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Infoxpress

août 2007

Nous proposons ici une rubrique destinées à publier des informations brèves suivant de près l'actualité. Nous leur donnerons une tonalité politique (politique industrielle, politique scientifique, intelligence économique) qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à toutes les autres rubriques de la revue. La page Infoxpress ne remplacera pas la page ACTUALITES


Croire au Diable n'est pas plus scientifique que croire en Dieu

On peut s'étonner de voir Le Monde 2 proposer sans aucun recul des extraits du nouveau roman de Norman Mailer, consacré à l'enfance d'Hitler "Un château en forêt". L'auteur, bien que faisant appel à des détails biographiques apparemment sérieux, pervertit son analyse en introduisant un envoyé de Satan qui guiderait le jeune Adolf dans la voie satanique, afin d'en faire le Mal incarné. C'est une offense grave aux historiens que prétendre expliquer des phénomènes relevant de la psychologie et de la sociologie par l'intervention du Diable. Si Mailer avait fait appel au doigt de Dieu pour justifier la chute finale de Hitler, tout le monde se serait moqué. Mais là, apparemment, les critiques, impressionnés se taisent. Satan serait-il plus crédible que Dieu? Norman Mailer est bien américain en cela. Pour lui l'explication du monde ne se conçoit pas sans appel au surnaturel.


Bioéthique ou biorégression

Une expérience récente faite sur la souris a montré que seules des cellules-souches embryonnaires pouvaient réparer un muscle cardiaque en partie détruit par un infarctus. Tout permet de penser que l’opération serait transposable chez l’homme. En tout cas, il faudrait pouvoir un jour essayer. On voit les espoirs que de telles interventions pourraient donner à des malades condamnés à l’immobilité suite à une atteinte cardiaque étendue. Rappelons qu'au contraire des cellules-souches embryonnaires, les cellules-souches non embryonnaires ne manifestent que des facultés d'adaptation et de regénérescence très limitées.

Malheureusement, cette perspective, qui devrait faire l’objet d’un intérêt unanime en Europe, reste du domaine de l’impossible du fait de la radicalisation progressive de l’Eglise catholique concernant tout ce qui touche à l’embryon, fut-il constitué de quelques cellules seulement. Cette position lui est propre et ne se retrouve pas dans les autres religions. Un certain nombre de gouvernements européens ont cependant intériorisé les interdits du Vatican et prohibé, notamment, les recherches sur les cellules-souches embryonnaires. Seule la Grande Bretagne fait montre à cet égard du minimum d’ouverture permettant à la recherche scientifique de s’exercer normalement.

Les biologistes européens s’impatientent de plus en plus. Certains d’entre eux viennent de demander aux législateurs allemands et italiens de revenir sur les interdictions en vigueur dans ces deux pays concernant les recherches sur l’embryon humain. Quant à la France, le précédent gouvernement avait promis que cette question, parmi d’autres, serait soumise à des Etats Généraux de la bioéthique qui devaient se tenir à la rentrée. Ces débats devaient précéder la révision de la loi de bioéthique prévue pour 2009 et être conduits sous l’autorité de l’Agence de la biomédecine. Mais aujourd’hui, à la consternation de la très grande majorité des professionnels, la ministre de la santé et des sports refuse d’honorer cette promesse.

En bonne logique européenne, ces questions devraient être discutées et réglementées de la même façon dans l’ensemble de l’Europe. La maladie n’y a pas de frontières. Les soins ne devraient pas en avoir non plus. De plus, il est anormal que les athées et agnostiques soient pénalisés du fait de croyances qu’ils ne partagent pas. S’il est sans doute encore impossible d’obtenir un consensus minimum sur les questions de bioéthique dans l’Europe des 27, il serait au moins souhaitable que les grands Etats européens, disposant de potentiels de recherche importants, puissent s’accorder après discussion sur des protocoles dont l’importance en termes scientifiques et thérapeutiques se révèle chaque jour davantage.


