Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 107
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubriques)

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

ACTUALIT
ÉS

mai-juin 2010

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).


Des organismes pluricellulaires apparus voici 2,1 milliards d'années ?
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 02/07/2010

Recontsturction virtuelle de la morphologie externe et interrne d'un spcimen fossile du site gabonaisDes organismes pluricellulaires seraient apparus voici 2,1 milliards d'années, c'est-à-dire jusqu'à 1,5 milliard d'années plus tôt que scientifiquement attesté jusque là, selon une étude publiée mercredi.

Image : Albani et Mazurier CNRS. Reconstruction virtuelle (par microtomographie) de la morphologie externe (à gauche) et interne (à droite) d'un spécimen fossile du site gabonais

La découverte est annoncée dans le dernier numéro de la revue Nature. Selon des experts également cités dans ce numéro, elle "pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses" (voir liens ci-dessous)

L'auteur principal de l'étude est le chercheur Abderrazak El Albani de l'Université de Poitiers. Avec une équipe internationale, il a découvert au Gabon plus de 250 fossiles de 7 millimètres à 12 cm de longueur qui pourraient faire remonter l'apparition des organismes multicellulaires à plus d'1 milliard d'années en arrière.

Rappelons que les premiers organismes vivants identifiés, voici plus de 3 milliards d'années, étaient des cellules sans noyau, dites procaryotes. Il s'agissaqit de bactéries et d'archées. Sont venues ensuite des cellules dites eucaryotes dotées d'une membrane et d'un noyau abritant les chromosomes. Les formes de vie pluricellulaires sont constituées de cellules eucaryotes. Jusqu'à la récente découverte, c'est le fossile Grypania spiralis, datant d'environ 1,6 milliard d'années qui était considéré comme l'ancêtre identifié des multicellulaires.

Avec les fossiles retrouvés sur le site de Franceville au Gabon, l'existence des eucaryotes pluricellulaires aurait débuté voici 2,1 milliards d'années et non 1,6 milliard comme supposé avec Grypania. De taille trop grande pour être les résidus de simples unicellulaires primitifs, les contours des fossiles évoquent, selon Abderrazak El Albani, les formes d'organismes vivant en suspension dans l'eau ou tout près du fond océanique.

Mais d'ores et déjà des paléontologues discutent cette découverte. "Interpréter réellement des anciens fossiles est une affaire particulièrement difficile", selon Philip Donoghue (Université de Bristol, Grande-Bretagne) et Jonathan Antcliffe dans un commentaire publié dans Nature, référencé ci-dessous.

A supposer que la découverte soit authentifiée, on devine qu'elle posera de nombreuses questions: ces organismes étaient-ils photosynthétiques et sinon de quoi tiraient-ils leur énergie (à une époque où l'oxygène était encore très rare) ? Sont-ils apparus seulement là et pour quelle raison précise ? Pourquoi ne se sont-ils pas répandus à grande vitesse comme leurs successeurs de la faune du Burgess?

Il conviendra en tous cas, comme le recommande El Albani, de protéger le site des nombreux curieux et pilleurs qui vont s'y abattre.

Nous nous efforcerons, pour notre part de vous informer des suites de l'affaire, aujourd'hui présentée par les médias comme révolutionnaire.

* Note au 09/07: D'ores et déjà, on peut lire un bon article de présentation sur le site du sénateur Trégouët http://www.tregouet.org/article.php3?id_article=625#Chapo

Pour en savoir plus
Nature: http://www.nature.com/nature/journal/v466/n7302/covers/index.html
Discussion http://www.nature.com/nature/journal/v466/n7302/full/466041a.html
Discussion dans NatureNews
Article de Wired http://www.wired.com/wiredscience/2010/06/early-multicellularity/
Sur Grypania spiralis, voir http://en.wikipedia.org/wiki/Grypania


Le vol V196 d'Ariane 5 le 27 juin, deuxième lancement de l'année
(source ESA)

Ariane 5Le 27 juin 2010, le lanceur lourd Ariane 5 a placé comme prévu deux nouveaux satellites sur leurs orbites de transfert: le satellite de télécommunication Arabsat 5A et le satellite multi-missions sud -coréen COMS.

