Nous
proposons ici une rubrique destinées à
publier des informations brèves suivant
de près l'actualité. Nous leur donnerons
une tonalité politique (politique industrielle,
politique scientifique, intelligence économique)
qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à
toutes les autres rubriques de la revue. La page
Infoxpress ne remplacera pas la page ACTUALITES
|
L'Europe
de l'Otan serait-elle encore la seule à croire
à la RMA?
Le
concept de super-guerre technologique a toujours fait
l’affaire du Pentagone et des industriels américains
travaillant pour l’armement. Aujourd’hui encore,
au salon du Bourget, le chef de la division militaire
de Boeing s’est inquiété d’une
possible baisse du budget militaire américain (lequel
rappelons-le sert ainsi à financer indirectement
le Dreamliner, dont la division civile de Boeing
tire grande gloire). Développé dans les
années 1990, le concept a été repris
et rebaptisé après l’invasion de l’Irak
sous le nom de RMA (Revolution in Military Affairs)
et plus récemment, à l’initiative
de Rumsfeld, sous celui de Transformation. L’idée
est connue. Elle consiste à dire que les armes
nouvelles, aéro-spatiales notamment, peuvent cibler
et détruire tout ennemi dans le monde, assurant
ainsi la sécurité des nations qui les maîtrisent.
Ainsi, ces nations n’ont plus à tenir compte
des résistances populaires, nationalistes, religieuses,
territoriales ni des « milices » qu’elles
mobilisent.
Au contraire de cette doctrine, les théoriciens
de la Guerre de 4e Génération, ou G4G (dont
le stratège américain William S. Lind) affirment
que ces armes sont impuissantes face à la résistance
opiniâtre des peuples envahis ou attaqués.
Même si ceux sont souvent animés de sentiments
que nous qualifierions de primitifs, où la démocratie
à l’occidentale est absente, ils sont capables
de mettre en échec les plus fortes armées
du monde. L’URSS en Afghanistan et les Anglo-Américains
en Irak en ont fait l’amère expérience.
Israël en a fait également le constat récemment.
Il avait cru pouvoir venir à bout des combattants
palestiniens en appliquant les méthodes militaires
américaines. L’échec de Tsahal est
désormais patent.
Il n’y a plus que les militaires européens,
ceux du moins qui (à l’Est de l’Europe)
se laissent intoxiquer par le Pentagone au sein de l’Otan,
pour croire encore aux vertus des technologies de type
Guerre des étoiles procurés par le Pentagone.
Ainsi leur aveuglement en faveur du système anti-balistique
proposé par Washington a pour premier résultat
de donner à Poutine des arguments lui permettant
de mieux diviser l’Union Européenne. Une
défense de l’Europe autonome devrait au contraire
mieux analyser les menaces éventuelles qui pèsent
sur notre continent et rechercher les moyens de prévention
appropriés. Ceci ne passe certainement par l’intégration
dans un système de défense américain
qui craque de toutes parts. 10/07/07
NB.
Si les Européens voulaient se donner une stratégie
internationale (pas uniquement basée sur la défense)
cela passerait par des programmes comme Galiléo.
C'est ce qu'a bien compris le site " trotskiste"
américain, World Socialist Web Site, cité
par Dedefensa. La seule réserve que nous ferions
à cet article concerne la volonté des Européens
de se donner grâce à Galiléo une vision
stratégique, comme croit le constater son auteur.
On se demande si, à part quelques personnes en
France et à Bruxelles, les gouvernements européens
le considèrent ainsi.
http://www.wsws.org/articles/2007/jul2007/gali-j07.shtml
Le
nouveau rapport de l'Agence Internationale de l'Energie.
La crise arrive plus tôt que prévu
L'Agence
Internationale de l'Energie, basée à Paris,
a été créée pour conseiller
les Etats-membres de l'Agence en matière de politique
énergétique. Ses membres sont aujourd'hui
au nombre de 26 (dont la France). Ses études portent
aussi bien sur l'évolution des offres (notamment
en matière de pétrole) que sur celle de
la demande, comprenant les économies d'énergie).
