Nous
proposons ici une rubrique destinées à
publier des informations brèves suivant
de près l'actualité. Nous leur donnerons
une tonalité politique (politique industrielle,
politique scientifique, intelligence économique)
qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à
toutes les autres rubriques de la revue. La page
Infoxpress ne remplacera pas la page ACTUALITES
|
Promotion
de l'aérostatique
Cet
article est de Jean Thyrard, que nous remercions.
Le vendredi 23 mars dernier, en présence de Claire
DUPAS, directrice de l'ENS de Cachan, Sylvain ALLANO et
Hervé KUHLMANN ont lancé le réseau
DIRISOFT(1). Il s'agit ni plus ni moins que de
«promouvoir en Europe des recherches scientifiques
de haut niveau pour voir émerger une nouvelle génération
de dirigeables».
Parallèlement,
l'association AERALL(2), dans son rapport d'exercice de
2006, met en exergue le fait que «le développement
économique et social du monde entier exige chaque
jour davantage des moyens de transport plus nombreux et
aux caractéristiques diversifiées pour répondre
de manière optimisée aux besoins d'une civilisation
complexe».
Il
ne fait aucun doute que cette assertion trouve sa vérité
au quotidien et notamment dans les pays en voie de développement
où la construction et l'exploitation d'un réseau
routier ou ferré absorberaient la plus grande partie
des investissements. Il en est de même lorsqu'il
s'agit de faire face à des «situations tragiques
qui appellent généralement des réponses
rapides, urgentes, avec des modes d'acheminement classiques
des aides par voie terrestre ou aérienne qui sont
souvent non adéquats, voire tout simplement impraticables
ou trop dangereux». C'est en tout cas ce que préconisent
les initiateurs du projet DGPA dans une intervention faite
au cours d'un séminaire international intitulé
«Systèmes de transport de marchandises en
Afrique de l'ouest» et organisé à
Ouagadougou (Burkina Faso) en juin 2005.
En
annexe de son intervention, Jean-Charles POUTCHY-TIXIER,
du Conseil National des Transports, présentait
les grandes lignes du projet DGPA(3) dont la conclusion
a de quoi faire vibrer la corde sensible des Paneuropéens
que nous sommes. «Il est évident que la nation
et l'Europe qui pourraient aligner un tel potentiel verraient
leur prestige grandir auprès des populations du
globe. Elles ne pourraient que bénéficier
d'une renommée politique et préférentielle
bien supérieure à toutes les actions diplomatiques
pouvant être engagées, favorisant la Paix,
la générosité à l'échelle
de la planète». N'y a t-il pas là
une petite touche de cet esprit de solidarité promu
par PanEurope France dans sa vision d'une Europe-Puissance,
indépendante, souveraine et solidaire.
L''engagement
de l'Union européenne pour le développement
durable et les nouvelles technologies pourrait trouver
une de ses premières applications dans l'utilisation
des technologies aérostatiques, très économes
en énergie, au service de l'observation de la terre,
des loisirs pour tous et des transports longue distance
pour les objets lourds et encombrants. Mais s'agit-il
comme le souligne Jean-Claude Empereur, vice-président
de PanEurope France mais aussi fondateur d'AERALL en 1972,
d'une rétro-innovation ? Le dernier record, la
dernière invention doivent-ils pour autant oblitérer
de géniales innovations dont le seul tort est de
ne pas avoir trouvé d'applications immédiates
et pérennes ? Dans le cadre de l'année polaire
internationale, Jean-Louis ETIENNE s'envolera, en mars
ou avril 2008, vers le pôle à bord d'un dirigeable
russe conçu chez ROS AERO. S'agit-il pour autant
d'une rétro-aventure ? Présent au colloque
de lancement de DIRISOFT, Jean-Louis a expliqué
qu'un dirigeable capable d'une charge de 30 tonnes pouvait
l'emporter sur toutes les Calypso du monde ! Tiens ! Tiens
! S'agit-il d'une rétro-idée ?
