Vers le site Automates Intelilgents
La Revue mensuelle n° 84
Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle

Information, réflexion, discussion
logo admiroutes

Tous les numéros


Archives
(classement par rubriques)

Image animée
 Dans La Revue
 

Retour au sommaire

ACTUALIT
ÉS

Automates Intelligents s'enrichit du logiciel Alexandria.
Double-cliquez sur chaque mot de cette page et s'afficheront alors définitions, synonymes et expressions constituées de ce mot. Une fenêtre déroulante permet aussi d'accéder à la définition du mot dans une autre langue (22 langues sont disponibles, dont le Japonais).

Le"World Knowledge Dialogue"

Nous retransmettons cet avis provenant de nos voisins hélvétiques. AI.

Logo World Knowledge DialogueJ'ai le plaisir de vous faire part d'un prochain événement mondial dont je m'occupe pour le compte des aspects construction de réseaux et communication. Il s'agit du "World Knowledge Dialogue" (www.wkdialogue.ch).
Cette initiative, née en Suisse en 2006, a l'ambition d'installer un dialogue interdisciplinaire de qualité au niveau mondial. Un premier événement a eu lieu en septembre 2006, et notre objectif est désornais de pérenniser l'aventure. Le premier pas en ce sens est l'organisation du deuxième symposium international en septembre 2008 (10-13), toujours à Crans-Montana, c'est à dire au coeur des montagnes valaisannes.

Voici quelques liens utiles:
le site du World Knowledge Dialogue: www.wkdialogue.ch (nous sommes en train de le compléter)
le premier flyer pour l'événement de 2008
http://www.defisciences.info/files/WKD_flyer_symposium2008.pdf
son encart, reprenant les brèves biographies des membres du Conseil scientifique
http://www.defisciences.info /files/WKD_ConseilScientifique2008.pdf
l'incription à la newsletter: www.wkdialogue.ch/newsletter
l'inscription (pré-inscription) au symposium: www.wkdialogue.ch/registration
des informations complémentaires sous forme de billets sur mon site DéfiSciences
www.defisciences.info

Nous aimerions non seulement accueillir des journalistes lors de l'événement (ils pourront y participer librement et réaliser toutes les interviews qu'ils veulent), mais aussi et surtout servir de point de référence à tout moment de l'année (pourvoyeurs d'orateurs prestigieux venant du monde entier) sur les sujets que nous avons traités en 2006, sur ceux que nous traiterons en 2008, ainsi que sur la notion de "dialogue interdisciplinaire" en elle-même (cette notion est d'ailleurs celle qui est au coeur de toutes nos activités, et nous envisageons d'aller chaque fois plus loin dans la compréhension des modalités et de l'efficacité du dialogue).

Nous aimerions ainsi faire bénéficier les médias au sens large de notre "palette de personnalités de renommée mondiale", par exemple dans le cadre d'événements d'actualités qui nécessitent le recours à des avis d'experts. Nous souhaiterions aussi faire connaître l'initiative le plus largement possible (par exemple par le biais d'interviews de l'équipe organisatrice), en particulier du prof. Francis Waldvogel, ancien Président du Conseil des Ecoles polytechniques fédérales de Suisse.

Ariane Vlerick PhD ariane.vlerick@wkdialogue.ch


Le 3e Challenge, Urban Challenge, organisé par la Darpa
Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin - 05/11/07

Le 3e Challenge organisé par la Darpa (agence de recherche militaire américaine) pour encourager la réalisation de véhicules complètemement autonomes a été gagné le 1e novembre 2007 par une équipe de Carnegie Mellon University, le Tartan Racing, avec une Chevrolet Tahoe spécialement équipée baptisée Boss. Contrairement aux précédentes compétitions, qui se déroulaient dans la nature, ce dernier, dit Urban Challenge, obligeait les compétiteurs à naviguer dans une ville reconstituée en vraie grandeur sur l’ancienne base aérienne George de Victorville, située au nord-est de Los Angelès. Un trafic correspondant à celui d’une ville moyennement fréquentée a été reconstitué dans ce cadre, avec de vrais véhicules et de vrais piétons, des parkings, des feux de circulation et des agents de police. Les robots devaient s'intégrer au trafic urbain, éviter toutes les embuches et mauvais conducteurs tout en respectant le code de la route et les feux rouges, chaque infraction étant pénalisée par des points départageant les candidats.