Elle a fourni produit plusieurs rapports ces dernières
années, à la demande du G8, que l'on peut
consulter sur son site. Aujourd'hui, dans un nouveau rapport,
elle montre que l'accroissement de la hausse de la demande
des produits pétroliers, conjuguée avec
la raréfaction des ressources économiquement
exploitables, va conduire à une accélération
de la crise. Plus tôt que prévu, c'est-à-dire
dans les 5 ans, les prix devraient monter et de nombreuses
activités reposant sur l'exploitation du pétrole
vont être affectées. L'AEI déplore
que les gouvernements et les entreprises continuent à
ne pas tenir compte de ces prévisions. Même
si dans le même temps, les avertissements relatifs
à l'imminence de la crise climatique se font plus
pressants, les acteurs politiques et économiques
multiplient les appels à la croissance, à
la production, au commerce, au libre-échange. à
la consommation, d'où ne peut que découler
une consommation en forte hausse. Personne par contre
ne prévoit les mesures à prendre en cas
de crise déclarée, laquelle s'étendra
à bien d'autres domaines que ceux liés à
l'économie du pétrole. L'Europe à
cet égard n'est guère plus sage que les
Etats-Unis. La France ne donne pas l'exemple, puisqu'à
Bruxelles le 9 juillet, Nicolas Sarkozy a fait valoir
qu'il comptait sur une relance de la consommation pour
assurer l'équilibre des comptes. Les milliards
affectés à la relance de la consommation
seraient plus utiles s'ils servaient à préparer
des investissements en vue d'une meilleure gestion de
l'énergie. 10/07/07
*
AIE http://www.iea.org/
* Article du Financial Times, cité par Dedefensa
http://www.ft.com/cms/s/2d97d75a-2e0c-11dc-821c-0000779fd2ac.html
L'intelligence
collective proposée par Pierre Lévy
Le
journal Le Monde du 24/26 juin (http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-927305,0.html
a publié un interview du professeur canadien Pierre
Lévy. Il y présente un très ambitieux
projet, dit IEML, Information Economy Metalangage,
dont il est semble-t-il l'un des auteurs principaux, sinon
le principal. Ce projet s'inscrit dans une perspective
de grande portée qu'un texte de Pierre Lévy,
présenté sur le site consacré à
IEML http://www.ieml.org/spip.php?rubrique33&lang=fr/
résume en ces termes:
L’intelligence
possible du XXIème siècle
La numérisation des documents, leur interconnexion
dans un espace virtuel ubiquitaire et les possibilité
de traitement de ces documents par des robots logiciels
annoncent une mutation culturelle de grande ampleur, qui
se déroulera forcément sur plusieurs générations.
Plutôt que d’assister de l’extérieur
à cette mutation, les intellectuels doivent à
mon sens en prendre la tête. En effet, l’informatique,
qu’on peut définir simplement comme l’art
et la science de la construction d’automates manipulateurs
de symboles, se trouve encore dans sa préhistoire
au début du XXI° siècle. La communauté
des chercheurs en sciences humaines, quelque soit la diversité
de ses disciplines et de ses racines culturelles, peut
faire bénéficier l’informatique naissante
de sa compréhension des processus symboliques et
de ses traditions multiséculaires de réflexion
sur le sens et sa complexité. Elle contribuerait
ainsi à la naissance d’une informatique sémantique
au service d’une nouvelle intelligence possible,
capable non seulement d’automatiser les opérations
arithmétiques et logiques mais également
(moyennant codage) l’éventail indéfiniment
ouvert des procédures herméneutiques qui
permettent de donner sens à la mémoire collective.