Les bombardiers stratégiques russes

Pour rester dans le domaine de l'aviation militaire, nous pouvons noter la mini-gesticulation qu'a entreprise le président Poutine en relançant les patrouilles intercontinentales du vieux cheval de retour dont dispose encore l'aviation russe, le bombardier stratégique Tupolev TU 95 dit aussi Bear. Les âmes sensibles se sont peut-être émues, du moins en Europe de l’Est. Mais c’est oublier que depuis des mois les Etats-Unis multiplient les provocations militaires à l’égard de la Russie. Ils sont bien soutenus en cela par la Grande Bretagne. La dernière (ou avant dernière) de ces provocations a consisté à refuser l’offre russe d’implanter sur une base sous influence russe les radars américains du futur système anti-missiles balistiques qui sera déployé en Europe. Le prétexte qui laisse beaucoup d’experts dubitatifs était que cette base était trop proche de l’Iran.

Certes le Bear peut encore emporter des missiles nucléaires, mais pourquoi suspecter aujourd’hui les Russes de vouloir utiliser de telles armes alors que les pays occidentaux n’ont pas besoin de bombardiers pour délivrer des charges nucléaires où ils veulent. Il semble que les Etats-Unis et leurs amis anglais soient animés de la volonté tenace de rendre impossible toute coopération avec la Russie. Si la France voulait faire entendre une voix différente et plus raisonnable à ce sujet, ce serait peut-être le moment d’envoyer à Moscou M. Kouchner. Mais à la réflexion, un autre émissaire serait peut-être préférable. 22/08/09


Les avions ravitailleurs de l'US Air Force
Philippe Grasset, 22/08/09

Des raisons techniques et budgétaires sont évoquées pour justifier le rejet de l'offre EADS Northrop Grumman dans l'acquisition d'avions ravitailleurs pour l'armée de l'air américaine (USAF). Mais les commentaires de la presse américaine montrent bien qu'il s'agit essentiellement d'une mesure inspirée par le patriotisme industriel . Vous dites « patriotisme industriel » ? Je croyais que ce mot était indécent, à l'heure du libéralisme triomphant.

Un formidable contrat de l'USAF est actuellement en compétition entre l'Europe et les USA : autour de $100 milliards sur 10 ans pour une flotte de ravitailleurs en vol. D'un côté, le KC-767 de Boeing, de l'autre le KC-30 de Airbus (EADS), qui a fait alliance avec aux USA (les deux avions sont des adaptations militaires de deux modèles civils de Boeing et d'Airbus). Les Européens espèrent faire une percée sur le marché militaire américain mais divers signes montrent que leurs espérances s'apparentent de plus en plus à des illusions.

• Un premier point est la décision de l'USAF, au début du mois, d'écarter toute formule de partage du marché entre Boeing et EADS/ Northrop-Grumman. Cette formule, lancée par les parlementaires des Etats où Northrop-Grumman a de l'influence, était évidemment la plus sûre formule pour que les Européens obtiennent un contrat de l'USAF. Elle représentait un cadeau fait par le Pentagone à la représentation parlementaire favorable à Northrop-Grumman. La formule a été jugée trop coûteuse par une USAF qui affronte une crise budgétaire majeure.

• Au-delà de cet argument, toutes les indications montrent que les Européens n'ont guère de chances face à Boeing. Celui-ci joue à fond la carte patriotique et protectionniste. Il obtient tous les soutiens patriotiques nécessaires. De plus il avance que ce contrat est vital pour la survie de sa division militaire dans la décennie qui vient, ce qui est un argument toujours efficace. Boeing vient d'organiser un déplacement sponsorisé de journalistes influents pour promouvoir son offre. Un certain Godfarb, du Weekly Standard, invite, avait déjà fait valoir son point de vue : « “Airbus is a European company, and worse, it's closely connected to the French government The folks in Congress can find a way to award the contract to Boeing without the appearance of any impropriety. But how could they explain sending our tax dollars to France?” .Une traduction est-elle nécessaire?

