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Biblionet
Du Vrai, du Beau et du Bien
Odile Jacob 2008
par Jean-Pierre Changeux

Présentation et commentaire par Jean-Paul Baquiast
6 janvier 2009


Il est inutile ici de présenter Jean-Pierre Changeux, référence incontournable pour la plupart de nos lecteurs. Rappelons seulement qu’il est professeur honoraire au Collège de France (où il a enseigné 30 ans) et à l'Institut Pasteur, membre de l'Académie des Sciences.

Il a écrit notamment L'Homme neuronal, son ouvrage fondateur (Fayard, 1983), Matière à penser (avec le mathématicien Alain Connes), Raison et plaisir, L’homme de vérité, La nature et la règle, ce qui nous fait penser (dialogues avec Paul Ricoeur).

Ses distinctions honorifiques et ses publications scientifiques sont nombreuses.

Pour en savoir plus
J.P. Changeux (article indécemment simpliste) chez Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Changeux
Notre présentation de l’Homme de vérité
http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2002/avr/changeux.html

Jean-Pierre Changeux est couvert d’honneurs et de marques de reconnaissance sociale. Mais que ceci ne nous trompe pas. Ce n’est pas un mandarin comme beaucoup, engourdi dans l’auto-satisfaction. Il a l’avantage de susciter un nombre considérable d’opposants, ce qui ne peut que l’obliger à une alacrité intellectuelle dont son dernier livre « Du Vrai, du Beau et du Bien », que nous allons présenter ci-dessous, est le vivant témoignage.

Pourquoi tant d’opposants ? La question doit être posée. Il est étonnant en effet de constater que Jean-Pierre Changeux est encore considéré par un grand nombre de philosophes, scientifiques en sciences humaines et sociales, essayistes, commentateurs plus ou moins informés, comme un esprit dangereusement réductionniste, dont il faut absolument se méfier. Cette attitude n’est pas seulement celle des spiritualistes de toutes obédiences, pour qui il incarne véritablement le diable. Elle caractérise aussi de nombreuses personnes se voulant matérialistes, mais prétendant refuser de baser leurs conceptions du monde, de la vie et de l’homme, même à titre non exclusif, sur la génétique, les neurosciences et la biologie évolutionnaire. Il est vrai que ces trois dernières disciplines exigent des travaux de laboratoire et des réflexions théoriques devant lesquels renoncent les épistémologues de salon. Elles sont par ailleurs en évolution constante et reposent sur des fondements dont certains sont loin d’être encore précisés. Il est vrai aussi qu’à leurs débuts, elles ont été maladroitement exploitées par certains. Le « Tout génétique » et le « Tout neuronal » ont pu hérisser certains épidermes.

Mais il n’y a pas que la paresse intellectuelle qui écarte beaucoup de prétendus scientifiques des thèses de Jean-Pierre Changeux, comme de celles de deux de ses anciens élèves en passe, eux-aussi, de devenir cependant des références internationales, Stanislas Dehaene et Lionel Naccache, que nous avons présentés précédemment dans notre revue. Le refus est beaucoup plus profond. Il date de la publication de L’Homme neuronal en 1983, dont la philosophie d’ensemble peut être résumée en une phrase significative de l’auteur , toujours citée par ses commentateurs et critiques, que nous allons nous-mêmes reproduire:

« Les possibilités combinatoires liées au nombre et à la diversité des connexions du cerveau de l'homme paraissent effectivement suffisantes pour rendre compte des capacités humaines. Le clivage entre activités mentales et activités neuronales ne se justifie pas. Désormais, à quoi bon parler d'esprit? Il n'y a plus que deux aspects d'un seul et même événement que l'on pourra décrire avec des termes empruntés soit au langage du psychologue (ou de l'introspection), soit à celui du neurobiologiste. » L'homme neuronal, p. 334.

Prise au pied de la lettre, cette déclaration, certes un peu provocante, outre qu’elle constatait un fait, la complexité de la connectique cérébrale, se bornait à refuser le clivage entre des disciplines différentes, neurosciences et « psychologies ». Elle recommandait seulement la coopération entre ces disciplines. Rien de plus utile. Un spécialiste de l’aviation se serait-il indigné d’entendre rappeler que la sécurité d’un vol dépend du bon état de la machine tout autant que de l’équilibre mental du pilote? Cependant, pour les « psychologues » et plus généralement pour tous ceux qui s’attachaient à décrire le fonctionnement de l’esprit humain à partir de ses manifestations extérieurs, individuelles et collectives, il y avait là une véritable déclaration de guerre. Les mêmes corporations ressentaient les mêmes agressions face aux recherches de la psychologie et de l’éthologie animales, comme face à celles de l’Intelligence Artificielle, lesquelles n’avaient de cesse de mordre sur leur terrain de chasse traditionnel. .

