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Infoxpress

décembre 2007- janvier 2008

Nous proposons ici une rubrique destinées à publier des informations brèves suivant de près l'actualité. Nous leur donnerons une tonalité politique (politique industrielle, politique scientifique, intelligence économique) qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à toutes les autres rubriques de la revue. La page Infoxpress ne remplacera pas la page ACTUALITES


 

Conversion de CO2 en combustible (projet Sunshine to Petrol S2P)

Il est indéniable que la hausse du prix du pétrole et
les exigences de la lutte contre la production de gaz à effet de serre vont pousser les ingénieurs à proposer des méthodes permettant de transformer le CO2 en source d'énergie. Mais pour cela, il faudra utiliser une énergie bien supérieure, afin de casser la molécule de CO2. On pense de plus en plus à l'énergie solaire. C'est ce que propose aujourd'hui le laboratoire Sandia (qui dépend de la National Nuclear Security Administration) avec le projet Sunshine to Petrol S2P.

Le projet repose sur l'utilisation d'une enceinte appelée Counter Rotating Ring Receiver Reactor Recuperator de la taille d'un baril de bière qui comprendra 14 anneaux de ferrite de cobalt en rotation lente. Le système sera chauffé à 2.600 degrés F par un capteur solaire de grande dimension. A cette température, la ferrite de cobalt dégage de l'oxygène qui est évacué. En refroidissant à 2000 degrés, elle est mise en présence de CO2. Comme à cette phase du cycle, elle a besoin de récupérer de l'oxygène, elle extrait celui-ci du CO2 qui se transforme ainsi en partie en CO. L'oxyde de carbone ainsi obtenu peut servir à synthétiser des carburants liquides tels du méthanol ou de l'essence. La ferrite jouant le rôle de catalytique ayant repris son état initial peut alors être réutilisée dans un nouveau cycle.

On mesure la complexité relative du cycle chimique. Mais selon les ingénieurs, la vraie difficulté consistera à obtenir une énergie solaire assez concentrée pour provoquer l'échauffement de la ferrite de cobalt. Ces difficultés résolues, l'objectif serait d'adjoindre de telles centrales solaires à des centrales thermiques classiques, afin de récupérer une partie du C02 produit, le reste étant séquestré par d'autres techniques.

On peut voir dans ce projet un exemple de la façon dont les Américains voudraient échapper aux objectifs de réduction de l'utilisation des combustibles fossiles. On s'interrogera sur la capacité de dispositifs de cette sorte pour récupérer le CO2 à grande échelle, si la production de celui-ci n'est pas limitée au départ. Par ailleurs, le coût de ces solutions les rendra-t-il accessibles aux pays émergents? JPB 09/01/08

* http://www.sandia.gov/news/resources/releases/2007/sunshine.html


Microsoft et le Libre

Microsoft cède avec beaucoup de réticences à la pression des défenseurs du logiciel libre, relayés par la Commission Européenne. En mars 2004, celle-ci avait condamné Microsoft à fournir à ses concurrents les informations nécessaires au développement de produits interopérables avec ses logiciels destinés aux ordinateurs personnels et aux serveurs. Microsoft a signé le 20 décembre 2007 aux Etats-Unis un accord avec une fondation à but non lucratif consacrée aux logiciels libres, la Protocol Freedom Information Foundation. L'accord vise l'éditeur à but non-lucratif Samba, qui propose un logiciel gratuit destiné aux serveurs.

Le logiciel de Samba est dédié aux groupes de travail en entreprise travaillant en intranet. Il permet aux salariés de s'identifier et de se connecter à un système informatique, de partager des documents et de les imprimer. Mais les problèmes d'interopérabilité l'empêchaient d'intervenir sur l'ensemble du système d'information de l'entreprise, contrairement au Active Directory de Microsoft.
La Commission avait conclu en 2004 que Microsoft avait condamné Microsoft au motif qu'il refusait de fournir à ses concurrents les protocoles nécessaires à l'interopérabilité, afin que les ordinateurs et serveurs utilisant son logiciel Windows, mais fabriqués par ses concurrents, ne puissent pas fonctionner ensemble. Cette pratique anticoncurrentielle de Microsoft lui a permis de s'imposer sur le marché des serveurs, contraignant ses concurrents à disparaître.