Une non-décision pourrait être prise, consistant en un report du contrat jusqu'à ce que les industriels américains proposent de nouvelles générations de ravitailleurs entièrement automatisés. Les avions actuels seraient en effet encore opérationnels à 90%. Ceci étant, une défaite du KC-30 (ou un report de la décision, ce qui revient au même pour le KC-30) dans cette affaire serait un rude coup pour la fraction allemande (de tendance transatlantique) de EADS, représentée par l'Allemand Enders (nouveau patron d'Airbus) contre le Français Gallois (nouveau patron d'EADS). Un renforcement de plus de l'influence française dans EADS devrait en résulter.
Les notes :

* Lire l'article complet de Philippe Grasset, avec ses références
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4342


Chrysomèle du maïs, maïs transgénique et désinformation

Notre ami Michel Naud, président de l'association francaise pour l'information scientifique, dont nous constatons régulièrement le rôle utile pour purger les communications scientifiques de diverses atteintes idéologiques, religieuses ou commerciales, nous communique un échange qui l'oppose au journal Futura-Sciences. En bref, celui-ci reprend à mots plus ou moins couverts une accusation faite au maïs trangénique Monsanto MON863, utilisé aux Etats-Unis pour lutter contre la chrysomèle des racines du maïs (Diabrotica virgifera). Des bruits apparemment non fondés ont circulé dans les milieux anti-OGM, selon lesquels des rats nourris de ce maïs présenteraient des malformations anatomiques. Ces accusations font suite aux insinuations selon lesquelles la chrysomèle des racines du maïs aurait été introduite ou réintroduite en Enrope par des agents de Monsanto, afin de faciliter la vente de la variété protégée MON863. Nous n'avons pas de sympathie particulière pour Monsanto, mais il nous parait particulièrement dangereux, sous prétexte de lutter contre les OGM, de monter de faux procès qui ne visent qu'à une chose, favoriser le rôle politique des militants anti-OGM et des écologistes qui les défendent - tout en déconsidérant les scientifiques qui essayent d'y voir clair sans être nécessairement soudoyés par les industriels.

Le lecteur se fera une idée de la question en consultant l'article de Futura-Sciences et celui de l'Afis . Michel Naud demande à Futura-Sciences de rectifier son information. Nous noterons pour notre part que si Futura-Sciences s'inscrit sans hésiter dans la lutte contre les OGM, il n'hésite pas à publier de nombreuses publicités pour les solutions (chimiques) permettant le "traitement" des plantes. On suppose que les rats, non plus que les humains, n'apprécient particulièrement les produits correspondants; 18/08/07


Compromis Washington/New-Delhi sur le nucléaire

Les Etats-Unis et l'Inde ont signé un compromis sur la mise en oeuvre de l'accord de coopération nucléaire annoncé en juillet 2005 par le président américain, George Bush, et le premier ministre indien, Manmohan Singh. Cette coopération était présentée comme ouvrant la voie à un partenariat stratégique jugé de la plus haute importance par Washington. L’Inde avait craint un moment que le Congrès ne ratifie pas ce projet, mais il l’a fait en décembre 2006. Demeurait la question de savoir si New Delhi conservait la possibilité de retraiter le combustible usagé et de procéder à d'éventuels essais nucléaires.

L’accord n’est pas connu. On sait que les Etats-Unis ont accepté l'exception indienne. Alors qu'ils n'autorisent que les alliés les plus proches (Japon, Union européenne) à retraiter l'uranium, ils ont accepté de donner les mêmes droits à l'Inde. En échange, New Delhi devra construire de nouvelles installations à cet effet, qui devront être soumises au contrôle de l'Agence internationale pour l'énergie atomique. En ce qui concerne les éventuels essais nucléaires - pour lesquels New Delhi observe un moratoire unilatéral -, les deux parties sont restées dans le flou. L'Inde, qui s'inquiétait de perdre sa source d'approvisionnement en cas d'essai nucléaire, pourra disposer d'une réserve stratégique de combustible et d'un accès garanti par les Etats-Unis au marché international. L'accord ne pourra entrer en vigueur que lorsque l'Inde aura négocié les conditions de vérification par l'AIEA. Le Congrès devra réexaminer l'accord.