Pour voir la suite, faire http://www.ieml.org/IMG/pdf/L_intelligence-possible.pdf
Tous ceux qui ont suivi les développements de l'informatique
puis d'Internet depuis les années 1980 connaissent
Pierre Lévy. Son nom reste associé à
son projet d'"arbre des connaissances" par lequel
il voulait formaliser et mettre en relation les connaissances
scientifiques et professionnelles d'un groupe ou d'un
individu. Mais nous pensons que beaucoup de ceux qui s'intéressent
non seulement à l'informatique mais à la
gestion des connaissances ignoraient les nouvelles directions
dans lesquelles s'engage dorénavant Pierre Lévy.
Le projet IEML est encore loin d'être abouti, nous
dit-il, mais il est désormais lancé, comme
en témoigne le site précité.
Mais
de quoi s'agit-il exactement, au-delà de ce que
peut faire modestement le semantic web? C'est là
que le bât blesse. Nous ne pensons pas être
complétement idiots, ni totalement dépouvus
de bases en logique et en mathématique, pour ne
pas parler d'informatique. Mais avouons qu'après
plusieurs heures (ou demi-heures, pour être plus
précis) à naviguer dans le site, on ne se
représente pas du tout en quoi consistera le nouveau
langage, ni à quoi il servira exactement, au-delà
des nobles ambitions affichées.
Cela
tient au fait que Pierre Lévy ne fournit aucun
exemple ni aucune analogie permettant de répondre
à ces questions de façon simple.
Donnons
donc rendez-vous à Pierre Lévy dans quelques
temps, quand il aura pris la peine de se rendre accessible.
Mais si certains de nos lecteurs l'ont mieux compris que
nous et veulent nous expliquer simplement comment ce que
nous n'osons pas appeler une "machine à gaz"
va marcher, nous serons très heureux de leur donner
la parole. Automates Intelligents
* Pierre Lévy dans wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Pierre_Levy
Essort
du créationnisme en Europe
''Stupéfait'',
''effrayé'' et ''choqué''. Le rapporteur
de la Commission de la culture et de l’éducation
de l’Assemblée parlementaire [du Conseil
de l'Europe (à ne pas confondre avec le Parlement
de l'Union européenne, Guy Lengagne (France, PS)
a le 25 juin vivement regretté la décision
de l’Assemblée de renvoyer en commission
son rapport sur les dangers du créationnisme dans
l’éducation. ''Je
ne peux y voir qu’une manœuvre de ceux qui
veulent, par tous les moyens, lutter contre la théorie
de l’évolution et imposer les idées
créationnistes. Nous assistons aux prémisses
d’un retour au Moyen Age, et trop des membres de
l’Assemblée des droits de l’homme ne
s’en aperçoivent pas''.
"La
cible première des créationnistes contemporains,
essentiellement d'obédience chrétienne ou
musulmane, est l'enseignement, s'inquiète le rapport.
Nous sommes en présence d'une montée en
puissance de modes de pensée qui, pour mieux imposer
certains dogmes religieux, s'attaquent au coeur même
des connaissances." En France, l'offensive
la plus récente remonte à janvier : un Atlas
de la création venu de Turquie - "l'un
des principaux berceaux du créationnisme islamique",
selon le rapport - visant à démontrer que
"la création est un fait" et l'évolution
une "imposture" a été distribué
aux établissements scolaires, avant d'en être
retiré" .
*
A voir absolument: la vidéo de la conférence
de Presse de Guy Lengagne mms://coenews.coe.int/vod/070625_w04_w.wmv
Le
radar et le système Graves
Dans
le cadre du salon du Bourget (du 18 au 24 juin), le ministère
de la Défense français a présenté
le radar « Graves » (Grand réseau adapté
à la veille spatiale), situé à 40
km de Dijon. Ce système, unique en Europe, est
chargé de surveiller les objets en orbite basse
de l'espace.
Actuellement, environ 9 000 objets d'une taille supérieure
à 10 cm, dont près de 800 satellites actifs,
orbitent autour de la Terre. Un bon nombre survole quotidiennement
la France et l'Europe plus généralement,
menaçant ainsi la confidentialité et la
sécurité d'informations stratégiques
et militaires, sans parler de la prolifération
des débris qui seront un frein majeur dans l'utilisation
de l'espace.
