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devront commencer la lecture.
Sur
les sciences et les religions
Réponse
2 de Pierrick Bourrat
J’ai
relu l'article de MMS, et je trouve son analyse percutante.
Si je
résume ma pensée avec ses termes: il semble
bien que premièrement les sciences "choisissent"
la voie du déterminisme (qui est un choix métaphysique)
pour répondre à des questions. Deuxièmement
que le problème du créationnisme (s'il est
dénué de toutes tendance à vouloir
prétendre l'existence de Dieu scientifiquement) est
un faux problème. Et qu'il n'y a en soi rien qui
soit incompatible avec le fait de dire Dieu, si nous croyons
qu'il existe et que nous lui donnons une définition
claire à un niveau métaphysique, a créé
l'homme et tout les êtres vivant sur cette planète.
En tout cas cette position est tenable tans que personne
ne sera en mesure de proposer un schéma expérimental
permettant de tester cette affirmation (pour ma part je
choisit plutôt de me placer du coté des agnostique
en attendant).
Enfin
il me semble que MMS nous montre bien quelque chose d'analogue
à ce que je décrivais à propos de la
notions d'aléatoire en biologie, avec les notions
de temps et d'espace en physique. En effet on présuppose
certains paramètres comme aléatoires....mais
cette présupposition est pour le moins que l'on puisse
dire de nature métaphysique telle que les biologistes
la conçoivent. En tout cas ils s'interdisent de tester
cette affirmation. Seulement pour la plupart, cette présupposition
est une réalité. Il me semble pourtant que
des expériences pourraient réfuter assez facilement
l'hypothèse selon laquelle les mutations sont aléatoires
(dans le sens ou l'on ne peux vraiment pas prédire
à quel niveau de l'ADN elles se produisent). Et à
ce moment là, la théorie de l'évolution
telle qu'elle est acceptée aujourd'hui perdrait cette
ambiguité au niveau de la contingence et de cette
idée que ce qui ainsi aurait pu être autrement
du fait du hasard.
Réponse
de JP. Baquiast.
Bonjour,
je ne sais si je peux vous suivre (je parle de la 2e partie
de votre message). Je ne vois pas en quoi évolution
et créationnisme peuvent être compatibles.
Mais je en vais pas vous faire une réponse documentée
ici. Il faut que je réfléchisse à vos
observations. En attendant voyez l'article de MMS sur des
questions voisines, publié dans ce numéro
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/85/mms2.pdf
Il est un peu trapu, mais pour vous je pense qu'il devrait
être clair.
De Pierrick Bourrat
Bonjour.
Voici de mes nouvelles. Premièrement, j'ai réussi
à obtenir dans le cadre de mon master (2ème
année) ou anciennement DEA, un stage avec Robin Dunbar,
à Oxford : un programme européen vient d'être
lancé depuis Septembre sur l'étude des religions
d'une manière qui a priori m'a l'air très
interdisciplinaire. Voici deux liens résumant les
tenants et aboutissants de ce projet http://www.icea.ox.ac.uk/research/exrel/
et http://www.icea.ox.ac.uk/research/cam/projects/explaining_religion/.
Je vous
propose une fois mon stage terminé de faire un article
sur le sujet des religions, je ne sais pas encore quel seront
les détails de cet article mais je pense que cela
pourrait être intéressant (ça ne sera
pas avant Juin).
D'autre
part, à mon sens, il existe une confusion et finalement
un faux problème entre ceux que l'on nomme les "évolutionnistes"
et ceux que l'on nomme les "créationnistes"
.C'est ce que j'ai remarqué, en tout cas, dans mon
université; je pense que cette confusion peut facilement
être étendue. Si l'on résume les deux
idéologies : la première stipule que l'homme
est le produit des interactions de la matière, notamment
au niveau des gènes. La seconde, qu'une conscience
intelligente ou quelque chose d'analogue nous a créée,
rien de plus. On voit bien là que ces deux thèses
ne s'opposent pas et sont largement compatibles.
