Nous
proposons ici une rubrique destinées à
publier des informations brèves suivant
de près l'actualité. Nous leur donnerons
une tonalité politique (politique industrielle,
politique scientifique, intelligence économique)
qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à
toutes les autres rubriques de la revue. La page
Infoxpress ne remplacera pas la page ACTUALITES
|
Le
projet Solar Impulse
Le
projet suisse Solar Impulse vise à faire décoller
et voler de façon autonome, de jour comme de nuit,
un avion propulsé exclusivement à l’énergie
solaire. L'objectif est de réaliser en 2011 un
tour du monde sans carburant ni pollution, avec un nombre
minimum d'escales. Les promoteurs du projet, initialisé
en 2003, sont
Bertrand Piccard et André Borschberg, dont on connaît
les exploits précédents en matière
notamment d'aérostation stratosphérique.
Ils paieront de leur personne, puisque dès les
premiers vols, ils se partageront les commandes, l’appareil
ne pouvant, pour l’instant, accueillir qu’un
seul pilote à la fois. Les étapes dureront
plusieurs jours, imposant une forte contrainte au pilote.
On peut avoir en évoquant ce futur enjeu une pensée
pour Steve Fosset, mort aux commandes de son appareil.
L’envergure
de l’avion est de 80 mètres, soit légèrement
plus que celle de l’Airbus A380, afin de minimiser
la traînée induite et offrir une surface
maximale aux cellules solaires. Une charge alaire aussi
faible (8 kg/m2) implique une plus grande sensibilité
aux turbulence. La structure ultra-légère
doit utiliser des fibres de carbone spécifiquement
adaptées. Le
projet rassemble un groupe d'entreprises principalement
européennes, avec la participation de l'Esa.
On
s'interrogera sur l'intérêt d'une telle initiative.
Cette question serait stupide. Il suffit d'étudier
les fiches techniques de l'appareil pour voir les bénéfices
apportés aux technologies aérospatiales.
On ne remplacera évidemment pas avec le Solar Impulse
- du moins dans l'immédiat - un A380, mais le projet
fera progresser l'Europe dans un domaine où elle
doit se battre pour maintenir sa place. JPB
*
Solarimpulse http://www.solarimpulse.com/en/index.php
Les
réseaux ferrés, avenir de l'Europe

en
rouge, lignes TGV
en vert, lignes modernisées (vitesse 180/200 km/h)
La
revue La Recherche, en partenariat avec Alstom Transport
(publicité direz-vous, mais ce genre de publicité
me convient tout à fait, vu que je n'achète
pas une rame de TGV tous les matins) vient de publier
un supplément (novembre 2007, n° 413) consacré
au Train du futur.
Il
s'agit d'une projection à 50 ans concernant les
projets actuels de Lignes à grande vitesse (LVG)
et de Trains à grande vitesse, en France, en Europe
et dans le monde. Il faut absolument lire ce document
qui illustre clairement l'une de nos convictions : le
train à grande vitesse est l'avenir de l'Europe.
Les investissements en infrastructures seront importants
mais rapportés au voyageur ou à la tonne/kilomètre,
ils seront infiniment moins coûteux que le transport
routier, tous frais inclus, et moins coûteux aussi
que le transport aérien. Quant au matériel
roulant et aux divers systèmes d'exploitation,
ils permettront à l'industrie européenne
de se maintenir à la tête du progrès
technique, de l'emploi et de l'exportation. Les professionnels
du rail enfin, si vilipendés aujourd'hui, constitueront
plus que jamais une élite à rémunérer
convenablement, qu'il s'agisse de l'ingénieur,
du conducteur, du caténériste et de tous
les autres.
Les futurs
projets, il va de soi, ne se limitent pas aux LGV. Celles-ci
relieront des hubs par grandes zones géographiques,
autour desquels s'organiseront des réseaux de plus
en plus maillés associant les trains de type TER
(régional), les tram-trains et les tramways eux-mêmes.
Le transport du fret ne sera pas non plus oublié,
qu'il s'agisse de la formule train entier ou wagon-isolé.
