Iter
Jean-Paul Baquiast 28/07/2010
France
Culture a consacré cette semaine (26 au 29/07) une série
passionnante de chroniques à Winston Churchill. Voilà
bien l'homme de détermination, de clairvoyance et de
communication dont l'Europe aurait aujourd'hui besoin. La situation
de l'Europe s'aggravant inexorablement dans l'avenir fera peut-être
émerger un tel homme (une telle femme). Malheureusement
on n'en voit pas aujourd'hui l'esquisse de l'esquisse. Mieux
vaut alors attirer l'attention sur un projet qui, comme le fait
déjà son presque homologue le grand collisionneur
de hadrons du Cern, pourrait au mieux incarner le rôle
international que l'Europe devrait jouer dans le monde. Malheureusement
il en faudrait pour bien faire une bonne dizaine d'autres analogues.
Les sept
partenaires du projet nucléaire Iter, réunis à
Cadarache depuis le 27 juillet, viennent de confirmer après
révision le périmètre du projet, son calendrier
et ses financements. La Commission européenne a proposé
le 20 juillet aux gouvernements de l'Union de couvrir le surcoût
de financement de 1,4 milliard d'euros à charge de l'Union
européenne pour le réacteur en 2012-2013 grâce
à des fonds non utilisés du budget commun. Cette
révision a été rendue nécessaire
par l'augmentation globale du coût d'Iter tel qu'évalué
initialement. Cette augmentation était prévisible
parce qu'inévitable. Ce ne sera certainement pas la seule.
Mais elle ne justifiait pas que l'Europe renonçât
au projet, dont elle finance 45% du coût.
L'exemple
du LHC précité, dont les scientifiques célèbrent
cet été à qui mieux mieux les premiers
succès expérimentaux, montre en effet les gains
directs et indirects que peut procurer un tel ensemble aux pays
qui l'accueillent. Il s'agit bien d'une machine à produire
en grande quantité du capital cognitif (pour reprendre
l'expression de l'économiste Yann Moulier Boutang cité
ici par ailleurs). Les retombées en seront nécessairement
très nombreuses et importantes, même si elles ne
sont pas prévisibles aujourd'hui.
Rappelons
que ce projet encore expérimental vise à faire
de la fusion thermonucléaire une source d'énergie
illimitée et plus propre que la fission de noyaux d'atomes
lourds des centrales nucléaires actuelles. Même
si, pour des raisons diverses, il ne tient pas toutes ses promesses,
il aura pendant 20 ou 30 ans, compte tenu des raisons indiquées
ci-dessus, enrichi les Européens et leurs partenaires,
mieux qu'aucun autre grand programme envisageable à ce
jour sauf évidemment les programmes lunaires et
martiens dont l'Europe malheureusement est encore pratiquement
absente. Il faudrait à l'Europe la grande voix d'un Winston
Churchill pour le faire entendre.
Recul
américain sur le contrôle des gaz à effet
de serre
Jean-Paul Baquiast 25/07/2010
Une nouvelle
fois, Barack Obama va décevoir ceux qui le voyaient animé
d'une inébranlable volonté de réforme.
Il s'agit en l'espèce aujourd'hui de la question des
mesures contraignantes destinées à limiter les
émissions de gaz à effet de serre.
Sous la
pression des sénateurs républicains, suivis en
cela par les démocrates, le Sénat va renoncer
à voter le système de marchés d'émission
dit "cap and trade", même sous la version atténuée
qui avait été adoptée. Le poids des lobbies
pétroliers et industriels est tel que l'Administration
va très probablement décider de s'incliner. Barack
Obama devrait alors aborder la conférence des Nations
unies sur le climat à Cancun (Mexique), fin novembre,
sans pouvoir confirmer les engagements pris à Copenhague
fin 2009 devant les représentants du monde entier.
Cette façon
de faire est en permanence celle des Etats-Unis. Le Président,
sous la pression des évènements et des opinions
publiques, prend des positions conciliatrices que les Représentants
et Sénateurs désavouent ensuite. L'Administration
généralement s'incline. Ceci introduit un manque
de fiabilité dans les engagements diplomatiques américains
auquel sont habitués depuis longtemps les partenaires
des Etats-Unis. Il n'y a plus guère que les Européens
naïfs qui prennent encore au mot les promesses de réforme
annoncées par les présidents successifs. L'électoralisme,
renforcé par la corruption (n'hésitons pas à
employer ce mot) pratiquée par les intérêts
industriels à l'égard des élus est tel
que la corporatocratie américaine continue imperturbablement
à mettre le monde en danger sans que rien ne puisse l'arrêter.
