Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 113
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion

 

logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubriques)

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

ACTUALIT
ÉS

novembre - décembre 2010

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

 

Les réchauffistes avaient-ils raison?
par Jean-Paul Baquiast 23/12/2010

 

Carte des isobares sur l'Atlantique Nord le 24 décembre

Ceux que leurs adversaires, les climato-sceptiques et climato-négationnistes nomment avec dérision des « réchauffistes » ou « croyants  au réchauffement climatique d'origine principalement humaine » avaient envisagé ce qui semble se passer depuis quelques hivers sur l'Europe. Le réchauffement de la calotte glaciaire arctique entrainerait paradoxalement un refroidissement du nord de l'Europe avec une glaciation récurrente.

Deux causes seraient susceptibles de provoquer ce phénomène. La première pourrait être la plongée et l'éloignement vers le sud du courant thermohalin d'eaux chaudes tropicales, face à la descente d'eaux polaires froides résultant de la fonte des glaces de mer arctiques. A l'extrême, un tel phénomène se traduirait par une véritable catastrophe pour l'Europe, l'arrêt durable du Gulf-Stream et une glaciation étendue et permanente. Mais sans aller jusque là, le ralentissement du courant Gulf-Stream provoquerait une prédominance dans l'océan atlantique nord-européen d'eaux froides polaires.

La deuxième cause serait, toujours sous l'effet des descentes d'eaux froides venues de l'arctique le long des côtes canadiennes au nord du Labrador, une accumulation d'air froid provoquant la mise en place d'une chaîne d'anticyclones s'étendant du pôle jusqu'à l'Europe septentrionale et occidentale. On sait que sur la face est des anticyclones circulent des vents de nord à nord-est plus ou moins frais, apportant de l'air polaire froid en abondance. Cet air génère sur l'Europe occidentale soit du froid sec soit de la neige s'il rencontre des vents d'est à sud-est humides circulant autour de dépressions s'étant creusées sur l'Europe méditerranéenne dans le flux dominant de nord à nord-est.

Nous n'avons pas les éléments permettant de juger d'éventuelles modifications dans la circulation océanique thermohaline. Il ne serait pas impossible cependant qu'une légère modification du Gulf-Stream en température et en position soit constatée prochainement, contribuant au refroidissement de l'Europe. Par contre, il suffit d'observer les cartes atmosphériques produites par Météo-France pour constater l'établissement depuis quelques jours, cet automne et début d'hiver, d'anticyclones nordiques et nord-européens provoquant d'abondantes chutes de neige. S'agit-il d'évènements susceptibles de se produire de façon aléatoire sur fonds d'évolution "chaotique" du climat général? Serait-ce au contraire un premier résultat du refroidissement de l'océan arctique par des eaux froides provenant de la fonte de la banquise, elle-même due au réchauffement plus général de la planète? Cette dernière hypothèse à été envisagée très sérieusement par divers météorologistes.

La carte-ci-dessus, correspondant à la situation prévue pour le 24 décembre, montre la présence d'un petit anticyclone sur l'Europe du Nord, qui n'a rien à voir avec l'anticyclone russo-sibérien habituel en hiver. Une profonde dépression atlantique s'est formée sur la côte américaine, elle repoussera un peu l'anticyclone européen vers l'est, mais devrait le réalimenter en air froid du fait des vents de nord ouest circulant sur sa face est. Par ailleurs, une dépression grecque alimente l'anticyclone européen en vents de sud-est humides. Ces divers phénomènes contribuent à la suite d'épisodes neigeux que nous connaissons actuellement. On ne saurait affirmer qu'ils sont anormaux en cette saison. Le moins que l'on puisse dire cependant est qu'ils ne donnent pas tort aux réchauffistes.

Ceux qui s'intéressent à cette question pourront suivre tout au long de l'hiver l'évolution des isobares, à partir du site fort bien fait de nos amis de Météo-France, section marine: http://marine.meteofrance.com/marine/accueil/


Un robot qui sait se procurer des appuis
Jean-Paul Baquiast 23/12/2010

Sébastien Lengagne est un roboticien français travaillant actuellement au Japon dans le cadre du Joint Japanese-French Laboratory (JRL), Intelligent System Research Institute à Tsukuba. Aujourd'hui, il a développé avec ses collègues un robot bipède qui est capable d'identifier dans son environnement les objets pouvant faciliter non seulement sa marche mais des comportements plus complexes tels que s'asseoir derrière un bureau ou ramasser un livre tombé sous une table.

