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La Revue mensuelle n° 81
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Infoxpress

Mai 2007

Nous proposons ici une rubrique destinées à publier des informations brèves suivant de près l'actualité. Nous leur donnerons une tonalité politique (politique industrielle, politique scientifique, intelligence économique) qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à toutes les autres rubriques de la revue. La page Infoxpress ne remplacera pas la page ACTUALITES


Promotion de l'aérostatique

Cet article est de Jean Thyrard, que nous remercions.
Le vendredi 23 mars dernier, en présence de Claire DUPAS, directrice de l'ENS de Cachan, Sylvain ALLANO et Hervé KUHLMANN ont lancé le réseau DIRISOFT(1). Il s'agit ni plus ni moins que de «promouvoir en Europe des recherches scientifiques de haut niveau pour voir émerger une nouvelle génération de dirigeables».

Parallèlement, l'association AERALL(2), dans son rapport d'exercice de 2006, met en exergue le fait que «le développement économique et social du monde entier exige chaque jour davantage des moyens de transport plus nombreux et aux caractéristiques diversifiées pour répondre de manière optimisée aux besoins d'une civilisation complexe».

Il ne fait aucun doute que cette assertion trouve sa vérité au quotidien et notamment dans les pays en voie de développement où la construction et l'exploitation d'un réseau routier ou ferré absorberaient la plus grande partie des investissements. Il en est de même lorsqu'il s'agit de faire face à des «situations tragiques qui appellent généralement des réponses rapides, urgentes, avec des modes d'acheminement classiques des aides par voie terrestre ou aérienne qui sont souvent non adéquats, voire tout simplement impraticables ou trop dangereux». C'est en tout cas ce que préconisent les initiateurs du projet DGPA dans une intervention faite au cours d'un séminaire international intitulé «Systèmes de transport de marchandises en Afrique de l'ouest» et organisé à Ouagadougou (Burkina Faso) en juin 2005.

En annexe de son intervention, Jean-Charles POUTCHY-TIXIER, du Conseil National des Transports, présentait les grandes lignes du projet DGPA(3) dont la conclusion a de quoi faire vibrer la corde sensible des Paneuropéens que nous sommes. «Il est évident que la nation et l'Europe qui pourraient aligner un tel potentiel verraient leur prestige grandir auprès des populations du globe. Elles ne pourraient que bénéficier d'une renommée politique et préférentielle bien supérieure à toutes les actions diplomatiques pouvant être engagées, favorisant la Paix, la générosité à l'échelle de la planète». N'y a t-il pas là une petite touche de cet esprit de solidarité promu par PanEurope France dans sa vision d'une Europe-Puissance, indépendante, souveraine et solidaire.

L''engagement de l'Union européenne pour le développement durable et les nouvelles technologies pourrait trouver une de ses premières applications dans l'utilisation des technologies aérostatiques, très économes en énergie, au service de l'observation de la terre, des loisirs pour tous et des transports longue distance pour les objets lourds et encombrants. Mais s'agit-il comme le souligne Jean-Claude Empereur, vice-président de PanEurope France mais aussi fondateur d'AERALL en 1972, d'une rétro-innovation ? Le dernier record, la dernière invention doivent-ils pour autant oblitérer de géniales innovations dont le seul tort est de ne pas avoir trouvé d'applications immédiates et pérennes ? Dans le cadre de l'année polaire internationale, Jean-Louis ETIENNE s'envolera, en mars ou avril 2008, vers le pôle à bord d'un dirigeable russe conçu chez ROS AERO. S'agit-il pour autant d'une rétro-aventure ? Présent au colloque de lancement de DIRISOFT, Jean-Louis a expliqué qu'un dirigeable capable d'une charge de 30 tonnes pouvait l'emporter sur toutes les Calypso du monde ! Tiens ! Tiens ! S'agit-il d'une rétro-idée ?