.
L'Administration
va donc très probablement devoir renoncer au projet de
loi en quatre parties qu'elle avait présenté,
portant sur le contrôle des forages pétroliers,
le développement des énergies renouvelables, les
incitations fiscales pour réduire la consommation d'énergie
et l'introduction d'un marché d'émission dit aussi
de « droit à polluer ». Même si les
écologistes contestent l'efficacité de ce dernier,
qu'il préférerait voir remplacer par des systèmes
de taxes carbone, même si le "cap and trade"
avait été restreint au secteur électrique,
il s'agissait pourtant d'une avancée notable. L'obligation
pour le secteur énergétique d'utiliser au moins
10 % d'énergie renouvelable sera également abandonnée.
On voit qu'il s'agit d'un recul général devant
ce qu'il faut bien appeler les pollueurs. L'objectif de réduction
des émissions de Co2 de 17 % d'ici à 2020 par
rapport à 2005 et de 80 % d'ici à 205, adoptée
en 2009 par la Chambre des représentants, ne pourra donc
pas être tenu.
Les écologistes
espèrent que Barack Obama va passer par la voie réglementaire
: l'EPA, l'agence pour la protection de l'environnement, déciderait
de réductions obligatoires par décret. Mais cette
solution, à laquelle les républicains s'opposent,
ne pourrait conduire qu'à l'adoption d'un texte dont
l'ambition serait de réduire de 14 % au maximum les émissions
américaines, sinon même de stabiliser les émissions
en l'état actuel. Quand on connait l'importance des émissions
américaines au regard de celles du reste du monde, on
conçoit que le mauvais exemple donné par les Etats-Unis
aura un effet dévastateur à l'égard des
contraintes que les Nations Unies voudraient imposer aux autres
gros pollueurs.
Si les Européens
(nous employions ce terme par routine sans savoir exactement
quel pouvoir politique nous pourrions mettre derrière
l'expression) avaient un minimum de réactivité,
ils profiteraient de ce recul américain pour combler
le vide. Barack Obama avait fait du développement des
énergies nouvelles la base d'une "nouvelle croissance
durable". Grâce aux centaines de milliards de dollars
attendus, la vente des permis d'émission devait lui permettre
de financer le développement des énergies alternatives,
ainsi que de réduire le déficit budgétaire.
L'Europe aurait là une occasion exceptionnelle pour redéfinir
sa politique énergétique dans le sens précisément
que l'Amérique abandonne, celui d'une nouvelle croissance
durable.
Ajoutons
un point qui n'est pas que de détail. N'en déplaise
aux écologistes radicaux, on ne comprend toujours pas
pourquoi la France ne tente pas de faire reconnaître son
industrie électro-nucléaire comme relevant des
« énergies renouvelables » dont l'Europe
devrait se faire le champion, ceci d'autant plus que d'autres
gouvernements européens sont en train de relancer le
nucléaire. Cela ne les empêcherait pas, quoique
l'on dise, de financer des énergies vertes.
Rosetta:
premier grand succès
Jean-Paul Baquiast 12/07/2010
Le
vaisseau spatial Rosetta a parfaitement réalisé
la première partie de sa mission. Il s'agissait, en route
pour la comète Churyumov-Gerasimenko, d'observer de près
l'astéroïd Lutetia. Le survol à une distance
de 3000 km et à la vitesse relative de 54.000 km/h, s'est
remarquablement bien passé, le 10 juillet 2010 à
17h45 CEST (Central European Summer Time). Rosetta était
alors à 450 millions de km de la Terre.
Il faut souligner la part prise par le German Aerospace Center
ainsi que plus particulièrement le DLR Institute of Planetary
Research et le Max Planck Institute for Solar System Research
(MPS) dans toute cette mission, menée dans le cadre de
l'Esa.