Opéré par le Commandement de la défense
aérienne et des opérations aériennes
(CDAOA) et développé par l'Onera, «
Graves » est l'unique système de surveillance
de l'espace en Europe. Totalement autonome, il est capable
de détecter des objets d'une taille d'au moins
un mètre carré évoluant une altitude
comprise entre 400 et 1 000 km. Un système de réception
des données est installé à une distance
de 400 km sur le plateau d'Albion. Une fois l'objet identifié,
le système indique où il se trouvera dans
les jours qui suivent. Graves est télésurveillé
et télégéré depuis la base
aérienne 102 de Dijon-Longvic. Le coût global
du système s'élève à 30 millions
d'€ pour un million d'€ d'entretien annuel.
Compte-tenu des services rendus, il faut bien se rendre
compte que cette somme est dérisoire.
Depuis décembre 2005, « Graves » a
répertorié et suit désormais plus
de 2 200 objets. Tous les satellites observés ne
sont pas nécessairement identifiés par la
connaissance de leur origine et leur mission. 20 à
30 "anomalies orbitales" correspondant vraisemblablement
à des satellites espions principalement américains,
non déclarés. La France ne cherche pas à
polémiquer à ce sujet avec les Etats-Unis,
mais il est incontestable que l'existence de Graves change
l'équilibre stratégique entre les deux pays,
dans un domaine où la supériorité
américaine était jusqu'alors considérable.
Graves
permettra à l'avenir, par ailleurs, d'actualiser
les trajectoires des futurs satellites du système
européen Galiléo et d'avertir les populations
d'éventuelles retombées de débris
spatiaux.

*
Présentation par l'Onera
http://www.onera.fr/dprs/graves/index.php
La fin du pétrole
n'est pas pour demain

C'est
ce que pensent sans trop le dire (écologie oblige)
les grands du pétrole. Une des raisons de leur
enthousiasme découle des perspectives d'extraction
off shore permises par la multiplication des stations
flottantes de pompage et de traitement dites FPSO: Floating
Production Storage and Offloading. Il s'agit de barges
géantes qui sont de véritables prouesses
technologiques. Généralement fabriquées
en Asie, elles sont remorquées à des milliers
de milles de distance et positionnées sur les champs
pétrolifères au large des côtes. Total
en exploite deux, Girasol et Dalia, dans le golfe de Guinée.
Bien que coûtant 3 milliards d'euros pièce,
elles permettent un coût d'extraction de 10 dollars
pour un baril vendu, comme on sait, entre 60 et 70 dollars.
L'Afrique représente pour Total, mais aussi pour
les big oil américaines (Exxon, Chevron),
européennes (BP, ENi) et chinoises (Sinopec et
CNOOC) un nouvel eldorado - dont les populations locales
ne voient évidemment pas la couleur. Il n'y a pas
de raison dans ces conditions, pour les compagnies pétrolières,
d'envisager d'investir dans des énergies alternatives
- sauf à titre cosmétique.
*
On trouve des détails concernant les FPSO sur Wikipedia:
http://en.wikipedia.org/wiki/Floating_Production_Storage_and_Offloading
Evolution
des dépenses militaires mondiales
Source
Le Monde, 20 juin, p. 24. D'après les études
convergentes de divers Instituts de recherche, le niveau
des dépenses militaires mondiales a dépassé
en 2006, avec 1.204 milliards de dollars, celui le plus
élevé atteint durant la guerre froide. La
progression a été de 37% depuis 10 ans.
La somme atteinte correspond à 2,5% du PIB mondial
soit 184 dollars par habitant. Les effectifs militaires
et paramilitaires ont dépassé les 31 millions
d'hommes.
