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| Article
Evolution et
posthumain
Questions de vocabulaire, questions de principe
par Jean-Paul Baquiast 25/05/2008
|
C'est une banalité d'affirmer que l'humanisme
traditionnel, sinon l'humain lui-même, sont
désormais mis en cause par un développement
irrésistible de technologies oppressives. La réaction
la plus courante, tout au moins dans la culture française,
est de refuser ces technologies souvent qualifiées
de « deshumanisantes », sans pour autant d'ailleurs
chercher à identifier les raisons de leur succès.
On s'en tient ce faisant à la superficialité
des choses. On ne cherche pas à voir les causes profondes
de cette apparente mise en échec de l'humanisme.
On ne s'interroge pas davantage sur ce que représente
l'apologie d'un humanisme aux contenus présentés
comme autant de dogmes.
Sans
défendre a priori les abus susceptibles d'être
faits des nouvelles technologies de l'intelligence
et de la conscience artificielle, notamment quand elles
sont développées par des militaires pour le
contrôle non seulement des champs de bataille mais
des populations civiles, nous voudrions nous replacer dans
ce qui nous semble être une évolution quasi
cosmologique, dont la Terre est actuellement le théâtre
mais qui se déroule probablement sur bien d'autres
planètes. Cette évolution résulte de
la compétition darwinienne entre organisations biologiques
qui, à partir d'un certain niveau de complexification,
maîtrisent les outils techniques et les langages,
se donnant ainsi des capacités d'auto-représentation.
Sur
Terre, les sociétés humaines traditionnelles
se sont perçues, à travers ces capacités
d'auto-représentation, comme l'émanation
d'une puissance spirituelle protectrice qui leur déléguait
un certain nombre de ses pouvoirs tutélaires. De
telles croyances ont certainement contribué à
les renforcer dans les luttes pour la survie. Elles se sont
crues porteuses de valeurs méritant de se battre
pour elles au lieu de s'abandonner aux déterminismes
naturels, comme le font les espèces animales. Le
prix à payer en a été la dépendance
aux pouvoirs sociopolitiques qui s'appuyaient sur
les religions et sur une conception de l'humain servant
au mieux leurs intérêts.
Aujourd'hui,
les sciences modernes ont élargi le regard porté
sur les sociétés humaines et sur leur éventuel
destin, en les replaçant dans une évolution
cosmologique plus large, relevant de ce que l'on appelle
avec il est vrai un brin de complaisance la typologie des
systèmes complexes. L'humain et une philosophie
humaniste lourde d'interdits ont été
relativisés par un regard montrant les erreurs et
les oppressions se cachant derrière une interprétation
traditionnelle de leur signification.
Certes
les sciences modernes, auxquelles nous nous référons
dans ce chapitre, ne peuvent échapper au formatage
des esprits (group thinking) résultant du fait qu'elles
émanent elles-mêmes de ces sociétés
qu'elles espèrent regarder avec plus de recul.
Mais par leur voix s'expriment cependant d'autres
forces évolutionnaires que celles ayant fait de l'humain
une sorte de point final évolutif conduisant à
la fin de l'histoire, c'est-à-dire à
une eschatologie ouvrant la porte à l'assomption
dans le divin. Si l'humain devait ne pas être
un point final, c'est qu'il faudrait commencer
à envisager un posthumain.
Pour
cela, les mots comptent, même s'ils comportent
beaucoup d'ambiguïtés. Parler de posthumain
signifie explicitement que derrière l'humain
tel qu'il avait été défini et
tel qu'il s'était manifesté jusqu'à
présent, il pourrait y avoir un avenir non seulement
différent mais plus fécond.
