Automates
Intelligents s'enrichit du logiciel
Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront
alors définitions, synonymes et expressions constituées
de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi
d'accéder à la définition du mot dans
une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).
Nao,
robot français humanoïde d'Aldebaran Robotics cité
au palmares 2008 de la revue Singularity Hub Jean-Paul
Baquiast, Christophe Jacquemin - 15/01/2009
Réjouissons-nous
d'apprendre que la revue américaine Singularity Hub,
qui présentent les nouveautés dans les sciences
et technologies émergentes, vient de citer le robot humanoïde
Nao au deuxième rang d'une liste de robots ayant marqué
l'année 2008.
Rappelons
que ce robot, développé par la société
française Aldebaran Robotics(1), a été
choisi à partir de 2008 comme plate-forme officielle
de la ligue standard de la RoboCup(2) en remplacement
du robot Aïbo de Sony.
(1) Voir
notre actualité du
20/01/07 et du 11/01/08
(2) Fondée en 1993, la RoboCup est un consortium international
duniversités visant à promouvoir la robotique
et favoriser le développement de robots autonomes par
la recherche et la formation en Intelligence Artificielle. Organisée
annuellement, la manifestation RoboCup (qui comprend différentes
compétitions) fournit un champ global dévaluation
des différentes technologies et des progrès réalisés.
Une
route qui génère de lénergie grâce
aux voitures qui sy déplacent
Christophe Jacquemin - 09/01/2009
Une
équipe dingénieurs de l'entreprise israélienne
Innowattech(1) a développé une route capable
de générer de lénergie grâce
aux véhicules s'y déplacent.
Le système repose la piézoélectricité
: des cristaux piézoélectriques(2) sont
intégrés à la route qui, lorsquils
subissent une contrainte mécanique, se polarisent électriquement
et produisent une petite quantité dénergie.
Ce principe est en fait le même que celui de lallume-gaz
où la pression exercée par lutilisateur
produit une tension électrique qui se décharge
brutalement sous forme détincelles. La pression
est ici exercée par les véhicules roulant sur
lasphalte. Plus lourds sont les véhicules, plus
rapides également, et plus l'énergie récupérée
est importante.
D'après
les scientifiques d'Innowattech, "un kilomètre
de route ainsi équipé peut générer
0.5 MWh". Utilisée à grande échelle,
cette technique pourrait conduire à la production d'une
grande quantité dénergie, utilisable par
exemple pour léclairage des routes.
Une
démonstration du procédé doit avoir lieu
prochainement sur une route pilote d'une longueur de 100 mètres.
(1)
En partenariat avec lIsrael institute of technology.
(2) Ou IPEG : Innowattech Piezo Electric Generator.
Le
projet européen Pico-Inside : une porte logique sur une
molécule unique
Jean-Paul Baquiast - 06/01/2009
On
sait que les transistors actuels tendent à atteindre
la limite au-delà de laquelle, en application de la loi
de Moore, la diminution de leur taille (aujourd'hui autour
de la centaine de nanomètres) ne permettra pas de ménager
sur leurs supports des espaces suffisants pour qu'ils
puissent être réfrigérés ou convenablement
isolés des interférences quantiques. L'industrie
microélectronique attache donc beaucoup d'intérêts
aux recherches visant à réaliser des calculs sur
des molécules uniques ou des circuits à l'échelle
atomique. Les calculateurs pourraient alors poursuivre leur
croissance aux échelles dites nano et pico. On pourrait
en ce cas disposer de supercalculateurs tenant dans la poche
de la veste.