Le robot dispose d'un logiciel lui permettant, compte-tenu de l'objectif qu'il s'est donné, de reconnaître et d'utiliser les appuis pouvant lui faciliter la tâche. Ceci sera précieux lorsque les descendants (lointains) de tels robots exploreront seuls la planète Mars.

Voir la Vidéo de NewScientist http://bcove.me/jjpfa2ih
Voir aussi les autres vidéos associées

* Sébastien Lengagne http://staff.aist.go.jp/sebastien.lengagne/publications.html
* HRP2 Project http://global.kawada.jp/mechatronics/hrp2.html


Un drone géant euro-américain
Jean-Paul Baquiast 22/12/2010

L'Euro Hawk est un drone géant (UAV) destiné au transport. Il pourrait remplacer en Europe les Bréguets Atlantique. Il a été développé par Northrop Grumman et EADS Deutschland (Cassidian) sur la base d'un modèle précédent, le RQ-4 Global Hawk UAS.

Cet appareil devrait équiper l'armée allemande en 2011. L'US Air Force en commandera probablement quelques exemplaire les années suivantes. Les commentateurs remarquent que la coopération dans ce domaine entre Northop et EADS se déroule sans accrocs, contrairement à celle envisagée entre EADS et Boeing pour la fourniture d'un ravitailleur. Il est vrai que ce dernier marché est d'une autre dimension.

Les profanes s'étonneront que les militaires utilisent des drones de cette taille sans y embarquer des pilotes. Il est vrai que l'avion pourra aussi servir de base d'observation à haute altitude. Le modèle testé vient de réussir sans incidents un vol de 30h à 60.000 pieds au dessus de la base Edwards. .

Pour en savoir plus
* lire un article détaillé sur http://www.aeroplans.fr/Drones/drone-euro-hawk-envol.html


Les attaques par déni de service contre les sites indépendants

Comme nous le rappelons souvent, les pouvoirs politiques et économiques sont les premiers à utiliser extensivement les outils du web dit citoyen contre ceux qui les critiquent

Le Berkman Center for Internet & Society de Harvard University qui étudie l'impact de l'Internet sur la vie sociale et les droits individuels, vient de publier un rapport concernant les attaques dont sont l'objet divers sites indépendants ou militants pour les droits de l'homme. Il s'agit d'attaques par déni de service (distributed denial of service ou DDoS) se manifestant par des appels simultanés de centaines de correspondants, ayant pour effet d'effondrer le serveur considéré comme l'ennemi à réduire au silence. Les supporters de WikiLeaks ont procédé récemment à de telles attaques en représailles contre des sites tels que Paypal ayant renoncé à héberger Assange. Mais les sites dits citoyens sont également l'objet de dénis de service provenant apparemment des intérêts politiques ou économiques puissants qu'ils dérangent. Ceux-ci se révèlent alors capables de mobiliser beaucoup plus de moyens que leurs adversaires.

L'enquête de Harvard a été lancée à la suite d'une multiplication des plaintes provenant des gestionnaires de sites indépendants. 300 atteintes ont été recensées aux Etats-Unis sur les 12 derniers mois. Les sites attaqués deviennent inaccessibles pendant quelques heures ou jours. Ils peuvent rester instables beaucoup plus longtemps. Mais apparemment les contenus ne sont pas détruits. Il s'agit donc d'un moindre mal.

Pour s'en prémunir, la seule technique facile d'utilisation à ce jour consiste à mettre en place un ou plusieurs sites miroirs.

* Rapport: "Distributed Denial of Service Attacks Against Independent Media and Human Rights Sites"
http://cyber.law.harvard.edu/publications/2010/DDoS_Independent_Media_and_Human_Rights


Robots Review 2010

La revue IT Worls propose une vidéo recensant les robots les plus significatifs de l'année 2010. A ne pas manquer...mais le commentaire, évidemment, est en anglais.

* Voir http://www.itworld.com/science/130854/2010-robots-review


Nouvel avion furtif sans pilote
Jean-Paul Baquiast 17/12/2010

Le Shuttle Carrier Aircraft (SCA) de la Nasa, ancien Boeing 747 modifié, a emporté pour un vol d'essai au dessus de St Louis, le prototype d'avion de combat furtif sans pilote Phantom Ray développé pour le compte de l'US Air Force.