L'orbite visée avait une altitude de 250 km en périgée et 35.958 km en apogée. Elle était inclinée de 2° sur l'équateur. Les satellites y furent injectés respectivement 26 minutes et 32 minutes après le décollage.

Arabsat-5A sera positionné sur une orbite géostationnaire au dessus de l'équateur à 30°5 E. en vue d'assurer des services de télécommunications et de retransmission de TV sur le Moyen Orient et l'Afrique du Nord. COMS, en orbite géostationnaire à 128°, 3 E, embarque 3 instruments dédiés à la météorologie, l'observation des océans et les télécommunications.

La charge utile emportée pour ce vol était de 8.393 kg au total.

Arianespace et la base de Kourou ont planifié 5 autres lancements du lanceur lourd en 2010.

Pour les curieux et les poètes, voici le chronométrage des opérations de lancement:
temps t: mise à feu du moteur principal cryogénique
temps t + 7 sec : mise à feu des propulseurs auxiliaires (boosters) à carburant solide
temps t + 8 sec: décollage
temps t + 2min 20 sec : séparation d'avec les boosters
temps t + 3min 9 sec: séparation d'avec la coiffe protectrice
temps t + 8 min 55 sec: extinction du moteur principal
temps t + 9 min 03 sec: séparation du moteur principal d'avec le 3e étage et la charge
temps t + 9 min 07 sec: mise à feu du moteur cryogénique du 3e étage
temps t + 24 min 40 sec: extinction du moteur du 3e étage. A ce moment le lanceur avait atteint la vitesse de 33.898 km/h et l'altitude de 581,8 km soit l'orbite de transfert
temps t + 26 min 9 sec: séparation d'avec Arabsat-5A
temps t + 32 min 38 sec: séparation d'avec COMS
temps t + 49 min 52 sec: fin officielle du vol. Congratulations dans la salle de contrôle.


Calcul Haute performance. La Darpa vise le quintillion (1,000,000,000,000,000,000) d'opérations par seconde
Jean-Paul Baquiast - 29/06/2010

Nous avons relaté ci-dessous le projet chinois visant à dépasser le pétaflop en matière de calculateur dits "extra scale" ou haute performance. Comme prévisible, le département de la défense américain n'allait pas rester en arrière. La Darpa dispose déjà ou disposera prochainement d'une série de systèmes dits Omnipresent High Performance Computing (OHPC).

Ceux-ci visent à réduire, tant par le hardware, le software que par les algorithmes, le besoin en ressources-machines, en temps et complexité de programmation, en sécurité, etc. Au delà, ces systèmes recherchent à développer les capacités d'auto-gestion et auto-réparation à tous les niveaux.

Les progrès en ce sens recherché par les ordinateurs actuels reposent sur l'augmentation de la vitesse, la diminution des besoins en énergie et la densification des positions de mémoire dans les transistors. Mais ils se heurtent aujourd'hui à un mur tenant à leur incompatibilité. L'augmentation de la vitesse exige des intensités inacceptables de courant et la réduction des voltages au contraire multiplie les risques d'erreurs. Quant aux transistors, on connaît leurs limites prévisibles. Les protocoles d'interconnexion enfin deviennent si consommateurs qu'ils dépassent les coûts de la programmation.

Dans le cadre de l'OHPC, la Darpa vise donc l'UHPC (Ubiquitous High Performance Computing (UHPC) . Il s'agira de réaliser des architectures et protocoles basses énergies pour les fonctions logiques, les mémoires, l'accès aux données et leur transport. On visera par ailleurs systématiquement l'auto-maintenance et la sécurité à tous les niveaux. Le traitement massivement parallèle sera privilégié. Un OS « self aware » gérera les performance temps réel, la fiabilité et les ressources système. La Darpa espère disposer de prototype UHPC vers 2018.

