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Infoxpress

Juin - juillet 2007

Nous proposons ici une rubrique destinées à publier des informations brèves suivant de près l'actualité. Nous leur donnerons une tonalité politique (politique industrielle, politique scientifique, intelligence économique) qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à toutes les autres rubriques de la revue. La page Infoxpress ne remplacera pas la page ACTUALITES


L'Europe de l'Otan serait-elle encore la seule à croire à la RMA?

Le concept de super-guerre technologique a toujours fait l’affaire du Pentagone et des industriels américains travaillant pour l’armement. Aujourd’hui encore, au salon du Bourget, le chef de la division militaire de Boeing s’est inquiété d’une possible baisse du budget militaire américain (lequel rappelons-le sert ainsi à financer indirectement le Dreamliner, dont la division civile de Boeing tire grande gloire). Développé dans les années 1990, le concept a été repris et rebaptisé après l’invasion de l’Irak sous le nom de RMA (Revolution in Military Affairs) et plus récemment, à l’initiative de Rumsfeld, sous celui de Transformation. L’idée est connue. Elle consiste à dire que les armes nouvelles, aéro-spatiales notamment, peuvent cibler et détruire tout ennemi dans le monde, assurant ainsi la sécurité des nations qui les maîtrisent. Ainsi, ces nations n’ont plus à tenir compte des résistances populaires, nationalistes, religieuses, territoriales ni des « milices » qu’elles mobilisent.

Au contraire de cette doctrine, les théoriciens de la Guerre de 4e Génération, ou G4G (dont le stratège américain William S. Lind) affirment que ces armes sont impuissantes face à la résistance opiniâtre des peuples envahis ou attaqués. Même si ceux sont souvent animés de sentiments que nous qualifierions de primitifs, où la démocratie à l’occidentale est absente, ils sont capables de mettre en échec les plus fortes armées du monde. L’URSS en Afghanistan et les Anglo-Américains en Irak en ont fait l’amère expérience.

Israël en a fait également le constat récemment. Il avait cru pouvoir venir à bout des combattants palestiniens en appliquant les méthodes militaires américaines. L’échec de Tsahal est désormais patent.

Il n’y a plus que les militaires européens, ceux du moins qui (à l’Est de l’Europe) se laissent intoxiquer par le Pentagone au sein de l’Otan, pour croire encore aux vertus des technologies de type Guerre des étoiles procurés par le Pentagone. Ainsi leur aveuglement en faveur du système anti-balistique proposé par Washington a pour premier résultat de donner à Poutine des arguments lui permettant de mieux diviser l’Union Européenne. Une défense de l’Europe autonome devrait au contraire mieux analyser les menaces éventuelles qui pèsent sur notre continent et rechercher les moyens de prévention appropriés. Ceci ne passe certainement par l’intégration dans un système de défense américain qui craque de toutes parts. 10/07/07

NB. Si les Européens voulaient se donner une stratégie internationale (pas uniquement basée sur la défense) cela passerait par des programmes comme Galiléo. C'est ce qu'a bien compris le site " trotskiste" américain, World Socialist Web Site, cité par Dedefensa. La seule réserve que nous ferions à cet article concerne la volonté des Européens de se donner grâce à Galiléo une vision stratégique, comme croit le constater son auteur. On se demande si, à part quelques personnes en France et à Bruxelles, les gouvernements européens le considèrent ainsi.
http://www.wsws.org/articles/2007/jul2007/gali-j07.shtml


Le nouveau rapport de l'Agence Internationale de l'Energie. La crise arrive plus tôt que prévu

