Les
réchauffistes avaient-ils raison?
par Jean-Paul Baquiast 23/12/2010

Carte des isobares sur
l'Atlantique Nord le 24 décembre
Ceux
que leurs adversaires, les climato-sceptiques et climato-négationnistes
nomment avec dérision des « réchauffistes »
ou « croyants au réchauffement climatique
d'origine principalement humaine » avaient envisagé
ce qui semble se passer depuis quelques hivers sur l'Europe.
Le réchauffement de la calotte glaciaire arctique entrainerait
paradoxalement un refroidissement du nord de l'Europe avec une
glaciation récurrente.
Deux causes seraient susceptibles de provoquer ce phénomène.
La première pourrait être la plongée et
l'éloignement vers le sud du courant thermohalin d'eaux
chaudes tropicales, face à la descente d'eaux polaires
froides résultant de la fonte des glaces de mer arctiques.
A l'extrême, un tel phénomène se traduirait
par une véritable catastrophe pour l'Europe, l'arrêt
durable du Gulf-Stream et une glaciation étendue et permanente.
Mais sans aller jusque là, le ralentissement du courant
Gulf-Stream provoquerait une prédominance dans l'océan
atlantique nord-européen d'eaux froides polaires.
La deuxième cause serait, toujours sous l'effet des descentes
d'eaux froides venues de l'arctique le long des côtes
canadiennes au nord du Labrador, une accumulation d'air froid
provoquant la mise en place d'une chaîne d'anticyclones
s'étendant du pôle jusqu'à l'Europe septentrionale
et occidentale. On sait que sur la face est des anticyclones
circulent des vents de nord à nord-est plus ou moins
frais, apportant de l'air polaire froid en abondance. Cet air
génère sur l'Europe occidentale soit du froid
sec soit de la neige s'il rencontre des vents d'est à
sud-est humides circulant autour de dépressions s'étant
creusées sur l'Europe méditerranéenne dans
le flux dominant de nord à nord-est.
Nous n'avons pas les éléments permettant de juger
d'éventuelles modifications dans la circulation océanique
thermohaline. Il ne serait pas impossible cependant qu'une légère
modification du Gulf-Stream en température et en position
soit constatée prochainement, contribuant au refroidissement
de l'Europe. Par contre, il suffit d'observer les cartes atmosphériques
produites par Météo-France pour constater l'établissement
depuis quelques jours, cet automne et début d'hiver,
d'anticyclones nordiques et nord-européens provoquant
d'abondantes chutes de neige. S'agit-il d'évènements
susceptibles de se produire de façon aléatoire
sur fonds d'évolution "chaotique" du climat
général? Serait-ce au contraire un premier résultat
du refroidissement de l'océan arctique par des eaux froides
provenant de la fonte de la banquise, elle-même due au
réchauffement plus général de la planète?
Cette dernière hypothèse à été
envisagée très sérieusement par divers
météorologistes.
La carte-ci-dessus, correspondant à la situation prévue
pour le 24 décembre, montre la présence d'un petit
anticyclone sur l'Europe du Nord, qui n'a rien à voir
avec l'anticyclone russo-sibérien habituel en hiver.
Une profonde dépression atlantique s'est formée
sur la côte américaine, elle repoussera un peu
l'anticyclone européen vers l'est, mais devrait le réalimenter
en air froid du fait des vents de nord ouest circulant sur sa
face est. Par ailleurs, une dépression grecque alimente
l'anticyclone européen en vents de sud-est humides. Ces
divers phénomènes contribuent à la suite
d'épisodes neigeux que nous connaissons actuellement.
On ne saurait affirmer qu'ils sont anormaux en cette saison.
Le moins que l'on puisse dire cependant est qu'ils ne donnent
pas tort aux réchauffistes.