Cependant,
avant de rêver à ce que pourrait être
un posthumain mythique, les sciences modernes nous invitent
à regarder en quoi les sociétés humaines
sont déjà, à l'insu de ceux qui
les observaient avec les outils traditionnels de la sociologie
et de la politique, autre chose que ce qu'elles semblent
être. Replacées dans l'histoire des systèmes,
ces sociétés humaines n'apparaissent
plus que comme l'écume de la vague, cachant
des forces infiniment plus profondes qui ont déterminé
et continueront à déterminer leur évolution.
Ces forces n'ont rien d'humain au sens métaphysique.
Ce sont celles d'un cosmos en train d'évoluer.
Pour elles, la vie, les humains, leurs technologies et leurs
états de conscience sont non pas les résultats
d'une évolution passée mais si l'on
peut dire des facteurs évolutionnaires toujours en
train d'opérer. Dans cette optique, si l'on
tient absolument à parler de posthumain, pour marquer
le refus d'un humanisme mythologique, il est possible
d'affirmer que le posthumain est depuis longtemps
déjà parmi nous. Il s'exprime certes
par des technologies visibles mais aussi par le jeu d'entités
non aisément perceptibles mais qu'un peu d'attention
nous permet d'identifier et même de commencer
à étudier en termes scientifiques.
Ceux
qui nous ont lu sont, il est vrai, bien informés
de ce type d'approche. Ils n'ignorent pas, par
exemple, le rôle méthodologique très
éclairant de concepts comme ceux de superorganisme,
de macroprocessus ou de mème. Il faut aller plus
loin et procéder à un bref recensement de
ce que l'on pourrait appeler le bestiaire des forces
à l'œuvre dans la construction de la complexité
sur la Terre.
Pour
cela, il n'est pas inutile d'identifier les principaux mécanismes
qui, selon la science moderne, déterminent l'évolution
du monde et paraissent avoir introduit parmi nous ce que
nous appelons le posthumain. Nous parlerons à leur
égard de mécanismes évolutionnaires.
Le terme de mécanisme évolutionnaire est redondant,
puisqu'il n'est pas pratiquement concevable
d'imaginer un mécanisme qui ne commanderait
aucune évolution, comme le serait par exemple la
machine à mouvement perpétuel. Il est bon
cependant de rappeler en permanence que la science moderne,
contrairement à la philosophie, à la métaphysique
ou aux religions, ne s'intéresse pas à
ce qui n'évolue pas. Certes, dans le cas de
la physique quantique, elle est amenée à faire
l'hypothèse d'un univers sous-jacent,
le monde quantique, dont la description exclut les références
au temps et à l'espace de notre univers quotidien.
Mais la seule façon dont la science peut concrètement
tenter de comprendre cet univers est d'étudier
les systèmes évolutionnaires générés
par lui, dont nous faisons partie.
Les
mécanismes évolutionnaires sont nombreux.
Pour la clarté de ce qui va suivre, proposons quelques
conventions permettant de les distinguer. Retenons les catégories
suivantes :
Mécanismes
cosmologiques
Nous qualifierons de mécanismes cosmologiques ceux
où n'interviennent pas de facteurs liés
soit au vivant biologique, soit au sein du vivant biologique,
à l'humain. En effet, pratiquement, de tels
mécanismes ne sont observables que dans le cosmos,
hors de portée de ce qui se passe sur la Terre. Ce
sera le cas de l'évolution du Soleil sous sa
forme actuelle. On attribue au Soleil une espérance
de vie d'environ 5 milliards d'années
et on ne voit pas sérieusement aujourd'hui
comment la science pourrait modifier cette durée.
Cependant, sur Terre même, des mécanismes cosmologiques
importants sont à l'œuvre et influencent
directement ou indirectement l'évolution de
notre planète au sein du système solaire,
comme son évolution interne en tant que système
thermodynamique. Là encore la science n'a pour
le moment aucun espoir de pouvoir les influencer. C'est
le cas de l'inclinaison de l'axe des pôles
sur l'orbite ou de la position des pôles magnétiques,
dont les changements peuvent provoquer des catastrophes
considérables pour les organismes vivants actuels.