(1) IRISOFT http://www.istia.univ-angers.fr/Innovation/INFOTEAM/DIRISOFT/fiabilite%20projet.htm
(2)
AERALL
http://www.aerall.blimp-n2a.com/strategie.htm
(3) DGPA http://www.aat-fr.com/
L'enjeu
de l'IPv6 pour l'Europe
Nous
publierons dans un prochain numéro un article dénonçant
l'inertie des Européens, tant industriels qu'utilisateurs,
face à l'enjeu que représente le passage
du Protocole Internet Version 4 (IPv4) à la version
6 (IPv6). Pour les Américains, si l'IPv4 est encore
utilisable vu l'abondance d'adresses IP qu'il continue
à offrir aux utilisateurs américains, le
passage à la version 6 est devenue obligatoire
en ce qui concerne les systèmes de défense.
Pour les Japonais et les Chinois, au contraire, l'implémentation
de la Version 6 est un enjeu stratégique. Ces deux
pays jouent en effet la carte de l'interconnexion massive
des objets (Internet des objets) et des utilisateurs de
l'Internet. Ils visent évidemment le marché
mondial.
Les
Européens ignorent la question au niveau des responsables
politiques. Elle n'est étudiée que dans
certains laboratoires. Les opérateurs ne veulent
pas commencer à investir pour leur compte, de peur
de tirer les marrons du feu pour leurs concurrents. Une
prise de conscience géopolitique s'impose donc
d'urgence.
Tuberculose
multi-résistante
Selon
l'AFP à WASHINGTON. Les autorités sanitaires
américaines et canadiennes ont appelé mardi
29 mai les passagers d'un vol Air France Atlanta-Paris
et d'un vol Czech Airlines Prague-Montréal à
se faire tester pour s'assurer qu'ils n'ont pas été
infectés par un voyageur atteint d'une forme dangereuse
de tuberculose résistante aux traitements. Le passager
a été mis en quarantaine d'office par les
autorités américaines.
Nous
avons déjà signalé ce risque, qui
ne pourra que grandir, dans l'article
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/80/tb.htm
Cross
Language Information Retrieval
L'un des vice-président de Google vient d'annoncer
un nouveau produit (ou service) intéressant une
fonction très importante aux yeux des documentalistes
et qui fait l'objet de nombreuses recherches, le Cross
Language Information Retrieval (traduisons approximativement
par moteur de recherche multilangues). Le produit de Google
devrait en principe permettre de trouver un document quelle
qu'en soit la langue et de le traduire à la volée.
Si je veux un article en français à partir
d'un original en anglais, j'obtiendrai un résultat
en deux colonnes, l'une donnant la traduction en français
et l'autre le texte anglais original. La traduction se
fait en temps réel.
Google
espère de cette façon, non seulement s'attirer
de nouveaux clients, mais aussi "faire disparaître
la barrière des langues entre les peuples".
Noble ambition, que la Commission Européenne devrait
mettre, elle aussi, dans ses objectifs. Sinon, l'omniprésence
de Google deviendra encore plus omniprésente.
* Cross Language Information Retrieval
http://en.wikipedia.org/wiki/Cross-language_information_retrieval
Sauver
Galiléo
Jugeant désormais qu'un choix politique s'impose,
la Commission européenne a détaillé
le 16 mai les scénarios de sauvetage du projet
Galileo (le GPS européen), plaidant avec force
pour un financement public complet des 30 satellites prévus,
exploités par le privé une fois opérationnels.
Destiné
à sortir de l'enlisement actuel d'un projet dont
Paneurope n'a cessé de souligner le caractère
de "technologie de souveraineté" (Galileo
vise à affranchir les Européens de leur
dépendance à l'égard du système
militaire américain GPS), le scénario proposé
impliquerait un achèvement complet du déploiement
des satellites à la fin de l'année 2012,
les premières utilisations concrètes étant
lancées un an plus tôt. Ce choix devra être
fait par les ministres des Transports des 27, qui doivent
se réunir à Bruxelles les 7 et 8 juin.
Selon
les souhaits de Bruxelles, l'Agence spatiale européenne
organiserait d'ici à la fin de l'année un
nouvel appel d'offres destiné à amorcer
cette phase de développement. L'enveloppe de 2,4
milliards d'euros qui, dans le schéma initial,
était à la charge des entreprises membres
du consortium serait désormais financée
par le budget communautaire, et au besoin par les États
membres qui le souhaiteront, via leurs propres budgets
nationaux.