Ceux qui s'intéressent à cette question pourront
suivre tout au long de l'hiver l'évolution des isobares,
à partir du site fort bien fait de nos amis de Météo-France,
section marine: http://marine.meteofrance.com/marine/accueil/
Un
robot qui sait se procurer des appuis
Jean-Paul Baquiast 23/12/2010
Sébastien
Lengagne est un roboticien français travaillant actuellement
au Japon dans le cadre du Joint Japanese-French Laboratory (JRL),
Intelligent System Research Institute à Tsukuba. Aujourd'hui,
il a développé avec ses collègues un robot
bipède qui est capable d'identifier dans son environnement
les objets pouvant faciliter non seulement sa marche mais des
comportements plus complexes tels que s'asseoir derrière
un bureau ou ramasser un livre tombé sous une table.
Le
robot dispose d'un logiciel lui permettant, compte-tenu de l'objectif
qu'il s'est donné, de reconnaître et d'utiliser
les appuis pouvant lui faciliter la tâche. Ceci sera précieux
lorsque les descendants (lointains) de tels robots exploreront
seuls la planète Mars.
Voir
la Vidéo de NewScientist http://bcove.me/jjpfa2ih
Voir aussi les autres vidéos associées
*
Sébastien Lengagne http://staff.aist.go.jp/sebastien.lengagne/publications.html
* HRP2 Project
http://global.kawada.jp/mechatronics/hrp2.html
Un
drone géant euro-américain
Jean-Paul Baquiast 22/12/2010
L'Euro
Hawk est un drone géant (UAV) destiné au transport.
Il pourrait remplacer en Europe les Bréguets Atlantique.
Il a été développé par Northrop
Grumman et EADS Deutschland (Cassidian) sur la base d'un modèle
précédent, le RQ-4 Global Hawk UAS.
Cet
appareil devrait équiper l'armée allemande en
2011. L'US Air Force en commandera probablement quelques exemplaire
les années suivantes. Les commentateurs remarquent que
la coopération dans ce domaine entre Northop et EADS
se déroule sans accrocs, contrairement à celle
envisagée entre EADS et Boeing pour la fourniture d'un
ravitailleur. Il est vrai que ce dernier marché est d'une
autre dimension.
Les
profanes s'étonneront que les militaires utilisent des
drones de cette taille sans y embarquer des pilotes. Il est
vrai que l'avion pourra aussi servir de base d'observation à
haute altitude. Le modèle testé vient de réussir
sans incidents un vol de 30h à 60.000 pieds au dessus
de la base Edwards. .
Pour
en savoir plus
* lire un article détaillé sur http://www.aeroplans.fr/Drones/drone-euro-hawk-envol.html
Les
attaques par déni de service contre les sites indépendants
Comme nous le rappelons souvent, les pouvoirs politiques et
économiques sont les premiers à utiliser extensivement
les outils du web dit citoyen contre ceux qui les critiquent
Le Berkman
Center for Internet & Society de Harvard University qui
étudie l'impact de l'Internet sur la vie sociale et les
droits individuels, vient de publier un rapport concernant les
attaques dont sont l'objet divers sites indépendants
ou militants pour les droits de l'homme. Il s'agit d'attaques
par déni de service (distributed denial of service ou
DDoS) se manifestant par des appels simultanés de centaines
de correspondants, ayant pour effet d'effondrer le serveur considéré
comme l'ennemi à réduire au silence. Les supporters
de WikiLeaks ont procédé récemment à
de telles attaques en représailles contre des sites tels
que Paypal ayant renoncé à héberger Assange.
Mais les sites dits citoyens sont également l'objet de
dénis de service provenant apparemment des intérêts
politiques ou économiques puissants qu'ils dérangent.
Ceux-ci se révèlent alors capables de mobiliser
beaucoup plus de moyens que leurs adversaires.
