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Infoxpress

avril-mai 2008

Cette rubrique est destinées à publier des informations brèves suivant de près l'actualité. Nous leur donnerons une tonalité politique (politique industrielle, politique scientifique, intelligence économique) qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à toutes les autres rubriques de la revue. La page Infoxpress ne remplace pas la page ACTUALITES


Lancement du second satellite test de Galiléo
Jean-Paul Baquiast 27/04/2008

Giove-B, le second satellite-test de Galileo, a été tiré et a atteint son orbite avec succès le 27 avril. Le satellite avait été lancé par une fusée Soyouz depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan. L’opération marque un pas important pour le futur système de localisation européen après des années de déboires techniques et politiques, entraînant un retard de plusieurs années, puisque le système, dans la meilleure des hypothèses, ne serait pas utilisable avant 2013.

Photographe : Anibal Maiz AFP/Infographie

Au moment où nous mettons en ligne, les techniciens annoncent qu’il faudra encore plusieurs heures pour que la mission puisse être considérée comme définitivement réussie. Giove-B est un satellite de 500 kg construit par Astrium (EADS) et Thales Alenia Space. Il va prendre le relais du premier satellite test de Galileo Giove-A, lancé en décembre 2005. Son lancement a pris plus d'un an de retard en raison d'un problème technique qui avait été identifié sur un calculateur de bord, mais aussi du fait de nombreux désaccords politiques.

Les deux Giove ne font pas partie de la constellation opérationnelle de trente satellites qui fera fonctionner Galileo. Ils servent à tester un certain nombre d'éléments techniques importants en vol. Giove-B contient en particulier l'horloge atomique la plus précise jamais envoyée dans l'espace, avec une déperdition de moins d'une nano-seconde par jour. La précision est indispensable pour un système de localisation, fondé sur le calcul du temps écoulé entre l'émission et la réception d'un signal. Galileo promet une localisation au mètre près, contre parfois une dizaine de mètres pour l'actuel GPS américain. La mise en orbite de Giove-B va en outre permettre à l'Europe de conserver l'accès à une fréquence réservée pour Galileo auprès de l'Union internationale des télécommunications (UIT).

Pour que Galileo fonctionne à l'horizon 2013 et puisse concurrencer le GPS, l'Europe doit désormais lancer les trente satellites opérationnels de la constellation. Les quatre premiers d'entre eux doivent être tirés au premier semestre de 2010, pour la phase dite de développement et de validation en orbite (IOV). Ensuite doivent être lancés les 26 satellites supplémentaires qui permettront au système d'atteindre sa capacité opérationnelle complète (FOC).

Le Parlement européen avait donné le 23 avril le feu vert à la partie finale du projet, avec un financement de 3,4 milliards d'euros sur des fonds communautaires. Cette décision a été prise après l'échec d'un programme de co-financement par les industriels. Le montant à distribuer (doté de 3,4 milliards d'euros jusqu'en 2013) sera divisé en six lots, objets de nombreuses convoitises: satellites, lanceurs, logiciels, relais au sol, centres de contrôle, gestion de l'ensemble. Chaque lot sera attribué à un chef de file industriel, obligé toutefois d'en sous-traiter une partie.

La décision parlementaire est le fruit d'un compromis conclu non sans difficultés ces dernières semaines entre le Parlement, la Commission européenne et les Etats de l'Union. Un accord a été obtenu définissant la façon dont le Parlement jouera un rôle dans le projet, notamment son implication dans les futurs accords internationaux avec des pays non européens. L'Union européenne sera par ailleurs pleinement propriétaire des satellites de la constellation Galileo. Les industriels européens devaient à l'origine financer la moitié de cette phase de déploiement dans le cadre d'un partenariat public/privé. Minés par les désaccords et les retards, ils avaient été évincés. C’est très bien ainsi. L’Europe doit absolument marquer le caractère régalien de tels programmes, en les finançant en dehors de considérations de politiques industrielles et commerciales immédiates.

A terme cependant, il sera étudié si « des partenariats entre secteurs public et privé, ou toute autre forme de contrats avec le secteur privé, seront appropriés pour l'exploitation et le renouvellement du système après 2013 », précise le texte de compromis avec le Parlement. Dans un premier temps, ce seront les applications civiles multiples du système qui pourront faire l’objet de tels partenariats. Encore faudrait-il que demeurent des créneaux disponibles. Les années de retard pris du fait du manque de clairvoyance des divers acteurs européens ont permis aux industriels américains, chinois, coréens et même russes de contrôler pour le moment les applications des systèmes GPS et GLOSNASS (russe).

En ce qui concerne les mises en orbite, Arianespace va faire une offre à l'Agence spatiale européenne pour le lancement des 26 derniers satellites de la future constellation Galileo par des lanceurs Ariane et Soyouz depuis la Guyane française, a déclaré son PDG. Arianespace pourra utiliser une combinaison d'Ariane 5, pouvant emporter quatre satellites, et des Soyouz lancés depuis la Guyane, qui pourront en emporter deux. L’objectif stratégique demandé par l’ESA vise à pouvoir effectuer les tirs avec deux systèmes de lancement différents et des lanceurs qualifiés, sur lesquels il n'y aurait pas de nouveaux développements à faire.

Observons que, contrairement aux systèmes américains GPS et russe GLOSNASS, mis en service durant la guerre froide à des fins militaires, Galileo sera le premier système mondial conçu a priori à des fins civiles. Une utilisation militaire limitée n'est toutefois pas impossible à terme et des signaux cryptés sont d'ailleurs réservés à d'éventuelles applications sensibles. On sait que les Américains, violemment hostiles à de telles applications, font de grands efforts, relayés par leurs alliés britanniques, pour qu’il n’en soit rien. Certains militaires ont même menacé de détruire les satellites Galiléo (avec une technique maintenant éprouvée), s’ils paraissaient susceptibles de nuire à la sécurité américaine, définition susceptible de larges interprétations. On peut se demander si la décision d’utiliser Galiléo dans le cadre de la défense européenne sera ou non soulevée lors de la présidence française de l’Union à partir de juillet 2008. Certains craignent que le plein retour dans l’Otan annoncé par Nicolas Sarkozy entraîne l’abandon de cette utilisation, pourtant essentielle à la souveraineté européenne.



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