Mais il faut bien voir que l'accord avec Samba est loin de résoudre tous les problèmes d'interopérabilité se posant au sein des serveurs d'entreprises. Il ne concerne évidemment pas non plus le domaine bien plus important des logiciels pour PC et matériels répartis, dont Microsoft tente de verrouiller depuis longtemps le marché au profit de ses propres produits. Pour assurer la compatibilité, les logiciels libres sont obligés à grands frais de se mettre constamment à niveau pour tenir compte des changements décidés par Microsoft et ne faisant pas l'objet d'une publication des sources. JPB 21/12/2


"Lancement historique" pour Ariane 5 le 21 décembre 2007

Une fusée européenne Ariane 5 a lancé vendredi 21 décembre et placé en orbite géostationnaire à partir de Kourou, deux satellites de télécommunications pour l'opérateur panafricain RascomStar-QAF et l'américano-japonais Horizons 2 Satellite LLC.

Le satellite RASCOM-QAF1, d'une masse de 3,2 tonnes au lancement, est le premier satellite panafricain. Il est construit par Thales Alenia Space pour la société RascomStar-QAF et fournira des services de télécommunications (télévision directe, accès internet) dans les zones africaines rurales ainsi que des liaisons interurbaines et internationales sur tout le continent africain. Il aura une durée de vie de 15 ans.

Plusieurs ministres africains étaient présents pour suivre le lancement, représentant le Bénin, le Cameroun, la Côte d'Ivoire et la Guinée.

Le deuxième satellite, HORIZONS-2, d'une masse de 2,3 tonnes au lancement, a été construit par Orbital Sciences Corporation pour Horizons 2 Satellite LLC, la joint-venture entre Intelsat et la société japonaise JSAT. Il s'est séparé du lanceur 32 minutes après le décollage. Ce satellite, également d'une durée de vie de 15 ans, doit se placer en orbite géostationnaire au-dessus de l'Amérique du Nord. Il fournira des services de vidéotransmission, internet ainsi que des applications en communications mobiles aux Etats-Unis, aux Caraïbes et à une partie du Canada.

"Le lancement de ce soir est historique car c'est la première fois qu'on lance six Ariane 5 en une année", a déclaré le PDG d'Arianespace Jean-Yves Le Gall. "A partir de 2008, nous comptons lancer 7 à 8 Ariane chaque année". JPB 21/12/07


TREC, Rêve ou réalité pour demain ?

Le projet d'Union méditerranéenne poussé par la France, avec l'appui aujourd'hui encore mitigé de l'Italie et de l'Espagne, fait valoir qu'il pourrait être le cadre de grands programmes d'équipements et d'infrastructures intéressant non seulement tous les pays riverains de la méditerranée, mais aussi l'Europe du Nord. Mais que pourraient être ces programmes? Nous en avons un exemple possible avec le concept de Trans-Mediterranean Renewable Energy Cooperation (TREC). Il s'agirait d'implanter dans l'ensemble euro méditerranéen un réseau de stations, le DESERTEC, produisant et diffusant de l'électricité à partir de sources renouvelables, soleil, vent, géothermie principalement, dont cette partie du monde est largement dotée. L'électricité produite servirait soit à la consommation locale, soit à alimenter des centrales de dessalinisation, soit à compléter l'approvisionnement des pays européens développés. Un Grid ou réseau intelligent à très haut débit interconnecterait les sources et les puits de consommation et permettrait de minimiser les pertes en ligne.

Le projet est soutenu par la Club de Rome, la Hamburg Climate Protection Foundation, le National Energy Research Center of Jordan (NERC) et le German Aerospace Center (DLR). Les aspects technologiques ne présentent pas de difficultés. Mais les conditions financières et politiques d'une réalisation, même partielle, semblent loin d'être acquises. Une des premières difficultés sera d'obtenir l'accord général des Etats intéressés et un minimum d'acceptation des populations. Dans l'état actuel des relations diplomatiques au sein du Maghreb, la question est loin d'être facile à traiter. C'est pourquoi un tel projet, ou d'autres analogues de cette ampleur, ne pourront voir le jour sans un soutien politique de très haut niveau. JPB. 20/12/07


TREC : http://www.desertec.org/index.html


Curieuses conséquences de l'emploi des IPS (cellules souches reprogrammées)

Le chercheur Japonais Shinya Yamanaka (voir notre actualité du 20/11/07), responsable de l'une des deux équipes ayant démontré la possibilité d'obtenir des cellules souches pluripotentes (dans son cas à partir de cellules de derme reprogrammées par l'intermédiaire de rétrovirus) soulève dans un entretien donné au NewScientist du 15 décembre 2007, p. 44, un problème intéressant.