(1) IRISOFT http://www.istia.univ-angers.fr/Innovation/INFOTEAM/DIRISOFT/fiabilite%20projet.htm
(2) AERALL http://www.aerall.blimp-n2a.com/strategie.htm
(3) DGPA http://www.aat-fr.com/


L'enjeu de l'IPv6 pour l'Europe

Nous publierons dans un prochain numéro un article dénonçant l'inertie des Européens, tant industriels qu'utilisateurs, face à l'enjeu que représente le passage du Protocole Internet Version 4 (IPv4) à la version 6 (IPv6). Pour les Américains, si l'IPv4 est encore utilisable vu l'abondance d'adresses IP qu'il continue à offrir aux utilisateurs américains, le passage à la version 6 est devenue obligatoire en ce qui concerne les systèmes de défense. Pour les Japonais et les Chinois, au contraire, l'implémentation de la Version 6 est un enjeu stratégique. Ces deux pays jouent en effet la carte de l'interconnexion massive des objets (Internet des objets) et des utilisateurs de l'Internet. Ils visent évidemment le marché mondial.

Les Européens ignorent la question au niveau des responsables politiques. Elle n'est étudiée que dans certains laboratoires. Les opérateurs ne veulent pas commencer à investir pour leur compte, de peur de tirer les marrons du feu pour leurs concurrents. Une prise de conscience géopolitique s'impose donc d'urgence.


Tuberculose multi-résistante

Selon l'AFP à WASHINGTON. Les autorités sanitaires américaines et canadiennes ont appelé mardi 29 mai les passagers d'un vol Air France Atlanta-Paris et d'un vol Czech Airlines Prague-Montréal à se faire tester pour s'assurer qu'ils n'ont pas été infectés par un voyageur atteint d'une forme dangereuse de tuberculose résistante aux traitements. Le passager a été mis en quarantaine d'office par les autorités américaines.

Nous avons déjà signalé ce risque, qui ne pourra que grandir, dans l'article
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/80/tb.htm


Cross Language Information Retrieval

L'un des vice-président de Google vient d'annoncer un nouveau produit (ou service) intéressant une fonction très importante aux yeux des documentalistes et qui fait l'objet de nombreuses recherches, le Cross Language Information Retrieval (traduisons approximativement par moteur de recherche multilangues). Le produit de Google devrait en principe permettre de trouver un document quelle qu'en soit la langue et de le traduire à la volée. Si je veux un article en français à partir d'un original en anglais, j'obtiendrai un résultat en deux colonnes, l'une donnant la traduction en français et l'autre le texte anglais original. La traduction se fait en temps réel.

Google espère de cette façon, non seulement s'attirer de nouveaux clients, mais aussi "faire disparaître la barrière des langues entre les peuples". Noble ambition, que la Commission Européenne devrait mettre, elle aussi, dans ses objectifs. Sinon, l'omniprésence de Google deviendra encore plus omniprésente.

* Cross Language Information Retrieval
http://en.wikipedia.org/wiki/Cross-language_information_retrieval


Sauver Galiléo

Jugeant désormais qu'un choix politique s'impose, la Commission européenne a détaillé le 16 mai les scénarios de sauvetage du projet Galileo (le GPS européen), plaidant avec force pour un financement public complet des 30 satellites prévus, exploités par le privé une fois opérationnels.

Destiné à sortir de l'enlisement actuel d'un projet dont Paneurope n'a cessé de souligner le caractère de "technologie de souveraineté" (Galileo vise à affranchir les Européens de leur dépendance à l'égard du système militaire américain GPS), le scénario proposé impliquerait un achèvement complet du déploiement des satellites à la fin de l'année 2012, les premières utilisations concrètes étant lancées un an plus tôt. Ce choix devra être fait par les ministres des Transports des 27, qui doivent se réunir à Bruxelles les 7 et 8 juin.