L'enquête
de Harvard a été lancée à la suite
d'une multiplication des plaintes provenant des gestionnaires
de sites indépendants. 300 atteintes ont été
recensées aux Etats-Unis sur les 12 derniers mois. Les
sites attaqués deviennent inaccessibles pendant quelques
heures ou jours. Ils peuvent rester instables beaucoup plus
longtemps. Mais apparemment les contenus ne sont pas détruits.
Il s'agit donc d'un moindre mal.
Pour s'en
prémunir, la seule technique facile d'utilisation à
ce jour consiste à mettre en place un ou plusieurs sites
miroirs.
* Rapport:
"Distributed Denial of Service Attacks Against Independent
Media and Human Rights Sites"
http://cyber.law.harvard.edu/publications/2010/DDoS_Independent_Media_and_Human_Rights
Robots
Review 2010
La
revue IT Worls propose une vidéo recensant les robots
les plus significatifs de l'année 2010. A ne pas manquer...mais
le commentaire, évidemment, est en anglais.
*
Voir http://www.itworld.com/science/130854/2010-robots-review
Nouvel
avion furtif sans pilote
Jean-Paul Baquiast 17/12/2010

Le Shuttle
Carrier Aircraft (SCA) de la Nasa, ancien Boeing 747 modifié,
a emporté pour un vol d'essai au dessus de St Louis,
le prototype d'avion de combat furtif sans pilote Phantom Ray
développé pour le compte de l'US Air Force.
Ce premier
vol assisté, qui s'est bien déroulé, sera
suivi de vols autonomes dans les prochaines semaines. L'engin
pèse 13 tonnes, et possède une vitesse de croisière
de 988 km.h. Il peut opérer utilement jusqu'à
12.000 m. Il servira dans un premier temps de banc d'essai pour
de nouvelles technologies. Ses missions militaires seront nombreuses:
intelligence, surveillance, reconnaissance. Il pourra aussi
se livrer à des opérations plus agressives: destruction
d'installations au sol, attaques électroniques, combats
aériens.
On voit
que si le Département de la Défense semble pour
le moment hésiter à donner suite au grand programme
du F35, jugé inutilement coûteux et sophistiqué
par beaucoup de clients potentiels, il n'a évidemment
pas renoncé à d'autres types d'armements, dans
la filière des super-drones, capables éventuellement
de participer à des combats anti-guerilla ou des combats
de rue.
La Grande
Bretagne a dévoilé l'existence d'un appareil de
même nature nommé Taranis. Nous ne savons ce qu'il
en est de l'armée de l'air française.
* Article
de Defense Magazine http://defense-update.com/products/p/phantom_ray_090509.html
Première
capsule spatiale lancée par le secteur privé
Jean-Paul Baquiast 17/12/2010
Le
8 décembre 2010, aux Etats-Unis, la petite entreprise
spatiale privée (petite au regard de la Nasa) nommé
SpaceX a lancé et récupéré sur terre
avec succès une capsule pressurisée. Celle-ci,
nommée Dragon, aurait pu emporter un équipage.
Ce
domaine d'activité est devenu un objectif commercial
depuis que Barack Obama a réduit sensiblement les budgets
de la Nasa et annoncé qu'il allait sous-traiter au secteur
privé les liaisons avec la Station Spatiale. Un certain
nombre de personnes ont par ailleurs annoncé qu'elles
étaient candidates pour s'offrir quelques orbites autour
de la Terre. Cette perspective est vivement critiquée
par les environnementalistes, il va de soi.
Les
spécialistes des Agences spatiales doutent de la sécurité
à terme de telles expéditions, compte tenu du
manque d'expérience des compagnies candidates. On a noté
cependant que SpaceX a réussi son lancement du premier
coup, tandis qu'il avait fallu plusieurs tentatives à
la Nasa en1962 pour réussir la mise en orbite de la capsule
Mercury. Il est vrai que depuis, les expériences se sont
accumulées et les technologies disponibles fortement
améliorées.