Les quelque 60 miles du parcours ont été exécuté en 6 heures par les premiers gagnants, soit une vitesse d’environ 15 km /h de moyenne, qui constitue un vrai défi en ville.

35 véhicules ont participés aux présélections, conduisant à 11 véhicules sélectionnés pour les épreuves finales. Parmi ces derniers, cinq ont finalement été éliminés. Les 11 compétiteurs étaient les suivants: Junior, Little Ben de Ben Franklin Racing, Talos du MIT, Terramax, camion de 11t de Team Oshkosh, Skynet de Cornell, AnnieWay de Team AnnieWay, The Ford Truck de Intelligent Vehicle Systems, Boss de Tartan Racing, Caroline de CarOlo, Boss du Stanford Racing and Knight Rider de Central Florida. University. Le prix remporté par Tartan est de 2 millions de dollars (1,4 millions d'euros), 1 million de dollars allant à la voiture arrivée deuxième (Stanford Racing Team, qui était arrivée deuxième à la compétition précédente en 2005) et 500 000 dollars au 3ème (Victor Tango).

Partie du parcours

Il faut constater ici les progrès fulgurants enregistrés en quelques années en matière de véhicules autonomes : lors de la première compétition de 2004, aucun des 15 robots candidats n'avait été capable de finir le parcours de 230 kilomètres dans le désert californien. Un an après, cinq véhicules sans pilote ont réussi à parcourir la même distance en moins de dix heures, après 50 virages, des pistes de sable, des tunnels ou des pentes inclinées (voir notre actualité du 18/10/05 ).

Cette nouvelle compétition de 2007, mettant la barre vraiment très haut, montre tous le chemin parcouru et toute l'ingéniosité de la Darpa, trouvant ainsi avec de tels challenge un formidable moyen de mobiliser les meilleurs cerveaux du pays, voire internationaux : 4 équipes allemandes étaient cette année de la partie, deux d'entre elles restant parmi les 11 concurrents finalistes. A peu de frais, l'agence militaire réussit ainsi à faire un comparatif des meilleures technologies (cet avantage ayant été chiffré à au moins 10 millions de dollars pour la compétition de 2005).

C'est aussi pour les chercheurs de la Darpa un bon moyen de pousser l'innovation chez les militaires, naturellement peu enclins à céder leur place à un automatisme. L'agence se fonde en effet sur la demande du Congrès américain d'intégrer d'ici 2015 un tiers de véhicules sans conducteurs dans le parc opérationnel de l'US Army. Les participants y trouvent de leur côté un financement et une vitrine pour mettre en valeur leurs innovations et de valoriser leurs technologies.

Nous ne pouvons que répéter notre propos habituel : sans de telles incitations mobilisant beaucoup de laboratoires et d’entreprises, intéressant un large public et aux retombées civiles multiples, la robotique européenne ne décollera pas facilement. Les constructeurs automobiles européens, pour leur part, ne disposeront pas des composants leur permettant de faire face aux nouvelles générations de véhicules qui seront commercialisés par leurs concurrents.

En savoir plus :
Darpa grand challenge :
http://www.darpa.mil/grandchallenge/index.asp


Salon automobile de Tokyo : Suzuki présente le prototype Pixy-SSC et son concept de "mobilité durable"
Christophe Jacquemin - 03/11/07

La Pixy et la SSCLes Japonais ne sont jamais en panne d'idées. On a pu s'en rendre compte au Salon automobile de Tokyo, reconnu comme le salon automobile International le plus futuriste. Un domaine où le Japon excèle, avec cette annés pas moins de 520 véhicules présentés, dont 71 en première mondiale, des prototypes pour la plupart.
Très remarqué a été le nouveau concept de "Sustainable Mobility" (mobilité durable) de la firme Suzuki avec son drôle de prototype tout é Protoype I-Swing de Toyotalectrique, composé de deux unités spécifiques : une voiturette d'une personne, la PIXY, et une unité compacte plus routière appelée la SSC (Suzuki Sharing Coach), l'ensemble - PIXY et SSC associés - formant une automobile complète.Le Pixy : photo : Suzuki
Si l'idée d'un “véhicule de mobilité personnelle" (le i-Swing -voir photo de gauche) avait déjà été présentée par Toyota l'année dernière, ce 3 en 1 rend l'approche encore plus intéressante. Même si elle paraît des plus futuriste, cette idée doit être examinée de près sachant que Suzuki est leader dans le domaine des petits chariots à 4 roues pour les personnes âgées. Etant donné que plus de 20% de la population japonaise a plus de 65 ans, et cette proportion étant en augmentation, on peut s'attendre à ce que le concept séduise. La PIXY peut être avantageusement utilisée pour de courtes distances et à vitesse réduite. Et si besoin, l'existence du SSC - qui embarque deux personnes et leurs Le SCCPIXY- .fait alors office d’automobile.