Plusieurs instruments ont été utilisés
pour observer Lutetia: OSIRIS pour l'obtention d'images avec
une résoltion de 5Om par pixel, le Visible and Infrared
Thermal Imaging Spectrometer (VIRTIS) destiné à
mesurer la composition et la température de surface et
les instruments du Rosetta Plasma consortium (RPC) destinés
à observer les champs plasmiques et peut-être magnétique
entourant l'astéroïde.
Le diamètre de celui-ci est de 100 km. Sa surface est
particulièrement tourmentée.
Rosetta est dorénavant mise en sommeil relatif, ce pour
2,5 ans. Elle sera réactivée en vue de l'atterrissage
sur la comète en mai 2014. Elle avait déjà
survolé l'astéroïde Steins en septembre 2008.
Si cette mission extrêmement audacieuse réussit,
on pourra féliciter ses promoteurs, qui l'avaient conçue
il y a environ 30 ans. Comme quoi l'espace exige longueur de
vue et persévérance.
Pour
en savoir plus
DLR Institute
of Planetary Research http://www.dlr.de/pf/en/
MPS
http://www.mps.mpg.de/
RPC
http://www3.imperial.ac.uk/spat/research/////ahomepage/rosetta_rpc
Lumières
sur la rétroprogrammation des cellules adultes en cellules
souches Jean-Paul Baquiast 09/97/2010
Les
cellules souches sont devenues indispensables pour de nombreuses
applications thérapeutiques. La méthode la plus
couramment utilisée, parce que la plus simple au plan
des manipulations, consiste à en prélever des
spécimens sur des embryons aux premiers stades de leur
développement. Mais on sait qu'aux yeux d'un certain
nombre de moralistes, il est plus éthique de produire
des cellules souches en « reprogrammant »
des cellules adultes par un processus de rétroingénierie
permettant d'obtenir des cellules souches redevenues non différenciées
et pluripotentielles. Si par ailleurs ces cellules souches ou
les tissus obtenus après leur re-spécialisation
sont utilisées au profit de l'individu fournisseur de
la cellule adulte, le risque de rejet est très atténué.
La difficulté de la rétro-programmation, qui fait
appel à des techniques complexes, tient à ce que
peu des cellules adultes soumises à ce processus ne redeviennent
des cellules souches viables. De plus on ignorait jusqu'ici
par quels mécanismes complexes elles le faisaient. Connaître
ces processus donnera beaucoup plus de sécurité
à la production et à l'emploi des cellules souches
reprogrammées à partir de l'adulte.
Or une avancée importante semble avoir été
obtenue sur ce dernier point par des chercheurs de l'Université
de Tel Aviv, financés en grande partie par une organisation
américaine dite American Friends of Tel Aviv University
( http://www.aftau.org ).
Une équipe dirigée par le Dr. Iftach Nachman du
TAU's Department of Biochemistry a réussi à visualiser
les différentes phases de la production de cellules souches
à partir d'une cellule adulte. Ceci permettra de mieux
comprendre comment apparaissent ces nouvelles cellules et éventuellement
de choisir celles présentant les meilleurs chances de
réussite.
L'annonce montre à la fois l'excellent qualité
des recherches menées dans les universités israéliennes,
notamment celle de Tel Aviv et aussi l'étroite
coopération existant entre les chercheurs américains
et les chercheurs israéliens, ceux-ci pouvant être
dans une certaine mesure considérés comme des
délocalisations des laboratoires américains. Comme
on le sait, cette collaboration s'exerce bien plus encore dans
les technologies de défense que dans les domaines de
la biologie.
*
http://www.eurekalert.org/pub_releases/2010-06/afot-tbt062910.php
Solar
Impulse Jean-Paul Baquiast 08/07/2010

L'avion expérimental Solar Impulse a atterri sans encombre
ce jour 8 juillet, après un vol de 26 heures uniquement
propulsé par l'énergie solaire et ses batteries.
L'appareil,
piloté par André Borschberg, a touché la
piste de la base militaire de Payerne, dans l'ouest de la Suisse.
Bertrand
Piccard, explorateur et fondateur du projet Solar Impulse, estime
à juste titre avoir réussi une démonstration
sans faille, conduisant selon son expression, à la "technologie
du vol perpétuel" . Le prototype avait décollé
mercredi matin et a poursuivi sans interruption son vol de nuit,
prolongeant même l'expérience au delà des
25 heures prévues, une première pour l'appareil
et l'équipe.