On constate que les Etats-Unis sont prêts à de grandes concessions dans le domaine nucléaire quand ils s’adressent à l’Inde. Pour eux, il est essentiel d’en faire un « partenaire privilégié », notamment vis-à-vis du Pakistan. Ils comptent aussi vendre des matériels militaires nombreux à l’Inde, comme ils l’ont déjà annoncé.

Cela veut-il dire que l’Inde entrera définitivement dans la sphère d’influence américaine ? La chose parait peu probable, compte-tenu des ambitions à l’autonomie politique et économique de ce pays à l’égard du reste du monde. Les Etats-Unis sont trop imprévisibles aujourd’hui pour devenir des partenaires à suivre les yeux fermés. L’Europe en tous cas devrait rappeler, si besoin était, et pas seulement par la voix de la Grande Bretagne, qu’elle compte aussi développer un partenariat avec l’Inde, notamment dans les technologies de défense de l’environnement et de la santé. Elle ne devrait pas non plus renoncer à une coopération dans le nucléaire. Les Américains estiment en effet que la coopération nucléaire avec l'Inde pourrait générer des contrats allant jusqu'à 100 milliards de dollars pour l'industrie américaine et créer 27.000 emplois chaque année pendant dix ans. 08/08/07


Accord Areva-Niger

Le Niger est le 4e producteur mondial d’uranium, après le Canada, l’Australie, le Kazakhstan et la Russie. La demande ne cessera d’augmenter dans les prochaines années, suite au nouvel engouement qui s’exprime pour les centrales électro-nucléaires. La firme française Areva, un des premiers industriels en ce domaine, se doit donc d’assurer ses approvisionnements en combustible, si possible par des contrats à long terme garantis au plan diplomatique. Mais elle doit admettre que le temps n’est plus où elle était presque seule sur ce marché et pouvait dicter ses conditions aux Etats miniers.

Après diverses péripéties, qui pouvaient faire craindre une rupture entre les deux parties, Areva et le gouvernement du Niger se sont mis d’accord, par un document signé le 1er août, sur de nouveaux termes pour l’exploitation des mines de Cominak et de Somaïr, situées près d’Arlit, dans le massif de l’Aïr (photo ci-contre). Le prix de vente sera plus élevé et Areva perdra le monopole de l’achat du minerai. Le Niger va certainement diversifier ses partenaires. De nombreux pays, dont la Chine, prospectent de plus en plus dans la région et font le siège de Niamey.

Il s’agit d’une évolution tout à fait normale, que l’intérêt comme la morale conseillent d’encourager. Un pays comme la France ne doit pas donner l’exemple, ni en Europe ni dans le monde, d’une exploitation sans scrupules des pays producteurs de matières premières. Areva pour sa part devra améliorer les conditions d’exploitation sur les sites et fournir au Niger des services associés. Mais cela ne l’empêchera pas de procéder ailleurs à d’autres acquisitions, comme le rachat qui vient d’être annoncé, pour 2,5 milliards de dollars, du groupe canadien Uramin et de ses gisements en Afrique.

Plus généralement, comme l’uranium-minerai sera de plus en plus une denrée rare, l’une des solutions d’avenir demeure la surgénération. Abandonnée par la France (à tort pensons-nous) suite aux difficultés de Superphoenix, elle redeviendra possible dans de meilleurs conditions avec les futures centrales de 4e génération.


