Des
organismes pluricellulaires apparus voici 2,1 milliards d'années
?
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 02/07/2010
Des
organismes pluricellulaires seraient apparus voici 2,1 milliards
d'années, c'est-à-dire jusqu'à 1,5 milliard
d'années plus tôt que scientifiquement attesté
jusque là, selon une étude publiée mercredi.
Image : Albani et Mazurier CNRS. Reconstruction virtuelle
(par microtomographie) de la morphologie externe (à gauche)
et interne (à droite) d'un spécimen fossile du
site gabonais
La
découverte est annoncée dans le dernier numéro
de la revue Nature. Selon des experts également
cités dans ce numéro, elle "pose plus de
questions qu'elle n'apporte de réponses" (voir liens
ci-dessous)
L'auteur
principal de l'étude est le chercheur Abderrazak El Albani
de l'Université de Poitiers. Avec une équipe internationale,
il a découvert au Gabon plus de 250 fossiles de 7 millimètres
à 12 cm de longueur qui pourraient faire remonter l'apparition
des organismes multicellulaires à plus d'1 milliard d'années
en arrière.
Rappelons
que les premiers organismes vivants identifiés, voici
plus de 3 milliards d'années, étaient des cellules
sans noyau, dites procaryotes. Il s'agissaqit de bactéries
et d'archées. Sont venues ensuite des cellules dites
eucaryotes dotées d'une membrane et d'un noyau abritant
les chromosomes. Les formes de vie pluricellulaires sont constituées
de cellules eucaryotes. Jusqu'à la récente découverte,
c'est le fossile Grypania spiralis, datant d'environ 1,6 milliard
d'années qui était considéré comme
l'ancêtre identifié des multicellulaires.
Avec
les fossiles retrouvés sur le site de Franceville au
Gabon, l'existence des eucaryotes pluricellulaires aurait débuté
voici 2,1 milliards d'années et non 1,6 milliard comme
supposé avec Grypania. De taille trop grande pour être
les résidus de simples unicellulaires primitifs, les
contours des fossiles évoquent, selon Abderrazak El Albani,
les formes d'organismes vivant en suspension dans l'eau ou tout
près du fond océanique.
Mais
d'ores et déjà des paléontologues discutent
cette découverte. "Interpréter réellement
des anciens fossiles est une affaire particulièrement
difficile", selon Philip Donoghue (Université
de Bristol, Grande-Bretagne) et Jonathan Antcliffe dans un commentaire
publié dans Nature, référencé
ci-dessous.
A
supposer que la découverte soit authentifiée,
on devine qu'elle posera de nombreuses questions: ces organismes
étaient-ils photosynthétiques et sinon de quoi
tiraient-ils leur énergie (à une époque
où l'oxygène était encore très rare)
? Sont-ils apparus seulement là et pour quelle raison
précise ? Pourquoi ne se sont-ils pas répandus
à grande vitesse comme leurs successeurs de la faune
du Burgess?
Il conviendra en tous cas, comme le recommande El Albani, de
protéger le site des nombreux curieux et pilleurs qui
vont s'y abattre.
Nous
nous efforcerons, pour notre part de vous informer des suites
de l'affaire, aujourd'hui présentée par les médias
comme révolutionnaire.
*
Note au 09/07: D'ores et déjà, on peut lire un
bon article de présentation sur le site du sénateur
Trégouët http://www.tregouet.org/article.php3?id_article=625#Chapo
Pour
en savoir plus
Nature:
http://www.nature.com/nature/journal/v466/n7302/covers/index.html
Discussion http://www.nature.com/nature/journal/v466/n7302/full/466041a.html
Discussion
dans NatureNews
Article de
Wired http://www.wired.com/wiredscience/2010/06/early-multicellularity/
Sur
Grypania spiralis, voir http://en.wikipedia.org/wiki/Grypania
Le
vol V196 d'Ariane 5 le 27 juin, deuxième lancement de
l'année
(source ESA)
Le
27 juin 2010, le lanceur lourd Ariane 5 a placé comme
prévu deux nouveaux satellites sur leurs orbites de transfert:
le satellite de télécommunication Arabsat 5A et
le satellite multi-missions sud -coréen COMS.