Suzuki évoque également la possibilité, sur le même principe, de réaliser un véhicule plus sportif (le SSF) ou un.... bateau (le SSJ) !

En savoir plus :
Communiqué de presse de suzuki :
http://www.globalsuzuki.com/globalnews/2007/1001.html


Une meilleure exploitation des gisements pétrolifères grâce à la sismique 4-D
Christophe Jacquemin - 02/11/07

Martin LandroMartin Landro, professeur de géophysique appliquée à l'Université de Science et de Technology deTrondheim (NTNU), a été récompensé du prix de recherche de StatoilHydro 2007 pour son travail de sismologie en quatre dimensions. Ce chercheur norvégien est un pionnier du développement et de l'utilisation de la sismique 4D pour suivre la production de gaz et de pétrole dans les réservoirs, apportant durant les dix dernières années d'importantescontributions théoriques et pratiques a travers le développement de cette technologie.

La méthode - exploitée aujourd'hui par les différentes compagnies pétrolières - consiste à effectuer plusieurs enregistrements successifs de sismique 3D, à intervalles de temps réguliers, sur un même champ pétrolifère. La comparaison des enregistrements permet ensuite de suivre l'évolution du gisement pendant sa production. La quatrième dimension, le temps, donne des informations sur la façon dont le pétrole et l'eau s'écoulent dans le réservoir. Elle permet aussi de dire où le pétrole restant se trouve. Ainsi, en ajoutant le temps aux interprétations sismiques, on améliore la rentabilité du gisement.


Plate-forme pétrolière sur le gisement de GullfaksMartin Landro a par exemple contribué à améliorer la rentabilité et à augmenter de 6 milliards de couronnes (1 couronne = 0,1264 euro) par an la valeur du gisement de Gullfaks, l'un des plus grands gisements pétrolifères norvégien.

La compagnie norvégienne StatoilHydro utilise aujourd'hui la méthode sur 70% de ses gisements


A lire :
Martin Landro : "Futur Challenges and unexplored methods for 4 D seismic analysis" (format pdf)


L'énergie des mers
J.P. Baquiast - 31/10/07

La France, dotée d'une longue façade maritime, aux caractéristiques océanologiques diversifiées, devrait investir plus qu'elle ne le fait dans les solutions permettant de produire de l'énergie à partir de la mer. Nos voisins européens le font davantage que nous, encore que l'Europe elle-même n'ait pas encore suffisamment encouragé ce domaine de développement, dont les retombées de toutes sortes pourraient être importantes, tant pour les besoins intérieurs que pour l'exportation.

Pour mettre un peu d'ordre dans les applications, nous distinguerons, suivant en cela les spécialistes du domaine, 4 directions de recherche :

- L'énergie des vagues ou houlomotrice
Des générateurs flottants ou immergés à faible profondeur produisent du courant en utilisant les Principe du Searevmouvements de la houle afin d'actionner les pistons de moteurs hydrauliques. Nous avons précédemment mentionné le système Pelamis développé par l'entreprise Ocean Power Delivery. Il comporte 5 tronçons articulés dont un exemplaire est actuellement installé au Portugal. 30 installations semblables sont prévues en Ecosse. En France, l'ingénieur Alain Clément propose le Searev, comportant des générateurs inclus dans des coques de 25 mètres de haut, actionnés par un pendule (voir schéma). Malheureusement, il n'existe pas encore en France de démonstrateurs significatifs du dispositif.
L'énergie houlomotrice nécessite des eaux à la fois ouvertes aux houles et abritées des fortes tempêtes. Elles excluent en général la présence d'autres activités maritimes.

- L'énergie hydrolienne
Le système en est théoriquement simple. Des turbines analogues à celles de l'usine marémotrice de la Rance (solution qui ne sera pas renouvelée vu ses effets nuisibles sur les estuaires), mais de plus grande taille, sont immergées dans des zones de forts courants (3 à 4 nds minimum). L'immersion peut être suffisamment profonde pour permettre les activités de surface. Mais les sites favorables ne sont pas très nombreux, du moins en France. La firme britannique Marine Current Turbine développe le système Seagen, comportant des hydroliennes sur pylônes de 16m de diamètre. Le LEGI ( Laboratoire des écoulements géophysiques et industriels) de Grenoble propose des hydrolienne à axe de rotation vertical (système Harvest) installées sous un flotteur de surface. Ces deux solutions obstruent la navigation. La firme française HydroHélix développe le programme Marénergie comportant des turbines bidirectionnelles, fonctionnant en cycle continu, avec le flot et le jusant. Ce dernier système est immergé et libère donc en principe la circulation de surface.