Appel de James Hansen concernant la remontée du niveau des mers

James Hansen est chef du Goddard Institute for Space Studies de la NASA. Il s’est déjà fait connaître par des publications à contre-courant du discours politique américain concernant les risques du réchauffement climatique et le rôle des activités humaines dans celui-ci. Sa carrière en a certainement souffert, bien que sa notoriété interdise que l’on prenne contre lui de sanctions trop évidentes. Nous avons plusieurs fois cité ses déclarations.

Aujourd’hui, dans un article édité par le nouveau Journal en Libre Accès Environmental Research Letters, (journal que nous conseillons à nos lecteurs d’inscrire dans leurs favoris) et repris par le NewScientist du 28 juillet 2007, p. 32, il dénonce une « réticence scientifique » pesant sur beaucoup de ses collègues. Ceux-ci n'osent pas faire connaître ceux de leurs travaux relatifs à une prochaine montée du niveau des mers pouvant atteindre plusieurs mètres. Ils craignent des rétorsions de ceux qui militent pour le "business as usual". Pourtant, les conséquences de ce phénomène seraient si catastrophiques pour les zones côtières du globe, les plus habitées et les plus actives économiquement, qu'il faudrait au contraire alerter l'opinion. Tous les pays seraient touchés, y compris les pays riches. De grands travaux protecteurs mobiliseraient des crédits considérables.

La seule façon d’éviter que ceci ne se produise – et peut-être est-il d’ailleurs trop tard – serait de limiter sévèrement la production de gaz à effet de serre, afin que la température globale d’ici la fin du siècle ne dépasse pas 1°. James Hansen appelle, au-delà du discours politiquement contraint du GIEC ou Panel on Climate Change, à un regroupement des scientifiques décidés à faire connaître publiquement les causes et les conséquences de cette montée du niveau des mers. Ceci de toute urgence car le phénomène parait susceptible de s’emballer de façon incontrôlable compte tenu de nombreux effets rétroactifs encore mal connus. (image: La Floride après une hausse de 5 m. du niveau océanique. En rouge les parties submergées).

* ERL http://www.iop.org/EJ/journal/erl
* Article et références
http://www.iop.org/EJ/article/1748-9326/2/2/024002/erl7_2_024002.html


Les riches détruisent les richesses du monde

Dans une lettre publié par la revue scientifique britannique NewScientist du 28 juillet 2007, Victoria Hurth de la Business School de l’université d’Exeter et Peter Welles de l’Université de Cardiff, attirent l’attention sur une question qui devrait devenir majeure pour nos civilisations confrontées à la majeure crise environnementale et économique qui s’annonce. Il s’agit du poids que prélèvent sur les ressources mondiales, pour leur propre consommation gaspilleuse, l’infime minorité de ceux que l’on désigne en anglais par le qualificatif de High-net-worth individuals HNWIs). Cette catégorie mal définie comprend les « très riches », ceux qui composent la Jet Set internationale. Mais elle comprend aussi les « riches » qui calquent une grande partie de leurs comportements sur les premiers. Ces derniers possèdent des fortunes, hors résidence principale, que l’on peut estimer à 1,5 million de dollars et plus. Leur nombre aurait cru en 2005 de 8,6% sur 2006 et serait d’environ 9,5 millions. Leur pouvoir d’achat annuel aurait augmenté de 11,5% sur le même laps de temps et atteindrait 87 milliards de dollars, soit en moyenne 4 millions de dollars par personne. La plupart se rencontrent dans les pays développés mais un nombre croissant appartient désormais aux pays émergents.

Que leur reprocher ? Des modes de consommation sans proportion avec la valeur ajoutée éventuelle que leur travail pourrait apporter à la collectivité (beaucoup ne travaillent pas vraiment). Ils utilisent à tout va des avions privés, des voitures de luxe, consomment des quantités anormales de nourritures, coûteuses à produire en terme de bilan carbone. Plus grave peut-être, ils se portent acquéreurs sur les marchés clandestins de tous les biens et espèces vivantes menacées de disparition, précisément parce que celles-ci comporte une valeur marchande et spéculative qui flatte leur vanité.

