Quoi
de plus naturel, pour fêter les 20 ans du Futuroscope,
que la sortie de cet ouvrage, un peu à l'image de
ce parc d'attraction qui n'a de cesse depuis sa création
de nourrir l'imagination et la créativité
de ses visiteurs en leur proposant de vivre toutes sortes
d'expériences comme autant de "petits morceaux"
de futur".
Réalisé en co-édition avec FYP
Editions(1)
ce livre tout public, au contenu clair et richement illustré,
donne des clés permettant dimaginer, d'appréhender
et de mieux comprendre notre avenir et les technologies
qui auront un impact sur nos vies dans les deux prochaines
décennies.
Original, ce livre évite le piège si souvent
constaté dans d'autres ouvrages, qui ne constituent
le plus souvent qu'un simple catalogue de nouvelles technologies
dont on nous rebat sans cesse les oreilles. Car plus que
de se contenter de vouloir prédire le futur (ce qui
ne serait déjà pas si mal), les auteurs s'attachent
ici à fournir les éléments qui permettent
de mieux l'imaginer et de le comprendre, plaçant
sans cesse l'homme au centre des usages.
L'ouvrage
s'organise autour de 7 chapitres : Numérique, machine
; Mobilité ; Ville ; Société ; Nature
et environnement, Bien-être et sensoriel ; Culture.
L'ensemble, multiforme, s'enrichit de la contribution de
chercheurs, philosophes, sociologues et artistes(2)
qui imaginent et racontent leur vision du monde de demain.
Invitation à ouvrir notre esprit, ce livre conduit
alors à diversifier nos connaissances, insistant
aussi sur l'analyse des enjeux économiques, socioculturels
ou éthiques des mutatations technologiques.
Au rythme du progrès des technosciences(3)
l'ouvrage nous introduit dans un monde où
les circulations augmenteront, où les objets deviendront
intelligents et dans lequel la complexité des interactions
réelles et virtuelles croîtra à la vitesse
des progrès de l'informatique.

Cette table robotique imaginée
par Ian Gonsher illustre une approche possible de la "robotisation
des objets" © Courtoisie
de Frédéric Kaplan
Un
monde bientôt à nos portes où l'échelle
de la connaissance du vivant et de l'intervention sur la
vie descendra au niveau des nanomesures et nanointerventions
: allongement de la vie, réparation, ajout de capacités
nouvelles.
Monde de villes qui grandiront, malléables, et mieux
organisées. Monde futur dans lequel les supports
de la connaissance et de la
culture
seront bien différents de ceux connus actuellement.
Monde dans lequel il faudra aussi prendre en compte le fait
que les hommes seront toujours plus nombreux à consommer
sur une terre qui n'est pas extensible à l'infini.
Et ici, l'ouvrage se veut optimiste, montrant que les développements
futurs ne pourront exister sans désormais porter
en eux les remèdes à la surconsommation et
à la pollution de la planète : nouvelles techniques
de transports, nouvelles sources d'énergies, capture
des gaz à effets de serre, production agricole repensée...
Ce
beau livre, à la fois dans le fond et dans la forme,
démontre qu'il est possible de produire des ouvrages
grand public qui ne pèchent pas par leur superficialité.
Si autrefois, les ouvrage d'anticipations décrivaient
un monde tout fait, nous avons ici l'esquisse ou les grandes
lignes d'un monde encore à faire. Un monde ni forcément
apocalyptique, ni forcément paradisiaque, mais où
il s'agit d'inventer et de faire, dans un cadre raisonnablement
imaginable.
(1)
FYP pour "Fallait Y Penser" www.fypeditions.com,
qui a déjà réalisé l'année
dernière - et toujours pour le Futuroscope - , l'ouvrage
"Robots extraordinaires" (voir
notre recension). Très remarquée dès
le lancement de son "Robots, genèse d'un peuple
artificiel" (voir
notre recension), cette jeune maison d'édition
a pour ambition de décrire et analyser les pratiques
et usages des nouvelles technologies et de l'innovation.
Dans ce cadre le catalogue doit bientôt s'enrichir
le 3 juin avec la parution d'"Every[Ware] - La révolution
de l'ubimédia" (par Adam Greenfield) )"
et de "Culture d'univers - Jeux en réseaux,
mondes virtuels, le nouvel âge de la société
numérique " (ouvrage collectif coordonné
par Franck Beau), "Objets bavards" (Bruce Sterling)
ainsi que "Technology Matters" viendront en septembre,
et "Ville 2.0" début 2008. 
(2)
Avec, par ordre d'apparition, les contributions de : Adams
Greenfield (designer numérique et fondateur du principe
de l'Every[ware], Frédéric Kaplan (chercheur
en intelligence artificielle), Daniel Kaplan (délégué
général de la Fondation Internet Nouvelle
Génération (FING), Robert A. Freitas (chercheur
en nanomédecine), Stephane Cobo (ingénieur
et urbaniste), Albert Asséraf (directeur stratégie
de JCDecaux France), Jacques Ferrier (architecte),Luc Gwiazdzinski
(géographe) François Schuiten (dessinateur,
scénographe), Gilles Lipovetsky (sociologue, professeur
de philosophie), Henri Isaac (économiste, maître
de conférences à l'université de Paris
Dauphine), Michel Godet (professeur aux Arts et Métiers),
Jacques Attali et Sébastien Duquet (PlaNet Finance),
Patrick J Gyger (directeur de Maison d'ailleurs), Corine
Lepage (avocate, ancien ministre de l'Environnement),
Bertrand Picard (président de Solar Impulse), Guy
Pignolet (membre du bureau du Sunsat Energy Council), Eric
Le Bourg (chercheur au CNRS, spécialiste du vieillissement),
Jean-Luc Petitrenaud (journaliste gastronomique), Didier
Fass (chercheur au Loria Inria Lorraine), Frank Beau (chercheur
et spécialiste des technologies de l'information),
Emmanuel Parody (journaliste spécialisé dans
les technologies de l'information).
(3)
La technoscience doit s'entendre ici comme la science qui
gouverne des applications techniques fortement intriquées
à la connaissance théorique et faisant appel
à des approches scientifiques variées. Citons
par exemple la biologie intégrative, la génomique,
la robotique, les nanotechnologies, la climatologie, la
science des systèmes complexes... 