Dans
cette page, nous présentons en quelques lignes des ouvrages
scientifiques éclairant les domaines abordés par
notre revue. Jean-Paul Baquiast. Christophe Jacquemin
septembre-octobre
2008
Ingrid
Rowland. Giorano Bruno, Philosopher/heretic. Farrar
strauss and Giroux.
Giordano
Brubo, d'après l'auteur de cette bibiographie, n'était
pas le pur rationaliste martyrisé pour la pertinence
de ses analyses cosmologiques contredisant la Bible, comme on
l'imagine généralement. Certes, il avait eu le
grand mérite de concevoir l'infini de l'univers et la
pluralité des mondes, mais comme beaucoup de savants
de son époque, il s'adonnait aussi à la magie
et à des créations imaginaires débridées.
De plus, il avait sans doute l'ambition si l'on peut dire du
martyr, contrairement à Galilée. Ceci ne veut
pas dire que l'Inquisition ait eu raison de le brûler,
ni l'Eglise de refuser jusqu'à ces dernières années
de reconnaître ses propres torts. Ingrid Rowland montre
bien dans ce livre l'atmosphère absolument "délirante"
qui était nécessaire à l'apparition d'idées
nouvelles, dans un monde verrouillé par l'union des pouvoirs
cléricaux et temporels. JPB 27.09.2008
John
Waller. A time to Dance, a time to Die. Icon Books
Ce
livre fait le récit des épidémies de danse
paroxistique qui terrifiaientt les communautés de l'Ancien
Régime, dont celle de 1518 avait été la
dernière de grande ampleur en Europe du Nord. Les patients
dansaient jusqu'à la mort, dans une atmosphère
d'hystérie collective. Les exorciseurs appelés
à l'aide ne faisaient qu'accroître le mal. Les
chroniques qui nous en sont parvenues montre bien la capacité
des populations de ces époques à verser dans la
folie de groupe, malgré les efforts des rares esprits
qui s'efforçaient de raison garder.
La
danse de Saint Guy, bien étudiée aujourd'hui,
qui était probablement à la base de telles épidémies,
est une maladie neurologique qui continue à sévir,
sous le nom de chorée aiguë, ou chorée de
Sydenham, ou chorée rhumatismale. Elle est d'origine
génétique mais suppose sans doute la contamination
par un agent extérieur, généralement entre
5 et 15 ans. Le sujet atteint développe un rhumatisme
articulaire. Une lésion du cerveau, et plus précisément
d’une zone appelée le corps strié, apparaît.
Cette pathologie entraîne un œdème et une
congestion des méninges, parfois même des lésions
de l’écorce cérébrale. Les symptômes
sont souvent progressifs, mais peuvent parfois apparaître
brutalement à la suite d’un traumatisme ou un d’un
choc émotif.
Au
Moyen Age, l'exemple des malades, malgré et sans doute
à cause des poursuites de l'Inquisition, était
imité par de nombreuses personnes qui n'étaient
pas atteintes. Il s'agissait de phénomènes de
contagion que l'on retrouve dans les scènes d'exorcisme
ou de possession aujourd'hui. JPB 27.09.2008
Courney
Humphries. Superdove. How the pigeons took Manhattan...and
the world. Collins 2008
Les
pigeons urbains offrent comme les rats d'égout et d'autres
créatures moins visibles, l'exemple d'espèces
qui se sont parfaitement adapatées à l'homme,
dont on pourrait même dire qu'elles traversent les menaces
environnementales contemporaines avec les meilleures chances
de succès grâce à cette adaptation. Le pigeon
sauvage a été domestiqué au Moyen Orient
vers 3000 BCE, pour différents usages dont la nourriture.
Mais il n'a jamais été emprisonné et nourri
en cage comme le poulet. Il a toujours été libre
de circuler et vivre à son gré. Aujourd'hui, il
préfère quand il le peut vivre ...et bien vivre,
dans des environnements urbains qu'à la campagne. Certains
même sont fort heureux dans les métros. Les scientifiques
parlent de "synanthropes" plutôt que d'espèces
symbiotiques, car aujourd'hui elles n'apportent plus grand chose
à l'homme, sinon l'esthétique.
On
peut se demander cependant si inconsciemment l'espèce
humaine ne tire pas quelques avantages de la présence
des pigeons. Grâce à eux, elle voit un peu le monde,
sans s'en rendre compte, comme le font les oiseaux. Elle "pense
pigeon" , à l'occasion du moins. Ce qui pourrait
lui apporter un avantage de survie à l'avenir. Le problème
posé par le rat de ville est tout différent, mais
il n'est pas traité dans ce livre. JPB 27/09/2008
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