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Editorial
Le
risque d’une Europe restant libérale
face à une Amérique devenue dirigiste
par
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin
23/03/2008
NB: ce (long) éditorial
paraîtra assez loin de nos préoccupations
relatives à l'avenir de la science. Le lecteur
verra qu'il n'en est rien. Notamment en ce qui concerne
l'Europe.
|
Résumé.
Faut-il penser que, face à l’aggravation de
la crise économique qui la menace, l’Amérique
pourrait renoncer officiellement au libéralisme qu’elle
affichait jusqu’ici ? Si c’était le cas,
que pourrait faire une Administration convertie à
l’interventionnisme ? L’Europe la suivrait-elle
(ou la précéderait-elle) dans cette voie ?
Resterait-elle au contraire aveuglément fidèle
à la doxa libérale.
Vers
une crise systémique américaine
Les
observateurs avertis de ce qu'écrit la presse américaine,
comme notre ami Philippe Grasset du site Defensa.org, ont
bien noté depuis quelques jours un changement d’ampleur,
que l’on pourrait comparer aux prémisses d’un
tsunami, dans les certitudes de la pensée politique
américaine dominante. Beaucoup de responsables, fussent-ils
républicains proches des néo-conservateurs
(ou de ce qui en reste), ne peuvent plus ne pas noter que
la crise économique proprement américaine
est en train de s’intensifier, sans que les remèdes
jusqu’ici mis en œuvre à l’instigation
de Washington (baisse d’impôts, ouverture de
lignes de crédits, baisse des taux d’intérêts
et donc dépréciation du dollar sur les marchés
de change, jugée susceptible de favoriser les exportations)
soient capables de relancer l’investissement et la
consommation. On réclame désormais des mesures
plus incitatives, par exemple le rachat par le Trésor
de centaines de milliards de créances douteuses ou
même des grands investissements publics dans les infrastructures
ou les équipements de santé, analogues au
projet Tennesse Valley Authority lancé par
Roosevelt à l’instigation de Keynes pour sortir
de la crise de 1929.
Mais,
phénomène nouveau, les observateurs remarquent
désormais que ni l’Etat ni la Réserve
Fédérale ne peuvent envisager ni de tels remèdes
ni même d’accentuer les remèdes actuellement
mis en application, car, pour reprendre une expression devenue
célèbre, les caisses sont vides. Elles sont
plus que vides, puisque, comme nous l’avons rappelé
dans des articles précédents, la dette extérieure
de l’Etat est considérable. Or, observe-t-on
à juste titre, cette situation qui a toujours été
celle du Trésor américain et qui a permis
à l’Etat d’investir pendant des années
(notamment dans les technologies dites de puissance) aux
frais des préteurs étrangers, est en train
de devenir intenable du fait de la continuation des guerres
en Irak, en Afghanistan et de leurs prolongements possibles.
Les $3.000 milliards (ou le double) qu’à coûté
la guerre en Irak, selon les estimations de l’économiste
Joseph Stiglitz désormais citées à
tout propos, jouent nécessairement un rôle
déterminant à la source de la crise économique
où s’enfonce l’Amérique. Si le
gouvernement disposait de ces sommes, comme de celles qu’il
économiserait si la guerre s’arrêtait,
il pourrait, directement ou par Fed interposée, intervenir
directement en remède à la crise économique
américaine.
Il
faudrait en payer le prix idéologique, c’est-à-dire
renoncer officiellement au laisser-faire présenté
comme le fondement de la société américaine
(encore que cette philosophie n’ait jamais guidé
l’administration dans ses choix stratégiques
importants). Mais en contrepartie de ce renoncement, l’Etat
pourrait relancer une politique d’investissements
ou politique de l’offre destinée à retirer
aux pays asiatiques le monopole de fabriquer tout ce dont
l’Amérique a besoin. Ce n’est malheureusement
pas le cas aujourd’hui. Cette option n’est pas
possible.