Aujourd’hui, notent les auteurs de la lettre, un tabou général interdit de critiquer les riches et très riches. Mais si la crise s’aggrave, comme il est inévitable, il faudra bien s’en prendre à eux et à leurs façons de vivre. Ce ne sera pas par un réflexe de type égalitarien, mais par salubrité sociale. 03/08/07

Notre commentaire: On dira que les ressources mondiales gaspillées par les riches sont faibles comparées aux 1.000 milliards de dollars de dépenses militaires annuelles. Mais il faut voir que la société étant profondément mimétique, les comportements gaspilleurs des riches sont pris en modèle, à travers les images qu’en donnent les médias, par de nombreuses couches sociales qui s’imaginent, en les imitant, accéder à l’élite. Ainsi se créent des comportements dépensiers de masse, concernant par exemple l’importance donnée à l’automobile, qui s’opposeront le moment venu aux réformes indispensables des modes de consommation et de production.


Les immeubles basse énergie

L'expert du climat Danny Harvey de l'université de Toronto a récemment présenté, avec son équipe, des plans pour réduire radicalement l'énergie utilisée par le secteur de la construction, à la fois pour chauffer et climatiser les immeubles. Toute une série de technologies sont dorénavant disponibles, permettant de réaliser des immeubles basse énergie, dits aussi « passive house » « en anglais et « passivhaus » en allemand. Il s’agit non seulement de matériaux isolants, mais aussi d’une conception générale des immeubles privilégiant l’économie et l’appel aux ressources naturelles, tant pour les habitations individuelles que pour les habitats collectifs et tours de grande hauteur. Selon ces études (à paraître prochainement dans un N° spécial de la revue Building Research & Information), un tiers de l’énergie consommée par l’habitat, qui représente elle-même un tiers du C02 produit par l’homme, pourrait être économisé en 10 ans. Compte tenu de la hausse des prix de l’énergie, les dépenses correspondantes pourraient être rentabilisées en 3 à 7 ans. Les technologies existent en effet déjà, contrairement à celles intéressant le secteur également gros producteur de C02 des transports.

Malheureusement, nul n’a intérêt à encourager l’emploi de telles techniques. Aux Etats-Unis, on constate jusqu’à présent une augmentation continue de la superficie des logements et du gaspillage des ressources qui s’y investissent. En Chine, la course au logement pousse au contraire à des solutions qui pour être économiques n’en sont pas moins consommatrices en énergie. Les immeubles américains devraient consommer 25% d’énergie en plus d’ici 2020, et l’immobilier chinois 50%.

En Europe, où la tradition et les efforts récents d’architectes et d’entreprises innovantes favorisent les économies d’énergie dans l’habitat, ce sont les normes gouvernementales qui font défaut. En effet, dans l’état actuel des réglementations, nul n’a vraiment intérêt à investir de façon suffisante : ni les propriétaires, ni les locataires, ni les collectivités locales, ni les industriels du chauffage et de la climatisation. Nous sommes en présence d’un domaine typique où s’impose d’urgence une réglementation très incitative. Celle-ci pourrait être de la responsabilité des Etats, mais elle serait encore plus efficace si elle faisait l’objet d’une politique européenne concertée. Le temps presse, compte tenu de la vitesse avec laquelle de nouvelles politiques de promotion de l’habitat populaire ou touristique se mettent en place, accompagnées d’efforts importants de rénovation. Mais si rien n’est fait dès maintenant, rattraper les erreurs de conception ne sera plus possible.

On notera cependant l'existence du projet européen Passive-On, programme de recherche et de diffusion d'information financé par la Commission européenne, sous l'égide du programme Énergie Intelligente pour l'Europe (SAVE). Le projet vise à promouvoir les logements à très basse consommation d'énergie dans les climats chauds.

* Passive House, wikipedia: http://en.wikipedia.org/wiki/Passive_house
* Passive-On http://www.passive-on.org/fr/



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