De toute
manière, la causalité si utilisée en
sciences mais aussi dans notre vie de tout les jours, nous
révèle un problème philosophique très
important (Kant y fait notamment référence
mais il était déjà connu des présocratiques)
et dont la réponse la plus cohérente semble
s'approcher de ce que les croyants appellent "Dieu".
Ce problème c'est celui de la cause première.
En effet si l'on cherche (cet exemple se veut simpliste)
la cause proximale d'une cause, autrement dit que l'on regarde
cette dernière non plus comme une cause, mais plutôt
comme une conséquence, et que l'on applique cet "algorithme"
un grand nombre de fois en remontant d'un niveau chaque
fois, suffisamment pour tomber sur un événement
que l'on nomme le Big Bang, on pourra se poser la question
"Mais, quelle est ou sont la ou les causes du Big-Bang?"....Et
arrivés à ce niveau, la science n'a plus grand
chose à dire actuellement. Et même si elle
"découvrait" la ou les causes du Big-bang,
ces nouvelles causes nécessiteraient elles mêmes
de nouvelles causes et ce à l'infini. Or ce fameux
infini, nous pose un problème conceptuel, nous avons
du mal à l'imaginer. En toute logique nous supposons
qu'il a existé une cause première qui est
à l'origine de toutes les causes et qui n'est elle
même issue d'aucune cause. Cela ressemble beaucoup
à ce que les croyants nomment Dieu.
Pour
ma part donc je ne vois aucune objection à parler
de Création, ou même de programme...Une chose
est claire cependant nous n'avons pas (encore?) accès
à ce programme, mais personne ne peut prétendre
qu'il n'existe pas, comme le font bon nombre d'évolutionnistes.
Les sciences y compris la biologie évolutive s'efforcent
de trouver des causes à des phénomènes.
Comme nous l'avons vu ces causes n'ont aucune valeur en
soi puisque si l'on remonte suffisamment le fil de ses causes
nous tombons sur quelques chose que nous ne comprenons pas
et qui surtout ne repose (de notre point de vue) sur rien.
Il serait donc bien plus judicieux à mon avis d'avoir
un esprit critique face au principe de causalité
clamé si fort par les sciences, que l'on accepte
parce qu'il est utile : c'est tout simplement qu'il est
un formidable outil pour décrypter ce qui nous entoure.
Il
serait aussi judicieux à mon avis de lutter non pas
contre le créationnisme mais plutôt ceux qui
expliquent les phénomènes qui nous entourent
avec des explications "surnaturelles" (il est
vrai qu'une corrélation existe, mais ce n'est pas
la bonne cible à mon avis). Ensuite il me semble
important de comprendre ce que signifie pour nous les concepts
d'aléatoire ou de contingent, car la synthèse
moderne de l'évolution se cache derrière ces
concepts en refusant de voir que l'aléatoire (bien
qu'elle le prône) n'existe pas en soi (en tout cas
pas aux niveaux auxquels elle s'intéresse). En effet
si un rayon ultra violet traverse un nucléotide au
niveau de l'ADN et le fait muter,ce n'est certainement pas
par "hasard", mais dire qu'il s'agit d'un événement
surgissant au hasard ou contingent est bien plus commode.
Commode oui , mais qui peut nous faire passer à coté
de quelque chose, une loi par exemple, qui surplomberait
ce que nous appelons "mutation au hasard". Il
faudrait bien se rendre compte que cette utilisation du
concept de hasard n'existe en fait que parce qu'elle est
utile, mais qu'en soi il y a une réelle incompatibilité
à être à la fois scientifique (et donc
déterministe) et croire au hasard transcendant sur
lequel rien ni personne n'a de prise ou même ne pourrait
en avoir.
Pour
résumé il me semblerait très judicieux
de se poser les bonnes questions, celles qui sont réellement
importantes, plutôt que de se borner à tenir
une position systématiquement opposée à
un courant ou une forme de pensée.
Deux
des plus gros super organismes en compétition sur
cette planète sont sûrement de manière
caricaturée les croyants "créationnistes"
et les "évolutionnistes". Il est aberrant
de constater que ces derniers, qui sont à l'origine
du concept de super organisme, ne se rendent même
pas compte qu'ils sont en train d'exécuter un schéma
qu'ils ont plus ou moins prédit.