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Article
Des hominidés, des outils de pierre, des langages et des robots

par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin



Claude LoriusLe glaciologue Claude Lorius, premier Français à recevoir le prix Blue Planet, exprime dans un article du Monde daté du 12 novembre 2008, son découragement de scientifique et de citoyen. Il constate que l'humanité est plus que jamais incapable de mettre en application les mesures nécessaires pour prévenir un emballement désastreux des processus aboutissant non seulement au réchauffement climatique mais à la destruction sur une grande échelle des espèces vivantes. Il reprend l'expression d'anthropocène créée par le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen pour désigner l'ère géologique dans laquelle nous sommes entrés à la suite de l'augmentation récente des taux de CO2 d'origine humaine. Le terme signifie que la Terre est désormais soumise à des processus dont l'homme est responsable. Cela pourrait être une bonne nouvelle car, pour ceux qui valorisent les compétences cognitives de l'homme, l'appel à la raison et au volontarisme pourrait en principe résoudre les problèmes crées par le développement actuellement incontrôlé de l'humanité.

Malheureusement Claude Lorius doit reconnaître avec tristesse qu'il n'en est rien. Même si les avertissements des scientifiques et ceux du simple bon sens montrent qu'il faudrait d'urgence prendre les mesures freinant un prétendu développement générateur de catastrophes, aucune de ces mesures n'est prise, que ce soit au niveau mondial, régional (notamment pour ce qui nous concerne au niveau européen), national et local. Les intérêts économiques et politiques pour qui il ne faut rien modifier de ce que leur est profitable continuent à imposer leurs choix. Selon les termes de Claude Lorius, «On ne peut maîtriser le développement. Avant, j'étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd'hui, je ne le suis plus…sauf à espérer un sursaut inattendu de l'homme».

Nous pensons pour notre part que ce sursaut ne se produira pas. Autant espérer l'intervention du Père Noël. Mais dira-t-on, la grande crise systémique qui s'annonce ne rendra-t-elle pas les hommes raisonnables, en les obligeant à prendre les mesures que préconisent des scientifiques tels que Claude Lorius ? On peut en douter. Elle rendra sans doute nécessaire de renoncer à certains comportements ou produits devenus inabordables ou inacceptables, mais elle ajoutera ses effets destructeurs à ceux de la crise climatique, en multipliant les inégalités, les fuites dans de fausses solutions, les conflits et les guerres. L'anthropocène dans cette optique risquerait de se terminer par ce qu'il faudra bien appeler un effondrement de la raison et de la science par lesquelles les «anthropos» avaient cru se distinguer des autres espèces vivantes.

Cela dit, nous pensons qu'une sorte de nouvel optimisme pourrait être envisagé à partir de nouvelles approches scientifiques encore aujourd'hui dans les limbes. Si les sciences actuelles déclarent forfait – ce que devrait aussi faire les philosophies, les religions et autres rêveries par lesquelles les humains continuent à se croire capables de dominer des situations qui les dépassent- c'est parce qu'il est temps que d'autres prennent la relève. Mais lesquelles ? Nous avons la prétention de penser qu'avec le concept de complexe anthropotechnique (et celui qui en découle d'anthropotechnocène), proposé dans certains articles de ce site et dans un ouvrage en cours d'édition, nous proposons une piste.

Rappelons que par le terme de complexe anthropotechnique nous proposons de désigner les superorganismes hybrides multiples associant des humains et des techniques, dont les derniers siècles et notamment le vingtième siècle ont vu la prolifération. Il s'agit de «réalités» du monde matériel dont on peut intuitivement deviner la présence mais dont on ne peut encore cerner ni les contours, ni les détails ni les logiques profondes.