Mécanismes
biologiques
Appelons
mécanismes biologiques ceux qui résultent
du développement de la vie biologique dans l'environnement
terrestre. Ce terme nous oblige à nous mettre d'accord
sur une définition du vivant, par opposition au non-
vivant, lequel inclue l'ensemble des systèmes
physiques et chimiques existants. Elle est difficile, mais
nous n'entrerons pas dans des débats à
ce sujet, qui sont affaire de spécialistes et ne
concernent pas directement notre propos. Par contre, les
mécanismes biologiques générant de
la vie doivent aujourd'hui être rangés
en deux catégories. Les premiers, infiniment plus
nombreux, sont apparus spontanément sur Terre depuis
environ 4 milliards d'années. Les seconds,
très récents, apparaissent au sein de certains
systèmes anthropotechniques (voir ci-dessous la signification
de ce terme). Ils sont le produit de processus dits de génie
génétique, consistant à créer
des organismes biologiques de synthèse sur le modèle
des organismes biologiques naturels. Ces processus recombinent
artificiellement des molécules de la chimie organique,
qui sert de base à la vie biologique naturelle, au
sein de cellules et génomes artificiels. Les plus
novateurs de ces processus cherchent à s'affranchir
des molécules de la chimie organiques utilisées
par le vivant, en faisant appel à la combinaison
d'éléments chimiques autres que ceux
composant les systèmes biologiques terrestres actuellement
connus. Nous distinguerons donc au sein de la vie biologique
une vie biologique que l'on qualifiera de naturelle,
une vie biologique que l'on qualifiera d'artificielle
et une vie non biologique artificielle. Toutes trois sont
évidemment naturelles, puisque l'artificiel
résulte lui-même de l'activité
sociétés humaines ou systèmes anthropotechniques
qui sont des produits de l'évolution naturelle.
Mais on admettra que la vie artificielle n'existait
pas avant ces sociétés, au moins sur la Terre.
Rappelons que la science de la vie extraterrestre ou exobiologie
postule qu'il existe d'innombrables formes de
vie dans le cosmos proche ou lointain, dont certaines doivent
être proches des différentes formes de vie
artificielle se développant sur Terre. Sur Terre,
la multiplication probable de systèmes vivants artificiels
provoquera nécessairement des changements importants
au sein des équilibres biologiques terrestres actuels.
Mécanismes
bioanthropologiques
Les
mécanismes résultant du développement
au sein de la vie biologique de systèmes découlant
directement ou indirectement de l'activité des systèmes
anthropologiques ou humains peuvent être qualifés
de mécanismes bioanthropologiques, le préfixe
bio- marquant le fait que jusqu'à présent les
systèmes anthropologiques résultent de l'évolution
darwinienne de systèmes biologiques les ayant pour
l'essentiel précédés dans l'histoire
évolutive. Cette nouvelle catégorie nous oblige,
comme celle faisant appel au concept de vie, à définir
un nouveau concept, considérablement plus complexe,
celui d'anthropos ou humain, humanité, espèce
humaine. Pour ne pas nous engager à ce stade dans des
débats sans fins, nous essaierons de nous en tenir
à la définition génétique de l'espèce
humaine, celle dont les phénotypes, les individus humains,
sont les produits de l'expression d'un génotype ou
génome n'ayant semble-t-il, guère évolué
depuis quelques centaines de millions d'années ou n'évoluant
spontanément qu'à la marge (cas des enfants
surdoués ?). Si ce génome était modifié
dans l'avenir, se poserait évidemment la question de
savoir si l'espèce est conservée et si les nouveaux
produits en font encore partie. Mais cette question ne se
posera que dans la perspective des recherches intéressant
la vie biologique artificielle évoquée ci-dessus
dont elles seront un aspect certes très troublant mais
particulier.