Ce premier vol assisté, qui s'est bien déroulé, sera suivi de vols autonomes dans les prochaines semaines. L'engin pèse 13 tonnes, et possède une vitesse de croisière de 988 km.h. Il peut opérer utilement jusqu'à 12.000 m. Il servira dans un premier temps de banc d'essai pour de nouvelles technologies. Ses missions militaires seront nombreuses: intelligence, surveillance, reconnaissance. Il pourra aussi se livrer à des opérations plus agressives: destruction d'installations au sol, attaques électroniques, combats aériens.

On voit que si le Département de la Défense semble pour le moment hésiter à donner suite au grand programme du F35, jugé inutilement coûteux et sophistiqué par beaucoup de clients potentiels, il n'a évidemment pas renoncé à d'autres types d'armements, dans la filière des super-drones, capables éventuellement de participer à des combats anti-guerilla ou des combats de rue.

La Grande Bretagne a dévoilé l'existence d'un appareil de même nature nommé Taranis. Nous ne savons ce qu'il en est de l'armée de l'air française.

* Article de Defense Magazine http://defense-update.com/products/p/phantom_ray_090509.html


Première capsule spatiale lancée par le secteur privé
Jean-Paul Baquiast 17/12/2010

Le 8 décembre 2010, aux Etats-Unis, la petite entreprise spatiale privée (petite au regard de la Nasa) nommé SpaceX a lancé et récupéré sur terre avec succès une capsule pressurisée. Celle-ci, nommée Dragon, aurait pu emporter un équipage.

Ce domaine d'activité est devenu un objectif commercial depuis que Barack Obama a réduit sensiblement les budgets de la Nasa et annoncé qu'il allait sous-traiter au secteur privé les liaisons avec la Station Spatiale. Un certain nombre de personnes ont par ailleurs annoncé qu'elles étaient candidates pour s'offrir quelques orbites autour de la Terre. Cette perspective est vivement critiquée par les environnementalistes, il va de soi.

Les spécialistes des Agences spatiales doutent de la sécurité à terme de telles expéditions, compte tenu du manque d'expérience des compagnies candidates. On a noté cependant que SpaceX a réussi son lancement du premier coup, tandis qu'il avait fallu plusieurs tentatives à la Nasa en1962 pour réussir la mise en orbite de la capsule Mercury. Il est vrai que depuis, les expériences se sont accumulées et les technologies disponibles fortement améliorées.

* SpaceX: http://www.spacex.com/dragon.php


Mauvaises nouvelles sur le front du choléra en Haïti
Jean-Paul Baquiast 10/12/2010

 

Un article publié par le NewScientist, à partir d'éléments à paraitre dans le New England Journal of Medecine, donne des informations inquiétantes concernant la souche de choléra qui fait actuellement de nombreux morts en Haïti. L'ADN de la bactérie haïtienne a été séquencée en un temps record par Matt Waldor du Brigham and Women's Hospital de Boston. Elle fait apparaître une mutation qui la rend une douzaine de fois plus mortelle que celle des bactéries présentes de façon endémique en Amérique du Sud.

Cette forme mutée domine en Asie du sud-est, d'où l'on estime que provient l'épidémie faisant actuellement rage dans l'ile. La mortalité est en partie due au fait que la nouvelle souche secrète une toxine bien plus agressive. Il s'agirait en fait d'une toxine présente lors de pandémies antérieures à 1960, qui avait été remplacée par une toxine moins virulente jusqu'à ces dernières années. Elle est réapparue au Bangladesh en 2002, jusqu'à envahir toute l'Asie du sud-est.

Ces conclusions confirment des études faites précédemment par les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Par ailleurs, début décembre, un rapport du professeur français Renaud Piarroux, épidémiologiste envoyé en mission en Haïti par la France a précisé que, selon toutes les apparences, le foyer infectieux de l'épidémie de choléra régnant en Haïti est parti du camp des Casques bleus népalais de la Mission de l'ONU à Port au Prince. L'ONU et l'armée népalaise ont vivement contesté ces hypothèses. Tout laisse penser cependant que l'épidémie sous sa forme la plus virulente a fait un saut intercontinental brutal, à partir de ses foyers dans l'Asie du sud-est. Seule une transmission humaine facilitée par l'usage du transport aérien peut expliquer ce phénomène.