L'Agence Internationale de l'Energie, basée à Paris, a été créée pour conseiller les Etats-membres de l'Agence en matière de politique énergétique. Ses membres sont aujourd'hui au nombre de 26 (dont la France). Ses études portent aussi bien sur l'évolution des offres (notamment en matière de pétrole) que sur celle de la demande, comprenant les économies d'énergie). Elle a fourni produit plusieurs rapports ces dernières années, à la demande du G8, que l'on peut consulter sur son site. Aujourd'hui, dans un nouveau rapport, elle montre que l'accroissement de la hausse de la demande des produits pétroliers, conjuguée avec la raréfaction des ressources économiquement exploitables, va conduire à une accélération de la crise. Plus tôt que prévu, c'est-à-dire dans les 5 ans, les prix devraient monter et de nombreuses activités reposant sur l'exploitation du pétrole vont être affectées. L'AEI déplore que les gouvernements et les entreprises continuent à ne pas tenir compte de ces prévisions. Même si dans le même temps, les avertissements relatifs à l'imminence de la crise climatique se font plus pressants, les acteurs politiques et économiques multiplient les appels à la croissance, à la production, au commerce, au libre-échange. à la consommation, d'où ne peut que découler une consommation en forte hausse. Personne par contre ne prévoit les mesures à prendre en cas de crise déclarée, laquelle s'étendra à bien d'autres domaines que ceux liés à l'économie du pétrole. L'Europe à cet égard n'est guère plus sage que les Etats-Unis. La France ne donne pas l'exemple, puisqu'à Bruxelles le 9 juillet, Nicolas Sarkozy a fait valoir qu'il comptait sur une relance de la consommation pour assurer l'équilibre des comptes. Les milliards affectés à la relance de la consommation seraient plus utiles s'ils servaient à préparer des investissements en vue d'une meilleure gestion de l'énergie. 10/07/07

* AIE http://www.iea.org/
* Article du Financial Times, cité par Dedefensa http://www.ft.com/cms/s/2d97d75a-2e0c-11dc-821c-0000779fd2ac.html


L'intelligence collective proposée par Pierre Lévy

Le journal Le Monde du 24/26 juin (http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-927305,0.html a publié un interview du professeur canadien Pierre Lévy. Il y présente un très ambitieux projet, dit IEML, Information Economy Metalangage, dont il est semble-t-il l'un des auteurs principaux, sinon le principal. Ce projet s'inscrit dans une perspective de grande portée qu'un texte de Pierre Lévy, présenté sur le site consacré à IEML http://www.ieml.org/spip.php?rubrique33&lang=fr/ résume en ces termes:


L’intelligence possible du XXIème siècle

La numérisation des documents, leur interconnexion dans un espace virtuel ubiquitaire et les possibilité de traitement de ces documents par des robots logiciels annoncent une mutation culturelle de grande ampleur, qui se déroulera forcément sur plusieurs générations. Plutôt que d’assister de l’extérieur à cette mutation, les intellectuels doivent à mon sens en prendre la tête. En effet, l’informatique, qu’on peut définir simplement comme l’art et la science de la construction d’automates manipulateurs de symboles, se trouve encore dans sa préhistoire au début du XXI° siècle. La communauté des chercheurs en sciences humaines, quelque soit la diversité de ses disciplines et de ses racines culturelles, peut faire bénéficier l’informatique naissante de sa compréhension des processus symboliques et de ses traditions multiséculaires de réflexion sur le sens et sa complexité. Elle contribuerait ainsi à la naissance d’une informatique sémantique au service d’une nouvelle intelligence possible, capable non seulement d’automatiser les opérations arithmétiques et logiques mais également (moyennant codage) l’éventail indéfiniment ouvert des procédures herméneutiques qui permettent de donner sens à la mémoire collective.
Pour voir la suite, faire http://www.ieml.org/IMG/pdf/L_intelligence-possible.pdf

Tous ceux qui ont suivi les développements de l'informatique puis d'Internet depuis les années 1980 connaissent Pierre Lévy. Son nom reste associé à son projet d'"arbre des connaissances" par lequel il voulait formaliser et mettre en relation les connaissances scientifiques et professionnelles d'un groupe ou d'un individu. Mais nous pensons que beaucoup de ceux qui s'intéressent non seulement à l'informatique mais à la gestion des connaissances ignoraient les nouvelles directions dans lesquelles s'engage dorénavant Pierre Lévy. Le projet IEML est encore loin d'être abouti, nous dit-il, mais il est désormais lancé, comme en témoigne le site précité.

Mais de quoi s'agit-il exactement, au-delà de ce que peut faire modestement le semantic web? C'est là que le bât blesse. Nous ne pensons pas être complétement idiots, ni totalement dépouvus de bases en logique et en mathématique, pour ne pas parler d'informatique. Mais avouons qu'après plusieurs heures (ou demi-heures, pour être plus précis) à naviguer dans le site, on ne se représente pas du tout en quoi consistera le nouveau langage, ni à quoi il servira exactement, au-delà des nobles ambitions affichées.