Pour en savoir plus
Article de Network World http://www.networkworld.com/community/node/62808
OHPC
Appel d'offres pour l'UHPC http://www.darpa.mil/tcto/solicitations/BAA-10-37.html


Little Dog
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 20/06/2010

Nous avons déjà présenté sur ce site le robot Big Dog de Boston Dymamics. Financé par la Darpa du ministère américain de la défense, il s'agit d'un robot quadrupède semi-autonome de la taille d'un âne. Il pourrait être chargé de diverses missions militaires et civiles en terrain varié, là où les véhicules à roues seraient immobilisés.

Mais la Darpa et General Dynamics ont voulu réaliser, dans le même esprit, un robot plus petit, baptisé comme par hasard Little Dog. Des chercheurs de l'Université de Californie du Sud l'ont doté d'un plus grand nombre encore de capacités motrices.

Le point important est que le robot dispose de capacités d'apprentissage automatique lui permettant de s'adapter à des surfaces très différentes et d'améliorer ainsi ses performances. Plutôt que, comme Big Dog, tenter de se tirer de situations périlleuses, Little Dog, plus malin, évite de se mettre dans de telles situations.

Little Dog pèse environ 2,5 kg et mesure 5 inches soit une douzaine de cm. Il comporte, malgré cette taille réduite, une gamme de divers sensors, 3 moteurs dans chaque jambe, une caméra et le logiciel d'apprentissage (machine-learning algorithm). Il s'agit comme on le voit d'un véritable chef d'oeuvre de miniaturisation, montrant que les minis-robots très adaptatifs ont un grand avenir devant eux.

Les personnes impressionnables ne sont pas encouragées à fréquenter ces créatures, ni Big Dog ni Little Dog. Pour les non-avertis, comme le montrent les vidéos, il s'agit de véritables cauchemars à pattes. Que feront nous lorsque notre environnement sera envahi de semblables êtres, plus intelligents en apparence que nous dans l'exploitation des ressources du terrain... humains inclus ?

Pour en savoir plus
Big dog http://www.youtube.com/watch?v=W1czBcnX1Ww
Little Dog http://www.technologyreview.com/blog/editors/25248/


La presse internationale découvre que le delta du Niger est abondamment plus pollué que le golfe du Mexique
Jean-Paul Baquiast - 19/06/2010

Il fallait la pollution au large des côtes américaines, et tout le mouvement d'opinion qui l'accompagne, pour que la presse internationale (en fait quelques rares journaux) redécouvre que ce phénomène est devenu depuis presque 50 ans endémique dans le delta du Niger (Nigeria). Il met en cause des quantités de pétrole bien supérieures, réparties dans des zones humides tout aussi sensibles, et avec des dégâts écologiques bien plus grands. La seule différence est que la population locale y est par milliers de personnes engluée et que nul ne s'en préoccupe.

D'après les estimations actuelles, la quantité de brut répandu et qui continue à se répandre dans le delta équivaut à un Exxon Valdez chaque année. Il y a quelques mois, un pipe appartenant à la Royal Dutch Shell s'est rompu et n'a été réparé qu'après deux mois. Il en fut de même d'un puits off shore appartenant à Exxon Mobil. Mais plus généralement les conduites et les équipements rouillés fuient à qui mieux mieux, sans que les compagnies n'engagent les dépenses nécessaires pour les réparer.

Elles se donnent l'excuse d'un terrorisme latent, mené par divers mouvements armés d'opposition. Mais lorsque ceux-ci deviennent dangereux pour les bénéfices des compagnies, ils sont repoussés. Quand leurs seules victimes sont les populations, ils ne gênent plus personne.

Les populations elles-mêmes n'ont aucun moyen de quitter les zones détruites par le pétrole. Les pécheurs continuent tant bien que mal à y pêcher, les femmes et enfants à patauger dans les nappes... quand les femmes ne sont pas violées par les gardes armés des compagnies.