On a tout lieu de craindre que la nouvelle souche ne se substitue rapidement à celles endémiques en Amérique centrale et en Amérique du sud, touchant alors des millions de personnes et provoquant un nombre très important de morts. Ceci d'autant plus que cette nouvelle souche est par ailleurs plus résistante aux antibiotique que les précédentes. La toxine provoque des diarrhées qui peuvent se révéler mortelles en 2 heures. Bien évidemment, l'état sanitaire et l'affaiblissement des populations atteintes ne font qu'accentuer le caractère dangereux de la bactérie et sa tendance à muter vers des formes encore plus pathogènes.

Cet exemple rappelle que les virus ne sont pas seuls, tels ceux de la grippe, à muter brutalement en donnant naissance à des souches pathogènes contre lesquelles les populations ne sont pas immunisées. On sait ce qu'il en est dans les cas bien documentés d'infections par le staphylocoque doré ou le bacille de Koch dits multi-résistants. Mais d'autres explosions peuvent à tout moment survenir, notamment au sein des hôpitaux mal protégés.

Le choléra est une toxi-infection entérique épidémique contagieuse due à la bactérie Vibrio cholerae, ou bacille virgule, découverte par Pacini en 1854 et redécouverte par Koch en 1883. Limitée à l'espèce humaine, elle est caractérisée par des diarrhées brutales et très abondantes. La forme majeure classique est fatale dans plus de la moitié des cas, en l’absence de traitement (de quelques heures à trois jours). La contamination est orale, d’origine fécale, par l’eau de boisson ou des aliments souillés. C'est une maladie de pays pauvres, qui avait fait de très nombreux morts en France au 19e siècle. Elle réapparaissait régulièrement en Europe à l'occasion des guerres et des restrictions.
Image: Ancienne alerte au choléra au Ghana.

Article du NewScientist http://www.newscientist.com/article/dn19854-haitian-cholera-strain-could-dominate-the-americas.html


Coopération spatiale USA-Russie
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 06/12/2010

Les deux Agences, Nasa et Roscosmos, vont désormais coopérer dans le domaine de l'exploration habitée ou inhabitée, selon le chef de l'agence russe Alexei Perminov. Un Protocole sera signé prochainement en ce sens, intéressant des vols vers des astéroïdes, vers des points de Lagrange(1), vers la Lune ou dans l'orbite terrestre.

Roscosmos a aussi demandé l'aide de la Nasa pour ce qui sera une grande première l'année prochaine, l'envoi de la capsule Phobos-Grunt sur la surface de Phobos, satellite de Mars, et son retour vers la Terre avec des échantillons de sol. Nous avons précédemment signalé l'intérêt du très surprenant Phobos, comme éventuellement de son frère Deimos, comme balcon pour des explorations martiennes

La mission, qui devrait durer 330 jours, emportera des semenciers et divers organismes vivants (bactéries, fongidés, poissons et chironomides (?) pour ester la possibilité de les maintenir en quarantaine sur Phobos. La même fusée russe mettra en orbite martienne le mini-satellite japonais YH-1.

Tout ceci devrait rappeler aux Européens la nécessité d'intensifier, de leur côté, la coopération avec les Russes. Il s'agira dans les décennies prochaines, d'un enjeu géostratégique essentiel concernant ce que l'on appellera bientôt sans doute (au moins dans les domaines scientifiques) l'EuroRussie.

(1) Un point de Lagrange est une position de l'espace dans un système à deux corps, où leurs champs de gravité se combinent de manière à fournir un point d'équilibre à un troisième corps de masse négligeable, tel que les positions relatives des trois corps soient fixes.


Les mystères de Venus
Jean-Paul Baquiast - 07/12/2010


Le 7 décembre 2010, la sonde japonaise Akatsuki a entrepris sa mise en orbite autour de Vénus. Il s'agit d'un orbiteur conçu pour observer le climat de la planète avec de nouveaux instruments. La navigation et l'entrée dans l'atmosphère bénéficieront de l'assistance de la Nasa, avec laquelle seront partagées les données acquises.

Non seulement enveloppée d'une atmosphère épaisse, Vénus l'est encore aussi de mystère. Ainsi son «jour» dure aussi longtemps que 243 jours terrestres. Néanmoins, sans que l'on sache pourquoi, les nuages en font le tour à une très grande vitesse. L'atmosphère est principalement composée de CO2 et d'acide sulfurique. Le sol est sec et si chaud que le plomb y fonderait. Il est couvert de cratères et de calderas volcaniques.

