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Automates
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| La
route intelligente (intelligent highways) et l'intelligence
artificielle adaptative
par Jean-Paul Baquiast 12/01/08
|
Le
concept de route intelligente fait son chemin. Il s’agit
d’un des domaines où les systèmes d’Intelligence
artificielle adaptative, dits aussi « multi-agents évolutionnaires»
trouveront très vite des applications militaires mais
aussi et surtout civiles. Il va de soi que ce concept est
associé à celui de « véhicule intelligent
» qui est devenu maintenant une réalité,
notamment aux Etats-Unis. Nous avions signalé il y
a quelques semaines, à cet égard, les performances
déployées par les concurrents du dernier Urban
Grand Challenge organisé par la Darpa. Les engins robotisés
gagnant avaient parcouru sans accidents quelque 60 miles en
quelques heures, dans un environnement urbain reconstitué
[Voir
notre actualité du 5/11/07].
Le
premier objectif de la route intelligente, comme du véhicule
intelligent, est d’éliminer les risques provenant
de défaillances des humains. Celles-ci sont considérées
comme beaucoup plus fréquemment accidentogènes
que les défaillance mécaniques ou robotiques.
Mais la route, comme le véhicule, ne se contentera
pas seulement d’être intelligente. Elle sera
aussi écologiquement intelligente, en ce sens qu’elle
privilégiera les technologies les moins polluantes
et les plus économes en énergie.
Dans
ce domaine, les revêtements routiers réutiliseront
après retraitement sur place les enrobés bitumineux
usées, afin d’éviter leur évacuation
et leur remplacement par d’autres. Mais l’objectif
à terme vise à utiliser de nouveaux composés
d’origine végétale utilisant des liants
fabriqués à froid. En septembre 2007, le groupe
Colas a ainsi été distingué pour son
produit Végécol, le premier liant de nature
végétale mis sur le marché. Mais on
peut aller beaucoup plus loin, imaginer par exemple des
revêtements qui absorberaient les composants toxiques
produits par les moteurs à explosion actuels. Ceci
en utilisant des molécules ou nanomolécules
activées notamment par la lumière solaire,
qui ne manque pas sur les routes. C’est déjà
le cas de la « chaussée dépolluante
» de la société Eurovia, enrichie en
oxyde de titane, censée neutraliser les oxydes d'azote
par photocatalyse.
En
matière de sécurité, de nouveaux matériaux
sont à l’étude, pour faciliter la conduite
et corriger les moments d'inattention. Ainsi on pourra raccourcir
la distance de freinage ou avertir l'automobiliste, par un
changement de couleur, que le sol est gelé. On imagine
aussi, ce qui paraît plus futuriste, un revêtement
qui reconnaîtrait la trajectoire d'un véhicule
ayant perdu sa maîtrise, et qui se ramollirait pour
l'aider à freiner. Plus classiquement, les barrières
de sécurité pourraient être dotées
de capteurs signalant les anomalies ou appelant les secours
en cas d’accident. Concernant les véhicules,
les capteurs d'alcoolémie ou d'états psychiques
anormaux, sans mentionner le besoin de sommeil, commencent
déjà à se répandre.
Au-delà
de ces systèmes encore rustiques, l’imagination
des chercheurs et des ingénieurs travaille désormais
à plein sur les réseaux associant des composants
intelligents dialoguant entre le sol, le véhicule
et des stations de contrôle et d'intervention implantées
aux endroits stratégiques. Ces composants, reliés
par des systèmes de radio-communication utilisant
pleinement les possibilités de ce que l’on
nomme désormais le Web des objets, aux normes de
l’IPV6 (voir notre article http://www.automatesintelligents.com/echanges/2007/juin/ipv6.html),
multiplieront les émetteurs récepteurs d’informations
concernant l’état du sol, l’état
de la trajectoire mais aussi le maintien des capacités
du véhicule, du conducteur et des passagers. Ils
feront, comme on le pressent de plus en plus, appel aux
systèmes d’Intelligence artificielle multi-agents
évoqués en introduction, afin de minimiser
les temps de réactions, susciter les réponses
les plus appropriées et, inévitablement, étendre
le champ et la portée des contrôles.
La
détection de risques possibles ou en cours entraînera
en effet des réactions systémiques de plus
en plus intrusives, que ce soit sur la chaussée (modification
du nombre de voies ou des ordres donnés aux conducteurs)
ou à bord du véhicule (freinage voir arrêt
commandé en cas d’urgence). Les automobilistes
se figurant encore que la voiture leur permet d’exprimer
toutes les richesses de leur personnalité se rebelleront
sans doute contre cette intervention de la collectivité
dans ce qu’ils considèrent comme le dernier
rempart de leur intimité. Mais ils s’habitueront
vite, si le nombre des morts, accidents et pollutions multiples
diminuait véritablement. Ils devront choisir, s'ils
doivent absolument se déplacer, entre cela, le ferroroutage
et, pourquoi pas, plus simplement, le train ou le tram.
L’expérience montre en effet qu’il est
absolument impossible de faire confiance à l’individu
pour éviter les accidents, dont des tiers innocents
sont les premières victimes, contrairement à
ce que prétendent les associations dites de «
défense des automobilistes ». On découvre
actuellement par exemple que les routiers, présentés
comme de grands professionnels de la route, comportent parmi
eux un nombre croissant de chauffeurs qui regardent la télévision
ou pratiquent les jeux vidéo en conduisant. Par ailleurs,
ils n’hésitent pas à absorber des litres
de vin rouge, distribués gratuitement à la tireuse
dans les restaurants d’autoroutes, sous l’œil
bienveillant de la maréchaussée (voir M6, Enquête
exclusive, Bernard de la Villardière, Routiers. La
route de tous les dangers, 09/01/07, 24h).
Sur
ces sujets, on consultera, notamment, en France, le Centre
d'études sur les réseaux, les transports,
l'urbanisme et les constructions publiques (Certu),
ainsi que le Laboratoire central des ponts et chaussées
(LCPC). Mais c’est surtout
aux Etats-Unis, dans les pays asiatiques et dans certains
pays européens que les recherches bénéficient
des crédits les plus importants. Les marchés
seront considérables. Seuls en profiteront les industriels
ayant acquis les systèmes les plus économiques
et les performants.
On trouvera sur le web, pour en savoir plus, de nombreux
sites répondant aux mots-clefs Intelligent Highways
et Intelligent Vehicles.