Les
principales dépenses se répartissent de
la façon suivante: Etats-Unis 489 milliards (soit
47% du total mondial), Europe de l'Ouest 220, Europe de
l'Est (incluant la Russie) 23; Proche Orient 63, Asie
du Sud (incluant l'Inde) 25, Asie de l'Est, incluant la
Chine et les Corées 120, Amérique du sud
21, Nations Unies 4. On considère que les dépenses
russes, indiennes et chinoises sont sous-estimées
de 50%. Dans l'état prévisible de l'évolution
des relations internationales, la hausse des dépenses
militaires, sans nouvelle guerre d'ampleur, se poursuivra.
Les Européens seront peut-être surpris de
l'importance de leurs budgets militaires, la France suivie
de la Grande Bretagne tenant la tête.
Par
comparaison, l'aide globale au développement est
de 106 milliards. On sait également que plus d'1,5
milliards d'humains vivent avec un revenu annuel ne dépassant
pas 350 dollars.
Le
financement des grandes infrastructures de recherche européennes
Beaucoup
de chercheurs, relayés par les politiques, laissent
entendre que les grandes infrastructures de recherche
européenne sont des jouets ne faisant plaisir qu’à
quelques spécialistes. C’est évidemment
faux. Ces équipements sont des pôles de croissance
et de compétitivité, capables de faire sensiblement
avancer la recherche fondamentale comme les applications,
en liaison avec les universités et entreprises
qui se regroupent autour d’eux. Encore faut-il qu’ils
soient conçus et gérés dans la perspective
d’une coopération européenne en réseau.
C’est là que le bât blesse souvent
car les susceptibilités nationales sont fortes
et le pays ayant obtenu, après des années
de négociations avec ses homologues, une décision
en sa faveur, tend à oublier que le projet est
et doit rester européen.
Nous
avions déjà indiqué dans cette revue
que le Forum stratégique européen sur les
infrastructures de recherche (ESFRI), émanation
des Etats membres et de la Commission européenne,
avait recensé les équipements jugés
à divers titres utiles, sinon indispensables, à
la recherche européenne. Il a présenté
à Hambourg, du 5 au 7 juin, la « feuille
de route » correspondante. Inspiré d'un exercice
similaire conduit en 2003 par le département américain
de l'énergie, ce document n'établit pas
de priorités et n'a qu'une valeur consultative.
Il serait indispensable cependant que les gouvernements
et l’Union européenne le prennent en considération
dans les prochaines années et assurent les financements
correspondants.
Que
trouve-t-on dans cette feuille de route ? Un brise-glace
(360 millions d'euros), un réacteur de recherche
sur les centrales nucléaires de quatrième
génération (500 millions d'euros), un générateur
source de neutrons (1 050 millions), un radiotélescope
s'étendant sur 1 kilomètre carré
(1 150 millions), un ensemble de supercalculateurs (400
millions), une base de données sur la santé,
le vieillissement et la retraite en Europe (50 millions),
un observatoire de la biodiversité (370 millions),
un réseau pour la recherche clinique (36 millions)
. Ces infrastructures de recherche figurent sur une liste
de 35 grands équipements dont les experts estiment
que l'Europe devrait se doter pour tenir son rang en matière
de recherche scientifique.
La feuille de route porte encore la marque de la prépondérance
de la physique dans les grands instruments. Lors de sa
préparation, les physiciens avaient constitué
dix groupes d'experts, les biologistes et les médecins
trois seulement, les sciences humaines deux. Le prochain
exercice devrait cependant s'élargir aux questions
d'énergie, d'environnement et de capacités
de calcul. Il est vrai que les biologistes ont du mal
à comprendre la nécessité de s’allier
dans une infrastructure. Même en médecine,
les chercheurs devraient pourtant se coordonner autour
de gros centres ayant une masse critique, reliés
à une infrastructure distribuée, au contact
des malades.