L'orbite
visée avait une altitude de 250 km en périgée
et 35.958 km en apogée. Elle était inclinée
de 2° sur l'équateur. Les satellites y furent injectés
respectivement 26 minutes et 32 minutes après le décollage.
Arabsat-5A
sera positionné sur une orbite géostationnaire
au dessus de l'équateur à 30°5 E. en vue d'assurer
des services de télécommunications et de retransmission
de TV sur le Moyen Orient et l'Afrique du Nord. COMS, en orbite
géostationnaire à 128°, 3 E, embarque 3 instruments
dédiés à la météorologie,
l'observation des océans et les télécommunications.
La
charge utile emportée pour ce vol était de 8.393
kg au total.
Arianespace
et la base de Kourou ont planifié 5 autres lancements
du lanceur lourd en 2010.
Pour les curieux et les poètes, voici le chronométrage
des opérations de lancement:
temps t: mise à feu du moteur principal cryogénique
temps t + 7 sec : mise à feu des propulseurs auxiliaires
(boosters) à carburant solide
temps t + 8 sec: décollage
temps t + 2min 20 sec : séparation d'avec les boosters
temps t + 3min 9 sec: séparation d'avec la coiffe protectrice
temps t + 8 min 55 sec: extinction du moteur principal
temps t + 9 min 03 sec: séparation du moteur principal
d'avec le 3e étage et la charge
temps t + 9 min 07 sec: mise à feu du moteur cryogénique
du 3e étage
temps t + 24 min 40 sec: extinction du moteur du 3e étage.
A ce moment le lanceur avait atteint la vitesse de 33.898 km/h
et l'altitude de 581,8 km soit l'orbite de transfert
temps t + 26 min 9 sec: séparation d'avec Arabsat-5A
temps t + 32 min 38 sec: séparation d'avec COMS
temps t + 49 min 52 sec: fin officielle du vol. Congratulations
dans la salle de contrôle.
Calcul
Haute performance. La Darpa vise le quintillion (1,000,000,000,000,000,000)
d'opérations
par seconde
Jean-Paul Baquiast - 29/06/2010
Nous
avons relaté ci-dessous
le projet chinois visant à dépasser le pétaflop
en matière de calculateur dits "extra scale"
ou haute performance. Comme prévisible, le département
de la défense américain n'allait pas rester en
arrière. La Darpa dispose déjà ou disposera
prochainement d'une série de systèmes dits Omnipresent
High Performance Computing (OHPC).
Ceux-ci
visent à réduire, tant par le hardware, le software
que par les algorithmes, le besoin en ressources-machines, en
temps et complexité de programmation, en sécurité,
etc. Au delà, ces systèmes recherchent à
développer les capacités d'auto-gestion et auto-réparation
à tous les niveaux.
Les
progrès en ce sens recherché par les ordinateurs
actuels reposent sur l'augmentation de la vitesse, la diminution
des besoins en énergie et la densification des positions
de mémoire dans les transistors. Mais ils se heurtent
aujourd'hui à un mur tenant à leur incompatibilité.
L'augmentation de la vitesse exige des intensités inacceptables
de courant et la réduction des voltages au contraire
multiplie les risques d'erreurs. Quant aux transistors, on connaît
leurs limites prévisibles. Les protocoles d'interconnexion
enfin deviennent si consommateurs qu'ils dépassent les
coûts de la programmation.
Dans
le cadre de l'OHPC, la Darpa vise donc l'UHPC (Ubiquitous High
Performance Computing (UHPC) . Il s'agira de réaliser
des architectures et protocoles basses énergies pour
les fonctions logiques, les mémoires, l'accès
aux données et leur transport. On visera par ailleurs
systématiquement l'auto-maintenance et la sécurité
à tous les niveaux. Le traitement massivement parallèle
sera privilégié. Un OS « self aware »
gérera les performance temps réel, la fiabilité
et les ressources système. La Darpa espère disposer
de prototype UHPC vers 2018.
