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Editorial
Retour sur la Lune
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
21/07/2009

Base lunaire (dessin d'artiste)Le 40e anniversaire des premiers pas des astronautes américains sur la Lune donne évidemment l'occasion de discuter l'intérêt pour les grandes puissances de rééditer cet exploit, en installant une base permanente habitable (et si possible habitée) sur notre satellite.

Nous ne reprendrons pas ici tous les éléments du débat, qui figurent dans les nombreux dossiers publiés par la presse. Le point important, sur lequel tous les Européens, à commencer par tous les Français, devraient s'engager, concerne la question de savoir si l'Europe mènera de son propre chef et avec ses seuls moyens, une telle entreprise dans la décennie qui vient.

Nous sommes évidemment partisans d'une décision favorable en ce sens, confiant à l'Agence spatiale européenne associée aux agences nationales la maîtrise d'ouvrage du programme. Les arguments en ce sens sont les suivants :

  • le budget à dépenser sur 10 ans n'augmentera que de quelques euros mensuels la contribution déjà faible des Européens aux dépenses spatiales. Le coût global est difficile à évaluer, mais certainement moindre que les chiffres circulant aujourd'hui aux Etats-Unis. Il va de soi que le programme Lune ne devrait pas être décidé au détriment de Galiléo, qu'il importe de terminer au plus vite.

  • L'Europe dispose déjà des principales technologies et outils nécessaires à un programme lunaire en autonome. Elle peut développer à partir des éléments actuels les dispositifs qui manquent : capsule habitable, orbiteur lunaire, alunisseur.

  • Les retombées diverses d'un tel programme seront importantes, et susceptibles de contribuer à la relance actuellement en panne de la science et de l'industrie européenne. Les experts américains affirment que le programme Apollo a généré 5 fois son coût en retombées militaires, civiles et commerciales. Ce chiffre peut être discuté, mais il présente un ordre de grandeur raisonnable.

  • Un programme lunaire européen contribuera par ailleurs à une forte relance de l'emploi dans les sciences appliquées et dans l'ingénierie. Les retombées là encore en seront fortes.

  • Un programme lunaire européen qualifiera l'Europe dans la course à l'espace qui sera le grand enjeu du siècle, à commencer par un débarquement sur Mars dans une trentaine d'années. On ne voit pas comment se passer de ce préalable obligatoire.

  • Quoique prétendent les esprits se disant « raisonnables », l'absence d'Européens sur la Lune, ou leur présence sur des strapontins, disqualifierait définitivement l'Europe en tant que puissance politique et économique autonome, face à des concurrents qui ne feront aucun cadeau : Amérique d'abord, mais aussi Chine et peut-être Inde. C'est ainsi que les choses se décident dans l'imaginaire des peuples.

  • L'Europe, dans un tel programme lunaire dont elle aurait la responsabilité, devrait sans doute coopérer avec des puissances voisines non « impérialistes ». On peut penser ainsi à la Russie. Mais prétendre, comme l'affirme le fort lobby atlantiste très présent en Europe, que la participation européenne au programme américain que Barack Obama va probablement relancer prochainement, apporterait les mêmes avantages, serait se moquer du monde. Tous ceux qui ont travaillé avec la Nasa, derrière laquelle se tient le Pentagone, savent que ces organismes ne délèguent que des miettes, se contentant de piller les compétences des partenaires. Quant à une coopération avec la Chine (sur un pied d'égalité), les Chinois, à juste titre, n'en voudraient pas

Ajoutons que dans un premier temps un programme lunaire européen pourrait être réalisé sur la base de processus automatisés et robotisés. On économisera ainsi les coûts imposés par la mise en place des redondances nécessaires à la protection de la vie des astronautes. Mais il ne faudrait ne considérer cette première phase que comme un préalable.

Nous pensons que si l'Europe n'était pas capable, au niveau de ses chefs d'Etat et de gouvernement comme au niveau de ses institutions, de proposer rapidement un tel défi, nous pourrions en conclure que nous sommes gouvernés par des limaces.

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