Toutes ces nouvelles sciences laissaient entendre que l’esprit ne pouvait pas être considéré comme une essence existant en soi, propre à un Humain mythique. Il fallait au contraire y voir un certain nombre de manifestations phénoménales dont les sources pouvaient être décryptées, notamment dans le cerveau des hominidés mais aussi chez les animaux et au cœur de certaines machines automates. Pour défendre la spécificité de leurs approches, pour défendre aussi les philosophies idéalistes dont ils continuaient à s’inspirer, sans toujours s’en rendre compte, ces « psychologues » ne pouvaient que crier au réductionnisme. Comment prétendre ramener le fonctionnement et les produits de l’Esprit à l’organisation et à l’activité de quelques neurones. Comment en rechercher les sources dans les gènes et leurs évolutions au cours de l’histoire de la vie ? Comment penser que des « ingénieurs » pourraient, de leur côté, construire des Intelligences Artificielles capables de modéliser les productions de l’Esprit ? Voici une trentaine d’années, de telles ambitions étaient encore en France considérées comme hérétiques.

La défense de leur territoire a cependant poussé beaucoup de ces opposants à faire dire à Jean-Pierre Changeux bien plus qu’il n’en disait. Il n’a jamais écrit qu’il ne fallait plus étudier les manifestations de l’esprit ou de la culture. Il a seulement rappelé ce que beaucoup de scientifiques affirmaient déjà depuis longtemps en dehors des universités franco-françaises, c’est-à-dire que, selon ses termes, « le clivage entre activités mentales (et culturelles) et activités neuronales ne se justifiait plus ». C’était pourtant une simple évidence. Comment peut-on produire du mental et du culturel sans faire appel au cerveau, que ce soit celui de l’émetteur ou celui du récepteur ? Comment refuser, autrement dit, de s’intéresser au fonctionnement des processus qui produisent en nous ce que nous estimons le plus élaboré : la science, l’art, la morale et finalement la conscience de soi, ou ce que nous désignons par ce terme ?

Ne pas se limiter aux découvertes du début

La force de Jean-Pierre Changeux, tout au long de sa vie professionnelle, a précisément été de refuser de s’en tenir à ses premières découvertes, aussi significatives qu’elles aient été, sur l’allostérie et le concept de neuroransmetteur, à partir duquel on peut comprendre les mécanismes de la communication entre neurones et de la construction des fonctions supérieures du cerveau à partir des liaisons progressivement stabilisées au cours de l’épigenèse, c’est-à-dire de l’interaction de l’organisme avec l’extérieur.

Rappelons que l'allostérie (du grec « autre » et « forme ») est un mode de régulation de l'activité d'une enzyme par lequel la fixation d'une molécule effectrice en un site modifie les conditions de fixation d'une autre molécule, en un autre site distant de la protéine. Ce concept a été formalisé par Jacques Monod, Jean-Pierre Changeux et Jeffries Wyman en 1965. L’application en a été faite les mois suivants par l’étude d’une protéine régulatrice membranaire chez la torpille ou poisson électrique. Des milliers de récepteurs ont été identifiés ensuite, ainsi que leurs médiateurs, dans le monde entier. A partir de là, la compréhension des fonctionnements et dysfonctionnements des bases neurales d’un grand nombre des fonctions du système nerveux a progressé très vite.

Loin de céder à un déterminisme trop simple, ce fut pour réagir aux propositions de Jacques Monod dans son ouvrage lui-même fondateur, « Le hasard et la nécessité » (1970) que Jean-Pierre Changeux a voulu expliquer la transmission des cultures dans les sociétés animales et humaines. Il a proposé différents modèles, notamment mathématiques, montrant que la mise en place du réseau synaptique ne se produit pas rigidement au cours du développement, mais dans le cadre de ce que Gerald Edelman a nommé depuis le darwinisme neural. Les synapses, qui sont en très grand nombre au début de la vie de l’embryon, se spécifient et se stabilisent par retour d’expérience, durant la vie embryonnaire, l’enfance et même pour certaines, une partie de la vie. C’est ce que Jean-Pierre Changeux a nommé la plasticité ou « labilité synaptique », associée à la « stabilisation sélective », le tout contribuant à la variabilité épigénétique de l’organisation cérébrale, d’un individu à l’autre.

Jean-Pierre Changeux, comme on le sait, donne au concept d’épigenèse un sens un peu particulier. Il le réserve à la construction de l’architecture du système nerveux à partir de la fixation des synapses interneuronales et non pas, comme les généticiens, au phénomène plus général par lequel les gènes composant le génome de l’espèce s’expriment ou ne s’expriment pas au cours du développement du phénotype puis des mutations du génotype.

