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| La crisologie
Propositions
par Jean-Marie Fessler 01/02/08
|
Jean-Marie
Fessler est directeur d’hôpital, il dirige les
établissements sanitaires et médico-sociaux
de la Mutuelle Générale de l’Education
Nationale.
A
l’instar des médecins hospitalo-universitaires
mais dans le domaine du management de la santé, il
pense depuis longtemps qu’il faut s’efforcer
de relier une pratique professionnelle, la transmission
à des étudiants et des travaux de recherche.
La qualité des liens entre une pratique, un enseignement
et de la recherche lui semble importante pour améliorer
le dialogue entre les métiers de la santé
et le fonctionnement des organisations de santé.
Après Sciences-Po et l’Ecole nationale de la
santé publique, il travaille successivement au contrôle
de gestion de l’Assistance Publique à Paris,
dans les hôpitaux Charles Foix, Antoine-Béclère,
l’Hôtel-Dieu, puis en conseil et en formation
au Centre national d’expertise hospitalière
et à Europe Management, à la MGEN, enfin.
Les titres de ses livres sont significatifs : La comptabilité
des dépenses engagées à l’hôpital
(1983), L’audit à l’hôpital (1988),
La gestion hospitalière médicalisée
(1991), Maîtriser l’évolution du système
d’information à l’hôpital (1995),
Les cartes de santé (1996), Hôpitaux, cliniques
: de l’accréditation à la qualité
(1998), La tarification hospitalière à l’activité
(2003), L’hôpital que nous aimons (2004), Infoéthique
et santé publique (2005) , Cindyniques et santé,
à paraître chez Economica.
Après la gestion hospitalière, les constructions
médico-tarifaires, les systèmes d’information
en santé, il a investi sur la gestion des risques
et des crises. Certifié en Health Care Risk Management
par l’université de Chicago, il est docteur
de l’université Paris V en ethique médicale
(1997) et de l’université Lyon I en méthodes
d’analyse des systèmes de santé (2006).
Il est co-auteur du guide ministériel Plan blanc
et gestion de crise des établissements de santé
français (2004) . Il enseigne à l’Essec-Santé
et dans le programme de l’université Stanford
à Paris.
Dans
le cadre des laboratoires d’éthique médicale
de Paris V et d’analyse des systèmes de santé
de Lyon I, il oriente ses recherches sur la crisologie.
Sa thèse de 2006 portait le titre : « Contribution
à l’économie des crises. La crise à
l’hôpital ? ».
Professionnellement confronté à la gestion
de crise et sensible aux crises des personnes et des populations,
inspiré par les travaux de Georges-Yves Kervern,
Miora Mugur-Schächter, Patrick Lagadec et de médecins
hospitaliers, Jean-Marie Fessler il recherche les conditions
permettant de mieux appréhender la réalité
des crises. AI.
De quoi s'agit-il? Il s’agit d’abord de construire
une meilleure vision de la réalité des crises,
en dépassant leur aspect de choc événementiel
et en travaillant de manière pluridisciplinaire.
L’épistémologie, les modèles
biologiques, la physique quantique, la dynamique non linéaire
et aussi l’économie des extrêmes et la
sociologie peuvent certainement collaborer.
Il
s’agit ensuite de constituer un savoir commun utile
à chacun, ce qui comporte un travail important de
transmission dans un langage qui respecte les complexités
réelles et favorise le plus large accès. Il
faut vraisemblablement tisser des canaux formels-conceptuels-opérationnels
susceptibles de nous aider à vivre des états
latents ou patents de crise qui sollicitent de manière
variable le temps, l’espace, le savoir, les liens
sociaux, les systèmes d’information et la vie
de tous. Sans doute, des réponses efficientes aux
crises ne peuvent-elles procéder que d’un réglage
fin entre la contribution du terrain, l’appropriation
d’une culture des situations de crise, et un pilotage
responsable. Nous avons plus besoin d’un questionnement
ouvert que d’une agitation des plans de réponses.
En effet, c’est bien parce que les crises ne se laissent
pas prendre dans les formatages préconçus
qu’elles conduisent si souvent nos systèmes
de gestion de crise au fiasco.
Au
total, on peut espérer que la mise en relation de
toutes les contributions nécessaires, celles des
professionnels de l’urgence, de la sécurité
civile, de la communication et des assurances, des élus
locaux et des personnes engagées dans les mouvements
associatif et mutualiste, des experts de la gestion des
risques, des autorités publiques et des scientifiques
motivés pour développer la crisologie, nous
permettra de progresser. A défaut, nous risquons
de subir l’accroissement de dysfonctionnements systémiques.
Par
ailleurs, on sait que des liens vitaux unissent l’économie
monétaire à son immense double caché
: l’éducation parentale, la santé quotidienne,
la production non professionnelle, la création bénévole
de valeur, le volontariat, la contribution à la cohésion
sociale ? On a aussi des raisons de penser que les crises
les plus graves entament ces liens en produisant des résonances
cindyniques, jusqu’à la rupture. Alors, n’est-ce
pas une belle ambition que de souhaiter participer à
l’élaboration de la carte ou de la cosmologie
de ces liens vitaux dont chaque crise manifeste la vulnérabilité
mais aussi parfois la robustesse ?
Pour
en savoir plus
fessler@club-internet.fr
http://infodoc.inserm.fr/ethique/Ethique.nsf/0/d7d64ec4248a9912c12566db0050e2f2/$FILE/ATT5MONM/Document.pdf
http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/planblanc/plan_blanc2006.pdf