La zone fournit 10% des importations de brut américaines. Il ne faut donc pas espérer que Barack Obama partira en guerre contre les compagnies exploitant le pétrole nigérien comme il l'a fait aux Etats-Unis. Les associations environnementalistes, faiblement soutenues par les Nations-Unies, peuvent bien tenter d'alerter l'opinion, rien ne se passe et rien dans l'avenir ne se passera. Le pétrole et les lobbies politico-industriels pétroliers représentent un cancer qui pourrit tout, à commencer par les Etats et populations qui ont le malheur de détenir des gisements.
(source New York Times)


Le 2e super-calculateur le plus rapide du monde est chinois
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 14/06/2010

Un super-calculateur baptisé le Dawning Nebulae et basé au centre de calcul national de Shenzhen, en Chine, a été reconnu comme le second calculateur le plus rapide du monde lors de l'évaluation semestrielle mondiale des 500 machines les plus rapides qui s'est tenue à l'International Supercomputer Conference (ISC) de Hambourg en mai dernier. Sa vitesse est de 1,27 petaflops soit mille trillions (mille fois mille milliards) d'opérations par seconde.

Le super-calculateur le plus rapide du monde demeure le Cray Jaguar basé au laboratoire national d'Oak Ridge dans le Tennessee. Il a été mesuré à 1,75 petaflops. L'année dernière, la Chine ne tenait que le 5e rang, avec une machine installée au centre de calcul de Tianjin, aujourd'hui rétrogradée au 7e rang.

Les Etats-Unis demeurent dominants dans le domaine des super-calculateurs, tant pour la fabrication que pour l'utilisation. Ils disposent de 282 des machines les plus rapides. Mais la Chine vise à les rattraper puis les dépasser, avec des machines utilisants des composants conçus et réalisés sans appel aux productions étrangers. Ce n'est pas encore le cas du Dawning Nebulae qui est basé sur des puces fournies par Intel et Nvidia. Mais ils espèrent prendre le premier rang l'année prochaine, avec un calculateur entièrement chinois. Pour le moment, ils disposent d'un parc dont la puissance dépasse celle de tous les super-calculateurs européens réunis.

Le but à terme, tant pour la Chine que pour l'Amérique, est d'obtenir entre 2018 et 2020 des machines mille fois plus rapides que les plus rapides actuelles. Quand on sait le rôle essentiel de ces calculateurs pour toutes les applications scientifiques et industrielles, ceci pratiquement sans exceptions, on mesure les ambitions de la Chine mais aussi la domination persistante des Etats-Unis, face à un retard européen grandissant.

Pour en savoir plus
L'ISC de Hambourg en mai 2010 http://www.hpcwire.com/specialfeatures/isc09/features/Bigger-and-Better-ISC-Moves-to-Hamburg-41842587.html?page=1
Voir aussi http://article.wn.com/view/2010/05/30/International_Supercomputing_Conference/


Changements géostratégiques majeures possibles en Afghanistan
Jean-Paul Baquiast - 14/06/2030

Selon un article publié ce jour par le New York Times, des géologues de l'armée américaine viennent de confirmer une hypothèse qui avait été à l'origine émise par des géologues soviétiques du temps de l'occupation russe: des réserves considérables de minéraux rares se trouveraient en Afghanistan. Mais il ne s'agit peut-être pas d'une vraie nouvelle pour le Pentagone. La connaissance de ces richesses expliquerait l'intérêt si grand et ancien des Etats-Unis pour cette région ingrate.

Quoi qu'il en soit, Il s'agirait de fer, cuivre, cobalt, or lithium et autres terres rares indispensables aux industries de pointe, pour une valeur estimée de mille milliards de dollars. Si l'annonce se confirmait, on pourrait penser que leur exploitation pourrait faire du pays un des centres miniers les plus riches du monde. Le sort de l'Afghanistan, des Afghans et de la région toute entière en serait transformé.