Soupçonner que des superorganismes véritablement monstrueux nous entraînent dans des errements catastrophiques contre lesquels nous ne pouvons pas nous prémunir n'a pas attendu la crise climatique pour se faire jour dans les esprits. Les commémorations du 11 novembre rappellent aux oublieux que depuis un siècle, des hommes sensés avaient souhaité comprendre et empêcher que se renouvellent des catastrophes de l'ampleur des guerres mondiales. Mais ils n'y sont pas parvenus et le risque demeure. Pourquoi ? Nous pensons que c'est parce que les analyses géopolitiques, économiques, sociologiques et autres appliquées à ces guerres ne sont pas capables d'analyser les monstres anthropotechniques qui les génèrent. Et ceci parce que précisément faire l'hypothèse que de tels monstres existent n'a pas encore pénétré les esprits.

Nous ne prétendons pas pour notre part disposer des sciences futuristes qui seraient nécessaires pour les étudier et les comprendre. Nous proposons en revanche de collecter des observations éventuellement "naïves" c'est-à-dire non formatées par les instruments actuels d'analyse, permettant de mieux cerner l'objet de futures recherches et expérimentations. L'article qui suit s'efforce de préciser un peu les fondements de cette démarche.

 

Dans divers articles précédents, nous avons procédé au survol de l'évolution engagée au sein de la biosphère par le développement de la bipédie chez des primates précédemment arboricoles. Un saut évolutif apparemment anodin, dont des variantes nombreuses s'étaient déjà produites (rappelons que les dinosaures étaient en majorité bipèdes), a permis à certains des primates ayant hérité des différentes mutation morphologiques associées à la bipédie d'utiliser des objets du monde physique pour augmenter les capacités de leurs organes effecteurs. Ces primates disposaient déjà de bases neurales très anciennes leur permettant potentiellement de se doter d'outils matériels et de langages symboliques. Certaines des aires correspondantes étaient sans doute déjà présentes chez les dinosaures et leurs prédécesseurs. Mais aucun «hasard favorable» n'avait encore permis à aucune espèce de rassembler ces fonctionnalités dispersées en un véritable instrument cérébral et corporel capable d'innovations systématiques.

Certes d'autres animaux se construisent des éco-niches très performantes, générant souvent des proto-outils et des proto-langages. Mais ces constructions n'ont que peu de capacités adaptatives. Elles sont trop liées à la commande génétique. Concernant les primates, aucun d'eux ne s'était semble-t-il jamais trouvé dans les circonstances exceptionnelles rencontrées par les ancêtres des premiers hominiens, aux alentours de -7 à -5 millions d'années (sinon plus tôt), c'est-à-dire un changement de milieu les libérant des contraintes de la survie en milieu forestier mais les soumettant à de nouvelles contraintes les obligeant à mobiliser des ressources corporelles, neurologiques et environnementales dont ils n'avaient pas eu besoin jusqu'à présent pour survivre.

On discutera sans doute longtemps, comme nous l'avons rappelé ailleurs, des premiers facteurs causaux ayant été à la source des ces circonstances exceptionnelles.
Fut-ce une série de mutations telles que celles assurant la bipédie et la mobilisation de la main qui lui est associée ? Ces mutations auraient permis aux primates devenus systématiquement bipèdes d'explorer des milieux plus ouverts que ceux de la forêt équatoriale et de chercher à s'y adapter, en utilisant leurs nouvelles ressources corporelles et cérébrales.
Fut-ce à l'inverse un ou plusieurs accidents de type géographique qui auraient isolé des primates forestiers encore très proches des actuels chimpanzés dans des milieux de savane ouverte dans lesquels leurs compétences arboricoles ne leur servaient plus à rien? La disparition des anciennes pression sélectives et l'apparition de nouvelles contraintes les aurait alors obligés à se transformer dans des directions qu'ils n'avaient jamais eu jusqu'alors l'opportunité d'explorer. Quoi qu'il en soit, l'hypothèse retenue est de dire que ce furent au moins une centaines d'espèces différentes qui ont été initialement engagées dans ces nouvelles directions. La plupart n'ont évidemment pas réussi à survivre en tant que telles.

