de Princeton vient d'annoncer
(cf. ci-dessous, lien) un résultat (qui devrait avoir
une profonde implication dans la construction de nouveaux systèmes
biologiques utilisant des composants artificiels. Ces scientifiques
ont réalisé pour la première fois des protéines
artificielles capables de permettre la croissance de cellules
vivantes de la même façon que des protéines
naturelles. Ils
ont fait appel pour cela à des séquences génétiques
artificielles crées par eux et n'existant pas à
ce jour dans la nature.
Pour le Pr. Michael Hecht qui a dirigé la recherche,
ce résultat démontre que les ensembles macromoléculaires
nécessaires à la vie n'ont pas besoin de provenir
de gènes et de protéines résultant de l'évolution
naturelle. Il s'agit donc d'une avancée significative
dans la production d'un génome entièrement artificiel
composé de composants purement chimiques. On voit en
quoi le processus ainsi mis au point diffère de celui
jusqu'ici utilisé dans la biologie dite synthétique.
Celle-ci se limite à réorganiser différemment
des composants biologiques naturels.
Quelques
biochimistes avaient précédemment réussi
à créer des protéines artificielles capables
de se replier et de catalyser certaines réactions. Mais
les chercheurs de Princeton sont allés plus loin, puisque
les protéines synthétiques obtenues par eux ont
pu contribuer à la survie d'un microbe vivant et fonctionnel,
comme s'il s'agissait de protéines naturelles. Cependant,
elles ne provenaient en rien de gènes naturels.
Pour démontrer le caractère fonctionnel de ces
protéines, l'équipe a constitué un ensemble
ou catalogue de protéines artificielles qui ont été
introduites dans des souches de bactéries dont un certain
nombre de gènes avaient été détruits.
Sans ces gènes, les bactéries modifiées
ne pouvaient survivre. Or elles ont puisé dans l'ensemble
de protéines artificielles mises à leur disposition
de quoi remplacer les protéines naturelles manquantes.
La colonie microbienne mutée a donc pu non seulement
survivre mais se multiplier.
On peut imaginer que l'expérience puisse être reprise
et étendue, en remplaçant un nombre de plus en
plus grand de gènes et de protéines d'origine
naturelle par des correspondant artificiels produits sur une
base beaucoup plus large que celle sélectionnée
par l'évolution dans le cadre du codage génétique
naturel. Ceci peut-être l'hypothèse est
de nous jusqu'à obtenir un jour des souches de
bactéries ou même de cellules complexes qui ne
comporteront plus aucun composant d'origine biologique.
Pour
en savoir plus
Article
Public Library of Science
http://www.plosone.org/article/info:doi/10.1371/journal.pone.0015364
Du
génome à la synapse. Le rôle des protéines
spécialisées
Jean-Paul
Baquiast et Christophe Jacquemn - 08/01/2011
On
compte quelque 100 milliards de neurone dan le cerveau humain.
Chacun d'eux entretient en moyenne 1.000 connections synaptiques
avec d'autres. Le cerveau contiendrait donc approximativement
100 trillions de synapses, principalement situées dans
les aires critiques pour la motricité et la cognition.
Lorsqu'une synapse est activée par un signal électrique
provenant du neurone émetteur, elle diffuse un transmetteur
chimique qui va activer le site récepteur du neurone
destinataire. Le site récepteur transmet lui même
le signal reçu à une machinerie complexe de protéines
qui traitent et mémorisent l'information.
Ce complexe de protéines a été nommé
Post-synaptic Density ou PSD du fait que les protéines
qui le composent s'organisent en un noeud difficilement analysable
par les instruments. Un nombre important de gènes, soit
1 400 environ ou 7% du génome humain codant pour les
protéines, spécifient ces PSD.
Une étude que vient de mener une équipe du Sanger
Institute (UK) dirigée par le Dr Seth Grant (voir ci-dessous)
a permis de préciser les liens qu'entretiennent ces protéines
et la façon dont elles déterminent les propriétés
physiques du neurone concerné dans la mémorisation
de l'information.
Il s'agit d'une machinerie très sensible puisque toute
mutation dans les gènes correspondants conduit à
une malformation dans la protéine spécifiée,
et par la suite à une maladie différente.
Notons que le tissu cérébral sur lequel a été
menée cette étude du Sanger Institue a été
extrait non d'un cerveau de souris mais, puisqu'il s'agit d'humain,
d'une petite portion de tissu cérébral profond
prélevé dans le cerveau d'un patient volontaire.
L'équipe a identifié 169 gènes codant pour
les PSD au sein desquels la survenance de mutations détermine
l'apparition de 269 maladies humaines répertoriées,
telles que l'épilepsie. A partir de ce travail, un premier
Catalogue des protéines synaptiques a été
dressé. Il permettra de préciser les voies conduisant
à ces affections et la possibilité d'utiliser
des substances réparatrices. Mais on devine qu'en ce
domaine doit s'imposer la plus grande prudence.
Pour
en savoir plus
Post-synaptic
Density (PSD) : http://en.wikipedia.org/wiki/Postsynaptic_density
Article
de Nature Neurosciences. Genes to Cognition Programme, Wellcome
Trust Sanger Institute, Genome Campus, Hinxton, Cambridgeshire,
UK.
Àlex Bayés, Louie N van de Lagemaat, Mike D R
Croning &
Seth G N Grant :
http://www.nature.com/neuro/journal/v14/n1/abs/nn.2719.html
Morts
massives d'animaux
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 07/01/2011
La
presse a beaucoup parlé de la mort massive d'oiseaux
de l'espèce Carrouge à épaulette (Agelaius
phoeniceus) survenue le jour de l'An dans une ville jusque
là peu connue de l'Arkansas (USA). Les hypothèses
les plus variées ont été présentées
pour expliquer ce phénomène, y compris celles
faisant appel à des expériences de l'armée
américaine, voire à des causes mystérieuses
telles que les pluies rouges du Kerala auxquelles nous avions
fait allusion dans cette même rubrique. Bien entendu les
millénaristes et autres prophètes de la fin du
monde ont aussi réagi - ce qui en soi présente
un certain intérêt scientifique pour les observateurs,
non des oiseaux mais de l'espèce humaine.
Depuis, les observations de morts massives d'animaux se sont
multipliées en très peu de temps sur la planète
(poissons, pingouins, pélicans, lamantins, chauves-souris...).
Google en a publié la carte.

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très différents :