Pour
en savoir plus
Article
de Network World http://www.networkworld.com/community/node/62808
OHPC
Appel d'offres
pour l'UHPC http://www.darpa.mil/tcto/solicitations/BAA-10-37.html
Little
Dog
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 20/06/2010
Nous
avons déjà présenté sur ce site
le robot Big Dog de Boston Dymamics. Financé par la Darpa
du ministère américain de la défense, il
s'agit d'un robot quadrupède semi-autonome de la taille
d'un âne. Il pourrait être chargé de diverses
missions militaires et civiles en terrain varié, là
où les véhicules à roues seraient immobilisés.
Mais
la Darpa et General Dynamics ont voulu réaliser, dans
le même esprit, un robot plus petit, baptisé comme
par hasard Little Dog. Des chercheurs de l'Université
de Californie du Sud l'ont doté d'un plus grand nombre
encore de capacités motrices.
Le
point important est que le robot dispose de capacités
d'apprentissage automatique lui permettant de s'adapter à
des surfaces très différentes et d'améliorer
ainsi ses performances. Plutôt que, comme Big Dog, tenter
de se tirer de situations périlleuses, Little Dog, plus
malin, évite de se mettre dans de telles situations.
Little
Dog pèse environ 2,5 kg et mesure 5 inches soit une douzaine
de cm. Il comporte, malgré cette taille réduite,
une gamme de divers sensors, 3 moteurs dans chaque jambe, une
caméra et le logiciel d'apprentissage (machine-learning
algorithm). Il s'agit comme on le voit d'un véritable
chef d'oeuvre de miniaturisation, montrant que les minis-robots
très adaptatifs ont un grand avenir devant eux.
Les
personnes impressionnables ne sont pas encouragées à
fréquenter ces créatures, ni Big Dog ni Little
Dog. Pour les non-avertis, comme le montrent les vidéos,
il s'agit de véritables cauchemars à pattes. Que
feront nous lorsque notre environnement sera envahi de semblables
êtres, plus intelligents en apparence que nous dans l'exploitation
des ressources du terrain... humains inclus ?
Pour en savoir plus
Big
dog http://www.youtube.com/watch?v=W1czBcnX1Ww
Little
Dog http://www.technologyreview.com/blog/editors/25248/
La
presse internationale découvre que le delta du Niger
est abondamment plus pollué que le golfe du Mexique
Jean-Paul Baquiast - 19/06/2010
Il
fallait la pollution au large des côtes américaines,
et tout le mouvement d'opinion qui l'accompagne, pour que la
presse internationale (en fait quelques rares journaux) redécouvre
que ce phénomène est devenu depuis presque 50
ans endémique dans le delta du Niger (Nigeria). Il met
en cause des quantités de pétrole bien supérieures,
réparties dans des zones humides tout aussi sensibles,
et avec des dégâts écologiques bien plus
grands. La seule différence est que la population locale
y est par milliers de personnes engluée et que nul ne
s'en préoccupe.
D'après
les estimations actuelles, la quantité de brut répandu
et qui continue à se répandre dans le delta équivaut
à un Exxon Valdez chaque année. Il y a quelques
mois, un pipe appartenant à la Royal Dutch Shell s'est
rompu et n'a été réparé qu'après
deux mois. Il en fut de même d'un puits off shore appartenant
à Exxon Mobil. Mais plus généralement les
conduites et les équipements rouillés fuient à
qui mieux mieux, sans que les compagnies n'engagent les dépenses
nécessaires pour les réparer.
Elles
se donnent l'excuse d'un terrorisme latent, mené par
divers mouvements armés d'opposition. Mais lorsque ceux-ci
deviennent dangereux pour les bénéfices des compagnies,
ils sont repoussés. Quand leurs seules victimes sont
les populations, ils ne gênent plus personne.
Les
populations elles-mêmes n'ont aucun moyen de quitter les
zones détruites par le pétrole. Les pécheurs
continuent tant bien que mal à y pêcher, les femmes
et enfants à patauger dans les nappes... quand les femmes
ne sont pas violées par les gardes armés des compagnies.
La
zone fournit 10% des importations de brut américaines.