Mais peu importe cette incertitude relative à la cause initiale. La question essentielle méritant toute notre attention concerne le processus précis ayant permis à des primates de plus en plus orientés vers la bipédie de se séparer définitivement des grands singes forestiers dont ils étaient issus. La réponse généralement apportée à cette question, réponse que nous avons fait nôtre en ce qui nous concerne, tient au rôle de plus en plus essentiel joué dans ce processus par l'utilisation d'objets bien particuliers du monde matériels utilisés en prolongation des outils corporels dont disposaient déjà ces primates. Progressivement, sans doute au long de dizaines, voire de centaines de milliers d'années pendant lesquelles ils s'efforçaient de survivre dans des milieux ouverts auxquels ils n'étaient pas initialement adaptés, les primates précurseurs des hominiens ont progressivement découvert les potentiels transformationnels que comportaient des galets et autres pierres dures auxquels leurs prédécesseurs n'accordaient qu'une attention épisodique.

Nous n'évoquons ici que les proto-outils de pierre car ce sont les seuls dont les vestiges interprétables nous soient parvenus. Mais sans doute d'autres objets du monde matériel ou biologique ont-ils parallèlement apporté à leurs utilisateurs leurs propres dynamiques constructivistes. Ainsi se sont édifiés des ensembles évolutionnaires d'un type jamais apparu jusqu'alors sur la Terre, mieux armés pour s'adapter à des milieux nouveaux ou à des contraintes nouvelles que les éco-niches beaucoup plus spécialisées lentement élaborées par les primates forestiers. Nous les avons nommés des complexes anthropotechniques.

De la « vraie nature » des complexes anthropotechniques

Ces hypothèses n'ont rien d'original. Il est cependant un point sur lequel nous souhaitons nous distinguer des anthropologues qui étudient le rôle des outils dans l'amorçage puis le développement des processus dits d'hominisation. Nous nous méfions en effet du postulat simplificateur fait par beaucoup d'entre eux, selon lequel ce sont des individus dotés par mutation de nouvelles facultés cognitives qui ont «inventé» ces outils et leurs usages, en projetant leurs intentions sur tels ou tels objets de monde – autrement dit en voyant à l'avance dans un morceau de silex, par une sorte d'hallucination créatrice, le percuteur ou le biface qu'il allait devenir après quelques manipulations. Une image de folklore très répandue illustre ce postulat en montrant un hominidé manipulant un silex d'un air inspiré avant d'entreprendre de le tailler.

Nous pensons pour notre part que ce ne sont pas des individus particulièrement doués, faisant appel à des facultés de conscience de soi quasi semblables aux nôtres, qui ont été les agents de ces inventions. Celles-ci ont émergé au sein de petits groupes générant une sorte d'intelligence collective analogue à celle dont naîtront quelques milliers d'années plus tard les premiers échanges langagiers. De plus, nous considérons que l'on ne comprendrait pas grand-chose aux raisons de ces émergences si l'on ne tenait pas compte de l'interaction permanente qui s'est établie entre les objets du monde matériel et leurs découvreurs-utilisateurs. Les silex et autres pierres dures (si nous restons dans le cas des outils lithiques), dotés de leurs qualités propres, ont autant transformé les groupes qui découvraient leurs potentiels que ces groupes ne les ont transformés en retour. Il suffit d'imaginer pour s'en persuader les difficultés qu'aurait rencontrées le démarrage des processus d'hominisation tels que nous les connaissons si le milieu géologique où ces processus ont pris naissance n'avait comporté que des roches tendres ou des argiles.