Cela tient au fait que Pierre Lévy ne fournit aucun exemple ni aucune analogie permettant de répondre à ces questions de façon simple.

Donnons donc rendez-vous à Pierre Lévy dans quelques temps, quand il aura pris la peine de se rendre accessible. Mais si certains de nos lecteurs l'ont mieux compris que nous et veulent nous expliquer simplement comment ce que nous n'osons pas appeler une "machine à gaz" va marcher, nous serons très heureux de leur donner la parole. Automates Intelligents

* Pierre Lévy dans wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Pierre_Levy


Essort du créationnisme en Europe

''Stupéfait'', ''effrayé'' et ''choqué''. Le rapporteur de la Commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée parlementaire [du Conseil de l'Europe (à ne pas confondre avec le Parlement de l'Union européenne, Guy Lengagne (France, PS) a le 25 juin vivement regretté la décision de l’Assemblée de renvoyer en commission son rapport sur les dangers du créationnisme dans l’éducation. ''Je ne peux y voir qu’une manœuvre de ceux qui veulent, par tous les moyens, lutter contre la théorie de l’évolution et imposer les idées créationnistes. Nous assistons aux prémisses d’un retour au Moyen Age, et trop des membres de l’Assemblée des droits de l’homme ne s’en aperçoivent pas''.

"La cible première des créationnistes contemporains, essentiellement d'obédience chrétienne ou musulmane, est l'enseignement, s'inquiète le rapport. Nous sommes en présence d'une montée en puissance de modes de pensée qui, pour mieux imposer certains dogmes religieux, s'attaquent au coeur même des connaissances." En France, l'offensive la plus récente remonte à janvier : un Atlas de la création venu de Turquie - "l'un des principaux berceaux du créationnisme islamique", selon le rapport - visant à démontrer que "la création est un fait" et l'évolution une "imposture" a été distribué aux établissements scolaires, avant d'en être retiré" .

* A voir absolument: la vidéo de la conférence de Presse de Guy Lengagne mms://coenews.coe.int/vod/070625_w04_w.wmv


Le radar et le système Graves

Dans le cadre du salon du Bourget (du 18 au 24 juin), le ministère de la Défense français a présenté le radar « Graves » (Grand réseau adapté à la veille spatiale), situé à 40 km de Dijon. Ce système, unique en Europe, est chargé de surveiller les objets en orbite basse de l'espace.

Actuellement, environ 9 000 objets d'une taille supérieure à 10 cm, dont près de 800 satellites actifs, orbitent autour de la Terre. Un bon nombre survole quotidiennement la France et l'Europe plus généralement, menaçant ainsi la confidentialité et la sécurité d'informations stratégiques et militaires, sans parler de la prolifération des débris qui seront un frein majeur dans l'utilisation de l'espace.

Opéré par le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) et développé par l'Onera, « Graves » est l'unique système de surveillance de l'espace en Europe. Totalement autonome, il est capable de détecter des objets d'une taille d'au moins un mètre carré évoluant une altitude comprise entre 400 et 1 000 km. Un système de réception des données est installé à une distance de 400 km sur le plateau d'Albion. Une fois l'objet identifié, le système indique où il se trouvera dans les jours qui suivent. Graves est télésurveillé et télégéré depuis la base aérienne 102 de Dijon-Longvic. Le coût global du système s'élève à 30 millions d'€ pour un million d'€ d'entretien annuel. Compte-tenu des services rendus, il faut bien se rendre compte que cette somme est dérisoire.

Depuis décembre 2005, « Graves » a répertorié et suit désormais plus de 2 200 objets. Tous les satellites observés ne sont pas nécessairement identifiés par la connaissance de leur origine et leur mission. 20 à 30 "anomalies orbitales" correspondant vraisemblablement à des satellites espions principalement américains, non déclarés. La France ne cherche pas à polémiquer à ce sujet avec les Etats-Unis, mais il est incontestable que l'existence de Graves change l'équilibre stratégique entre les deux pays, dans un domaine où la supériorité américaine était jusqu'alors considérable.

Graves permettra à l'avenir, par ailleurs, d'actualiser les trajectoires des futurs satellites du système européen Galiléo et d'avertir les populations d'éventuelles retombées de débris spatiaux.