Selon les souhaits de Bruxelles, l'Agence spatiale européenne organiserait d'ici à la fin de l'année un nouvel appel d'offres destiné à amorcer cette phase de développement. L'enveloppe de 2,4 milliards d'euros qui, dans le schéma initial, était à la charge des entreprises membres du consortium serait désormais financée par le budget communautaire, et au besoin par les États membres qui le souhaiteront, via leurs propres budgets nationaux.
Pour leur part, les industriels se contenteront d'exploiter le système de navigation par satellite, et cela à partir de 2013, date d'entrée en vigueur d'un nouveau contrat de concession, d'une durée de vingt ans. Sur 2007-2030, l'engagement budgétaire total de l'UE pourrait atteindre de 9 à 10 milliards d'euros. Les 27 devront notamment participer aux risques commerciaux du projet en versant des subventions d'exploitation jusqu'en 2030.

Pour notre part, nous ne nous faisons guère d'illusions. Galiléo est en voie de devenir un nouvel emblème de l'impuissance européenne.

NB: Jacques Blamont, physicien, membre de l'Académie française des sciences, a publié dans Le Monde du 12 mai, p. 20, un article en ce sens: L'Europe doit s'engager pour Galiléo. Il y déplore le refus du concept d'Europe-puissance par la plupart des Etats européens, qui veulent faire financer Galiléo par les entreprises, au lieu d'en faire un outil relevant de la puissance publique.


Les futurs robots intelligents

Dans un interview donné à C/Net.News.com à l'occasion de la conférence RoboBusiness, Rodney Brooks expose ses vues sur les prochains développements de la robotique. Nous en adaptons ici les principaux passages.

Rodney Brooks est bien connu de nos lecteurs. Il est le directeur du Massachusetts Institute of Technology's Computer Science and Artificial Intelligence Lab. Il est aussi co-fondateur de la firme iRobot qui fabrique divers produits domestiques et militaires robotisés. Parmi les premiers se trouve l'aspirateur robotisé Roomba, qui s'est vendu en de très nombreux exemplaires.

Q. N'y a-t-il pas une différence entre les rêves de la littérature de SF concernant l'omniprésence des robots et votre aspirateur Roomba.
R. Sans des produits comme Roomba et les autres robots domestiques, il n'y aurait pas de financement pour des recherches en intelligence artificielle permettant aux robots d'être dotés de fonctions comme la reconnaissance des formes, la catégorisation et autres capacités encore hors de portée de l'intelligence artificielle théorique. Cela fait 50 que l'AI théorique s'est attaquée à ces questions, sans grands succès.
Q. Comment caractérisez-vous un robot ?
R. Un robot perçoit le monde d'une certaine façon, procède à certains calculs (computations), décide de ce qu'il doit faire en conséquence et agit finalement sur le monde en conformité des démarches précédentes.
Q. Quelles recherches doivent-elles être menées pour obtenir ce résultat ?
R. Je me suis pour ma part fixé 4 objectifs convergents. Les deux premiers consistent à donner au robot la capacité de reconnaître les formes qui caractérise un enfant de 2 ans et celle de comprendre le langage dont dispose un enfant de 4 ans.
Les deux autres visent à développer la dextérité manuelle d'un enfant de 6 ans (dont on sait que beaucoup sont employés dans les ateliers chinois) et, finalement, l'aptitude aux relations sociales d'un enfant de 8 ans. Ceux-ci sont capables de distinguer entre ce que vous dites et ce que vous faites ou vouliez faire…tout ce qui caractérise l'homme en tant qu'être social.
Ceci dit, je ne me fixe aucune délai pour obtenir ces résultats, car l'expérience montre que les recherches se déroulent toujours différemment de ce qui avait été annoncé.

* La conférence RoboBusiness,15/16 mai 2007 : http://www.roboevent.com/
* Texte original de l'interview :
http://news.com.com/Sizing+up+the+coming+robotics+revolution/2008-11394_3-6183596.html


L'aluminium est-il ou non un produit stratégique?