*
SpaceX: http://www.spacex.com/dragon.php
Mauvaises
nouvelles sur le front du choléra en Haïti
Jean-Paul Baquiast 10/12/2010

Un
article publié par le NewScientist, à partir d'éléments
à paraitre dans le New England Journal of Medecine, donne
des informations inquiétantes concernant la souche de
choléra qui fait actuellement de nombreux morts en Haïti.
L'ADN de la bactérie haïtienne a été
séquencée en un temps record par Matt Waldor du
Brigham and Women's Hospital de Boston. Elle fait apparaître
une mutation qui la rend une douzaine de fois plus mortelle
que celle des bactéries présentes de façon
endémique en Amérique du Sud.
Cette forme mutée domine en Asie du sud-est, d'où
l'on estime que provient l'épidémie faisant actuellement
rage dans l'ile. La mortalité est en partie due au fait
que la nouvelle souche secrète une toxine bien plus agressive.
Il s'agirait en fait d'une toxine présente lors de pandémies
antérieures à 1960, qui avait été
remplacée par une toxine moins virulente jusqu'à
ces dernières années. Elle est réapparue
au Bangladesh en 2002, jusqu'à envahir toute l'Asie du
sud-est.
Ces conclusions
confirment des études faites précédemment
par les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC).
Par ailleurs, début décembre, un rapport du professeur
français Renaud Piarroux, épidémiologiste
envoyé en mission en Haïti par la France a précisé
que, selon toutes les apparences, le foyer infectieux de l'épidémie
de choléra régnant en Haïti est parti du
camp des Casques bleus népalais de la Mission de l'ONU
à Port au Prince. L'ONU et l'armée népalaise
ont vivement contesté ces hypothèses. Tout laisse
penser cependant que l'épidémie sous sa forme
la plus virulente a fait un saut intercontinental brutal, à
partir de ses foyers dans l'Asie du sud-est. Seule une transmission
humaine facilitée par l'usage du transport aérien
peut expliquer ce phénomène.
On a tout
lieu de craindre que la nouvelle souche ne se substitue rapidement
à celles endémiques en Amérique centrale
et en Amérique du sud, touchant alors des millions de
personnes et provoquant un nombre très important de morts.
Ceci d'autant plus que cette nouvelle souche est par ailleurs
plus résistante aux antibiotique que les précédentes.
La toxine provoque des diarrhées qui peuvent se révéler
mortelles en 2 heures. Bien évidemment, l'état
sanitaire et l'affaiblissement des populations atteintes ne
font qu'accentuer le caractère dangereux de la bactérie
et sa tendance à muter vers des formes encore plus pathogènes.
Cet exemple
rappelle que les virus ne sont pas seuls, tels ceux de la grippe,
à muter brutalement en donnant naissance à des
souches pathogènes contre lesquelles les populations
ne sont pas immunisées. On sait ce qu'il en est dans
les cas bien documentés d'infections par le staphylocoque
doré ou le bacille de Koch dits multi-résistants.
Mais d'autres explosions peuvent à tout moment survenir,
notamment au sein des hôpitaux mal protégés.
Le choléra
est une toxi-infection entérique épidémique
contagieuse due à la bactérie Vibrio cholerae,
ou bacille virgule, découverte par Pacini en 1854 et
redécouverte par Koch en 1883. Limitée à
l'espèce humaine, elle est caractérisée
par des diarrhées brutales et très abondantes.
La forme majeure classique est fatale dans plus de la moitié
des cas, en labsence de traitement (de quelques heures
à trois jours). La contamination est orale, dorigine
fécale, par leau de boisson ou des aliments souillés.
C'est une maladie de pays pauvres, qui avait fait de très
nombreux morts en France au 19e siècle. Elle réapparaissait
régulièrement en Europe à l'occasion des
guerres et des restrictions.
Image: Ancienne alerte au choléra au Ghana.
