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Publiscopie
Ecologie
et gouvernance mondiale
Par Jean-Michel Valentin
Autrement,
Octobre 2007
Présentation par
Christophe Jacquemin 11/11/2007
| |
Jean-Michel
Valentin est spécialiste des questions de développement
durable et d'environnement. Vivement intéressé
par le lien entre les modifications environnementales
et les évolutions stratégiques, il collabore
régulièrement à la revue "Diplomatie
Magazine".
Il est par ailleurs docteur en études stratégiques
et sociologie de la défense, spécialiste
de la sociologie de la stratégie américaine
et ancien chercheur au Centre de recherches pour la
paix et d'études stratégiques (CIRPES).
Précédents
ouvrages :
"Hollywood, le Pentagone et Washington, les trois
acteurs d'une stratégie politique" (Autrement,
2003), dans lequel il lève le voile sur l'interdépendance
entre l'industrie cinématographique américaine
et l'appareil de sécurité national des
Etats-Unis
"Menaces climatiques sur l'ordre mondial"
(Lignes de repères, 2005)
|
|
Nombre de livres sortent aujourd'hui sur le sujet de l'écologie.
Bien souvent, simplement parce que c'est d'actualité
(le Grenelle de l'environnement y
étant certainement pour quelque chose) et que le sujet
fait vendre. Bien sûr, de bons ouvrages existent(1),
mais rappelons que l'édition est un secteur consummériste...
Il
faut alors recommander ici la lecture d'Ecologie et gouvernance
mondiale :
Tout d'abord parce que Jean-Michel Valentin place son propos
sous l'angle de l'Ecologie politique.
L'analyse de la crise de l'environnement doit résulter
d'une vraie confrontation entre les contradictions inhérentes
à la cité humaine, à sa croissance, à
la façon dont elle est gouvernée. Elle doit
être vue sous un angle stratégique, dans un monde
multipolaire.
C'est toute l'originalité de l'auteur de se concentrer
sur les aspects géopolitiques des changements climatiques.
Nous avions déjà remarqué son précédent
ouvrage "Menaces climatiques sur l'ordre mondial"
(éditions Lignes de repère, 2005) où,
au-delà de la position officielle de tel ou tel pays
face au protocole de Kyoto (affectant aussi la légitimité
des Etats), l'auteur livrait un état des lieux des
fronts idéologiques à l'oeuvre. Il montrait
déjà, en quoi et comment le réchauffement
climatique, bien au-delà du phénomène
météorologique, était une menace globale
qui allait redistribuer les cartes entre les puissances mondiales.
En quoi il redessinait un nouvel ordre mondial. Dans cet exercice
prospectif, il explorait le choix des possibles, non sans
rappeler que les changement induits "entrent en synergie
avec l'ensemble des vulnérabilités économiques,
sociétales, politiques et stratégiques, devant
de nouveaux facteurs de dislocation à l'échelle
mondiale".
Par sa dernière phrase "Nous sommes à
la croisée des chemins", ce livre (écrit
en 2004 et publié en 2005) préfigurait alors
celui qui sort aujourd'hui.
Ensuite parce
qu"Ecologie et gouvernance mondiale est écrit
de façon claire et concise.
Loin des catastrophismes et de ses visions moralistes, l'ouvrage
passe en revue la mécanique qui commence à se
mettre en place, au niveau mondial(2),
afin de réagir aux enjeux environnementaux. Selon l'auteur,
l'écologie est devenue la clé de la gouvernance
mondiale. Les années à venir seront celles où
la créativité humaine, politique, scientifique
et technique, culturelle et éthique, s'investira dans
le projet global de perpétuation de nos sociétés
en préservant l'environnement : "Les résistances
sont nombreuses mais une dynamique sociopolitique globale
est en train de s'implanter, dont l'objectif est de faire
évoluer les relations entre l'humanité et l'écosystème
planétaire afin de prévenir un risque majeur
d'effondrement socio-environnemental généralisé".
Cette démarche repose sur la prise en compte de la
complexité, dont l'ignorance serait contre-productive.
Ainsi, pour l'auteur, nous sommes entrés dans un nouveau
paradigme...
En espérant que nous saurons très vite l'implanter
avant d'avoir épuisé notre planète...
(1)
.*Hélas,
le plus souvent, les approches originales proviennent d'auteurs
étrangers. Voir par exemple notre article "Le
plan B de Lester Brown".
(2) Notons qu'un chapitre entier est cosacré
à la démarche française ("La France,
la politique et la promotion de l'écologie").