Puisqu'en principe, une IPS ou induced pluripotent stem cell peut se transformer en n'importe quelle cellule du corps du donneur, rien n'empêcherait d'obtenir à partir de l'une de ces IPS une cellule spermatique masculine, puis à partir d'une autre IPS provenant du même donneur une cellule féminine (ovocyte) et enfin de marier les deux afin d'obtenir un descendant viable, à supposer que l'oeuf fécondé puisse être implanté dans un uterus disponible. Le descendant, même s'il ressemblait beaucoup à l'ascendant, ne serait pas un clone puisqu'il serait issu de deux cellules sexuelles apportant leurs propres spécificités génétiques. Il va de soi que tout ceci est encore infaisable, dans les conditions actuelles d'obtention des IPS et compte-tenu du manque d'expériences relatives à leurs capacités de redonner des cellules adultes de tel ou tel organe. mais en théorie la démarche est possible.

Faut-il se poser des questions éthiques à ce sujet, demande Shinya Yamanaka? Moins selon lui qu'en ce qui concerne l'utilisation de cellules souches embryonnaires. Ce qu'il nous faut retenir de cet exemple, c'est que les cellules souches n'ont pas fini de révolutionner la science du vivant; y compris au plan théorique. Car il faudra comprendre en détail les mécanismes qui permettent de les obtenir, comme ceux qui leur permettent de se transformer en telle ou telle cellule adulte. JPB


Le rapport américain Infrastructure 2007

La lente destruction des infrastructures publiques américaines, abandonnées faute de financements au profit des activités de marché et des dépenses militaires, apparaît de plus en plus insupportable aux autochtones. On lira sur ce point très important, qui devrait, tout autant que l'absence de sécurité sociale, condamner le modèle du capitalisme américain, le rapport de l'Urban Land Institute et du cabinet Ernst and Young : « Infrastructure 2007. A global perspective ». Les investisseurs privés des travaux publics qui ont commandité ce rapport estiment qu'investir dans les grands équipements pourrait être rentable. Encore faudrait-il que le pouvoir politique, comme l'avait fait le New Deal, oriente l'épargne dans ces directions, qui ne sont pas productives à court terme. Les difficultés d'Eurotunnel nous montrent tout l'ardu de la démarche. JPB

* http://www.ey.com/global/content.nsf/International/Real_Estate_Library_Infrastructure_2007


Boeing est donné gagnant de l'appel d'offre de l'US Air Force sur les avions ravitailleurs
Jean-Paul Baquiast, 18/12/07

Avec une joie non dissimulée, l'Air Force Magazine du 18 décembre annonce, "de source bien informée" que Boeing est donné gagnant de l'appel d'offre qui l'oppose à EADS Northrop Grumman pour la fourniture d'avions ravitailleurs en remplacement du KC 135. L'information figure avec plus de détails gourmands dans le Seattle Post-Intelligencer du 16 décembre. Intox ou fuite?

Le contrat est proprement monstrueux (aux alentours de 100 milliards de dollars). L'appel d'offre avait été précédemment cassé pour raisons de corruption imputées à Boeing. Mais l'Air Force et le lobby militaro-industriel n'avaient jamais renoncé à placer Boeing. Ce qui faisait penser à beaucoup d'Européens que EADS perdait son temps à tenter d'être retenu.