Lorsqu'en 2003 Alcan avait mis la main sur Péchiney, le producteur français de l'aluminium, en se hissant ainsi au 2e rang mondial, ceci s'était fait dans l'indifférence générale, tant des patrons de Péchiney, démissionnaires, que des pouvoirs publics. On avait expliqué que l'aluminium n'était pas un produit stratégique et que l'on pouvait s'en procurer à bas prix n'importe où dans le monde. Les salariés de Péchiney avaient depuis, malgré les promesses d'Alcan, constaté qu'ils perdaient de plus en plus d'emplois par suite de la délocalisation au Canada des sites les plus prometteurs. Alcan France ne comporte plus que 20.000 emplois contre 85.000 en 1984 pour Péchiney.

Depuis, la tension sur l'alumine et l'aluminium, de plus en plus achetés par les pays asiatiques, tend à redonner à l'aluminium le statut d'un produit, sinon stratégique, du moins très important, et porteur d'emplois de haute technicité. C'est la raison pour laquelle l'américain Alcoa a lancé une OPA hostile sur Alcan le 7 mai. C'est au tour des Canadiens de s'inquiéter et de déplorer leur peu de préparation. Quant aux Pechiney, ils s'inquiètent plus que jamais et à juste titre. Alcoa ne passe pas pour un tendre sur les délocalisations;

Raison de plus pour se demander si le concept de patriotisme national (ou européen) était-il tellement hors de propos, concernant en 2003 l'avenir de Péchiney. Racheté par une entreprise européenne, il aurait peut-être aujourd'hui fait bonne figure parmi nos rares champions. Le même raisonnement nous conduit à regretter l'abandon de Arcelor aux mains de Mittal. C'est ce dernier, presque exclusivement, qui bénéficie de la demande en forte hausse des produits acier. Rassurons nous, il nous reste la truffe du Périgord, qui s'apprécie aussi beaucoup sur les marchés internationaux. Encore que...elle serait aussi menacée d'OPA.


Les religions seraient en recul et non en expansion

Certains s'inquiètent, d'autres se réjouissent, de la prétendue montée des religions. Hors elles ne monteraient pas mais reculeraient. Selon un article américain publié par le très sérieux Edge, article qui parait digne de foi http://www.edge.org/3rd_culture/paul07/paul07_index.html c'est l'agnosticisme et l'athéisme qui sont en hausse. La religion ne progresse que dans les populations du tiers monde en proie aux crises économiques et à l'anxiété. Aux USA, le trouble des populations pauvres expliquerait également la montée chez elles du religieux.

Une autre étude britannique récente estime que le fondamentalisme islamique à tendance terroriste trouverait principalement ses racines dans le besoin de se fondre dans des groupes rassurants. http://www.scenta.co.uk/Home/1698525/who-turns-to-suicide-bombing.htm. Une thèse voisine avait déjà été présentée par un psychologue américain qui avait étudié les motivations des candidats aux attentats suicides et qui y voyait une réaction à la présence d'étrangers considérés comme des occupants. Autrement dit, il ne s'agirait que de ce que nous appelions chez nous du patriotisme.

Cela serait assez rassurant. Mais les données utilisées sont difficiles à interpréter avec précision.


L'armée américaine prépare la mise en place de routeurs Internet à bord de satellites

Il s'agit du projet IRIS (Internet Routing in Space) développé sur financement de la Défense par un groupe d'entreprises autour de Cisco Systems et Intelsat General. Le projet vise à faciliter les communications militaires en évitant l'encombrement des routeurs terrestres. Il pourra être proposé pour des applications civiles. Aujourd'hui, on peut envoyer des messages d'une station à terre vers une autre via un satellite, mais il faut prévoir de complexes échanges, avec changements de fréquences, entre les correspondants.

Dans le programme IRIS, prévu pour 3 ans, Intelsat fournira les satellites et Cisco les logiciels de réseau IP embarqués. Les services offerts intégreront le transport de voix, de vidéos et de données. Le premier satellite sera lancé en 2009.

Il s'agira d'un pas de plus dans la suprématie des opérateurs américains financés par la Défense pour le contrôle des infrastructures de réseaux Internet.

*Article de ComputerWorld
http://computerworld.co.nz/news.nsf/news/C4F1278703F2238BCC2572BC00157CC9



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