Les observateurs que nous citons vont souvent plus loin
que faire ce constat pessimiste. Certains envisagent ce
que Philippe Grasset et d’autres nomment une crise
systémique touchant non seulement la zone dollar
mais peut-être l’économie mondiale. La
persistance de la guerre contribue à faire monter
la défiance des détenteurs internationaux
de dollars. Ceux-ci possèdent (chiffres de juin 2007,
cités par Dedefensa) 66% de la dette fédérale
américaine, soit $6.700 milliard. Les principaux
débiteurs (en $milliards) sont les suivants: Japon
(901), Chine (870), UK (475), Luxembourg (424), Iles Caïmans
(422), Belgique (369), Irlande (176), Allemagne (155), Suisse
(140), Bermudes (133), Hollande (123), Corée (118),
Russie (109), Taiwan (107), Canada (106), Brésil
(103). Selon une expression du politologue Paul Craig Robert,
l’Amérique ne possède pas le monde.
C’est le monde qui possède l’Amérique.
(http://onlinejournal.com/artman/publish/printer_3078.shtml).
La question posée à Washington et sur les
autres places financières est : « Qui quittera
le navire le premier ? » Nul ne bouge encore, bien
qu’une préférence de plus en plus marquée
pour l’euro s’observe dans un certain nombre
de transactions. Cette prudence s’explique d’une
part par la crainte de provoquer un effondrement du dollar
dont les conséquences apparaissent confuses; mais
d’autre part et surtout car les préteurs ont
encore confiance dans les capacités impériales
de l’empire américain et ses possibilités
de redressement.
Ils sont de plus en plus seuls de cet avis. Nous l’avons
dit, la responsabilité de l’étranglement
économique américain voire d’une éventuelle
crise systémique est désormais imputée
par une majorité d’observateurs et de simples
citoyens à l’état de guerre inauguré
par l’invasion de l’Irak. Plus grave, nul ne croit
qu’un désengagement rapide soit possible, Même
les pacifistes ne croient plus possible de sortir du piège
où le gouvernement Bush a enfermé les Etats-Unis.
Le candidat républicain McCain en est bien persuadé
et ne fera rien pour quitter l’Irak s’il est élu.
Les candidats Clinton et Obama, en cas de succès, ne
le feront sans doute pas davantage. Certains préconisent
au contraire d’ouvrir sans attendre de nouveaux fronts,
contre l’Iran notamment. Apparemment, G.W Bush n’est
pas seul à y penser, car McCain vient de reprocher
à l’Iran son soutien à Al Qaïda,
ce qui justifierait une attaque en rétorsion.
(http://www.americanprogressaction.org/progressreport/2008/03/pr20080321)
On voit donc s’opposer, pour la première fois
dans l’histoire américaine de l’après-
2e guerre mondial, la politique dite de Sécurité
Nationale et les contraintes élémentaires
du développement économique national. La politique
de Sécurité Nationale, comprenant le soutien
à la construction européenne, a toujours été,
comme nous le rappelons dans notre ouvrage (L’Europe
ou le vide de puissance, à paraître) inspirée
et même menée de bout en bout par le Military
Industrial Congressional Complex (MICC). Elle a toujours
également profité à l’économie
et à la technoscience américaine, leur permettant
d’acquérir une avance de 5 ans en tous domaines
sur celles des concurrents. Elle a permis d’inspirer
confiance à tous les prêteurs de par le monde
cherchant des placements fiables, en l’espèce
auprès du Trésor américain qui pouvait
ainsi ne pas charger les contribuables nationaux du poids
des investissements requis par cette politique. Elle a enfin
permis aux économistes et hommes politiques américains
d’ériger en dogme les mérites d’un
désengagement des Etats (ou néo-libéralisme)
dont le MICC ne faisait évidemment aucun cas pour
son compte propre.