Il a pu ainsi, à partir de ces prémisses, accéder à ce qu’il appelle les circuits culturels du cerveau, qui sont chez l’homme, notamment, ceux de la lecture, de l’écriture et de la construction des grands systèmes symboliques. Dès 1987-1991, il a modélisé les bases neurales des grandes fonctions cognitives, se traduisant notamment par le développement rapide du cortex frontal des hominiens, chez l’homo erectus puis le sapiens. Il était donc normal qu’il réfléchisse ensuite à la façon dont s’établit l’interaction, constamment remaniée et complexifiée, des bases neurales individuelles et des produits de culture propres à telles ou telles sociétés. Les mythes, les comportements moraux (altruisme), les activités dites aujourd’hui artistiques apparaissent alors comme les caractères par lesquels s’exerce la sélection de groupe.

Ce concept de sélection de groupe 1), introduit en 1994 par Sloan Wilson et repris par Howard Bloom, longtemps refusé par les tenants d’une sélection darwinienne s’exerçant au niveau des seuls individus, n’est évidemment pas remis en cause par Jean-Pierre Changeux. Ceci lui a donné l’occasion de discuter des rôles joués dans la compétition darwinienne entre sociétés humaines par les multiples produits de leurs activités culturelles. Il peut ainsi mettre en relation non seulement les spécificités des cultures et de leurs conflits, mais aussi les spécificités des bases neurales individuelles qui leur ont donné naissance et continuent à les entretenir. Il s’est trouvé ainsi bien mieux armés que les purs sociologues et psychologues pour comprendre la raison d’être des créations et des conflits que ces derniers sont obligés de constater sans pouvoir les expliquer…d’où sans doute une certaine jalousie chez les plus bornés d’entre eux.

La conscience

Jean-Pierre Changeux ne pouvait pas s’en tenir là. Il se devait d’étendre sa méthodologie à la compréhension des mécanismes à la source de la production des bases neurales des différents états de conscience dans le règne animal, que ce soit la veille, le sommeil ou certaines atteintes au cerveau. Il tient à distinguer sur ce point les états de conscience, que l’on peut généralement identifier à partir de signes objectifs perceptibles chez le sujet, et les contenus de conscience, qui restent généralement intérieurs, sauf à être exprimés par différents symboles à destination sociale. Parmi ces contenus se trouvé la conscience de soi dite aussi supérieure qui a fait l’objet d’une glose philosophique et mythologique considérable.

Pour ne pas entrer dans des débats infinis sur ce dernier thème, Jean-Pierre Changeux s’est lors de ses travaux récents, attaché à préciser en termes neurologiques le concept d’ « espace de travail neuronal conscient » généralement admis par les neuroscientifiques modernes 2). Nous avions nous-mêmes observé dans le dossier précité que si le concept, introduit en 1988 par Bernard Baars sous le nom de Global Working Space avait été repris par beaucoup de scientifiques sous des termes un peu différents, aucun d’eux n’avait jusqu’ici avancé d’hypothèses très solides concernant sa localisation dans le cerveau, concernant plus exactement les neurones spécifiques et leurs modes de liaison (liage ou binding) leur permettant de générer un flux permanent de contenus de conscience.

Nous devons confesser ne pas avoir dans ce dossier et les articles précédents fait allusion de façon suffisamment explicite aux avancées sur ce même thème proposées par Jean-Pierre Changeux et Stanislas Dehaene. Il faut dire que, n’ayant pas suivi leurs cours au Collège de France ni médité leurs différents articles techniques, notamment le dernier, publié dans Learning Theory and Behaviour, tome 1 de R. Menzel (Elsevier 2008), difficilement accessible, nous n’en avions pas eu vent. Heureusement le livre de Jean-Pierre Changeux, Du Vrai, du Beau et du Bien, nous permet de combler cette lacune. Il fait allusion aux différents travaux de modélisation formels et d’expérimentations menés sur ces hypothèses par son auteur et par Stanislas Dehaene (p. 231 à 241), travaux plus pertinents selon eux que ceux conduits sur le même thème par divers autres chercheurs. Il s’agit là de la partie la plus novatrice du livre, qui aurait mérité des développements explicites. Mais si nous avons bien compris l’auteur, il continue à y travailler et en proposera peut-être bientôt des commentaires faciles d’accès à l’attention du grand public.