Il
est clair que la structuration de l'Europe autour de ces
réseaux ne se fera pas sans une implication directe
des Etats et de l'Union européenne. Si des capitaux
privés sont appelés à financer certains
segments, ce ne pourra être qu'à titre complémentaire
et de façon extrêmement contrôlée,
pour éviter les défaillances. Ceci ne veut
pas dire que les exploitants et industriels ne seront
pas dans certaines limites mis en compétition pour
fournir le meilleur service. Mais ce sera le plus souvent
à la coopération plutôt qu'à
la concurrence qu'il faudra faire appel. JPB
Nous reviendrons sur ce thème passionnant dans
quelques temps.
Le
Hy-Bird
Le
constructeur aéronautique français Lisa
Airplanes développe plusieurs solutions innovantes
en matière d’aviation légère.
Le projet le plus spectaculaire est l’avion Hy-Bird,
conçu pour réaliser en 2008un tour du monde
en quinze escales, à deux passagers et sans kérosène.
Les ressources de l’ Hy-Bird seront fournies par
l’énergie solaire et l’hydrogène.
En effet, des cellules photovoltaïques apposées
sur les ailes et l’empennage fourniront l’énergie
nécessaire pour le décollage ainsi que pour
les alimentations auxiliaires, tandis que la pile à
combustibles alimentera l’avion pour son vol en
vitesse de croisière. Le tout sera propulsé
par un moteur électrique beaucoup plus silencieux
que les moteurs thermiques.
La société annonce les objectifs suivants
:
- Concevoir un avion utilisant des énergies renouvelables
n’émettant aucun gaz à effet de serre
et diminuer considérablement les nuisances sonores
normalement engendrées par les avions.
- Unir les forces des acteurs industriels et laboratoires
de la Savoie pour
promouvoir les compétences des acteurs régionaux
au niveau national et international
- Effectuer un projet ambitieux, de dimension mondiale,
ayant de multiples répercutions (scientifiques,
écologiques, médiatiques …)
- Arriver à terme à réaliser un avion
entièrement électrique proposé au
grand public et, ainsi, participer à la protection
de l’environnement.
Voilà
le genre d’initiative qui mériterait d’être
connue et encouragée par le grand public, au-delà
des seuls milieux aéronautiques. JPB
* http://lisa-airplanes.com/fr/innovation/vol-electrique.php
Satellite
lunaire chinois (source AFP)
La
Chine lance son premier satellite d'exploration lunaire,
dans le cadre d’un ambitieux programme visant à
envoyer un astronaute sur la Lune vers 2020. Baptisé
Chang'e, du nom d'une déesse de la mythologie chinoise,
ce satellite est propulsé par un lanceur Longue
Marche 3-A, depuis la base de Xichang, dans la province
du Sichuan (sud-ouest). Si le satellite est placé
en orbite autour de la Lune, aux alentours du 5 novembre,
cela représentera la première étape
du programme d'exploration lunaire qui prévoit
d'envoyer un homme sur la Lune en 2020.
Le satellite
doit en particulier prendre des images en trois dimensions
de la Lune pour préparer l'installation à
terme d'une base. Le programme, qui doit durer un an,
a coûté 184 millions de dollars (129 millions
d'euros). La Chine était devenue en 2003 la quatrième
puissance mondiale, avec les Etats-Unis et la Russie,
à envoyer par ses propres moyens des êtres
humains dans l'espace.
Le lancement
programmé de Chang'e est également l'occasion
de flatter la fierté nationale et d'exalter la
capacité de la Chine d'innover, un des grands objectifs
de l'actuelle direction du régime communiste menée
par le président Hu Jintao.
"L'exploration lunaire incarne la force de notre
pays, c'est très important pour élever notre
prestige international et notre unité", a
déclaré Ouyang Ziyuan, l'un des responsables
du programme lunaire, au Quotidien du Peuple, organe du
Parti communiste.