Pour le moment, aucune infrastructure et aucun savoir faire n'existent sur place. Il faudrait plusieurs années pour tirer profit de ces gisements. Le gouvernement Karzaï, averti, semble réagir avec prudence. Mais déjà les pays et entreprises intéressés ne manquent pas pour se proposer de l' « aider ». Déjà de grandes entreprises américaines du secteur, avec l'appui du Pentagone, sont en train d'acquérir des points forts pour de futures extractions. Les Chinois ne seront pas en reste. On peut penser que les Chefs des zones tribales et les Talibans, de leur côté, feront tout pour conserver la maîtrise des zones minières et prélever leur part des profits d'exploitation. Si l'économie du pays qui repose actuellement sur le trafic du pavot, peut espérer être radicalement transformée par l'exploitation de ces richesses, cela ne se fera pas, dans le climat actuel, sans une recrudescence de corruptions, combats et possiblement guerres avec les voisins. Plus immédiatement, les experts font valoir les risques majeurs pour l'environnement découlant d'extractions et de raffinages visant au profit immédiat.

En attendant, la nouvelle ne restera pas sans conséquences géopolitiques immédiates. Barack Obama y verrait dit-on une façon inespérée de sortir du guêpier afghan, c'est-à-dire d'une guerre que de plus en plus de chroniqueurs sérieux considèrent dorénavant comme perdue et nécessitant un retrait immédiat (voir à cet égard un autre article du New York Times "The courage to leave"). Mais répétons-le, les conflits actuels ou potentiels entre les Etats-Unis et l'ensemble des Etats de la région pouvant prétendre à un titre ou un autre leur interdire de monopoliser les richesses découvertes, comme ils l'ont toujours fait des réserves pétrolières, ne vont pas s'atténuer. Nous allons nous trouver de nouveau dans un cas d'école illustrant l'effet structurant, dans le bon ou mauvais sens du terme, des compétitions darwiniennes entre ce que nous nommons les "corporatocraties anthropotechniques".

Sur un plan plus immédiatement scientifique, cette affaire montre le retard des technologies d'observation de la Terre dans la tâche majeure visant à identifier les réserves minérales des zones désertiques et inhabitées qui couvrent encore l'essentiel des surfaces terrestres et sous-marines du globe. Mais qui dit identification ne dit pas exploration aimable par des géologues désintéressés. Il faut y voire l'amorce de reconfiguration belliqueuse des frontières et des organisations sociales au sein des pays concernés...et des autres.

Article du NYT http://www.nytimes.com/2010/06/14/world/asia/14minerals.html

.......

PS au 05/07/2010. D'après le journaliste américain Tarpley, qui semble bien informé, le coup des réserves minières en Afghanistan aurait été monté par les Républicains et Petraeus, dans la perspective d'aider la candidature de ce dernier contre Obama. A lire http://tarpley.net/2010/06/18/afghan-mineral-wealth-designed-to-prolong-us-occupation/


Nouvelles avancées américaines vers l'ordinateur quantique biologique
Jean-Paul Baquiast 03/06/2010

Dans un article intitulé "L'optimisation de la fonction chlorophylienne à partir de processus quantiques naturels", nous avions signalé les recherches conduites par une équipe de Toronto sur une petite algue verte marine, la Chroomonas. Celle-ci dispose d'organes piégeant les photons, nommés des antennes. Les antennes comportent un tissu de molécules pigmentaires qui captent la lumière à différentes longueurs d'onde. Plus vite l'énergie lumineuse traversera l'antenne en activant les molécules adéquates, plus vite elle pourra être utilisée pour produire de l'énergie. On pensait jusque là que le parcours des photons se faisait au hasard, avec une certaine perte de temps et d'énergie. Mais l'équipe de Toronto a pu montrer, en utilisant des techniques très précises, que les antennes coordonnent le plus efficacement possible les transferts d'énergie le long de plusieurs pigments moléculaires. L'équivalent de q.bits sont produits et sondent l'état des chemins possibles. Ils déterminent celui qui est le plus rapide et qui permet de minimiser la perte d'énergie. La cohérence quantique est maintenue à cette fin le temps nécessaire, soit 400 femtosecondes (4 × 10-13 seconde) le tout à la température de 21°C. Il s'agit d'un temps très court mais suffisant, les distances à parcourir étant infimes.