La
composition et le rôle du génome humain dans
la reproduction sont loin d'être encore complètement
élucidés. De plus, l'expression des
gènes composant ce génome prend des formes
très différentes selon l'organisation
des sociétés où naissent et où
grandissent les jeunes humains, organisation que l'on
nomme culture. Une combinatoire complexe se produit donc,
elle-même affectant des formes très diverses
et en évolution continue, que l'on qualifie
aujourd'hui d'épigenèse. Au niveau
de généralité où nous nous situons
ici, nous négligerons cette diversité d'origine
épigénétique. Nous poserons en principe
que les mécanismes évolutifs naturels s'exerçant
sur Terre sont de plus en plus influencés par les
mécanismes évolutifs résultant du développement
d'une « espèce humaine » dont les
caractéristiques évoluent au fil du temps.
Ce serait donc une illusion métaphysique que poser
en principe l'existence d'une espèce
humaine intangible, dotée de caractères conférés
ou acquis une fois pour toutes.
Mécanismes
bioanthropotechniques
Nous
appellerons mécanismes bioanthropotechniques les
mécanismes résultant du développement
au sein des systèmes bioanthropologiques de systèmes
industriels et de systèmes technologiques, que nous
rassemblerons sous le terme de systèmes techniques.
Ce terme apparemment inutilement compliqué vise en
fait à rappeler que ces mécanismes conjuguent
des facteurs biologiques propres à toutes les formes
de vie existant sur Terre et des facteurs résultant
de l'utilisation par les systèmes bioanthropologiques
d'outils techniques dérivés des premiers
instruments dont l'usage avait émergé
dans certaines sociétés de primates, il y
a environ 3 à 2 millions d'années. Les
systèmes bioanthropotechniques ont pris un développement
fulgurant avec les explosions technologiques apparues depuis
un siècle environ. Nous formulons l'hypothèse
qu'ils évoluent spontanément selon des
logiques propres, mais en interaction avec les mécanismes
bioanthropologiques. Leur influence s'exerce aujourd'hui,
de proche en proche, sur pratiquement tous les mécanismes
évolutionnaires se produisant sur Terre ou dans son
environnement spatial proche. Le concept de système
bioanthropotechnique permet de mettre en évidence
une constatation que la science moderne ne peut plus s'éviter
de faire. Nous sommes soumis, en tant qu'espèce
humaine, à des déterminismes qui tiennent
à la combinaison ou de la superposition de trois
séries de facteurs résultant des mécanismes
générateurs que nous venons de présenter
: les facteurs biologiques (l'influence directe de
nos gènes, nous permettant par exemple de disposer
de corps et d'organes sensoriels organisés
d'une certaine façon), les facteurs culturels
anthropologiques générés par le fonctionnement
des sociétés humaines, les facteurs résultant
au sein des systèmes anthropologiques, de l'influence
de plus en plus grande des systèmes industrialo-technologiques
ou, pour simplifier, techniques.
Mécanismes cognitifs
Nous appellerons mécanismes cognitifs les mécanismes
résultant de l'apparition de facultés
cognitives au sein des systèmes bioanthropologiques
et des systèmes bioanthropotechniques. Nous définirons
le système cognitif (de l'américain
Cognitive system) comme une organisation biologique
ou artificielle dotée d'un corps et d'un
cerveau (ou de l'équivalent) lui permettant
de construire au niveau de son cerveau des modèles
du monde incluant une image d'elle-même (ou
de soi). Ces modèles ne sont pas faits de matière
physique ou biologique, mais d'informations. Plus
précisément, il s'agit d'informations
résumant les connaissances sur le monde acquises
par le système cognitif. On dira donc qu'il
s'agit de systèmes de connaissances. Nous pourrions
pour céder à l'habitude parler de système
conscient, mais le terme de système cognitif est
préférable car il évite de faire référence
à la conscience, propriété trop ambiguë
pour permettre d'en proposer des définitions
opérationnelles. Le terme cognitif, au contraire,
implique seulement que le système a la connaissance
de quelque chose dont l'importance est telle qu'elle
permet de le différencier de tous les autres systèmes.