L'objectif
est désormais d'effectuer d'autres essais pour calibrer
la machine et finalement construire un deuxième exemplaire
qui devra fera le tour du monde en cinq étapes vers 2013.
Il faut
saluer, non sans envie, ce grand succès de l'équipe
suisse, soutenue par des contributions nombreuses des industriels
helvètes. On saluera aussi le courage du pilote. Car
un accident pouvait très bien se produire, y compris
de nuit et à haute altitude, où le saut en parachute
reste risqué.
Certains
s'interrogeront sur l'intérêt réel de cette
réalisation. On ne verra jamais, diront-ils, de gros
porteur utiliser les technologies ainsi développées.
Raisonner ainsi serait faire montre de courte vue. On aurait
pu dire la même chose à Wright ou à Blériot
en leur temps. La marche de l'évolution est chaotique.
Parions que dans quelques années, les retombées
du Solar Impulse seront nombreuses. Dommage, répétons
le, que rien de tel ne soit encouragé, que ce soit en
France ou dans d'autres pays européens.
*
Le site http://www.solarimpulse.com/
On y trouve de nombreuses informations techniques.
Première
photographie d'une exoplanète
Jean-Paul Baquiast 06/07/2010
En
2008, pour la première fois, une planète extérieure
au système solaire, dite exoplanète, a été
photographiée en lumière visible, orbitant autour
de son soleil. Mais l'équipe de découvreurs a
attendu 2 ans pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une aberration
d'observation. Jusqu'à présent la présence
de telles planètes n'était révélée
que par les faibles éclipses qu'elles imposaient à
la lumière de leur étoile, en passant entre elle
et la Terre. Les astronomes estiment qu'avec le progrès
attendu des super-télescope dont l'installation est prévue
dans les 20 prochaines années, de tels clichés
directs deviendront courants, au moins dans la galaxie proche.
Peut-être même sera-t-il possible de distinguer
des détails sur les corps planétaires ainsi observés,
plutôt que devoir se limiter à un point lumineux,
comme c'est le cas aujourd'hui.
La nouvelle planète aurait une masse égale à
8 fois celle de Jupiter. Il s'agirait donc d'une géante
gazeuse. L'étoile pour sa part aurait une masse d'approximativement
85% de celle du Soleil. Elle se trouve à quelques 500
années lumières de la Terre, dans un groupe de
jeunes étoiles dite Association du Scorpion Supérieur,
formé il y a seulement 5 millions d'années ...à
l'époque où apparaissaient les premiers hominidés.
Il s'agit donc d'astres très jeunes.
La planète aurait une température supérieure
à 1500° Celsius, bien supérieure à
celle de Jupiter, dont le nuage extérieur est approximativement
à 110 °. C'est le jeune âge de cette
planète qui expliquerait sa température. Elle
doit être encore en phase de contraction sous l'influence
des forces de gravité. Elle ne devrait atteindre une
température normale (analogue à celle de Jupiter)
que dans quelques milliards d'années.
Les deux chercheurs principalement responsables de la découverte
sont le Dr. David Lafrenière, université de Montreal
et le Pr Ray
Jayawardhana, université de Toronto. L'article
cité ci-dessous rapporte l'histoire de leur découverte,
et commente les péripéties à la suite desquelles,
après une première observation faite en 2008,
la planète, baptisée 1RXS J160929.1-210524 a été
définitivement identifiée comme telle. Son observation
donnera de précieux indices relatifs aux mécanismes
de formation des systèmes stellaires jeunes.
L'observation initiale a été réalisée
à l'observatoire Gemini. Ses deux télescopes disposent
d'optiques adaptatives indispensables pour la précision
requise. L'observatoire Gemini est le fruit d'une collaboration
internationale associant 2 télescopes identiques de 8m,
l'un à Mauna Kea, Hawaii , l'autre à Cerro Pachon,
Chili. Depuis 2008, d'autres planètes auraient été
observées directement, mais dans des conditions d'identification
plus difficiles. Un prochain article de The Astrophysical Journal
précisera ces différents points.