La coopération entre la Nasa et l'agence Japonaise de l'espace, la Jaxa, marque la volonté des deux nations de resserrer leurs liens en le domaine spatial, à une époque où la Chine et l'Inde multiplient les initiatives, comme nous l'avons relaté dans des chroniques précédentes. .

Communiqué de la Jaxa http://www.jaxa.jp/projects/sat/planet_c/index_e.html


Nanomondes et imaginaires de l’hyperminiaturisation
Communiqué

Pour leur quatrième édition, les Entretiens du Nouveau Monde Industriel prolongent la réflexion prospective en s’interrogeant sur les ruptures d’échelles que les nanotechnologies induisent tant sur l’infrastructure du système technique que sur les imaginaires du monde industriel à venir – processus que nous nommons hyperminiaturisation.

Après deux éditions consacrées aux technologies de la participation et des réseaux sociaux, l’édition de l’année dernière, consacrée aux objets communicants, soulevait déjà le voile sur un monde industriel où convergent intimement matière et information. C’est donc tout naturellement que l’édition de cette année aborde l’hyperminaturisation extrême dans le contexte des nanotechnologies ou du moins dans ce qu’elles produisent pour nous en terme d’imaginaire dans le champ industriel, scientifique, anthropologique, social et politique.

Les ruptures d’échelles induites par les nanotechnologies ne peuvent pas être séparées des nouveaux imaginaires où se projette le « nano-monde » – parmi lesquels on peut distinguer :
. les imaginaires de l'industrie, et de l'histoire nouvelle qu'elle nous raconte à travers la conquête de l’échelle nanométrique, qui permettrait de maintenir ouvertes les possibilités d'innovation industrielle et l'activité économique dans son ensemble ;
. les imaginaires scientifiques, tels qu'ils passent par une technologie de l'imagination (au sens fort de la production d’images) de ce qui, à l’échelle nanométrique, n’est pas visible, et par un « retour de l’objet » à cette échelle (molécules-machines, électronique moléculaire, nanoparticules), dans un monde industriel que l’on pensait dématérialisé, fluidifié par les réseaux d’information ;
. les imaginaires anthropologiques, où l’immixtion de la technique dans le corps réinterroge l’image que l’humain se fait de lui-même… et de la technique, que l’hyperminiaturisation rend invisible, intrusive et potentiellement omniprésente ;
. les imaginaires de la création et du design, auxquelles les nanotechnologies posent des questions inédites : renouvellement des rapports habituels entre forme et matière, visible et invisible, nouveaux outils de représentation du réel.

Nous faisons aussi l'hypothèse que des imaginaires économiques et politiques nouveaux, tels qu’ils permettraient de projeter et de désirer un avenir technologique et industriel raisonné, réfléchi, débattu et partagé par la société, passent par l’intégration des questions nanotechnologiques avec celles que nous avions soulevées dans les éditions précédentes des Entretiens du nouveau monde industriel : l'innovation ascendante, les technologies relationnelles réticulaires et les objets communicants – opérateurs technologiques qui transforment le monde quotidien en profondeur.

Parmi les intervenants invités cette année on peut citer :
Bernard Stiegler (IRI), Xavier Guchet (Paris 1), Sacha Loeve (Paris 1), Françoise Roure (Ministère de l’Industrie), Andrew Mayne (Un. Paris Sud), Catherine Allamel-Raffin (Un. de Strasbourg), Christian Joachim (CEMES), Laurent Gouzènes (Consultant), Jean-Luc Beylat (Alcatel Bell Labs), Daniela Cerqui (Un. de Lausanne), José-Alain Sahel (Institut de la vision), Alain Cadix (ENSCI), Patrick Pajon (Centre de Recherche sur l’Imaginaire), Sylvie Tissot (Quantum design), Jean-Louis Fréchin (ENSCI) et les designers Gilles Belley, Jean François Dingjian, Marie Virginie Berbet, Brice Laurent (Commission Européenne), Ermelinde Malcotte (Un. Paris X), Philippe Aigrain (SoapInSpace), Dominique Boullier (Sciences-Po), Jean Sallantin (LIRM), Dorothée Benoit (Vivagora).

