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Article. Technologies et politique
Internet et/ou Google recâblent-t-ils nos cerveaux?
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 25/09/2010

Dans l'essai de Jean-Paul Baquiast «Le paradoxe du Sapiens» est posée l'hypothèse que les humains co-évoluent avec les technologies qu'ils utilisent, au sein de superorganismes nommés des "systèmes anthropotechniques". Ces superorganismes sont très différents les uns des autres, compte tenu de ce que les technologies sont elles-mêmes très différentes et que les humains entrant avec elles en symbiose peuvent être éventuellement aussi très différents, par l'âge, le sexe, les origines sociales, etc. Pour préciser le concept de systèmes anthropotechnique, il faut donc en étudier des variétés différentes.

Si l'ouvrage insiste sur l'influence des technologies d'armement, il évoque aussi celle des technologies de communication. Ces dernières touchent désormais pratiquement l'ensemble des humains. Sans être aussi universelle que le téléphone mobile, c'est l'Internet, par son caractère structurant, qui attire de plus en plus l'intérêt des chercheurs. On estime que le nombre des humains connectés dépasse désormais le milliard et s'accroît tous les jours. Il est donc légitime de se demander si l'ensemble constitué par les usagers de l'Internet et par l'ensemble des technologies et des acteurs industriels qui les relient n'a pas donné naissance à l'un de ces superorganismes nommé "système anthropotechnique".

Les études consacrées à l'Internet et à ses conséquences sociétales sont nombreuses. Mais il nous semble que ceux qui les conduisent ne s'inspirent pas de notre approche systémique. Il se trouve cependant que certains chercheurs, sans nous avoir lu, reprennent et parfois illustrent nos postulats. C'est le cas de Nicholas Carr, écrivain américain qui s'est spécialisé dans l'analyse de l'impact social des technologies . Il vient de publier « The Shallows: How the Internet is changing the way we think, read and remember. » Atlantic Books. Au-delà de l'Internet en général, il s'est récemment fait connaître en s'en prenant à Google, qu'il accuse de nous rendre stupides («Is Google Making Us Stupid? »)(1).

Il a également vivement critiqué le système global d'information Wikipedia en reprochant à ce système de généraliser la facilité dans la recherche de l'information. Pour lui, la blogosphère dans son ensemble peut susciter le même reproche, dans la mesure où beaucoup d'internautes dorénavant s'en tiennent aux blogs pour s'informer et s'exprimer.
Inutile de dire que ces critiques ont suscité de nombreux débats. Nicholas Carr a été présenté comme le "Cassandre des nouvelles technologies". Mais rappelons que Cassandre avait de bonnes raisons de s'inquiéter. Pour notre part, nous ne le suivrons pas dans son pessimisme : sans Internet, nous serions souvent sans voix ni oreilles.

Pour y voir plus clair, il convient de distinguer l'influence que peut avoir l'Internet, "le web", en général et celle plus spécifique qu'exercent certains acteurs puissants qui s'y déploient, le plus évident aujourd'hui et le plus inquiétant aussi étant effectivement Google, comme le souligne Nicolas Carr. Que pouvons nous en dire ici, à la lumière de notre concept de système anthropotechnique ?

Le cerveau de l'utilisateur d'Internet

Un des points essentiel souligné dans Le paradoxe du Sapiens concerne l'action de transformation des bases neurales des utilisateurs des outils, quels que soient ceux-ci. Par bases neurales, il faut entendre les circuits du cortex associatif mais aussi ceux des cortex sensoriels et moteurs qui s'activent dans la manipulation des outils et souvent, sous l'influence des neurones dits miroirs, à la simple vue de personnes utilisant ces outils. Ces circuits sont dotés à la naissance d'une certaine organisation transmise génétiquement. Ils se spécialisent et se diversifient au long de la vie de l'individu compte tenu des acquis dits culturels. Comme l'a montré le biologiste Jean-Jacques Kupiec, si elles se mettent en place assez tôt dans la vie de l'individu, il n'est pas exclu que certaines des spécialisations dues aux usages culturels puissent se traduire par des modifications plus ou moins profondes du génome reproductif et se transmettre à la descendance, comme le font de nombreuses autres acquisitions.