Article
du NewScientist http://www.newscientist.com/article/dn19854-haitian-cholera-strain-could-dominate-the-americas.html
Coopération
spatiale USA-Russie
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 06/12/2010
Les deux Agences, Nasa et Roscosmos, vont désormais coopérer
dans le domaine de l'exploration habitée ou inhabitée,
selon le chef de l'agence russe Alexei Perminov. Un Protocole
sera signé prochainement en ce sens, intéressant
des vols vers des astéroïdes, vers des points de
Lagrange(1), vers la Lune ou dans l'orbite terrestre.
Roscosmos
a aussi demandé l'aide de la Nasa pour ce qui sera une
grande première l'année prochaine, l'envoi de
la capsule Phobos-Grunt sur la surface de Phobos, satellite
de Mars, et son retour vers la Terre avec des échantillons
de sol. Nous avons précédemment signalé
l'intérêt du très surprenant Phobos, comme
éventuellement de son frère Deimos, comme balcon
pour des explorations martiennes
La
mission, qui devrait durer 330 jours, emportera des semenciers
et divers organismes vivants (bactéries, fongidés,
poissons et chironomides (?) pour ester la possibilité
de les maintenir en quarantaine sur Phobos. La même fusée
russe mettra en orbite martienne le mini-satellite japonais
YH-1.
Tout
ceci devrait rappeler aux Européens la nécessité
d'intensifier, de leur côté, la coopération
avec les Russes. Il s'agira dans les décennies prochaines,
d'un enjeu géostratégique essentiel concernant
ce que l'on appellera bientôt sans doute (au moins dans
les domaines scientifiques) l'EuroRussie.
(1)
Un point de Lagrange est une position de l'espace dans un système
à deux corps, où leurs champs de gravité
se combinent de manière à fournir un point d'équilibre
à un troisième corps de masse négligeable,
tel que les positions relatives des trois corps soient fixes.
Les
mystères de Venus
Jean-Paul Baquiast - 07/12/2010

Le
7 décembre 2010, la sonde japonaise Akatsuki a entrepris
sa mise en orbite autour de Vénus. Il s'agit d'un orbiteur
conçu pour observer le climat de la planète avec
de nouveaux instruments. La navigation et l'entrée dans
l'atmosphère bénéficieront de l'assistance
de la Nasa, avec laquelle seront partagées les données
acquises.
Non
seulement enveloppée d'une atmosphère épaisse,
Vénus l'est encore aussi de mystère. Ainsi son
«jour» dure aussi longtemps que 243 jours terrestres.
Néanmoins, sans que l'on sache pourquoi, les nuages en
font le tour à une très grande vitesse. L'atmosphère
est principalement composée de CO2 et d'acide sulfurique.
Le sol est sec et si chaud que le plomb y fonderait. Il est
couvert de cratères et de calderas volcaniques.
La
coopération entre la Nasa et l'agence Japonaise de l'espace,
la Jaxa, marque la volonté des deux nations de resserrer
leurs liens en le domaine spatial, à une époque
où la Chine et l'Inde multiplient les initiatives, comme
nous l'avons relaté dans des chroniques précédentes.
.
Communiqué
de la Jaxa http://www.jaxa.jp/projects/sat/planet_c/index_e.html
Nanomondes
et imaginaires de lhyperminiaturisation
Communiqué
Pour
leur quatrième édition, les Entretiens du Nouveau
Monde Industriel prolongent la réflexion prospective
en sinterrogeant sur les ruptures déchelles
que les nanotechnologies induisent tant sur linfrastructure
du système technique que sur les imaginaires du monde
industriel à venir processus que nous nommons
hyperminiaturisation.
Après
deux éditions consacrées aux technologies de la
participation et des réseaux sociaux, lédition
de lannée dernière, consacrée aux
objets communicants, soulevait déjà le voile sur
un monde industriel où convergent intimement matière
et information. Cest donc tout naturellement que lédition
de cette année aborde lhyperminaturisation extrême
dans le contexte des nanotechnologies ou du moins dans ce quelles
produisent pour nous en terme dimaginaire dans le champ
industriel, scientifique, anthropologique, social et politique.