LES ENTRETIENS DU NOUVEAU MONDE INDUSTRIEL
Centre Pompidou, Grande salle, 14 et 15 décembre 2010
En collaboration avec UniverScience, France Culture, TiviPro
Programme et inscriptions : www.digitallyours.fr


L'Europe réussit une première interception dans le domaine des missiles balistiques
Jean-Paul Baquiast - 06/12/2010

Le missilier européen MDBA vient d'annoncer le succès d'une mission d'interception conduite le 18 octobre par la DGA-EM (Direction Générale de l'Armement - Essais de Missiles) dans les Landes, avec un missile Aster 30 Block 1. Celui-ci est un développement du missile à moyenne portée de l'armée de l'Air française, le Mamba ou SAMP/T Surface Air Moyenne Portée Terrestre. Il concerne les interceptions d'engins aériens ou de missiles adverses. D'autres exemplaires sont destinés aux forces navales (Aster 15 et 30).

Aster est le produit d'un véritable programme européen, le plus important dans le domaine dans le domaine des missiles et le second après celui de l'A400M. Le programme est piloté par l'OCCAR, Organisation conjointe de coopération en matière d'armement, associant la France, la Grande Bretagne et l'Italie. MDBA et ses partenaires Thalès et Safran disposeraient d'un carnet de commande intéressant le système Aster dépassant 1.700 exemplaires dont une partie sera exportée.

Le missile peut être utilisé à partir de navires de diverses configurations, comme par des troupes au sol. Il dispose d'une grande flexibilité, le rendant efficace dans des missions très différentes, y compris l'interception anti-missiles dont les Etats-Unis, non sans difficultés d'ailleurs, semblent avoir la maîtrise.

Pour Antoine Bouvier, président exécutif de MDBA, l'Europe acquiert ainsi une capacité la rendant indépendante dans le domaine des boucliers anti-missiles. Ceux-ci font comme on le sait aujourd'hui l'objet d'intenses discussions diplomatiques entre l'Otan et la Russie. L'Aster 30 Block 1 est capable d'intercepter des missiles balistiques de la classe des 600km de portée, constituant la menace éventuelle la plus répandue. Mais il serait facilement développable pour faire face à des missiles de portée supérieure.

Il s'agit indéniablement d'un atout important au service de la souveraineté européenne. Mais les Européens ne semblent pas vouloir s'en vanter, obnubilés qu'ils sont par la domination industrielle et politique américaine.

Pour en savoir plus
OCCAR http://www.occar-ea.org/
MDBA http://www.mbda-systems.com/mbda/site/ref/scripts/EN_HOME.html


L'OTV, mini-navette militaire américaine
Jean-Paul Baquiast - 06/12/201

On apprend aujourd'hui que l'armée américaine avait lancé en avril dernier une mini-navette inhabitée, dénommée X-37B Orbital Test Vehicle. Après une mission de 220 jours classée "confidentiel défense" elle vient de se poser en pilotage automatique sur la base militaire de Vandenberg.

Pour les responsables de la mission, comme pour Paul Rusnock, X-37B program director pour l'industriel Boeing, il s'agit d'une nouvelle ère intéressant l'exploration spatiale. Sur le mode pleinement robotisé, l'engin a pu sans incidents ouvrir et fermer ses portes de soute, déployer un mat pour capter l'énergie solaire et utiliser seul ses commandes de manoeuvre et de contrôle.

Un second véhicule, l'OTV-2, devrait être lancé au printemps 2011.

Ceci confirme le diagnostic que font beaucoup d'observateurs. Même si les missions humaines demeurent indispensables pour de nombreuses raisons, l'exploration par véhicules et par spationautes robotisés permettra de reculer les frontières bien au delà de ce que pourront faire les hommes.

Mais on peut craindre que les réalisations ainsi conduites soient principalement mises au service d'objectifs militaires. Il serait donc indispensable que l'Europe, disposant d'une bonne expertise dans le domaine des véhicules automatisés civils avec son "camion de l'espace" ATV (à ne pas confondre avec OTV) ne se préoccupe pas de la développer.

D'autant plus que, selon la source citée ci-dessous, l'OTV sera un espion spatial autrement plus efficace que les simples satellites.

Ci-contre une autre photo de l'OTV, bien plus impressionnante que la précédente. .

On admirera la performance : faire décoller et revenir un engin de cette taille, sans faire appel aux personnel humains.



Pour en savoir plus

http://www.msnbc.msn.com/id/37243246/ns/technology_and_science-space/

Retour au sommaire