Un des points sur lequel insiste Nicholas Carr concerne précisément la modification des bases neurales de la cognition entraînée par la fréquentation de l'Internet. Il considère en effet que son utilisation fait appel à une tendance très primitive de notre esprit, consistant à s'intéresser à tous les changements fussent-ils rapides de notre environnement, afin d'en obtenir une image globale à partir de laquelle nous pourrions adapter instantanément nos conduites. Cette situation est celle de l'individu vivant dans une jungle menaçante. Pour survivre, il doit avoir l'oeil à tout afin de fuir les dangers et exploiter instantanément les opportunités favorables. Mais avec le développement des connaissances collectives et de la recherche rationnelle, les individus ont appris à focaliser leur attention, approfondir leurs représentations, transférer de l'information de la mémoire de travail immédiate à la mémoire durable. Son renforcement entraîne le développement de la pensée conceptuelle, la philosophie critique, la création. Pour Nicholas Carr, les livres-papier, s'ils sont convenablement utilisés, que ce soit dans les activités pédagogiques ou dans la vie courante, jouent un rôle essentiel à cette fin.
Au contraire, Internet favorise et renforce les circuits mentaux qui permettent la collecte multidirectionnelle et rapide d'informations, le travail en temps partagé, la catégorisation sommaire. Ces circuits sont loin d'être inutiles, mais ils ne doivent pas se développer au détriment de ceux permettant la contemplation et la réflexion en profondeur.

Il n'existe pas encore beaucoup d'observations faisant appel à l'imagerie cérébrale qui permettraient de confirmer ces hypothèses. Mais on commence à en trouver. L'une d'elles, réalisée à l'université de Californie, montrerait les changements dans les processus d'activation du cerveau résultant d'un usage dit modéré des moteurs de recherche. Il n'est pas exclu que certains désordres se caractérisant par le déficit d'attention et la suractivité cérébrale puissent en découler, chez l'enfant comme chez l'adulte. Les éléments apportés sont suffisamment convergents pour nous alerter.
Nicholas Carr pour sa part ne nie pas les avantages qu'apportent le renouvellement permanent et la diversification des sources d'informations résultant de la consultation à haute dose de l'Internet, mais il craint que ne se perdent en contrepartie les capacités d'attention approfondie et de réflexion indispensables aux individus et aux sociétés.

Nous pourrions personnellement répondre que l'Internet permet aussi d'accéder à des contenus de connaissances, livres et articles, qui seraient en pratique hors de portée s'ils n'étaient pas numérisés. En ce qui concerne l'expression, s'il encourage les prises de positions rapides et sommaires qui s'épanouissent sur les blogs interactifs, il n'empêche pas les auteurs désireux de réflexions plus approfondies de s'y exprimer et trouver des audiences qu'ils ne pourraient avoir autrement. Il faudrait seulement sans doute, pour que les bons effets du travail en réseau se fassent sentir, que les différents supports et modes d'usage des informations ne s'excluent pas mais se complètent... ce qui est encore le cas pour le moment.

Ce dont par contre il conviendrait de se méfier serait la transformation du web tout entier en une sorte d'intelligence artificielle globale au service d'intérêts économiques et politiques voulant imposer aux individus des formes et contenus de pensée servant directement leurs objectifs de conquête des cerveaux. Certains observateurs du web soupçonnent à cet égard Google de jouer déjà ce rôle à grande échelle, sans susciter ni inquiétudes ni réactions.

Google

Dans l'article cité de Nicholas Carr, le lecteur prenant le temps de le lire attentivement verra que l'auteur souligne la volonté des créateurs de Google de transformer leur moteur de recherche en une intelligence artificielle qui pourrait être connectée directement à nos cerveaux. Ayant rassemblé toutes les informations disponibles, cette IA globale serait capable de répondre immédiatement à toutes les questions, superficielles ou profondes, que nous nous poserions. Est-ce pour autant que cela nous dispenserait de penser par nous-mêmes, afin le cas échéant d'aller au delà de ces réponses afin d'envisager des questions suffisamment originales pour ne pas trouver de solutions dans les informations actuellement disponibles?
Oui diront les critiques de Google, car le moteur est conçu (avec les milliers de serveurs interconnectés dont il dispose et qu'il ne faut jamais oublier) pour enfermer ses utilisateurs dans les produits et services que la société de consommation met aujourd'hui à sa disposition, afin de l'obliger à ne pas chercher ailleurs. C'est ce que fait en général la publicité, visant à transformer les individus en consommateurs de marques, excluant de leur part toute distanciation critique tant à l'égard de ces marques que de la consommation en général. Google avec le système des liens commerciaux qui a fait sa fortune, réalise cet enfermement avec une efficacité jamais encore atteinte par d'autres systèmes jusqu'à présent.