On
sait par ailleurs que les capacités cognitives ne
peuvent naître que des activités exploratoires
en réseau de plusieurs systèmes cognitifs
reliés par des langages s'étant imposés
à l'usage comme les plus efficaces pour créer
des communautés. Leurs résultats les plus
significatifs sont mémorisés spontanément
et rendus ensuite accessibles sous la forme de systèmes
de connaissance. Les systèmes de connaissances ainsi
produits et accumulés, mis constamment à l'épreuve
de nouvelles expériences, peuvent donner naissance
à des modèles du monde très riches
et très performants. Les plus générales
et les plus rigoureuses de ces connaissances sont dites
connaissances scientifiques. L'importance de celles-ci
est si grande dans l'accélération de
l'évolution affectant les systèmes cognitifs
que nous pouvons créer le terme de systèmes
cognitifs scientifiques, qu'il faudra évidemment
distinguer des systèmes cognitifs non scientifiques.
Les systèmes cognitifs sont, contrairement aux divers
autres systèmes que nous venons de mentionner, capables
de laisser émerger en leur sein des représentations
ou images d'eux-mêmes. Ceci explique que les
différentes catégories de systèmes
cognitifs apparus dans l'histoire des systèmes,
individus et groupes humains en premier lieu, possèdent
des informations sur le monde et sur eux dont l'origine
leur échappait. A une époque où leur
science des systèmes complexes était rudimentaire,
ils les ont attribuées à des sources non terrestres,
autrement dit révélées ou divines.
Il s'agit de la conscience. Si l'on ne donne
pas une signification métaphysique au concept de
conscience, on peut dire que ces représentations
participent à l'élaboration de consciences
primaires et de conscience de soi, Les contenus conscients
ou états de conscience influent sur le comportement
des organismes qui en sont le siège. Mais les représentations
qu'ils fournissent sont toujours partielles et souvent
illusoires. Ainsi en est-il de l'illusion selon laquelle
les états de conscience pourraient permettre la prise
de décision dite « libres », c'est-à-dire
sans causes identifiables. Ajoutons que la science moderne
est conduite à supposer que des capacités
cognitives existent sous des formes rudimentaires dans certaines
sociétés animales.
Mécanismes cognitifs
artificiels
Les
mécanismes nés du développement au sein
des systèmes bioanthropotechniques de systèmes
cognitifs artificiels et autonomes (robots autonomes pour
simplifier) terminent cette liste. Nous les nommerons mécanismes
cognitifs artificiels. Les systèmes cognitifs artificiels
sont des systèmes dont les composants sont techniques
et non biologiques. Nés de l'activité des systèmes
cognitifs anthropotechniques, ils seront dans un premier temps
dotés par ces derniers de capacités cognitives
imitées des leurs, y compris en ce qui concernera leur
faculté d'autoreprésentation consciente. Ces
facultés seront sous contrôle des systèmes
anthropotechniques dont ils émaneront. Mais rien n'interdit
de penser que ces facultés en s'enrichissant de façon
spontanée puissent leur permettre de s'émanciper
progressivement du contrôle des systèmes anthropotechniques.
Ceci donnera naissance à de nouvelles générations
d'entités vivantes et conscientes relevant principalement
du non-biologique, autrement dit de l'artificiel. Du fait
de leur autonomie, elles entreront en compétition darwinienne
avec les systèmes bioanthropotechniques. Certains scientifiques
font l'hypothèses que ces entités existent déjà
sous des formes frustes au sein de ces derniers systèmes,
induisant chez ceux-ci des comportements dont la logique échappe
à l'observation scientifique, tant du moins que la
science des systèmes n'aura pas radicalement modifié
ses instruments d'observation.