Si nous insistons sur ces points, ce n'est pas seulement par le souci de mieux comprendre des processus d'émergence perdus dans la nuit des temps. C'est pour mieux comprendre la façon dont ces mêmes processus se manifestent encore à nous aujourd'hui. Ceci dans l'espoir d'éviter de recourir à de fausses solutions quand il s'agira de porter remède aux plus dangereux de leurs développements. Concrètement, si nous nous imaginons qu'il suffira de faire appel à la clairvoyance consciente de tels ou tels citoyens, fussent-ils des décideurs hiérarchiquement bien placés, pour maîtriser les risques des grands systèmes anthropotechniques, nous sommes certains de n'aboutir qu'à des échecs. Nous aurons en effet oublié les deux points essentiels rappelés ci-dessus et sur lesquels nous insistons :
1. Ces systèmes rassemblent des milliers ou millions de personnes se comportant en superorganisme collectif ingouvernable au sens propre du terme ;
2. Ils comportent des technologies dont l'évolution obéit à des lois spécifiques qui, elles aussi, échappent aux efforts de modélisation et donc de gouvernabilité émanant des plus clairvoyants de ceux qui les inventent et qui les utilisent.

Selon nous, on ne comprendra ces processus globaux qu'en adoptant un regard plus intuitif que scientifique (ce terme se référant à nos moyens actuels de connaissance), permettant de faire des hypothèses sur la nature et les comportements des superorganismes en la présence desquels nous nous trouvons.
L'hypothèse la plus importante nous venant à l'esprit aujourd'hui concerne le nouveau rythme que semble adopter de leur fait l'histoire évolutive du monde vivant. Celle-ci paraît prendre un tournant qui pourrait être considéré, aux yeux d'observateurs futurs, comme aussi déterminant que celui ayant résulté de l'utilisation des premiers outils de pierre par des hominidés de la fin du miocène. Ceci tient à la généralisation d'ensembles ou complexes anthropotechniques associant des humains dont les caractéristiques génétiques, cérébrales et morphologiques sont en cours de modification sous l'influence des systèmes technologiques modernes. Or ceux-ci sont parallèlement en train d'acquérir des compétences cérébrales, morphologiques et sans doute bientôt génétiques qui entreront simultanément en symbiose et en conflit avec celles des humains.

Observer sans prétendre à une compréhension exhaustive


Il est donc strictement impossible de prévoir ce que deviendront les produits de cette évolution croisée dont le rythme s'accélère aujourd'hui de façon exponentielle. En revanche, il semble possible de constater que cette évolution est en train de menacer la survie de la plupart des espèces ayant survécu aux grandes extinctions des époques ayant précédé l'ère quaternaire.

Le lecteur nous objectera que si l'état actuel de notre science ne nous permet pas de prévoir, elle nous permet d'observer. Mais quelle portée pouvons-nous attribuer aux observations qui, à travers les instruments dont nous disposons, semblent s'imposer à nos esprits ? Ces observations, même si elles peuvent se dire scientifiques car résultant de la synthèse de milliers d'autres conduites, critiquées et diffusées à travers les grands réseaux de la science contemporaine, restent nécessairement intuitives et hypothétiques car nous n'avons pas encore les bons outils méthodologiques pour appréhender avec le recul suffisant et dans leurs ramifications multiples les superorganismes dont à certains indices nous pressentons la présence et le rôle déterminant. Nous sommes en effet parties des organismes dont nous produisons des descriptions. Nous sommes à la fois leurs produits et leurs producteurs. Ce qui les aveugle nous aveugle aussi. Aussi bien ce que nous pourrons en dire, même si nous prenons toutes les précautions possibles pour rester objectifs, ne constituera qu'une parole de plus s'ajoutant à toutes celles que ces superorganismes génèrent.

Certes, toutes les paroles, surtout si elles sont diffusées et amplifiés par le biais des grands réseaux de communications, exercent inévitablement des effets en retour sur les organismes au sein desquels elles prennent pris naissance. Nous ne renoncerons donc pas à nous exprimer, à supposer que nous puissions y renoncer. Mais ces effets seront eux-mêmes imprévisibles, au moment où nous nous exprimerons. Il serait donc assez vain d'espérer par ces paroles modifier l'avenir dans le sens qui nous conviendrait. Ce ne sera que plus tard, au mieux, que de nouveaux observateurs pourront constater certains de leurs effets.