Selon le commissaire européen à la recherche,
Janez Potocnik, ces 35 projets représentent 14
milliards d'euros. La Commission ne peut les prendre tous
à sa charge. Dans les 54 milliards d'euros de son
7e programme-cadre pour la recherche et développement
(2007-2013), seuls 1,7 milliard d'euros sont destinés
aux infrastructures. Même si une partie des fonds
structurels destinés aux nouveaux entrants devrait
pouvoir être utilisée, il faudra que les
Etats membres se mobilisent fortement pour que la feuille
de route ne reste pas un vain exercice.
L'exercice entrepris par l’ESFRI restera en effet
académique si les budgets que les Etats acceptent
de consacrer à la recherche par l’intermédiaire
de la Commission ne sont pas sérieusement augmentés
dès l’année prochaine. C’est
tout l’enjeu, à peine évoqué
en France lors des dernières élections,
du rôle et des moyens de l’Europe dans le
domaine scientifique et technologique. Il est malheureusement
occulté par les débats portant sur le droit
et les institutions.
*
ESFRI Roadmap http://cordis.europa.eu/esfri/roadmap.htm
Nouvelles
de l'Agence spatiale européenne
L'Esa
a signé avec Thales Alenia Space, le 18 juin au
salon du Bourget, la commande de Sentinel 1, le premier
de la série de satellites destinés au sein
du futur réseau GMES à suivre les changements
de l'environnement terrestre. Le coût en est de
229 millions d'euros et le lancement est prévu
pour 2011. C'est bien mais les impatients diront que le
déploiement du réseau GMES se fera bien
tardivement et bien lentement, alors que l'urgence pour
l'Europe d'obtenir des données fiables sur ce sujet
hyper-sensible est plus grande que jamais.
Lors
de ce même salon du Bourget, le directeur général
de l'Esa, Jean-Jacques Dordain et l'Administrateur de
la Nasa Michael Griffin ont signé un accord de
coopération, impliquant également l'Agence
spatiale canadienne, concernant le remplacement du téléscope
orbital Hubble par le James Webb Space Telescope (JWST)
qui devrait être lancé en 2013 et rester
en fonctionnement au moins 5 ans. Ce télescope
doté d'un miroir de 6,5 de diamètre (au
lieu de 2,4 pour Hubble) sera équipé d'appareils
permettant des observations nouvelles dans les différentes
gammes. L'Esa en assurera le lancement avec une Ariane
5 ECA et fournira en coordination avec les instruments
de la Nasa un spectrograph dit Near-Infrared spectrograph
(NIRSpec). Un consortium associant d'autres européens
et la Nasa équipera le téléscope
d'un Mid-Infrared Instrument (MIRI)
Dans
un autre domaine l'accord Nasa - Esa prévoit que
cette dernière concevra, développera et
lancera à la même époque la mission
Pathfinder dotée de l'équipement LISA (Laser
Interferometer Space Antenna). La mission LISA Pathfinder
est destinée à préparer la mission
LISA conjointe entre l'Esa et la Nasa pour la recherche
des ondes gravitationnelles. 21/06/07
* Note de l'Esa http://www.esa.int/esaCP/SEMA3T7OY2F_index_0.html
* Pathfinder LISA http://www.esa.int/esaSC/120397_index_0_m.html
Astrium
aborde le tourisme spatial
Filiale
du groupe EADS spécialisée dans les systèmes
spatiaux civils et militaire, EADS Astrium vient de présenter
son projet de véhicule spatial qui devrait permettre
à des touristes de réaliser de courts vols
en apesanteur. Astrium propose un appareil de la taille
d'un jet d'affaires pouvant embarquer quatre passagers
et le pilote. Il décollera d'une piste conventionnelle
à l'aide de ses moteurs atmosphériques.
Puis à l'altitude de 12 km, un moteur fusée
sera mis en route, et le véhicule prendra à
la fois de la vitesse et de l'altitude, pour culminer
à 100 km. La phase d'apesanteur provoquée
par la trajectoire parabolique au-delà de l'atmosphère
durera environ trois minutes, tandis que la totalité
du vol, du décollage à l'atterrissage, prendra
environ deux heures.