* Présentation par l'Onera http://www.onera.fr/dprs/graves/index.php


La fin du pétrole n'est pas pour demain

C'est ce que pensent sans trop le dire (écologie oblige) les grands du pétrole. Une des raisons de leur enthousiasme découle des perspectives d'extraction off shore permises par la multiplication des stations flottantes de pompage et de traitement dites FPSO: Floating Production Storage and Offloading. Il s'agit de barges géantes qui sont de véritables prouesses technologiques. Généralement fabriquées en Asie, elles sont remorquées à des milliers de milles de distance et positionnées sur les champs pétrolifères au large des côtes. Total en exploite deux, Girasol et Dalia, dans le golfe de Guinée. Bien que coûtant 3 milliards d'euros pièce, elles permettent un coût d'extraction de 10 dollars pour un baril vendu, comme on sait, entre 60 et 70 dollars. L'Afrique représente pour Total, mais aussi pour les big oil américaines (Exxon, Chevron), européennes (BP, ENi) et chinoises (Sinopec et CNOOC) un nouvel eldorado - dont les populations locales ne voient évidemment pas la couleur. Il n'y a pas de raison dans ces conditions, pour les compagnies pétrolières, d'envisager d'investir dans des énergies alternatives - sauf à titre cosmétique.

* On trouve des détails concernant les FPSO sur Wikipedia:
http://en.wikipedia.org/wiki/Floating_Production_Storage_and_Offloading


Evolution des dépenses militaires mondiales

Source Le Monde, 20 juin, p. 24. D'après les études convergentes de divers Instituts de recherche, le niveau des dépenses militaires mondiales a dépassé en 2006, avec 1.204 milliards de dollars, celui le plus élevé atteint durant la guerre froide. La progression a été de 37% depuis 10 ans. La somme atteinte correspond à 2,5% du PIB mondial soit 184 dollars par habitant. Les effectifs militaires et paramilitaires ont dépassé les 31 millions d'hommes.

Les principales dépenses se répartissent de la façon suivante: Etats-Unis 489 milliards (soit 47% du total mondial), Europe de l'Ouest 220, Europe de l'Est (incluant la Russie) 23; Proche Orient 63, Asie du Sud (incluant l'Inde) 25, Asie de l'Est, incluant la Chine et les Corées 120, Amérique du sud 21, Nations Unies 4. On considère que les dépenses russes, indiennes et chinoises sont sous-estimées de 50%. Dans l'état prévisible de l'évolution des relations internationales, la hausse des dépenses militaires, sans nouvelle guerre d'ampleur, se poursuivra. Les Européens seront peut-être surpris de l'importance de leurs budgets militaires, la France suivie de la Grande Bretagne tenant la tête.

Par comparaison, l'aide globale au développement est de 106 milliards. On sait également que plus d'1,5 milliards d'humains vivent avec un revenu annuel ne dépassant pas 350 dollars.


Le financement des grandes infrastructures de recherche européennes

Beaucoup de chercheurs, relayés par les politiques, laissent entendre que les grandes infrastructures de recherche européenne sont des jouets ne faisant plaisir qu’à quelques spécialistes. C’est évidemment faux. Ces équipements sont des pôles de croissance et de compétitivité, capables de faire sensiblement avancer la recherche fondamentale comme les applications, en liaison avec les universités et entreprises qui se regroupent autour d’eux. Encore faut-il qu’ils soient conçus et gérés dans la perspective d’une coopération européenne en réseau. C’est là que le bât blesse souvent car les susceptibilités nationales sont fortes et le pays ayant obtenu, après des années de négociations avec ses homologues, une décision en sa faveur, tend à oublier que le projet est et doit rester européen.

Nous avions déjà indiqué dans cette revue que le Forum stratégique européen sur les infrastructures de recherche (ESFRI), émanation des Etats membres et de la Commission européenne, avait recensé les équipements jugés à divers titres utiles, sinon indispensables, à la recherche européenne. Il a présenté à Hambourg, du 5 au 7 juin, la « feuille de route » correspondante. Inspiré d'un exercice similaire conduit en 2003 par le département américain de l'énergie, ce document n'établit pas de priorités et n'a qu'une valeur consultative. Il serait indispensable cependant que les gouvernements et l’Union européenne le prennent en considération dans les prochaines années et assurent les financements correspondants.