Il ne faut donc pas espérer que Barack Obama partira
en guerre contre les compagnies exploitant le pétrole
nigérien comme il l'a fait aux Etats-Unis. Les associations
environnementalistes, faiblement soutenues par les Nations-Unies,
peuvent bien tenter d'alerter l'opinion, rien ne se passe et
rien dans l'avenir ne se passera. Le pétrole et les lobbies
politico-industriels pétroliers représentent un
cancer qui pourrit tout, à commencer par les Etats et
populations qui ont le malheur de détenir des gisements.
(source New York Times)
Le
2e super-calculateur le plus rapide du monde est chinois
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 14/06/2010
Un
super-calculateur baptisé le Dawning Nebulae et basé
au centre de calcul national de Shenzhen, en Chine, a été
reconnu comme le second calculateur le plus rapide du monde
lors de l'évaluation semestrielle mondiale des 500 machines
les plus rapides qui s'est tenue à l'International Supercomputer
Conference (ISC) de Hambourg en mai dernier. Sa vitesse est
de 1,27 petaflops soit mille trillions (mille fois mille milliards)
d'opérations par seconde.
Le
super-calculateur le plus rapide du monde demeure le Cray Jaguar
basé au laboratoire national d'Oak Ridge dans le Tennessee.
Il a été mesuré à 1,75 petaflops.
L'année dernière, la Chine ne tenait que le 5e
rang, avec une machine installée au centre de calcul
de Tianjin, aujourd'hui rétrogradée au 7e rang.
Les
Etats-Unis demeurent dominants dans le domaine des super-calculateurs,
tant pour la fabrication que pour l'utilisation. Ils disposent
de 282 des machines les plus rapides. Mais la Chine vise à
les rattraper puis les dépasser, avec des machines utilisants
des composants conçus et réalisés sans
appel aux productions étrangers. Ce n'est pas encore
le cas du Dawning Nebulae qui est basé sur des puces
fournies par Intel et Nvidia. Mais ils espèrent prendre
le premier rang l'année prochaine, avec un calculateur
entièrement chinois. Pour le moment, ils disposent d'un
parc dont la puissance dépasse celle de tous les super-calculateurs
européens réunis.
Le
but à terme, tant pour la Chine que pour l'Amérique,
est d'obtenir entre 2018 et 2020 des machines mille fois plus
rapides que les plus rapides actuelles. Quand on sait le rôle
essentiel de ces calculateurs pour toutes les applications scientifiques
et industrielles, ceci pratiquement sans exceptions, on mesure
les ambitions de la Chine mais aussi la domination persistante
des Etats-Unis, face à un retard européen grandissant.
Pour
en savoir plus
L'ISC
de Hambourg en mai 2010 http://www.hpcwire.com/specialfeatures/isc09/features/Bigger-and-Better-ISC-Moves-to-Hamburg-41842587.html?page=1
Voir
aussi http://article.wn.com/view/2010/05/30/International_Supercomputing_Conference/
Changements
géostratégiques majeures possibles en Afghanistan
Jean-Paul Baquiast - 14/06/2030

Selon
un article publié ce jour par le New York Times, des
géologues de l'armée américaine viennent
de confirmer une hypothèse qui avait été
à l'origine émise par des géologues soviétiques
du temps de l'occupation russe: des réserves considérables
de minéraux rares se trouveraient en Afghanistan. Mais
il ne s'agit peut-être pas d'une vraie nouvelle pour le
Pentagone. La connaissance de ces richesses expliquerait l'intérêt
si grand et ancien des Etats-Unis pour cette région ingrate.
Quoi
qu'il en soit, Il s'agirait de fer, cuivre, cobalt, or lithium
et autres terres rares indispensables aux industries de pointe,
pour une valeur estimée de mille milliards de dollars.
Si l'annonce se confirmait, on pourrait penser que leur exploitation
pourrait faire du pays un des centres miniers les plus riches
du monde. Le sort de l'Afghanistan, des Afghans et de la région
toute entière en serait transformé.