* Air Force Magazine : http://dc01-cdh-afa03.tranguard.net/AFA/
* Seattle PI : http://seattlepi.nwsource.com/business/343764_tanker17.html


Le robot violoniste de Toyota

Toyota a présenté le 6 décembre un robot anthropoïde de 152 cm capable de jouer au violon un extrait de "Pomp and Circumstance", morceau du musicien Edward Elgar très joué dans les cérémonies académiques. Pour Toyota, il s'agit de montrer l'avance de la firme dans la course désormais ouverte, au Japon notamment, pour la réalisation de robots domestiques capables de veiller sur les invalides et d'administrer des soins.

Le principal objectif de Toyota est de perfectionner l'habileté manuelle et comportementale des robots. La démonstration apportée par le robot violoniste (voir vidéo) est très concluante. Mais le robot obéit, semble-t-il, à des instructions programmées à l'avance. Il n'est pas encore capable de comportements adaptatifs destinés à faire face à des situations inattendues. JPB

* http://www.reuters.com/news/video?videoId=72177


Accord en demi-teintes à Bali
Jean-Paul Baquiast 15/12/07

Les optimistes et les diplomates se réjouiront sans doute de la tardive conclusion de la conférence de l'ONU sur le climat, survenue tard dans la nuit du 14 décembre à Bali. Le constat de désaccord entre ceux voulant réduire, avec des objectifs chiffrés, la production de CO2 et ceux refusant de s'engager a été évité. Néanmoins l'accord obtenu reste vague puisqu'il porte uniquement sur un engagement de procédure. Le texte stipule que le processus de négociations qui doit arrêter les suites à donner au protocole de Kyoto devra être lancé "dès que possible et pas plus tard qu'avril 2008", la première phase du protocole de Kyoto expirant en 2012. Il vise les recommandations du GIEC proposant des objectifs quantitatifs de réduction, mais n'en fait pas des obligations contractuelles. Le texte élude ainsi les références chiffrées aux émissions polluantes et à la nécessité de les réduire, auxquelles s'opposaient les Etats-Unis.

Si l'on veut être plus réaliste, on notera que, malgré les rapports nombreux produits ces derniers mois pour le compte de l'ONU par des scientifiques et des économistes, les pays les plus pollueurs, qui sont aussi les plus riches, Etats-Unis, Canada, Japon ont fait pression tout au long des débats pour refuser de reconnaître leur responsabilité et de prendre les mesures susceptibles, selon eux, de nuire à leur croissance. Nous estimons, en pesant les mots, qu'il s'agit d'un véritable crime diffus contre l'humanité. Avec un certain courage, dans les dernières heures, Al Gore s'était d'ailleurs désolidarisé de la position de son pays, en provoquant les applaudissements de la salle.

Jusqu'au dernier moment, la délégation américaine a soulevé des incidents de procédure, afin d'aboutir à un constat d'échec. A la mi-journée de vendredi, elle avait menacé de rejeter le texte en exigeant des engagements supplémentaires des pays émergents. Il est vrai qu'auparavant, les premiers blocages étaient venus de la Chine, de l'Inde, du Pakistan et du Bangladesh qui avaient demandé plusieurs suspensions de séance et des amendements au texte pour contrebalancer les efforts attendus de leur part. On ne peut pas cependant reprocher leur attitude à ces pays, lorsque les pays les plus riches donnent l'exemple déplorable de l'égoïsme et de l'unilatéralisme.

L'Europe avait maintenu durant la conférence sa position initiale : le danger est grand, des limites quantitatives doivent être décidées et les pays européens s'engageront au plus haut des fourchettes de réduction demandées par les experts. Néanmoins, un certain flottement du à la volonté de ne pas affronter directement les Etats-Unis s'était fait sentir à la fin, notamment de la part de la France. Les ministres français n'ont pas, en effet, montré beaucoup de fermeté (ni de compétence dans les négociations). Ils donnaient l'impression d'être près à accepter les formules vagues que voulaient imposer la délégation américaine.

Toute notre estime et nos félicitations iront par contre au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, venu notamment assister à la dernière séance plénière pour y peser de son influence. Il a du mérite à ce faire car l'ONU n'est pas uniquement composée de membres prêts à s'engager concrètement contre le réchauffement climatique. Mais le vrai artisan de l'accord en demi-teinte obtenu a été Yvo de Boer (notre photo) le responsable (de nationalité néerlandaise) de la lutte contre le changement climatique à l'ONU. On peut estimer que sans lui, le monde donnait une nouvelle fois la preuve de son irresponsabilité devant l'égoïsme des puissants, pour qui rien ne compte que maintenir leurs pouvoirs économiques et politiques.