Dans un article récent du New York Times, le romancier de science fiction William Gibson - auteur de Neuromancien (1984) et d'un nouveau roman à paraître, Zero History - va plus loin dans l'analyse. Il s'appuie sur le contenu d'une interview d'Eric Schmidt, directeur exécutif (CEO) de Google, pour commenter le rôle qu'a pris ce système dans nos vies. Pour Gibson, Google est le produit de nos activités, comme un récif de corail l'est de l'activité des organismes qui le composent. Cela tient à ce que désormais nos faits, gestes et pensées sont enregistrés par d'innombrables capteurs qui nous repèrent en permanence dans le temps et dans l'espace. Ce n'est pas Google qui est responsable de cette organisation sociale envahissante, mais plus généralement la société technologique dans laquelle nous baignons. Avec les traces qu'y laissent nos ordinateurs, téléphones mobiles et GPS, notre participation aux réseaux sociaux ou au sites de rencontre dans lesquels nous nous décrivons exhaustivement, nous laissons dorénavant derrière nous de quoi construire des portraits de plus en plus révélateurs.

Cependant, mieux que tous ses concurrents (mais on peut citer aussi Facebook), Google a su faire de nous les collaborateurs directs de sa démarche commerciale, en recueillant, agrégeant et tirant parti de toutes ces traces, au lieu de les laisser se perdre dans l'anonymat de l'Internet. Ainsi il nous révèle en permanence ce que nous désirons vraiment, sans parfois oser nous l'avouer. Il nous conseille ensuite, grâce notamment aux liens promotionnels évoqués ci-dessus, liens que l'on retrouve désormais sur pratiquement tous les sites Web, les meilleurs produits, activités et comportements susceptibles de satisfaire ces désirs.

Ceci ne se limite pas à proposer des adresses de restaurants ou de musées, non plus que les références de sites pornographiques ou autre. De plus en plus, notamment par la connaissance qu'il a de nos lectures, échanges, écrits, Google nous indique ce que nous devons penser et les formes par lesquelles cette pensée pourra le mieux se manifester. En d'autres termes, nous sommes les contributeurs non rémunérés non seulement de la fortune que Google amasse grâce à notre bonne volonté, mais de toutes les entreprises commerciales ou politiques qui vivent de notre impuissance à se passer d'elles pour satisfaire nos aspirations. Nous sommes pris dans un cercle fermé.

On dira que la chose n'est pas nouvelle. Depuis toujours, l'individu a été enserré dans le réseau des influences qui structurent la société, celles du pouvoir, des entreprises, des idéologies. Si l'on éprouve des angoisses existentielles, à la recherche de réponses, ce ne sera pas en moi que je les trouverai mais dans toutes les ressources qui m'entourent, qu'elles soient fournies par les églises, les bibliothèques, les grands ou petits penseurs. Mas seule liberté, à supposer que je puisse l'exercer, sera de choisir les réponses les plus appropriées à mes inquiétudes du moment. Mais je n'aurai que très rarement la possibilité de bâtir à moi tout seul des philosophies et systèmes du monde capables d'échapper vraiment à toutes ces influences. Cette contrainte s'impose à tous, y compris aux chercheurs scientifiques et aux créateurs artistiques qui se croient poussés par une pulsion véritablement originale. Google ne change rien à cela. Il ouvre au contraire, peut-on croire, le champ des possibles, sans rien imposer de précis ou de définitif. Rien ne m'oblige à suivre les conseils obligeamment dispensés par Google, que ce soit pour trouver un restaurant, un livre ou un(e) partenaire. Beaucoup d'internautes fuient d'ailleurs systématiquement les placards publicitaires sur les pages qu'ils consultent.

C'est là cependant que William Gibson demande que l'on y regarde à deux fois. Pour lui, au contraire, Google ne laisse pas le choix. Il paraît vous connaître si bien que vous vous ralliez à ses injonctions. Elles vous semblent inspirées par les meilleurs intentions à votre égard. Vous y retrouvez l'essentiel de vous-mêmes. Pourquoi s'en défier ? Google est comme un parent bienveillant. Ses conseils doivent être suivis parce qu'ils correspondent à vos besoins profonds: «Je suis ta maman qui t'aime. Je te connais mieux que tu ne te connais toi-même. Fais ce que ta maman te dit de faire». Pour Gibson, Google est plus encore. C'est votre propre bon génie, presque votre ange gardien, votre vrai Moi. Mais sa bienveillance affichée vous cache le fait que ce sont finalement vos propres faiblesses, vos propres démons que vous retrouvez (à vos frais, ne l'oubliez pas) dans les conseils de Google, sans espoir de voir jamais s'entrouvrir une fenêtre sur un monde vraiment extérieur à l'enfer de votre Moi.