Que trouve-t-on dans cette feuille de route ? Un brise-glace (360 millions d'euros), un réacteur de recherche sur les centrales nucléaires de quatrième génération (500 millions d'euros), un générateur source de neutrons (1 050 millions), un radiotélescope s'étendant sur 1 kilomètre carré (1 150 millions), un ensemble de supercalculateurs (400 millions), une base de données sur la santé, le vieillissement et la retraite en Europe (50 millions), un observatoire de la biodiversité (370 millions), un réseau pour la recherche clinique (36 millions) . Ces infrastructures de recherche figurent sur une liste de 35 grands équipements dont les experts estiment que l'Europe devrait se doter pour tenir son rang en matière de recherche scientifique.

La feuille de route porte encore la marque de la prépondérance de la physique dans les grands instruments. Lors de sa préparation, les physiciens avaient constitué dix groupes d'experts, les biologistes et les médecins trois seulement, les sciences humaines deux. Le prochain exercice devrait cependant s'élargir aux questions d'énergie, d'environnement et de capacités de calcul. Il est vrai que les biologistes ont du mal à comprendre la nécessité de s’allier dans une infrastructure. Même en médecine, les chercheurs devraient pourtant se coordonner autour de gros centres ayant une masse critique, reliés à une infrastructure distribuée, au contact des malades.

Selon le commissaire européen à la recherche, Janez Potocnik, ces 35 projets représentent 14 milliards d'euros. La Commission ne peut les prendre tous à sa charge. Dans les 54 milliards d'euros de son 7e programme-cadre pour la recherche et développement (2007-2013), seuls 1,7 milliard d'euros sont destinés aux infrastructures. Même si une partie des fonds structurels destinés aux nouveaux entrants devrait pouvoir être utilisée, il faudra que les Etats membres se mobilisent fortement pour que la feuille de route ne reste pas un vain exercice.

L'exercice entrepris par l’ESFRI restera en effet académique si les budgets que les Etats acceptent de consacrer à la recherche par l’intermédiaire de la Commission ne sont pas sérieusement augmentés dès l’année prochaine. C’est tout l’enjeu, à peine évoqué en France lors des dernières élections, du rôle et des moyens de l’Europe dans le domaine scientifique et technologique. Il est malheureusement occulté par les débats portant sur le droit et les institutions.

* ESFRI Roadmap http://cordis.europa.eu/esfri/roadmap.htm


Nouvelles de l'Agence spatiale européenne

L'Esa a signé avec Thales Alenia Space, le 18 juin au salon du Bourget, la commande de Sentinel 1, le premier de la série de satellites destinés au sein du futur réseau GMES à suivre les changements de l'environnement terrestre. Le coût en est de 229 millions d'euros et le lancement est prévu pour 2011. C'est bien mais les impatients diront que le déploiement du réseau GMES se fera bien tardivement et bien lentement, alors que l'urgence pour l'Europe d'obtenir des données fiables sur ce sujet hyper-sensible est plus grande que jamais.

Lors de ce même salon du Bourget, le directeur général de l'Esa, Jean-Jacques Dordain et l'Administrateur de la Nasa Michael Griffin ont signé un accord de coopération, impliquant également l'Agence spatiale canadienne, concernant le remplacement du téléscope orbital Hubble par le James Webb Space Telescope (JWST) qui devrait être lancé en 2013 et rester en fonctionnement au moins 5 ans. Ce télescope doté d'un miroir de 6,5 de diamètre (au lieu de 2,4 pour Hubble) sera équipé d'appareils permettant des observations nouvelles dans les différentes gammes. L'Esa en assurera le lancement avec une Ariane 5 ECA et fournira en coordination avec les instruments de la Nasa un spectrograph dit Near-Infrared spectrograph (NIRSpec). Un consortium associant d'autres européens et la Nasa équipera le téléscope d'un Mid-Infrared Instrument (MIRI)

Dans un autre domaine l'accord Nasa - Esa prévoit que cette dernière concevra, développera et lancera à la même époque la mission Pathfinder dotée de l'équipement LISA (Laser Interferometer Space Antenna). La mission LISA Pathfinder est destinée à préparer la mission LISA conjointe entre l'Esa et la Nasa pour la recherche des ondes gravitationnelles. 21/06/07