Pour leur part, les industriels se contenteront d'exploiter
le système de navigation par satellite, et cela
à partir de 2013, date d'entrée en vigueur
d'un nouveau contrat de concession, d'une durée
de vingt ans. Sur 2007-2030, l'engagement budgétaire
total de l'UE pourrait atteindre de 9 à 10 milliards
d'euros. Les 27 devront notamment participer aux risques
commerciaux du projet en versant des subventions d'exploitation
jusqu'en 2030.
Pour notre part, nous ne nous faisons guère d'illusions.
Galiléo est en voie de devenir un nouvel emblème
de l'impuissance européenne.
NB:
Jacques Blamont, physicien, membre de l'Académie
française des sciences, a publié dans Le
Monde du 12 mai, p. 20, un article en ce sens: L'Europe
doit s'engager pour Galiléo. Il y déplore
le refus du concept d'Europe-puissance par la plupart
des Etats européens, qui veulent faire financer
Galiléo par les entreprises, au lieu d'en faire
un outil relevant de la puissance publique.
Les
futurs robots intelligents
Dans un interview donné à C/Net.News.com
à l'occasion de la conférence RoboBusiness,
Rodney Brooks expose ses vues sur les prochains développements
de la robotique. Nous en adaptons ici les principaux passages.
Rodney Brooks est bien connu de nos lecteurs. Il est le
directeur du Massachusetts Institute of Technology's Computer
Science and Artificial Intelligence Lab. Il est aussi
co-fondateur de la firme iRobot qui fabrique divers produits
domestiques et militaires robotisés. Parmi les
premiers se trouve l'aspirateur robotisé
Roomba, qui s'est vendu en de très nombreux
exemplaires.
Q. N'y a-t-il pas une différence entre les
rêves de la littérature de SF concernant
l'omniprésence des robots et votre aspirateur
Roomba.
R. Sans des produits comme Roomba et les autres robots
domestiques, il n'y aurait pas de financement pour
des recherches en intelligence artificielle permettant
aux robots d'être dotés de fonctions
comme la reconnaissance des formes, la catégorisation
et autres capacités encore hors de portée
de l'intelligence artificielle théorique.
Cela fait 50 que l'AI théorique s'est
attaquée à ces questions, sans grands succès.
Q. Comment caractérisez-vous un robot ?
R. Un robot perçoit le monde d'une certaine
façon, procède à certains calculs
(computations), décide de ce qu'il doit faire
en conséquence et agit finalement sur le monde
en conformité des démarches précédentes.
Q. Quelles recherches doivent-elles être menées
pour obtenir ce résultat ?
R. Je me suis pour ma part fixé 4 objectifs convergents.
Les deux premiers consistent à donner au robot
la capacité de reconnaître les formes qui
caractérise un enfant de 2 ans et celle de comprendre
le langage dont dispose un enfant de 4 ans.
Les deux autres visent à développer la dextérité
manuelle d'un enfant de 6 ans (dont on sait que
beaucoup sont employés dans les ateliers chinois)
et, finalement, l'aptitude aux relations sociales
d'un enfant de 8 ans. Ceux-ci sont capables de distinguer
entre ce que vous dites et ce que vous faites ou vouliez
faire…tout ce qui caractérise l'homme
en tant qu'être social.
Ceci dit, je ne me fixe aucune délai pour obtenir
ces résultats, car l'expérience montre
que les recherches se déroulent toujours différemment
de ce qui avait été annoncé.
*
La conférence RoboBusiness,15/16 mai 2007 : http://www.roboevent.com/
* Texte original de l'interview :
http://news.com.com/Sizing+up+the+coming+robotics+revolution/2008-11394_3-6183596.html
L'aluminium
est-il ou non un produit stratégique?