Malheureusement, aujourd’hui, si le MICC conserve
des positions politiques très fortes, il ne peut
plus proposer de remèdes à aucun des deux
marécages où s’enfonce l’Amérique,
celui de la crise et celui de la guerre, pour les raisons
que nous venons d’évoquer. Aux yeux des électeurs
américains, autant que l’on puisse en juger,
un lien négatif fort est en train de s’établir
entre politique de Sécurité Nationale, effondrement
économique et libéralisme. Certains esprits
audacieux ne seraient-ils pas alors tentés d’en
revenir aux fondamentaux d’un interventionnisme cicil
à la Roosevelt, ou plus encore d’une économie
mixte dans la meilleure tradition française du début
des Trente Glorieuse. A l’échelle du continent
américain, tout peut laisser penser qu’une
telle politique pourrait parfaitement réussir, tant
à l’intérieur qu’à l’international.
Mais pouvons-nous prendre cette perspective au sérieux
et esquisser ici ce que serait une politique américaine
reposant sur un usage systématique des différentes
formes d’intervention publique?
Eventuel retour de l’Amérique
à l’intervention publique
Nous avons montré dans notre livre précité
les avantages qu’apporterait à l’Europe,
en termes de puissance, dans un monde qui sera de plus en
plus en crise, un retour à l’intervention publique.
Les Etats-Unis disposent par rapport à l’Europe
de positions dominantes dans de nombreux secteurs qui lui
faciliteraient l’adoption d’une telle politique,
en minorant les sacrifices à imposer à certaines
activités. Néanmoins, la panoplie des mesures
de base demeure la même : augmentation des impôts,
contraction des consommations somptuaires ou de produits
importés, fortes aides publiques à l’investissement
des entreprises et des administrations, notamment dans les
technologies innovantes et les infrastructures productives
ou sociales, diminution des dépenses publiques inutiles
(notamment les budgets de fonctionnement consacrés
à des guerres extérieures), contrôle
du capitalisme financier, protectionnisme sélectif
aux frontières (sur la base du donnant-donnant).;
..
Une telle politique, sauf en cas de crise systémique
générale, ne pourrait être entreprise
que sur 3 à 5 ans. N’examinons pas ici les
changements dans les responsabilités de l’Etat
fédéral qu’elle impliquerait et voyons
rapidement les effets qu’elle pourrait avoir. D’une
façon générale, des économies
importantes pourraient être générées
dans des secteurs inutilement dépensiers et ces économies
pourraient être réaffectées à
l’éducation, la recherche, l’investissement
interne productif, le social. Ses axes principaux seraient
les suivants:
Hausse des prix des produits importés et préférence
apportée aux biens fabriqués sur place. Il
en découlerait, grâce à l’effet
d’épargne forcée ainsi réalisée,
une reprise de l’investissement public dans les secteurs
industriels et, consécutivement, dans la recherche
et l’éducation. L’effet négatif
de ces mesures sur les niveaux de vie serait compensé
très rapidement par leurs effets positifs. Les consommations-gaspillages
seraient remplacées par les consommations de minimum
vital. L’investissement viserait notamment tous les
secteurs productifs d’économies d’énergie
et de matières premières importées,
et plus généralement ceux susceptibles de
faire face aux crises climatiques et environnementales.
Hausse consécutive des emplois locaux, des revenus
du travail et consécutivement des ressources fiscales
des collectivités publiques.
Rétablissement de l’équilibre de la
balance extérieure, par diminution des importations
devenues inutiles (matières premières, produits
énergétiques et produits de consommation courante,
lesquels seraient désormais fabriqués sur
place).
Capacité renforcée de négociations
généralement bilatérales sur la base
de la réciprocité avec les autres super-Etats,
pour qui le libéralisme n’a de sens que s’il
sert leurs intérêts immédiats. Nous
pensons notamment à la Chine, à l’Inde
et à la Russie, voire avec l’Europe si celle-ci
adoptait une telle politique.
Et finalement rétablissement de la confiance dans
le dollar de la part des prêteurs internationaux.