Le
tourisme spatial, malgré son aspect élitaire,
ou à cause de cela, fait l'objet d'un grand intérêt
médiatique, notamment aux Etats-Unis. Le séjour
à bord de la Station Spatiale Internationale, principale
possibilité offerte actuellement, coûte environ
21 millions de dollars. Mais des séjours plus courts
en apesanteur ont également été réalisés.
Malgré son handicap, le physicien britannique Stephen
Hawking avait pu ainsi expérimenter la gravité
zéro à bord d'un appareil classique et s'était
déclaré enchanté (image ci-contre).
Astrium a donc décidé de ne pas laisser
cette activité à ses concurrents. François
Auque, président d'Astrium, estime que si le prix
du voyage pouvait être abaissé à 150.000
ou 200.000 euros, le tourisme spatial pourrait représenter
15.000 passagers par an à l'horizon 2020, dont
il espère capter 30 % du marché.
Le projet sera essentiellement financé par le secteur
privé, à l'instar du Space Ship Two de Virgin
Galactic dont la rentabilité ne fait aucun doute
à son concepteur, l'homme d'affaires britannique
Richard Branson. Astrium va donc rechercher des partenaires
du côté des régions européennes
et des investisseurs privés.
L'idée
nous parait intéressante, afin de renforcer la
présence européenne dans le domaine des
industries spatiales. Astrium ambitionne par ce projet
de conforter une position déjà enviable
en se lançant dans un secteur qui ne pourra que
prendre de l'importance à l'avenir, et où
toute expérience acquise aux origines sera précieuse
face aux entreprises qui tenteront d'exploiter ce filon
dans quelques années. De plus, un tel projet permettra
de maintenir les compétences du groupe. Le nouvel
appareil pourrait ainsi donner naissance à un lanceur
spatial réutilisable, dont la cellule passagers
serait remplacée par un étage supplémentaire
et une charge utile.
Le projet, dont la première ébauche a été
présentée en mars dernier au comité
exécutif d'EADS, ne sera soumis au conseil d'administration
que lorsqu'un budget précis aura été
mis au point. Provisoirement, le coût du développement
est estimé à un milliard d'euros et une
décision de lancement devrait être prise
à la fin de l'année.
On
observera que sans attendre, Les
autorités aéronautiques tunisiennes ont
accueilli avec satisfaction le choix de l'aéroport
de Tozeur, dans le sud tunisien, qui avait été
évoqué comme possible premier site de lancement
du futur avion-fusée.
Panne
d'ordinateur à bord de l'ISS
Le 15 juin, les contrôleurs américains et
russes ont partiellement rétabli les fonctions
informatiques de la station spatiale internationale (ISS)
après une panne qui aurait pu dans le pire des
cas forcer l'équipage a revenir sur Terre. Cette
panne e sans précédent a interrompu plusieurs
heures dans la nuit de mercredi à jeudi les communications
entre le centre de contrôle spatial de Moscou et
l'ordinateur central russe de la Station spatiale internationale
(ISS), vital pour l'oxygène, l'eau et la stabilité
de la station. Le système informatique en cause
est russe.
Alimentation
électrique sans fil
Source:
Science express 7 juin 2007. Une équipe du
MIT a montré qu'il était possible d'alimenter
en courant une ampoule de 60 watts, sans utiliser de fil.
L'ampoule est placée à 2 mètres de
la source. Le dispositif serait précieux pour recharger
à distance les appareils mobiles. Le rendement
est aujourd'hui de 45%. L'article ne précise pas
quels sont les effets sur un organisme vivant placé
dans le champ de la transmission.
* Article de Technology review http://www.technologyreview.com/Energy/18836/
Robot
lunaire Indien
L'Indian
Space Research Organisation (ISRO) développe actuellement
un robot, le " SmartNav " , destiné à
faciliter les prochaines missions lunaires envisagées
par cette agence. Il facilitera l'identification de la
surface de la Lune et son exploration ultérieure
par des astronautes.