En deux mots, le modèle de Changeux et Dehaene se distingue des modèles précédents par le fait qu’il propose des bases neurales précises pour l’ « espace de travail conscient ». Il s’agirait d’un vaste ensemble de neurones interconnectés à axones longs, qui relieraient plusieurs aires corticales. « Il y aurait recrutement dynamique avec intégration globale de représentations présentant des propriétés d’unité et de diversité, dans un espace dont l’architecture neurale serait défini et délimité »... « Ces neurones à axones longs sont particulièrement abondants dans les couches I, II et III du cortex cérébral, notamment préfrontal, dorsolatéral et inféropariétal. De nombreuses données expérimentales obtenues en Imagerie par Dehaene, Naccache et leurs collègues confirmeraient ces premières hypothèses ».

Nous en concluons pour notre part, peut-être un peu vite, que diverses équipes s’appuyant sur ces modèles sont sur la voie de l’identification des bases neurales de contenus de conscience de plus en plus sophistiqués 3). Ceci ne pourra que relancer l’hostilité de tous ceux, scientifiques ou simples idéologues, pour qui la conscience humaine est un phénomène irréductible à toute approche se voulant naturaliste (pour reprendre le terme de Jean-Pierre Changeux), autrement dit se voulant matérialiste moniste.

Un livre riche mais trop allusif

Le livre, qui comporte plus de 500 pages, sans compter les notes, présente un intérêt qui ne se dément pas. La raison en est simple : il rassemble, comme rappelé ci-dessus, plus de 30 ans de cours au Collège de France. Ces cours sont regroupés par thèmes, mais on y retrouve à peu près tout ce qu’il faudrait aujourd’hui savoir sur l’état de la science contemporaine, génomique, neurologie, éthologie, biologie de l’évolution, étude de la conscience, psychologie expérimentale et bien d’autres. De plus, comme l’indique le titre et comme nous l’avons rappelé ci-dessus, il comporte des chapitres très riches concernant les bases neurales de la recherche et de la connaissance scientifique associées à la neuro-épistémologie, ainsi qu’à celles de la neuro-esthétique et de la neuro-morale ou neuro-éthique. Jean-Pierre Changeux aurait pu l’étendre, à quelques mois près, au thème aujourd’hui à la mode de la neuro-économie et de la neuro-finance 4). Chacun des sujets traités n’est pas tel qu’il avait été présenté en son temps par l’auteur au Collège de France. Il a fait l’objet d’une reconstruction détaillé, avec des recherches poussées intéressant l’origine des diverses écoles ou formes de pensée ou de sciences présentées, ceci si nécessaire en remontant jusqu’à l’antiquité grecque voire à la paléoanthropologie.

Nous ne pouvons donc qu’en recommander la lecture. Nous nous devons cependant de faire une sérieuse mise en garde. L’ouvrage aurait du comporter plusieurs tomes, s’il avait été assorti des notes explicatives et commentaires permettant de comprendre sans être spécialiste les nombreux sujets et allusions très techniques évoqués. On peut supposer que l’éditeur a reculé devant l’investissement nécessaire. Mais cela a rendu un très mauvais service à l’œuvre et à l’auteur, qui se trouvent ainsi gravement desservis. De nombreux lecteurs et disciples potentiels s’en éloigneront, à leur détriment.

Dans un monde où les spiritualistes défendent leurs thèses en n’hésitant pas à faire appel à des arguments pseudo-scientifiques présentés de façon certes démagogique mais attirante, les scientifiques authentiques se doivent d’être aussi accessibles que possible. Disons le sincèrement : ce n’est pas le cas du dernier livre de Jean-Pierre Changeux, contrairement à ses précédents ouvrages, à commencer par L’Homme neuronal. En tant qu’auteur de cette critique je dois avouer que si ce premier livre avait été aussi mal présenté que Du Vrai, du Beau et du Bien, je ne l’aurait pas lu en son temps et aurais pris des années de retard dans la compréhension de la révolution des neurosciences et des sciences cognitives annoncée par l’Homme neuronal. Peut-être en serais-je resté, sinon à la Bible, qui ne fut jamais mon fort, du moins à Sartre ou Lévi-Strauss.

NB : Afin de ne pas allonger cette présentation, nous nous réservons la possibilité de revenir sur certains thèmes du livre dans des articles ultérieurs.

Notes
1) Voir notre article
http://www.automatesintelligents.com/echanges/2007/nov/groupselection.html
2)Voir notre dossier La conscience vue par les neurosciences
http://www.automatesintelligents.com/echanges/2008/dec/conscience.html
3) Voir concernant des perceptions visuelles simples, les expériences récemment publiées du japonais Yukiyasu Kamitani
http://www.automatesintelligents.com/labo/2008/dec/imagescerveau.html
4) Voir notre article: Du neuromarketing à l’évolution de l’anthropotechnocène
http://www.automatesintelligents.com/echanges/2008/dec/changeux.html

 

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