Pour
le moment, aucune infrastructure et aucun savoir faire n'existent
sur place. Il faudrait plusieurs années pour tirer profit
de ces gisements. Le gouvernement Karzaï, averti, semble
réagir avec prudence. Mais déjà les pays
et entreprises intéressés ne manquent pas pour
se proposer de l' « aider ». Déjà
de grandes entreprises américaines du secteur, avec l'appui
du Pentagone, sont en train d'acquérir des points forts
pour de futures extractions. Les Chinois ne seront pas en reste.
On peut penser que les Chefs des zones tribales et les Talibans,
de leur côté, feront tout pour conserver la maîtrise
des zones minières et prélever leur part des profits
d'exploitation. Si l'économie du pays qui repose actuellement
sur le trafic du pavot, peut espérer être radicalement
transformée par l'exploitation de ces richesses, cela
ne se fera pas, dans le climat actuel, sans une recrudescence
de corruptions, combats et possiblement guerres avec les voisins.
Plus immédiatement, les experts font valoir les risques
majeurs pour l'environnement découlant d'extractions
et de raffinages visant au profit immédiat.
En
attendant, la nouvelle ne restera pas sans conséquences
géopolitiques immédiates. Barack Obama y verrait
dit-on une façon inespérée de sortir du
guêpier afghan, c'est-à-dire d'une guerre que de
plus en plus de chroniqueurs sérieux considèrent
dorénavant comme perdue et nécessitant un retrait
immédiat (voir à cet égard un autre article
du New York Times "The
courage to leave"). Mais répétons-le,
les conflits actuels ou potentiels entre les Etats-Unis et l'ensemble
des Etats de la région pouvant prétendre à
un titre ou un autre leur interdire de monopoliser les richesses
découvertes, comme ils l'ont toujours fait des réserves
pétrolières, ne vont pas s'atténuer. Nous
allons nous trouver de nouveau dans un cas d'école illustrant
l'effet structurant, dans le bon ou mauvais sens du terme, des
compétitions darwiniennes entre ce que nous nommons les
"corporatocraties anthropotechniques".
Sur
un plan plus immédiatement scientifique, cette affaire
montre le retard des technologies d'observation de la Terre
dans la tâche majeure visant à identifier les réserves
minérales des zones désertiques et inhabitées
qui couvrent encore l'essentiel des surfaces terrestres et sous-marines
du globe. Mais qui dit identification ne dit pas exploration
aimable par des géologues désintéressés.
Il faut y voire l'amorce de reconfiguration belliqueuse des
frontières et des organisations sociales au sein des
pays concernés...et des autres.
Article du NYT http://www.nytimes.com/2010/06/14/world/asia/14minerals.html
.......
PS
au 05/07/2010. D'après le journaliste américain
Tarpley, qui semble bien informé, le coup des réserves
minières en Afghanistan aurait été monté
par les Républicains et Petraeus, dans la perspective
d'aider la candidature de ce dernier contre Obama. A lire http://tarpley.net/2010/06/18/afghan-mineral-wealth-designed-to-prolong-us-occupation/
Nouvelles
avancées américaines vers l'ordinateur quantique
biologique
Jean-Paul Baquiast 03/06/2010
Dans un
article intitulé "L'optimisation
de la fonction chlorophylienne à partir de processus
quantiques naturels", nous avions signalé les
recherches conduites par une équipe de Toronto sur une
petite algue verte marine, la Chroomonas. Celle-ci dispose d'organes
piégeant les photons, nommés des antennes. Les
antennes comportent un tissu de molécules pigmentaires
qui captent la lumière à différentes longueurs
d'onde. Plus vite l'énergie lumineuse traversera l'antenne
en activant les molécules adéquates, plus vite
elle pourra être utilisée pour produire de l'énergie.
On pensait jusque là que le parcours des photons se faisait
au hasard, avec une certaine perte de temps et d'énergie.
Mais l'équipe de Toronto a pu montrer, en utilisant des
techniques très précises, que les antennes coordonnent
le plus efficacement possible les transferts d'énergie
le long de plusieurs pigments moléculaires. L'équivalent
de q.bits sont produits et sondent l'état des chemins
possibles. Ils déterminent celui qui est le plus rapide
et qui permet de minimiser la perte d'énergie. La cohérence
quantique est maintenue à cette fin le temps nécessaire,
soit 400 femtosecondes (4 × 10-13 seconde) le tout à
la température de 21°C. Il s'agit d'un temps très
court mais suffisant, les distances à parcourir étant
infimes.