Les ruptures
déchelles induites par les nanotechnologies ne
peuvent pas être séparées des nouveaux imaginaires
où se projette le « nano-monde » parmi
lesquels on peut distinguer :
. les imaginaires de l'industrie, et de l'histoire nouvelle
qu'elle nous raconte à travers la conquête de léchelle
nanométrique, qui permettrait de maintenir ouvertes les
possibilités d'innovation industrielle et l'activité
économique dans son ensemble ;
. les imaginaires scientifiques, tels qu'ils passent par une
technologie de l'imagination (au sens fort de la production
dimages) de ce qui, à léchelle nanométrique,
nest pas visible, et par un « retour de lobjet
» à cette échelle (molécules-machines,
électronique moléculaire, nanoparticules), dans
un monde industriel que lon pensait dématérialisé,
fluidifié par les réseaux dinformation ;
. les imaginaires anthropologiques, où limmixtion
de la technique dans le corps réinterroge limage
que lhumain se fait de lui-même
et de la technique,
que lhyperminiaturisation rend invisible, intrusive et
potentiellement omniprésente ;
. les imaginaires de la création et du design, auxquelles
les nanotechnologies posent des questions inédites :
renouvellement des rapports habituels entre forme et matière,
visible et invisible, nouveaux outils de représentation
du réel.
Nous
faisons aussi l'hypothèse que des imaginaires économiques
et politiques nouveaux, tels quils permettraient de projeter
et de désirer un avenir technologique et industriel raisonné,
réfléchi, débattu et partagé par
la société, passent par lintégration
des questions nanotechnologiques avec celles que nous avions
soulevées dans les éditions précédentes
des Entretiens du nouveau monde industriel : l'innovation ascendante,
les technologies relationnelles réticulaires et les objets
communicants opérateurs technologiques qui transforment
le monde quotidien en profondeur.
Parmi les intervenants invités cette année on
peut citer :
Bernard Stiegler (IRI), Xavier Guchet (Paris 1), Sacha Loeve
(Paris 1), Françoise Roure (Ministère de lIndustrie),
Andrew Mayne (Un. Paris Sud), Catherine Allamel-Raffin (Un.
de Strasbourg), Christian Joachim (CEMES), Laurent Gouzènes
(Consultant), Jean-Luc Beylat (Alcatel Bell Labs), Daniela Cerqui
(Un. de Lausanne), José-Alain Sahel (Institut de la vision),
Alain Cadix (ENSCI), Patrick Pajon (Centre de Recherche sur
lImaginaire), Sylvie Tissot (Quantum design), Jean-Louis
Fréchin (ENSCI) et les designers Gilles Belley, Jean
François Dingjian, Marie Virginie Berbet, Brice Laurent
(Commission Européenne), Ermelinde Malcotte (Un. Paris
X), Philippe Aigrain (SoapInSpace), Dominique Boullier (Sciences-Po),
Jean Sallantin (LIRM), Dorothée Benoit (Vivagora).
LES
ENTRETIENS DU NOUVEAU MONDE INDUSTRIEL
Centre Pompidou, Grande salle, 14 et 15 décembre 2010
En collaboration avec UniverScience, France Culture, TiviPro
Programme
et inscriptions : www.digitallyours.fr
L'Europe
réussit une première interception dans le domaine
des missiles balistiques
Jean-Paul Baquiast - 06/12/2010
Le
missilier européen MDBA vient d'annoncer le succès
d'une mission d'interception conduite le 18 octobre par la DGA-EM
(Direction Générale de l'Armement - Essais de
Missiles) dans les Landes, avec un missile Aster 30 Block 1.
Celui-ci est un développement du missile à moyenne
portée de l'armée de l'Air française, le
Mamba ou SAMP/T Surface Air Moyenne Portée Terrestre.