Sur le cliché ci-dessus, la planète 1RXS J160929.1
se présente comme un faible point lumineux au NNW de
l'image de son étoile, à la marge. Ajoutons à
titre personnel qu'il est rafraichissant de pouvoir s'intéresser
ces jours-ci, grâce au travail des astronomes, à
autre chose qu'à l'affaire Sarkozy, Woerth, Bettancourt.
Pour
en savoir plus
Communiqué
émanant du Gemini Observatory. http://www.gemini.edu/node/11486
Les
centenaires disposeraient de gènes spécifiques
dits promoteurs de longévité
Jean-Paul Baquiast 06/07/2010
La revue
Science publie une étude réalisée par un
groupe de chercheurs de l'Université de Boston, portant
sur le profil génétique de personnes très
âgées (centenaires). Ces centenaires se révèlent
en bonne santé jusqu'à des âges avancés,
93 ans en moyenne. Ils ne devraient pas cela à l'absence
de variants génétiques supposés induire
des maladies chroniques ou dégénératives.
Sur ce plan ils ne sont pas mieux lotis que les autres individus.
Par contre, ils disposeraient d'un nombre d'ailleurs réduit
de variants génétiques spécifiques, supposés
être des promoteurs de longévité. Ces gènes
combattraient l'influence des gènes inducteurs de morbidités.
On mesure l'importance d'une telle découverte, si elle
était confirmée. Que sont exactement ces gènes?
Comment agissent-ils? Le mode de vie du sujet a-t-il une influence
sur leur expression? Comment se servir des tests génétiques
les mettant en évidence pour prédire les durées
de vie et, parallèlement, invalider les prévisions
de probabilité de mortalité résultant des
tests actuels qui reposent sur l'identification de variants
associés à la morbidité? Dernière
question enfin: pourrait-on introduire de tels gènes
dans les génomes de sujets jeunes? Il serait évidemment
nécessaire aussi de voir si les animaux comportent des
gènes inducteurs de longévité analogues.
Pour
en savoir plus
Article de
Technology Review
http://www.technologyreview.com/biomedicine/25693/?ref=rss&a=f
Article de
Science
http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/science.1190532
Bilan
de la pandémie de grippe H1N1
Jean-Paul
Baquiast 06/07/2010
Le
BEH du 29 juin 2010 (bulletin épidémiologique
hebdomadaire) de lInVS (Institut de veille sanitaire)
revient longuement sur le déroulement de la pandémie
H1N1 et les enseignements à tirer de cette expérience
inédite dans lhistoire de la santé
publique moderne.
Il
sagit dun numéro triple (n°24-25-26)
de 32 pages avec plusieurs thèmes abordés. http://www.invs.sante.fr/display/?doc=beh/2010/24_25_26/index.htm
Il débute
par léditorial de la Directrice de lInVS
Françoise Weber qui revient dabord sur les aspects
contrastés de cette épidémie :
«
Lépidémie a donc été peu grave
pour le plus grand nombre. En comparaison de la grippe saisonnière,
elle a, cependant, été dexpression clinique
plus sévère pour une partie des malades et a touché
une population beaucoup plus jeune. »
«
Lexpérience nous invite maintenant, surtout pour
un virus aussi susceptible de varier que le virus grippal, à
élargir encore la palette de nos scenarii, tout en prenant
en compte le fait quune pandémie peut être
tout à fait bénigne dans la majorité de
la population mais se révéler dune gravité
particulière dans certains de ses sous-groupes, porteurs
ou non de facteurs de risque. »
Ce
document qui semble aussi objectif et scietnifique que possible
devrait être lu par tous ceux ayant cédé
à la facilité de critiquer des mesures de précaution
qui n'avaient rien d'excessif. On rappellera que la grippe est
toujours là et que les prochaines campagnes de vaccination
ne devront pas être négligées.
On
trouvera un commentaire mesuré de ce document sur Agoravox,
signé Guennebaud, mathématicien, ancien chercheur
au CNRS
http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/bilan-de-l-institut-de-veille-77976
Sur
le même site Joël de Rosnay et Bernard Etcheparre
comparent le principe de précaution au principe dattrition,
ou du risque subi au risque choisi. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/du-principe-de-precaution-au-77992
. Disons qu'à notre avis, en matière de pandémie,
aucune société développée ne devrait
consciemment prendre le parti du risque choisi, si elle peut
éviter de le faire. .
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