Ces recherches avaient été initialisées par une équipe américaine, en 2007, conduite par Graham Fleming et Gregory Engel. Ils avaient déjà montré que les Bacteriochlorophylles, des pigments photosynthétiques présents dans les bactéries sulfureuses vertes pouvaient exploiter la cohérence quantique pour optimiser le transfert de l'énergie lumineuse absorbée.

Aujourd'hui elles sont confirmées par une équipe du Lawrence Berkeley National Laboratory et de l'université de Berkeley, incluant Graham Fleming (photo, à droite Graham Fleming). L'équipe montre que la protéine photosynthétique Fenna-Matthews-Olson (FMO) présente dans les bactéries sulfureuses vertes utilise l'intrication de photons persistant sur une durée de quelques picosecondes pour transférer de la façon la plus efficace possible, avant qu'elle ne se disperse, l'énergie captée par les organes de la bactérie vers ses centres de réaction.

Ceci confirme les espoirs mis en l'utilisation de tels processus, convenablement optimisés, dans des systèmes artificiels généralisant la photosynthèse, ainsi que dans des calculateurs quantiques.

On notera que ces recherches sont financées par l'U.S. Department of Energy's Office of Science et par la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA). Ceci en dit long sur leur intérêt stratégique.

Pour en savoir plus
Article du Berkeley Lab Entangling the Quantum Entanglement Behind Photosynthesis: Berkeley scientists shine new light on green plant secrets
http://newscenter.lbl.gov/feature-stories/2010/05/10/untangling-quantum-entanglement/
Sites de Graham Fleming www.cchem.berkeley.edu/grfgrp/
site de Birgitta Whaley www.cchem.berkeley.edu/kbwgrp/
site de Mohan Sarovar www.cchem.berkeley.edu/kbwgrp/mohan/Site/Welcome.html


Simulation en vraie grandeur d'une expédition sur Mars
Jean-Paul Baquiast 02/06/2010

Avec une participation majoritaire de scientifiques allemands et russes, l'opération Mars500 entreprise par l'Esa entre dans une phase décisive. Un séjour de 520 jours en confinement complet est organisé. Il se déroulera au sein de l'Institut russe pour l'étude des problèmes biomédicaux à Moscou (Institute for Biomedical Problems ou IBMP). Un container étanche embarquera un équipage international de 6 volontaires ayant accepté d'expérimenter les conditions d'une future expédition sur Mars: 250 jours pour aller, autant pour revenir et une vingtaine de jours sur place. De nombreuses expériences seront menées, y compris pour résoudre des situations d'urgence. L'image jointe représente le sas d'entrée.

Ceci peut paraître anodin. L'opération tournera peut-être court par abandon. Nous pensons cependant qu'elle marque, dans une certaine mesure, une nouvelle phase dans le développement de l'espèce humaine. Des individus et des modes d'organisations poussant aux limites les résistances des organismes et des systèmes seront expérimentées. L'avenir de l'homme et de l'intelligence dans le cosmos est à ce prix. Pour quoi faire, demanderont les sceptiques? La réponse est si évidente que nous la formulerons pas ici. Il faut en tous cas saluer ceux qui, au détriment de leur confort actuel, acceptent de "sacrifier" plus d'un an de leur vie au service de cet idéal.

On saluera aussi en ce cas la coopération exemplaire entre les scientifiques européens et les russes. Elle pourrait en se poursuivant entraîner des conséquences de grande ampleur.

Pour en savoir plus
Article de Mars daily
http://www.marsdaily.com/reports/520_Days_On_A_Simulated_Flight_To_Mars_999.html


 

Retour au sommaire