Les observateurs scientifiques classiques s'intéressant à l'évolution du monde global dans lequel nous sommes immergés nient en général cette imprévisibilité. Ils nient plus généralement l'opacité des phénomènes et des organismes générateurs dont nous suspectons le rôle déterminant quand nous parlons de complexes anthropotechniques. En effet, ils observent cette opacité en fonction des outils traditionnels réducteurs dont ils disposent. Ils y découpent des ensembles pour la compréhension desquels ils croient disposer de solutions. Les juristes et spécialistes de sciences politiques analysent les sociétés modernes et leur évolution au regard du droit et des institutions, les technologues au regard de l'évolution des techniques, les biologistes et environnementalistes au regard des évolutions génétiques et comportementales observables, les philosophes et les mystiques au regard de leurs idéologies. Ayant réduit le regard, ils peuvent procéder à des prévisions sur les évolutions en cours et suggérer des solutions susceptibles d'y porter remède. Malheureusement, prévisions et solutions sont différentes, parfois contradictoires et, surtout, elles apportent une fausse sécurité qui évite de se poser les questions qui importent vraiment, celles auxquelles il nous paraît difficile voire impossible de répondre.

Au lieu d'endormir nos esprits dans des certitudes rassurantes, nous préférons pour notre part faire le constat que nous ne savons pas exactement de quoi le présent est fait ni de quoi sera fait l'avenir. Nous refusons cependant, pour lever ces incertitudes, d'en appeler à des comportements prétendument volontaristes dictés par de bons sentiments ou par des rationalités dont l'espèce humaine, si l'on en croit les tenants de l'humanisme, fut-il laïc, aurait le monopole.

Nous invitons alors le lecteur à considérer la façon dont les cerveaux des animaux se sont adaptés depuis des millénaires dans leur lutte pour la survie (travail de catégorisation et d'expérimentation). Résumons le processus, en le simplifiant :

1. Mes sens me signalent des formes que je ne puis encore nommer.
2. Je les compare aux modèles mémorisés par mon cerveau.
3. Si des similitudes apparaissent, mon cerveau produit une hypothèse qui permettra de classer les informations reçues dans l'une ou l'autre des catégories identifiées précédemment dans le cadre de la lutte pour la survie: il s'agit, par exemple, soit d'une proie, soit d'un prédateur.
4. Mon cerveau commande alors à mes organes sensoriels de préciser l'hypothèse
5. Si la prédiction est confirmée, mon cerveau commande à mes organes effecteurs d'adopter les comportements physiologiques adaptés : je m'empare de la proie ou je fuis le prédateur.
6. Parallèlement, si des congénères se trouvent près de moi, je leur signale par l'émission d'un signal, vocal ou autre, dont l'usage s'est répandu entre nous, ce que j'ai cru percevoir. Eux-mêmes vérifient aussitôt la pertinence de l'information et me donnent leur diagnostic par le même moyen. J'enregistre leur accord ou leur désaccord pour mettre à jour mes bases de connaissances.
7. Si le message des sens n'était pas référencé dans mes mémoires, et si pourtant il se répétait avec une certaine persistance, je procèderais à des explorations par essais et erreurs afin d'en préciser la nature
.

Face à ces continents toujours inconnus ou mal connus que sont les grands organismes anthropotechniques, automobile, pétrole, armements, robots, posthumains et autres systèmes réalisant des synthèses entre le biologique et l'artificiel, nous ne pouvons que conseiller à nos lecteurs la même démarche circonspecte, laissant de côté aussi bien les «certitudes» rassurantes que les angoisses héritées du passé. Il n'est pas impossible que les nouvelles sciences futuristes que nous appelons de nos voeux puissent progressivement s'en dégager.


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