Le taux de change avec l’euro tel que fixé
aux origines pourrait être retrouvé.
La
question de fond, concernant le poids de politique de Sécurité
Nationale actuelle et le rôle du MICC dans le soutien
global à la puissance américaine, pourrait
être traitée de la façon suivante :
Les opérations extérieures grosses dépensières
en personnels et matériels seraient progressivement
allégées voire supprimées, sauf nouvelles
urgences. Le dispositif de projection des capacités
serait cependant conservé, avec un effort accru d’adaptation
à la guerre de 4e génération.
Les dépenses de recherche-développement voire
de production industrielle de petite séries seraient
conservées, mais on accentuerait leur perspectives
duales, c’est-à-dire leurs applications au
secteur civil et social.
Le caractère uniquement dissuasif des armes de destruction
massive, notamment des armements nucléaires, serait
solennellement affirmé.
Les grands programmes d’exploration spatiaux et autres
seraient relancés, dans la perspective, comme indiqué
ci-dessus, d’utilisations duales.
Ainsi, le problème essentiel qu’est la nécessité
du désengagement vis-à-vis des guerres actuelles
et plus généralement de la mise en sommeil
d'une "guerre permanente contre la terreur" de
plus en plus fantasmée, pourrait être traité
d’une façon plus largement diplomatique. L’Amérique
affichant sa renonciation à l’unilatéralisme,
au « terrorisme institutionnel » et autres comportements
la faisant détester, pourrait retrouver des alliés
qui coopéreraient volontiers avec elle dans la prévention
contre les innombrables risques ou mini-actes terroristes
qui ne manqueront pas de continuer à affecter le
monde entier. .
L’Europe restera-t-elle
seule à se référer au libéralisme
?
Il est probable qu'en Europe, l’approfondissement
de la crise économique et la perspective d’une
crise systémique feront naître de plus en plus
de partisans d’un retour aux interventions publiques,
que ce soit au sein des Etats nationaux ou des institutions
européennes. Cependant les représentants officiels
de ces organisations seront longtemps encore, comme ils
le sont actuellement, pénétrés du préjugé
selon lequel seule la concurrence, intérieure ou
extérieure, peut résoudre tous les maux de
l’Europe.
Ils raisonnent ainsi pour trois raisons. La première
est, que par docilité atlantique et cédant
aux pressions américaines, ils s’imaginent
pouvoir bénéficier, au moins indirectement,
des retombées de l’influence de la superpuissance
en respectant ce qu’ils croient, à tort, être
son évangile. Un retour des Etats-Unis à la
régulation publique serait pour eux un choc. Cependant,
on peut faire confiance à leur suivisme congénital
pour qu’ils s’adaptent rapidement. Une seconde
raison de leur foi quasi religieuse dans le libéralisme
est la peur, intuitive depuis la guerre froide, de voir
sous prétexte d’une remontée en puissance
des Etats, s'instaurer un retour à l’économie
dirigée de type stalinien ou bureaucratique, entraînant
des protectionnismes générateurs de mauvaise
productivité, des nationalismes et régionalismes
coupant l’Europe du monde extérieur. Il faudrait
évidemment pour lutter contre ces craintes souvent
justifiées que les défenseurs des nouvelles
formes d’intervention publique montrent comment celles-ci
s’accompagneraient d’une véritable démocratie
participative laissant s’exprimer tous les intérêts
concernés. La troisième raison du poids de
la doxa libérale se trouve à Bruxelles, au
Parlement et surtout dans les cercles gravitant autour de
la Commission. Des générations de fonctionnaires
et représentants des lobbies ayant appris à
raisonner dans le sens de cette doxa seraient incapables
du jour au lendemain de s‘ouvrir à d’autres
perspectives.
Ceci dit, les esprits peuvent évoluer plus vite que
prévu, surtout si, comme indiqué dans notre
livre, la crise menaçant l’Europe se renforce.