Il
se trouve que le CEMES, Centre d'Elaboration de Matériaux
et d'Etudes Structurales, dépendant du CNRS et installé
à Toulouse, héberge une équipe d'une vingtaine
de chercheurs de diverses nationalités, le Groupe nanosciences
et picotechnologies (G N S), dirigé par le Dr Christian
Joachim (notre photo). Cette équipe étudie les
propriétés physiques et chimiques d'un atome ou
une molécule unique, stabilisé à la surface
d'un métal ou d'un isolant. Il s'agit d'un milieu quantique
très complexe, à partir duquel on peut rechercher
les bases de la conception, de la synthèse chimique et
des études physiques des nanomachines unimoléculaire
aptes à calculer, à agir mécaniquement,
à communiquer et à mesurer. Ces nanomachines,
une fois mieux connues, devraient permettre la miniaturisation
ultime des ordinateurs et des micro-robots déjà
existants.
Ce
travail constitue la suite d'un programme entrepris dans
les années 1990. Il est désormais financé
par la Commission Européenne au sein du Projet Pico-Inside
du 6e programme-cadre, commencé il y a 3 ans. Contrairement
à l'approche traditionnelle des nanotechnologies
visant à réduire le plus possible la taille des
transistors, la démarche du projet part de la base. Il
prend l'atome ou la molécule comme point de départ
et recherche les conditions dans lesquelles des particules de
matière aussi petites peuvent devenir des portes logiques,
des mémoires ou autre chose. Il s'agit, non d'une
approche à proprement parler bottom-up, mais bottom-bottom,
selon Christian Joachim.
Le
but en effet est de ne PAS atteindre l'échelle de la
matière proprement dite. Le groupe vise à construire
des composants sur une molécule unique, avec pour objectif
ultime l'implémentation sur celle-ci d'une porte logique.
Pour le moment, il s'agit de préciser le nombre d'atomes
nécessaires pour construire un calculateur minimum. La
question ne peut pas être résolue aujourd'hui,
mais la réponse se précise progressivement. Une
porte logique comportant 30 atomes a été créée,
capable de faire les mêmes tâches que 14 transistors.
Mais
cela ne suffit pas. Il faut aussi pouvoir interconnecter les
molécules. Une solution, «classique», consiste
à simuler l'architecture d'une porte logique mais à
l'échelle atomique. L'autre, plus complexe, fait appel
à des changements de conformation de la molécule
pour prendre en charge les entrées de la porte logique
et à la physique quantique pour accomplir le calcul.
Les portes logiques sont interconnectées en utilisant
des microscopes à effet tunnel qui peuvent manipuler
des atomes à des échelles inférieures au
1/00 de nanomètre.
Parallèlement
au projet principal, un projet annexe vise à construire
de petites nanomachines à partir d'une molécule
unique. De telles nanomachines, dotées d'une porte
logique telle que décrite ci-dessus, pourraient se comporter
comme de nano-robots intelligents. On voit que, sans avoir les
immenses possibilités promises par les calculateurs quantiques,
ces diverses machines permettraient aux calculateurs de demain
d'améliorer leurs performances d'une façon
bien moins problématique.
Les
responsables du projet insistent sur le fait qu'il ne s'agit
encore là que de recherches très fondamentales.
Il faut espérer qu'ils ne se feront pas ravir les découvertes
en cours par des grands de la microélectronique non européenne
capables d'y investir des millions de dollars. Affaire à
suivre par ceux qui se préoccupent en Europe de «patriotisme
industriel», s'il en est.
De
toutes façons, pendant ce temps, en France, l'intelligence
supérieure qui nous dirige n'a qu'une idée, détruire
le CNRS et privatiser les crédits.
Progrès
dans la connaissance du langage des dauphins
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 06/01/2009
Le
Britannique John Stuart Reid(1) et l'Américain
Jack Kassewitz(2) ont identifié les empreintes
à haute définition que les sons émis par
les dauphins laissent dans l'eau. Ils ont nommé ces empreintes
des «CymaGlyphs». Il s'agit de formes reproductibles
(ou patterns) supposées constituer la base d'un lexique
propre au langage des dauphins, chacun d'elles représentant
une «image-mot». Un appareil appelé CymaScope
capture les vibrations imprimées dans l'eau, qui est
le milieu naturel des dauphins. Il fournit pour la première
fois des images de ces sons complexes.