D'autres puissances
asiatiques, comme le Japon et l'Inde, se sont également
engagées dans la conquête de la Lune. Le
Japon a lancé à la mi-septembre son premier
engin destiné à tourner en orbite autour
de notre satellite. L'Inde espère elle aussi envoyer
un satellite autour de la Lune au premier semestre 2008.
"Il y a de nouveau un intérêt très
accru pour la Lune, car on considère que c'est
un premier pas pour aller ensuite sur Mars", explique
René Oosterlinck, directeur des relations extérieures
de l'Agence spatiale européenne (ESA).
Pendant
ce temps, l’Europe s’interroge encore sur
le rôle qu’elle jouera – ou plus vraisemblablement
qu’elle ne jouera pas, si elle continue sur la lancée
actuelle - dans les futures missions habitées sur
la Lune et sur Mars. JPB 24/10/07
Lancement
de la navette Discovery par la Nasa (source
AFP)
La
Nasa a lancé avec succès le 23 octobre la
navette Discovery et son équipage de sept astronautes
pour une mission ambitieuse et complexe de construction
de la Station spatiale internationale (ISS), clé
pour préparer les futures vols habités vers
Mars. L'orbiteur,
qui a atteint l'orbite terrestre en 8,30 minutes, doit
s'amarrer à l'ISS pour dix jours.
Le
principal objectif du vol de Discovery et de ses astronautes
- dont une femme commandant de bord, Pam Melroy, et un
Italien de l'Agence spatiale européenne (ESA),
Paolo Nespoli - est la livraison du module Harmony, indispensable
pour installer les laboratoires européen Columbus
et japonais Kibo. Columbus sera acheminé jusqu'à
l'ISS sur la prochaine navette prévue le 6 décembre.
Il y a donc dans ce vol un enjeu important pour l’ESA.
On sait que celle-ci, pour le moment, ne dispose pas de
moyens propres lui permettant d’envoyer sur l’ISS
des charges aussi importantes que Columbus.
Harmony,
un gros tube en aluminium pressurisé de 14,3 tonnes
de fabrication italienne, va permettre d'attacher et de
relier Columbus et Kibo à l'ISS. JPB 24/10/07
PS
au 08/11/07. Les diverses opérations prévues,
qui ont imposé des efforts considérables
aux astronautes, ont toutes été menées
avec succès. il s'agit d'un exploit qui ouvre véritablement
à l'ISS la porte d'une future et plus excitante
carrière. La navette s'est posée sans problèmes
le 06/11.
(Ci- contre, image de l'ISS prise le 12 juin 2006 (CNES)
Comme le montre cette image, avec ses panneaux solaires
déployés, l'ISS ressemblera de plus en plus
à un gigantesque aéronef multiplans du type
des premières années de l'aviation, au début
du 20e siècle.
Que
devons nous craindre davantage: le bioterrorisme ou le
biodefence programm américain?
Depuis
2001, les Etats-Unis se sont engagés dans un programme
de lutte de grande ampleur contre le bioterrorisme qui
permet de financer 400 laboratoires et 15.000 chercheurs.
Tous manipulent à des fins indéterminées
des centaines de germes pathogènes susceptibles
de développer des pandémies plus graves
les unes que les autres. Les règles de sécurité
semblent particulièrement lâches. De plus,
nul ne sait exactement qui fait quoi. Une petite ONG,
Sunshine Project, ne comptant initialement que deux personnes,
Edward Hammond et Jan van Acken, a entrepris depuis plusieurs
mois de recueillir de l'information sur ces activités.
Elle rencontre les plus grandes difficultés, bienqu'elle
agisse dans le cadre du Freedom of Information Act. Le
peu qu'elle a obtenu est moins que rassurant. Si d'éventuels
bioterroristes ne détournent pas les armes biologiques
étudiées ou synthétisées,
celles-ci s'échapperont inévitablement d'elles-mêmes
dans la nature. On s'inquiète à juste titre
de mutations du H5N1 mais G.W. Bush et les entreprises
irresponsables qu'il engage dans la lutte contre le terrorisme
nous préparent bien pire. JPB 15/10/07
*
Sunshine project http://www.sunshine-project.org/
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