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Economie politique
L'Appel de Noël Claveloux, président des Ingénieurs
et Scientifiques de France
Nous reprenons ici, en html, le «
J’accuse » du président des Ingénieurs
et Scientifiques de France (CNSIF). Ce texte a été
publié sur le site du Conseil des
Ingénieurs et Scientifiques de France.
http://www.cnisf.org/biblioth_cnisf/Prises_de_positions/081025%20Jaccuse.pdf
Nous n'avons rien à ajouter à ce document,
qui montre qu'existent encore en France des gens sachant
ce que travailler veut dire. Malheureusement, qui les défend
vraiment? 08/01/2009 A.I.
Noël Clavelloux, président des Ingénieurs
et Scientifiques de France, interpelle le monde politique,
financier et l’ensemble des relais d’opinion
au nom de tous les ingénieurs pour redonner sa vraie
place aux sciences et aux techniques qui restent et demeurent
les vrais moteurs de l’innovation et donc de la croissance
!
Assez
de virtuel, revenons aux vraies valeurs !
NDLR:
par virtuel, il faut entendre, comme le montre le contexte,
non pas "Economie numérique" mais Economie
de spéculation financière. A.I.
Depuis
le début de l’année 2008, la valeur
en Bourse des entreprises industrielles a été
divisée par 2 ou par 3, alors que les investissements
de nos entreprises et leurs moyens de production et de développement
de nouveaux produits ou services n’ont pas changé.
Sur douze mois, Alstom a perdu 55 %, Bouygues 51 %, CGG
Veritas 72 %, Lafarge 51 %, Renault 80 %, Veolia 69 %, Vallourec
58 %. De telles sous cotations, pour n’en citer que
quelques-unes rendent à certains égards nos
sociétés vulnérables et peuvent en
faire des proies plus accessibles à des partenaires
opéistes étrangers.
Au
même moment et sur une très courte période,
les prix du pétrole, des produits miniers, des produits
agricoles, des matières premières en général
se sont envolés fragilisant les économies
mondiales, pour ensuite s’effondrer sans lien avec
leur vraie valeur mais permettant à la spéculation
de tirer des profits astronomiques puis de servir de ressources
pour couvrir d’autres spéculations hasardeuses
entraînant une baisse irrésistible.
Une
telle société n’est pas celle en laquelle
nous croyons !
Dans
la finance – le monde virtuel – les salaires
et indemnités des financiers ont atteint des sommes
hallucinantes, le milliard d’Euros se gagne ou se
perd très rapidement, l’attrait du seul profit
efface la prise de conscience des risques courus et le sens
des responsabilités.
A de tels jeux qui n’ont rien à voir avec la
réalité, des financiers avertis se sont enrichis
et sont jusqu’alors restés impunis, la crise
créée par eux et submergeant le monde des
pays industrialisés et des pays émergents
ne les atteignant pas.
Il est urgent de revenir aux vraies
valeurs.
Dans
l’industrie et les services – le monde réel
– les ingénieurs savent que pour avoir un résultat
net de 1 milliard d’Euros, il faut au moins réaliser
un chiffre d’affaire de 20 milliards d’Euros
et faire travailler pendant 1 an environ 100 000 personnes
qui créent des biens et des services réels
!
Mesure-t-on
bien aujourd’hui, les efforts qu’il a fallu
accumuler dans les laboratoires, les bureaux d’études,
les ateliers d’essais, les centres de marketing pour
créer puis mettre au point des produits et services
innovants. Ne sommes-nous pas fiers que la France ait réussi
à constituer une vitrine remarquable de réalisations
tels nos infrastructures et matériels de transports
comme le TGV, nos infrastructures routières comme
le viaduc de Millau, mais aussi les airbus et Ariane, les
centrales nucléaires. Là, les ingénieurs
ont pris rang, sans pour autant ruiner le pays.
Le
monde apprécie aujourd’hui les contributions
relatives au Grenelle de l’environnement ; mais mesure-t-il
bien que pour être mis en place ces avancées
vont devoir reposer sur de nouvelles études, de nombreuses
expérimentations et validations, tout un ensemble
d’exercice dans lequel les ingénieurs vont
être amené à jouer un rôle central
et déterminant.
S’il
est vrai qu’il n’y a pas de risque zéro
dans les entreprises humaines, la recherche des conditions
optimales pour les réduire tant au niveau des produits
que de leur utilisation repose sur une démarche approfondie
et sérieuse d’appréciation des conditions
d’élaboration et de fonctionnement tant techniques
qu’environnementales, et sociales. On est là
encore très loin des démarches qui ont contribué
à faire partir en fumée en un laps de temps
très court des grands pans d’activités
qu’il a fallu des années d’efforts pour
les constituer.
«
Je demande aux politiques de reformer la finance mondiale
et je les invite plus que jamais à s’en tenir
aux fondamentaux et à donner toute leur attention
aux vraies valeurs ajoutées, comme le font les ingénieurs
dans leurs activités quotidiennes de R&D, de
conception, de construction de production et de services.
»