Nous pensons qu’un pays comme la France pourrait jouer
un rôle décisif dans la nécessaire prise
de conscience, vu sa grande expérience tant du dirigisme
que du libéralisme et de leurs inconvénients
respectifs. Mais, pour cela, il faudrait que ses dirigeants,
comme les chefs de l’opposition, fassent l’effort
de rejeter sans attendre les idées toutes faites
sur les bienfaits du libéralisme et les illusions
en découlant, comme celles visant sans rien changer
aux règles actuelles du marché à faire
de l’Europe la tête de file des pays investissant
dans la connaissance.
Nous faisons allusion ici à la critique du processus
dit de Lisbonne, dont il est évident aujourd’hui
qu’il n’a conduit à rien, puisque les
retards entre l’Europe et les autres économies
n’ont fait que s’aggraver. Aucun des investissements
qu’en liaison avec d’autres nous avions proposés,
notamment dans le secteur des technologies de souveraineté,
n’ont été entrepris. Les états
d’esprit peuvent-ils changer, au moins en France?
Il se trouve qu’une mission vient d’être
confiée par la ministre des finances à un
groupe d’économistes présidés
par Laurent Cohen Tanugi, en vue d’élaborer
un rapport au titre très prometteur : Une stratégie
européenne pour la mondialisation
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/RAPPORT.ETAPE.pdf
.
Nous examinerons ce rapport plus en détail quand le
texte définitif sera déposé. Il est possible
cependant d’en apprécier dès maintenant
la teneur. On pouvait craindre, vu la culture très
atlantiste de ces personnalités, que le libéralisme
à l’américaine ne contamine ses travaux.
Il semble que ce ne soit pas tout à fait le cas. Le
rapport d’étape de la mission, déposé
en janvier 2008, paraît assez significatif d’une possibilité
de nouvelles orientations. La mission constate le peu d’effets
du processus précité de Lisbonne et pronostique
que les remèdes suggérés par les services
de la Commission sous le nom de Paquet Lisbonne III
n’auront que des résultats marginaux
par rapport aux faiblesses analysées par le rapport.
De plus, ce Paquet n’offre que de « faibles marges
de manœuvre pour la France ». Malheureusement,
les experts ne jugent pas cependant pertinent, d’ici
les deux ans qui nous séparent du renouvellement du
parlement européen et de la désignation de nouvelles
institutions conformes au nouveau traité, que la France
profite de sa présidence au second semestre 2008 pour
lancer de nouvelles idées, au delà de celles
déjà envisagées par Nicolas Sarkozy.
Nous sommes obligés ici de constater deux choses. Notre
première observation est que le rapport d’étape
de la Mission, pourtant disponible sur le web, n’a fait
à notre connaissance l’objet d’aucun débat
sérieux, ni dans l’opinion ni au gouvernement.
Peut-être est-il déjà trop critique vis-à-vis
de processus de Lisbonne et du libéralisme ambiant
pour être bien reçu. Qu’en sera-t-il de
ses propositions finales ? Finiront-elles dans un placard
? La seconde observation concerne le tempo proposé.
Les rapporteurs, de peur que la France ne soit pas entendue
si elle faisait des propositions plus radicales (à
supposer que celles-ci soient reprises par Nicolas Sarkozy),
recommandent de repousser à deux ans la formulation
de ces dernières. Nous pensons au contraire qu’il
faudrait dès maintenant ouvrir le débat sur
ce que pourraient être les projets des Institutions
européennes, des Etats-membres et de la France pour
faire face à la crise systémique qui s’annonce,
notamment en vue d’augmenter massivement les investissements
scientifiques, industriels et universitaire, tout en dégageant
les économies nécessaires. Si les Européens,
à leur habitude, attendent que les bonnes idées
viennent de Washington, par exemple sous une forme voisine
de ce que nous avons rapidement imaginé dans la seconde
partie de cet article, elle sera de nouveau à la traîne
des Etats-Unis et des autres super-Etats, intellectuellement,
politiquement et économiquement.