Ceci
confirmerait l'hypothèse que les dauphins voient surtout
le monde à partir des sons qu'ils émettent, de
la même façon que les mères humaines voient
leurs enfants à partir d'une échographie. Mais
ces visions ne seraient pas seulement passives (en réception).
Elles pourraient aussi être transmises (en émission),
chacune avec sa signification précise, d'un animal à
l'autre.
Point
intéressant, comme le son ne voyage pas facilement dans
l'eau, contrairement à une croyance répandue,
la transmission se fait par l'intermédiaire de bulles
et de faisceaux exploitant les propriétés de l'hologramme.
La bulle et le faisceau schématisent la zone à
l'intérieur de laquelle l'émission peut être
reçue. La théorie physique de l'hologramme montre
qu'une seule molécule d'air ou d'eau transporte toute
l'information décrivant les caractéristiques et
l'intensité d'un son donné. Aux fréquences
audibles par les humains (20 à 20.000 Hertz) la bulle
domine. Au-delà l'émission prend progressivement
la forme d'un rayon, semblable à celui d'un phare. Elle
gagne en portée, mais nécessite pour être
perçue que l'on se trouve au cœur du rayon.
Le Cymascope offre la possibilité d'analyser la structure
sonore du faisceau d'ultrasons émis par un dauphin
Plusieurs
types de sons ont été identifiés, correspondant
à des langages et mots différents dont les usages
sont spécifiques : des clicks, des sifflets et des gazouillis.
Manifestement, l'importance des aires cérébrales
que les dauphins consacrent à la sono-communication montre
que ce mode de langage a été essentiel à
leur développement en tant qu'espèce. Leur cerveau
est, en terme de poids rapporté à la masse du
corps, assez comparable à celui des hominidés.
Mais ce sont les aires auditives qui prédominent.
Il
semble donc que les dauphins prennent constamment des «clichés»
sonores de leur environnement et les envoient à leurs
congénères, en les chargeant de significations
appropriées. Ceux-ci répondent et une véritable
sphère de cognition partagée s'établit
alors entre eux. Malheureusement (sauf erreur), les dauphins
ne semblent pas avoir inventé de méthodes permettant,
telle l'écriture humaine, de conserver la mémoire
de ces échanges afin d'en faire les bases d'une culture
durable.
La
technique semble prometteuse : pour l'heure Jack Kassewitz estime
que les cymaglyphes pourraient fournir une bonne représentation
du "vocabulaire" des dauphins. Il espère maintenant
enregistrer les signaux d'écholocation et de communication
lorsque ces mammifères sont mis en présence de
différents objets, de manière à vérifier
si les cymaglyphes des sons échangés entre dauphins
ressemblent à ceux de l'écholocation.
Les
chercheurs espèrent se trouver aujourd'hui dans la situation
de Champollion face aux Hiéroglyphes. Ils cherchent actuellement,
notamment en communicant avec des dauphins dans leurs «mots»,
à obtenir des équivalences qui permettraient de
déchiffrer l'ensemble du ou des langages utilisés
par les sociétés de dauphins. On
devine l'importance d'une telle découverte, si elle pouvait
être menée à bien. Non seulement, les deux
espèces pourraient enfin s'enrichir respectivement par
le langage, mais la nôtre pourrait découvrir beaucoup
d'inconnues demeurant encore à propos du milieu marin.
Rappelons enfin que les dauphins ne sont pas les seuls animaux
marins à utiliser les sono-langages. Les grands cétacés
le font aussi, avec apparemment des puissances d'émission
bien supérieures.
C'est
à ce moment précis, alors que nous pourrions découvrir
un nouveau monde d'une infinie richesse, que nous choisissons
d'exterminer les dauphins et autres mammifères marins
par des technologies mortifères, sans mentionner la destruction
de milliers d'individus par des pêcheries maffieuses.
(1)
John Stuart Reid, acousticien, inventeur du CymaScope
(2) Initiateur du projet projet SpeakDolphin à Key Largo.