* Note de l'Esa http://www.esa.int/esaCP/SEMA3T7OY2F_index_0.html
* Pathfinder LISA http://www.esa.int/esaSC/120397_index_0_m.html


Astrium aborde le tourisme spatial

Filiale du groupe EADS spécialisée dans les systèmes spatiaux civils et militaire, EADS Astrium vient de présenter son projet de véhicule spatial qui devrait permettre à des touristes de réaliser de courts vols en apesanteur. Astrium propose un appareil de la taille d'un jet d'affaires pouvant embarquer quatre passagers et le pilote. Il décollera d'une piste conventionnelle à l'aide de ses moteurs atmosphériques. Puis à l'altitude de 12 km, un moteur fusée sera mis en route, et le véhicule prendra à la fois de la vitesse et de l'altitude, pour culminer à 100 km. La phase d'apesanteur provoquée par la trajectoire parabolique au-delà de l'atmosphère durera environ trois minutes, tandis que la totalité du vol, du décollage à l'atterrissage, prendra environ deux heures.

Le tourisme spatial, malgré son aspect élitaire, ou à cause de cela, fait l'objet d'un grand intérêt médiatique, notamment aux Etats-Unis. Le séjour à bord de la Station Spatiale Internationale, principale possibilité offerte actuellement, coûte environ 21 millions de dollars. Mais des séjours plus courts en apesanteur ont également été réalisés. Malgré son handicap, le physicien britannique Stephen Hawking avait pu ainsi expérimenter la gravité zéro à bord d'un appareil classique et s'était déclaré enchanté (image ci-contre). Astrium a donc décidé de ne pas laisser cette activité à ses concurrents. François Auque, président d'Astrium, estime que si le prix du voyage pouvait être abaissé à 150.000 ou 200.000 euros, le tourisme spatial pourrait représenter 15.000 passagers par an à l'horizon 2020, dont il espère capter 30 % du marché.

Le projet sera essentiellement financé par le secteur privé, à l'instar du Space Ship Two de Virgin Galactic dont la rentabilité ne fait aucun doute à son concepteur, l'homme d'affaires britannique Richard Branson. Astrium va donc rechercher des partenaires du côté des régions européennes et des investisseurs privés.

L'idée nous parait intéressante, afin de renforcer la présence européenne dans le domaine des industries spatiales. Astrium ambitionne par ce projet de conforter une position déjà enviable en se lançant dans un secteur qui ne pourra que prendre de l'importance à l'avenir, et où toute expérience acquise aux origines sera précieuse face aux entreprises qui tenteront d'exploiter ce filon dans quelques années. De plus, un tel projet permettra de maintenir les compétences du groupe. Le nouvel appareil pourrait ainsi donner naissance à un lanceur spatial réutilisable, dont la cellule passagers serait remplacée par un étage supplémentaire et une charge utile.

Le projet, dont la première ébauche a été présentée en mars dernier au comité exécutif d'EADS, ne sera soumis au conseil d'administration que lorsqu'un budget précis aura été mis au point. Provisoirement, le coût du développement est estimé à un milliard d'euros et une décision de lancement devrait être prise à la fin de l'année.

On observera que sans attendre, Les autorités aéronautiques tunisiennes ont accueilli avec satisfaction le choix de l'aéroport de Tozeur, dans le sud tunisien, qui avait été évoqué comme possible premier site de lancement du futur avion-fusée.


Panne d'ordinateur à bord de l'ISS

Le 15 juin, les contrôleurs américains et russes ont partiellement rétabli les fonctions informatiques de la station spatiale internationale (ISS) après une panne qui aurait pu dans le pire des cas forcer l'équipage a revenir sur Terre. Cette panne e sans précédent a interrompu plusieurs heures dans la nuit de mercredi à jeudi les communications entre le centre de contrôle spatial de Moscou et l'ordinateur central russe de la Station spatiale internationale (ISS), vital pour l'oxygène, l'eau et la stabilité de la station. Le système informatique en cause est russe.


Alimentation électrique sans fil

Source: Science express 7 juin 2007. Une équipe du MIT a montré qu'il était possible d'alimenter en courant une ampoule de 60 watts, sans utiliser de fil. L'ampoule est placée à 2 mètres de la source. Le dispositif serait précieux pour recharger à distance les appareils mobiles. Le rendement est aujourd'hui de 45%. L'article ne précise pas quels sont les effets sur un organisme vivant placé dans le champ de la transmission.