Lorsqu'en
2003 Alcan avait mis la main sur Péchiney, le producteur
français de l'aluminium, en se hissant ainsi au
2e rang mondial, ceci s'était fait dans l'indifférence
générale, tant des patrons de Péchiney,
démissionnaires, que des pouvoirs publics. On avait
expliqué que l'aluminium n'était pas un
produit stratégique et que l'on pouvait s'en procurer
à bas prix n'importe où dans le monde. Les
salariés de Péchiney avaient depuis, malgré
les promesses d'Alcan, constaté qu'ils perdaient
de plus en plus d'emplois par suite de la délocalisation
au Canada des sites les plus prometteurs. Alcan France
ne comporte plus que 20.000 emplois contre 85.000 en 1984
pour Péchiney.
Depuis,
la tension sur l'alumine et l'aluminium, de plus en plus
achetés par les pays asiatiques, tend à
redonner à l'aluminium le statut d'un produit,
sinon stratégique, du moins très important,
et porteur d'emplois de haute technicité. C'est
la raison pour laquelle l'américain Alcoa a lancé
une OPA hostile sur Alcan le 7 mai. C'est au tour des
Canadiens de s'inquiéter et de déplorer
leur peu de préparation. Quant aux Pechiney, ils
s'inquiètent plus que jamais et à juste
titre. Alcoa ne passe pas pour un tendre sur les délocalisations;
Raison
de plus pour se demander si le concept de patriotisme
national (ou européen) était-il tellement
hors de propos, concernant en 2003 l'avenir de Péchiney.
Racheté par une entreprise européenne, il
aurait peut-être aujourd'hui fait bonne figure parmi
nos rares champions. Le même raisonnement nous conduit
à regretter l'abandon de Arcelor aux mains de Mittal.
C'est ce dernier, presque exclusivement, qui bénéficie
de la demande en forte hausse des produits acier. Rassurons
nous, il nous reste la truffe du Périgord, qui
s'apprécie aussi beaucoup sur les marchés
internationaux. Encore que...elle serait aussi menacée
d'OPA.
Les
religions seraient en recul et non en expansion
Certains
s'inquiètent, d'autres se réjouissent, de
la prétendue montée des religions. Hors
elles ne monteraient pas mais reculeraient. Selon un article
américain publié par le très sérieux
Edge, article qui parait digne de foi http://www.edge.org/3rd_culture/paul07/paul07_index.html
c'est l'agnosticisme et l'athéisme qui sont
en hausse. La religion ne progresse que dans les populations
du tiers monde en proie aux crises économiques
et à l'anxiété. Aux USA, le trouble
des populations pauvres expliquerait également
la montée chez elles du religieux.
Une autre étude britannique récente estime
que le fondamentalisme islamique à tendance terroriste
trouverait principalement ses racines dans le besoin de
se fondre dans des groupes rassurants. http://www.scenta.co.uk/Home/1698525/who-turns-to-suicide-bombing.htm.
Une thèse voisine avait déjà été
présentée par un psychologue américain
qui avait étudié les motivations des candidats
aux attentats suicides et qui y voyait une réaction
à la présence d'étrangers considérés
comme des occupants. Autrement dit, il ne s'agirait que
de ce que nous appelions chez nous du patriotisme.
Cela
serait assez rassurant. Mais les données utilisées
sont difficiles à interpréter avec précision.
L'armée
américaine prépare la mise en place de routeurs
Internet à bord de satellites
Il
s'agit du projet IRIS (Internet Routing in Space) développé
sur financement de la Défense par un groupe d'entreprises
autour de Cisco Systems et Intelsat General. Le projet
vise à faciliter les communications militaires
en évitant l'encombrement des routeurs terrestres.
Il pourra être proposé pour des applications
civiles. Aujourd'hui, on peut envoyer des messages d'une
station à terre vers une autre via un satellite,
mais il faut prévoir de complexes échanges,
avec changements de fréquences, entre les correspondants.
Dans
le programme IRIS, prévu pour 3 ans, Intelsat fournira
les satellites et Cisco les logiciels de réseau
IP embarqués. Les services offerts intégreront
le transport de voix, de vidéos et de données.
Le premier satellite sera lancé en 2009.
Il
s'agira d'un pas de plus dans la suprématie des
opérateurs américains financés par
la Défense pour le contrôle des infrastructures
de réseaux Internet.
*Article
de ComputerWorld
http://computerworld.co.nz/news.nsf/news/C4F1278703F2238BCC2572BC00157CC9
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