Il
s'agit d'un robot bipède doté de senseurs
sophistiqués et de caméras à haute
résolution. Il pourra explorer des terrains variés,
rapporter des échantillons de sols et rassembler
de nombreuses informations utiles aux astronautes.
L'ISRO
a programmé deux missions: la Chandrayan-II Moon
Mission en 2011, comportant un atterissage, et une première
mission en 2008 où le véhicule lunaire se
bornera à orbiter autour de la Lune.
Identification
des visages
Les
performances des logiciels permettant l'identification
des visages (face-recognition technology) progressent
rapidement. C'est ce qu'ont montré des manifestations
récentes consacrées à cette question
aux Etats-Unis: le Face Recognition Grand Challenge, le
Face Recognition Vendor Test (FRVT) 2006 and l'Iris Challenge
Evaluation (ICE). Financées par le National Institute
of Standards and Technology (NIST), les épreuves
ayant opposé différents logiciels ont montré
des progrès de plus de 10 fois dans la précision
de l'identification depuis 2002 et de 100 fois depuis
1995. Le meilleur des algorithmes dépasserait les
capacités de la plupart des humains, sauf des "physionomistes"
professionnels. On devine que ces technologies intéressent
de nombreux services à finalité commerciale
ou de sécurité. Les roboticiens ne manqueront
pas de les mettre en oeuvre en ce qui concerne les interactions
entre robots et humains.
*
Voir Technology Review http://www.technologyreview.com/Infotech/18796/
Le
PC Ultra-portable
Jeff
Hawkins, fondateur de Palm, créateur du premier
Personal Digital Assistant, le Palmpilot, et du téléphone
portable intelligent Treo, a présenté un
nouveau produit le 30 mai 2007 à la D: All Things
Digital conference de Carslbad, Californie. Il s'agit
d'un laptop baptisé le "Tweener" . L'engin
est particulièrement réduit et portable,
bien que disposant des principaux organes et logiciels
des micro-ordinateurs plus importants. Il doit pouvoir
être utilisé couplé avec Treo et autres
Foleo. Le prix annoncé est de $499. Microsoft et
Intel ont promis de développer les logiciels adaptés.
Les autres industriels du secteur, Samsung Group, Sony
(SNE), Nokia Corp. (NOK), HTC, Fujitsu (FJTSY) et Vulcan
Portals surveillent attentivement le créneau.
On
sait que dans le même temps, Nicholas Negroponte,
ancien du Medialab du MIT, s'efforce de développer
pour les enfants du tiers monde un calculateur simplifié
à $100. Ce prix ne semble pas aujourd'hui pouvoir
être tenu. Un concurrent indien est allé
jusqu'à proposer un produit voisin à $10,
suscitant l'incrédulité. Ces PC paraissent
désespérément pauvres aux yeux d'un
occidental.
Laquelle
de ces deux conceptions de l'ultra-portable bon marché
l'emportera? Sans doute l'une et l'autre, dans des segments
différents d'utilisation. Nokia est le seul industriel
pouvant encore se dire européen ayant des chances
de figurer sur ces créneaux. 05/06/07
*
Jeff Hawkins, décidément infatigable, est
aussi l'auteur de l'ouvrage sur le cerveau que nous vous
avions présenté précédemment,
"Intelligence".
http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2005/sept/hawkins.html
Le
nouveau service Street view de Google
Google
Maps offre aux Etats-Unis un nouveau service de cartographie
urbaine, Stree View, utilisant des milliers d'images de
rues, immeubles et personnages. Ces images peuvent être
zoomées, laissant apparaître des détails
personnels. Les applications possibles du service vont
de la préparation de visites touristiques à
la recherche de cibles commerciales, en passant par le
simple voyeurisme, voire le chantage. Des citoyens qui
se sont reconnus ont commencé à protester...Google,
comme d'habitude, joue l'innocence. A suivre.
* http://maps.google.com/help/maps/streetview/
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