Il concerne les interceptions d'engins aériens ou de
missiles adverses. D'autres exemplaires sont destinés
aux forces navales (Aster 15 et 30).
Aster
est le produit d'un véritable programme européen,
le plus important dans le domaine dans le domaine des missiles
et le second après celui de l'A400M. Le programme est
piloté par l'OCCAR, Organisation conjointe de coopération
en matière d'armement, associant la France, la Grande
Bretagne et l'Italie. MDBA
et ses partenaires Thalès et Safran disposeraient d'un
carnet de commande intéressant le système Aster
dépassant 1.700 exemplaires dont une partie sera exportée.
Le
missile peut être utilisé à partir de navires
de diverses configurations, comme par des troupes au sol. Il
dispose d'une grande flexibilité, le rendant efficace
dans des missions très différentes, y compris
l'interception anti-missiles dont les Etats-Unis, non sans difficultés
d'ailleurs, semblent avoir la maîtrise.
Pour
Antoine Bouvier, président exécutif de MDBA, l'Europe
acquiert ainsi une capacité la rendant indépendante
dans le domaine des boucliers anti-missiles. Ceux-ci font comme
on le sait aujourd'hui l'objet d'intenses discussions diplomatiques
entre l'Otan et la Russie. L'Aster 30 Block 1 est capable d'intercepter
des missiles balistiques de la classe des 600km de portée,
constituant la menace éventuelle la plus répandue.
Mais il serait facilement développable pour faire face
à des missiles de portée supérieure.
Il
s'agit indéniablement d'un atout important au service
de la souveraineté européenne. Mais les Européens
ne semblent pas vouloir s'en vanter, obnubilés qu'ils
sont par la domination industrielle et politique américaine.
Pour
en savoir plus
OCCAR http://www.occar-ea.org/
MDBA http://www.mbda-systems.com/mbda/site/ref/scripts/EN_HOME.html
L'OTV,
mini-navette militaire américaine
Jean-Paul Baquiast - 06/12/201
On
apprend aujourd'hui que l'armée américaine avait
lancé en avril dernier une mini-navette inhabitée,
dénommée X-37B Orbital Test Vehicle. Après
une mission de 220 jours classée "confidentiel défense"
elle vient de se poser en pilotage automatique sur la base militaire
de Vandenberg.
Pour les
responsables de la mission, comme pour Paul Rusnock, X-37B
program director pour l'industriel Boeing, il s'agit d'une
nouvelle ère intéressant l'exploration spatiale.
Sur le mode pleinement robotisé, l'engin a pu sans incidents
ouvrir et fermer ses portes de soute, déployer un mat
pour capter l'énergie solaire et utiliser seul ses commandes
de manoeuvre et de contrôle.
Un second
véhicule, l'OTV-2, devrait être lancé au
printemps 2011.
Ceci confirme
le diagnostic que font beaucoup d'observateurs. Même si
les missions humaines demeurent indispensables pour de nombreuses
raisons, l'exploration par véhicules et par spationautes
robotisés permettra de reculer les frontières
bien au delà de ce que pourront faire les hommes.
Mais
on peut craindre que les réalisations ainsi conduites
soient principalement mises au service d'objectifs militaires.
Il serait donc indispensable que l'Europe, disposant d'une bonne
expertise dans le domaine des véhicules automatisés
civils avec son "camion de l'espace" ATV (à
ne pas confondre avec OTV) ne se préoccupe pas de la
développer.
D'autant
plus que, selon la source citée ci-dessous, l'OTV sera
un espion spatial autrement plus efficace que les simples satellites.
Ci-contre une autre photo de l'OTV, bien plus impressionnante
que la précédente. .
On
admirera la performance : faire décoller et revenir un
engin de cette taille, sans faire appel aux personnel humains.
Pour en savoir plus
http://www.msnbc.msn.com/id/37243246/ns/technology_and_science-space/
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