Dans le Wall Street Journal, Holman Jenkins Jr, responsable de la chronique hebdomadaire Business World, propose un diagnostic très voisin, bien qu'il ne s'aventure pas comme Gibson aux confins de la psychologie des profondeurs. Ni Holman Jenkins ni le Wall Street Journal ne sont de dangereux agitateurs gauchistes. Ils ont certes quelques raisons de redouter la concurrence de Google, dont l'ambition non dissimulée est de rendre tous les journaux classiques inutiles et de transformer toutes les entreprises industrielles et commerciales en acheteurs de liens publicitaires, retirant ainsi aux journaux-papier leur manne traditionnelle. Cependant la critique portée par Jenkins va au-delà de l'autodéfense et mérite réflexion, d'autant plus qu'elle conforte les inquiétudes de Nicholas Carr.

Selon Jenkins, après quelques mois difficiles, Google bénéficie aujourd'hui d'un renouveau de croissance. Il multiplie les produits exploitant son nom et ses références. Citons par exemple le smartphone Androïd, dont 100.000 exemplaire seraient mis en service chaque jour, dépassant largement l'iPhone d'Apple. Android est distribué pour presque rien mais Google se rattrape sur les multiples usages et services que permet cette nouvelle plateforme. Par ailleurs, avec le navigateur et l'OS Chrome, Google espère ébranler la domination de Microsoft dans les systèmes d'exploitation. Plus généralement, selon les propos d'Eric Schmidt lui-même - qu'Holman Jenkins commente à son tour -, après avoir maîtrisé la vague porteuse des moteurs de recherche Google veut maîtriser la vague des mobiles connectés à Internet et aux moteurs. Il espère pouvoir produire et distribuer l'essentiel de ces mobiles, étendant ainsi la googolisation de la société.

Jenkins voit ainsi venir un monde où chaque lieu, chaque objet disposera d'un petit terminal qui lui permettra de dialoguer avec le citoyen de base, lui-même en permanence branché sur Google. "Google ne se bornera plus à répondre aux questions des utilisateurs, il ne leur demandera même plus ce qu'ils veulent faire, il leur dictera ce qu'ils doivent faire». Pour cela, il devra entrer dans les consciences pour en décrypter les désirs. On passera de la recherche syntaxique à la recherche sémantique, autrement dit, à la recherche des contenus de connaissance susceptibles de répondre aux exigences les plus secrètes des croyances et des pensées individuelles. L'outil en sera plus que jamais la publicité ciblée (targeted advertising) qui va la source des tendances et désirs tels que chacun les révèle par les traces qu'il laisse en permanence dans le monde dit aussi de l'Internet des objets, qui sera dominé par Google, évidemment.

Holman Jenkins ne pense pas que cette ambition de Google, exprimée si clairement par son CEO, puisse aboutir à l'échelle espérée. Les journaux-papier, les autres acteurs du web et des technologies de l'information, vont réagir. Les citoyens, les institutions vont s'inquiéter et fixer des limites. Mais pour Jenkins comme pour Gibson et Carr, Google préfigure de toutes façon un monde global qui se met en place – qui est déjà en place – et sur lequel il serait bon que davantage d'esprits s'interrogent.

On remarquera aussi que les trois auteurs ici cités ne mentionnent pas les liens qui peuvent s'établir entre un moteur de recherche dominant tel Google et les Agences de renseignement (CIA, NSA, etc. pour ce qui concerne les Etats-Unis).
Ces agences ont leurs propres réseaux sécurisés, tel Echelon, qui collationnent tout ce qui s'échange dans le monde numérique. Cependant elles tirent le plus grand profit à consulter les moteurs de recherche, qui font pour elles une partie du travail. Elles peuvent aussi dans certains cas contribuer à créer des tendances. On a vu récemment comment en France un mouvement politique a "racheté" à Google divers termes associés à ce groupe, afin de conduire l'utilisateur sur des sites vantant les mérites de ce mouvement. La démarche est restée marginale, mais elle est révélatrice d'une dérive possible.

Ajoutons que le salut ne viendra pas de la Chine ou d'autres régimes autoritaires qui voudraient comme la Chine fermer leurs portes à Google. Ces régimes mettront en place des variantes nationales de Google qui seront encore plus « convaincantes », aux yeux des usagers locaux, que ne l'est celui-ci. Elles mobiliseront sans hésiter pour conquérir les esprits toutes les ressources du nationalisme et de la religion. Ainsi se construisent les grands consensus.

Pour nous, en tous cas, le système Google illustre parfaitement une des formes les plus insidieuses et envahissantes que peuvent prendre les organismes anthropotechniques auxquels nous faisions allusion au début de cet article(2).

Notes
(1) Cet article a été traduit et discuté en 2009 par le site Internet actu où nous conseillons de l'éudier attentivement
http://www.internetactu.net/2009/01/23/nicolas-carr-est-ce-que-google-nous-rend-idiot/
(2) Voir aussi sur l'univers tel que simulé par Google http://www.readwriteweb.com/archives/google_shows_off_chrome_html5_with_
interactive_mus.php

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