- L'énergie éolienne offshore
Cette solution a depuis longtemps été étudiée et testée. Si le littoral offre des zones suffisamment abritées et libres d'autres activités, des fermes éoliennes de grande importance peuvent être envisagées. Les mers peu profondes, comme la mer du Nord, sont évidemment préférables. Les éoliennes implantées sur le fond ne peuvent pas éviter les effets des vagues, ce qui perturbe leur fonctionnement. Des éoliennes plus petites sur radeaux ancrés semblent préférables. Dans tous les cas, on a fait valoir les risques pour les oiseaux marins et aussi, assez curieusement, ceux tenant à la présence de nombreuses mines datant de la dernière guerre mondiale, non explosées, que les travaux pourraient réactiver.

- L'énergie hydrothermique
Cette solution applique les principes de la géothermie aux différences de température entre eaux de surface et eaux profondes. Des «échangeurs thermodynamiques» captent calories et frigories et les restituent via des pompes à chaleur sous forme de chaleur ou de froid selon les saisons. La solution est appliquée à Monaco et le sera à La Seyne sur Mer. Elle n'encombre pas particulièrement le littoral et pourrait être installée là ou existent déjà des ouvrages portuaires.

Concluons en observant que pour prendre un véritable envol, ces diverses filières supposeraient de nombreuses aides publiques, ne reposant pas seulement sur la seule bonne volonté des collectivités locales. Au plan technique, les premières versions se révéleront certainement décevantes. La mer déjoue souvent les bonnes idées des ingénieurs uniquement développées en bassins. Le milieu est également très corrosif et obligera à des opérations de maintenance lourdes. Mais assez vite, la hausse des prix des combustibles fossiles et l'industrialisation des solutions devraient rendre ces solutions viables. Il serait souhaitable que l'Europe et, pour ce qui la concerne la France, puissent s'en convaincre rapidement.


Un robot humanoïde qui joint le geste à la parole
C. Jacquemin - 24/10/07

Robot humanoÏde - Photo : NICTDes chercheurs de l'institut national des technologies de l'information et de la communication japonais (NICT) viennent d'annoncer avoir mis au point le premier prototype de robot humanoïde autonome sachant réellement allier le geste à la parole pour s'exprimer de façon intelligible et rationnelle. "Nous avons réussi à mettre au point un robot humanoïde capable de prononcer des mots en les accompagnant de gestes idoines, lesquels sont indispensables pour bien faire passer un message à un interlocuteur", expliquent les concepteurs du robot.
Il faut savoir en effet que la communication entre humains passe aussi par le non verbal : le robot doit savoir reconnaître et utiliser le langage du corps : "La technologie et le mécanisme de pointe employés sont essentiels si l'on veut concevoir des robots qui puissent communiquer de façon riche et naturelle avec les humains, surtout avec les personnes âgées et les enfants".
Les compétences du robot reposent ici sur le fait qu'il est capable d'observer, de reconnaître et de mémoriser le comportement humain. Il apprend en observant le langage du corps (tout comme les enfants, qui apprennent la communication non verbale en regardant les autres), imitant alors le comportement observé avec des gestes naturels.
Le robot crée également des cartes 3D permettant de se rappeler à quoi ressemble les gens et leurs corps, même lorsqu'ils sont vus sous des angles différents. Il est aussi doté de mécanismes fins de contrôle de la force, conduisant à des mouvements précis, sans danger physique lors de ses interactions avec l'homme.

Le communiqué de presse du NTIC reste imprécis quant aux gestes susceptibles d'être effectués par le robot lors d'une conversation avec un humain. Une présentation officielle serait prévue pour le 29 octobre. Va-t-on le voir nous mettre une bonne claque dans le dos et se tordre lorsqu'on lui raconte une histoire drôle ?

En savoir plus
Communiqué du National Institute of Information and Communications Technology (NICT)
http://www2.nict.go.jp/pub/whatsnew/press/h19/071024/071024.html


Retour au sommaire