Ces recherches
avaient été initialisées par une équipe
américaine, en 2007, conduite par Graham Fleming et Gregory
Engel. Ils avaient déjà montré que les
Bacteriochlorophylles, des pigments photosynthétiques
présents dans les bactéries sulfureuses vertes
pouvaient exploiter la cohérence quantique pour optimiser
le transfert de l'énergie lumineuse absorbée.
Aujourd'hui
elles sont confirmées par une équipe du Lawrence
Berkeley National Laboratory et de l'université de Berkeley,
incluant Graham Fleming (photo, à droite Graham Fleming).
L'équipe montre que la protéine photosynthétique
Fenna-Matthews-Olson (FMO) présente dans les bactéries
sulfureuses vertes utilise l'intrication de photons persistant
sur une durée de quelques picosecondes pour transférer
de la façon la plus efficace possible, avant qu'elle
ne se disperse, l'énergie captée par les organes
de la bactérie vers ses centres de réaction.
Ceci confirme
les espoirs mis en l'utilisation de tels processus, convenablement
optimisés, dans des systèmes artificiels généralisant
la photosynthèse, ainsi que dans des calculateurs quantiques.
On notera
que ces recherches sont financées par l'U.S. Department
of Energy's Office of Science et par la Defense Advanced Research
Projects Agency (DARPA). Ceci en dit long sur leur intérêt
stratégique.
Pour
en savoir plus
Article du
Berkeley Lab Entangling the Quantum Entanglement Behind Photosynthesis:
Berkeley scientists shine new light on green plant secrets
http://newscenter.lbl.gov/feature-stories/2010/05/10/untangling-quantum-entanglement/
Sites de
Graham Fleming www.cchem.berkeley.edu/grfgrp/
site de Birgitta
Whaley www.cchem.berkeley.edu/kbwgrp/
site de Mohan
Sarovar
www.cchem.berkeley.edu/kbwgrp/mohan/Site/Welcome.html
Simulation
en vraie grandeur d'une expédition sur Mars
Jean-Paul
Baquiast 02/06/2010
Avec
une participation majoritaire de scientifiques allemands et
russes, l'opération Mars500 entreprise par l'Esa entre
dans une phase décisive. Un séjour de 520 jours
en confinement complet est organisé. Il se déroulera
au sein de l'Institut russe pour l'étude des problèmes
biomédicaux à Moscou (Institute for Biomedical
Problems ou IBMP). Un container étanche embarquera un
équipage international de 6 volontaires ayant accepté
d'expérimenter les conditions d'une future expédition
sur Mars: 250 jours pour aller, autant pour revenir et une vingtaine
de jours sur place. De nombreuses expériences seront
menées, y compris pour résoudre des situations
d'urgence. L'image jointe représente le sas d'entrée.
Ceci
peut paraître anodin. L'opération tournera peut-être
court par abandon. Nous pensons cependant qu'elle marque, dans
une certaine mesure, une nouvelle phase dans le développement
de l'espèce humaine. Des individus et des modes d'organisations
poussant aux limites les résistances des organismes et
des systèmes seront expérimentées. L'avenir
de l'homme et de l'intelligence dans le cosmos est à
ce prix. Pour quoi faire, demanderont les sceptiques? La réponse
est si évidente que nous la formulerons pas ici. Il faut
en tous cas saluer ceux qui, au détriment de leur confort
actuel, acceptent de "sacrifier" plus d'un an de leur
vie au service de cet idéal.
On
saluera aussi en ce cas la coopération exemplaire entre
les scientifiques européens et les russes. Elle pourrait
en se poursuivant entraîner des conséquences de
grande ampleur.
Pour
en savoir plus
Article
de Mars daily
http://www.marsdaily.com/reports/520_Days_On_A_Simulated_Flight_To_Mars_999.html
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