* Article de Technology review http://www.technologyreview.com/Energy/18836/


Robot lunaire Indien

L'Indian Space Research Organisation (ISRO) développe actuellement un robot, le " SmartNav " , destiné à faciliter les prochaines missions lunaires envisagées par cette agence. Il facilitera l'identification de la surface de la Lune et son exploration ultérieure par des astronautes.

Il s'agit d'un robot bipède doté de senseurs sophistiqués et de caméras à haute résolution. Il pourra explorer des terrains variés, rapporter des échantillons de sols et rassembler de nombreuses informations utiles aux astronautes.

L'ISRO a programmé deux missions: la Chandrayan-II Moon Mission en 2011, comportant un atterissage, et une première mission en 2008 où le véhicule lunaire se bornera à orbiter autour de la Lune.


Identification des visages

Les performances des logiciels permettant l'identification des visages (face-recognition technology) progressent rapidement. C'est ce qu'ont montré des manifestations récentes consacrées à cette question aux Etats-Unis: le Face Recognition Grand Challenge, le Face Recognition Vendor Test (FRVT) 2006 and l'Iris Challenge Evaluation (ICE). Financées par le National Institute of Standards and Technology (NIST), les épreuves ayant opposé différents logiciels ont montré des progrès de plus de 10 fois dans la précision de l'identification depuis 2002 et de 100 fois depuis 1995. Le meilleur des algorithmes dépasserait les capacités de la plupart des humains, sauf des "physionomistes" professionnels. On devine que ces technologies intéressent de nombreux services à finalité commerciale ou de sécurité. Les roboticiens ne manqueront pas de les mettre en oeuvre en ce qui concerne les interactions entre robots et humains.

* Voir Technology Review http://www.technologyreview.com/Infotech/18796/


Le PC Ultra-portable

Jeff Hawkins, fondateur de Palm, créateur du premier Personal Digital Assistant, le Palmpilot, et du téléphone portable intelligent Treo, a présenté un nouveau produit le 30 mai 2007 à la D: All Things Digital conference de Carslbad, Californie. Il s'agit d'un laptop baptisé le "Tweener" . L'engin est particulièrement réduit et portable, bien que disposant des principaux organes et logiciels des micro-ordinateurs plus importants. Il doit pouvoir être utilisé couplé avec Treo et autres Foleo. Le prix annoncé est de $499. Microsoft et Intel ont promis de développer les logiciels adaptés. Les autres industriels du secteur, Samsung Group, Sony (SNE), Nokia Corp. (NOK), HTC, Fujitsu (FJTSY) et Vulcan Portals surveillent attentivement le créneau.

On sait que dans le même temps, Nicholas Negroponte, ancien du Medialab du MIT, s'efforce de développer pour les enfants du tiers monde un calculateur simplifié à $100. Ce prix ne semble pas aujourd'hui pouvoir être tenu. Un concurrent indien est allé jusqu'à proposer un produit voisin à $10, suscitant l'incrédulité. Ces PC paraissent désespérément pauvres aux yeux d'un occidental.

Laquelle de ces deux conceptions de l'ultra-portable bon marché l'emportera? Sans doute l'une et l'autre, dans des segments différents d'utilisation. Nokia est le seul industriel pouvant encore se dire européen ayant des chances de figurer sur ces créneaux. 05/06/07

* Jeff Hawkins, décidément infatigable, est aussi l'auteur de l'ouvrage sur le cerveau que nous vous avions présenté précédemment, "Intelligence".
http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2005/sept/hawkins.html


Le nouveau service Street view de Google

Google Maps offre aux Etats-Unis un nouveau service de cartographie urbaine, Stree View, utilisant des milliers d'images de rues, immeubles et personnages. Ces images peuvent être zoomées, laissant apparaître des détails personnels. Les applications possibles du service vont de la préparation de visites touristiques à la recherche de cibles commerciales, en passant par le simple voyeurisme, voire le chantage. Des citoyens qui se sont reconnus ont commencé à protester...Google, comme d'habitude, joue l'innocence. A suivre.

* http://maps.google.com/help/maps/streetview/

 



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