Concluons cependant que le véritable changement de société nécessaire pour faire face, non seulement à la production des gaz à effet de serre mais à la destruction programmée des écosystèmes est encore loin de se dessiner.


Du nouveau dans les éoliennes
Jean-Paul Baquiast 14/12/07

John Hutton, le ministre britannique de l'énergie, vient d'annoncer à Berlin, lors d'une conférence sur l'énergie, un plan visant à installer des milliers d'aéro-turbines en mer du Nord, mer d'Irlande et le long de la côte écossaise. Ces équipements devraient générer assez d'énergie pour satisfaire à la moitié des besoins en électricité du pays, tels que calculés actuellement. L'ensemble de la plate-forme continentale de Royaume uni serait concerné par ce nouveau mode de développement, sauf des zones vitales pour la navigation et la pêche.

Le plan prévoit des turbines pouvant atteindre 300 mètres, chacune d'entre elles capable d'alimenter jusqu'à 8000 foyers. Aujourd'hui les ressources classiques de production d'électricité génèrent 75 gigawatts de courant, dont 0,5 seulement proviennent du vent. Les programmes actuels prévoient d'atteindre 8 GW. Mais si le plan annoncé par le ministre est mené à bien, ce serait 33 GW qui seraient produits aux alentours de 2020. Il serait nécessaire de maintenir des centrales classiques pour répondre à la demande en l'absence de vent, mais le coût de telles centrales n'augmenterait pas considérablement le bilan final, selon les calculs économiques présentés.

Dès aujourd'hui, le Royaume Uni est le premier investisseur en éoliennes dans le monde, et le second après le Danemark en capacités actuellement installées. Le plan se traduira par le fait que les éoliennes seront visibles pratiquement partout le long du littoral, ce qui va certainement relancer les débats sur les préjudices esthétiques en résultant. Mais jusqu'à présent, l'opinion a bien accepté les équipements pilotes installés.

D'autres solutions technologiques verront le jour d'ici quelques années. Ainsi, un nouveau super-aérogénérateur a été présenté à la dernière Wind Power Asia Exhibition de Pékin. Il s'agit du Maglev, utilisant la lévitation magnétique. Un rotor à axe vertical est suspendu, non sur des roulements traditionnels, mais par un flux magnétique généré par des aimants permanents (ne nécessitant pas d'alimentation électrique) utilisant une terre rare spéciale, le neodymium. Il n'y a pas de perte d'énergie due à la friction et les coûts de maintenance sont minimes. Le neodymium est assez facile à obtenir et trouve de nombreuses applications dans l'industrie.

Le Maglev présenterait d'autres avantages. Il peut utiliser des vents très faibles, de vélocité inférieure à 1,5 m/s. A l'inverse, il supporte des vents supérieurs à 40 m/s. L'installation d'une seule de ces turbines géantes pourrait produire 1 GW de courant, soit le 1/33e du plan britannique, pour un prix de construction estimé à 53 millions de dollars. Le coût global rapporté à la production ne dépasserait pas 50% de celui d'une éolienne classique. La construction de ces machines a commencé en novembre 2007 dans un site de la Chine centrale, sous la responsabilité de l'entreprise chinoise Zhongke Hengyuan Energy Technology. Les turbines seront aussi fabriquées en Arizona par MagLev Wind Turbine Technologies.

On retiendra deux choses de ces informations convergentes. D'une part, l'énergie éolienne a un bel avenir devant elle, malgré ce qu'en disent ses détracteurs. Elle n'est d'ailleurs pas incompatible avec le solaire et le nucléaire, ce dernier pouvant prendre le relais des défaillances de la nature. D'autre part, la Chine paraît vraiment décidée à innover pour prendre la tête dans ce domaine, ce qui est une excellente chose pour le climat. L'Europe fait bien de ne pas prendre de retard.

* Article de WindTech : http://www.windtech-international.com/content/view/661/2/
* Neodymium. Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Neodymium



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