SeQ-1,
nouveau robot de surveillance Taïwanais
Christophe Jacquemin - 10/05/07
Il
s'appelle SeQ-1, mesure 1,40 m pour 130 kg : c'est le nouveau
robot de surveillance intelligent taïwanais réalisé
par l'Industrial Technology Research Institute (ITRI), en partenariat
avec Shin Kong Security Co (société fournissant
des services de sécurité), présenté
récemment à la "SecuTech Expo" qui s'est
tenue récemment à Taipei.
Par rapport à des robots similaires développés
dans dautres pays, SeQ-1 possède un système
opératoire lui permettant de réagir immédiatement
avec les systèmes de contrôle de sécurité.
Grâce à une vision sur 360°, SeQ-1 est capable
de détecter tous les cas durgences tels que des
intrus, de la fumée ou des débuts dincendie.
Le robot localise immédiatement de tels problèmes,
émet une alerte et envoie des images en direct au centre
de contrôle. Il est aussi possible détablir
des plans de patrouille dans la base de données du robot,
lui permettant alors deffectuer des rondes automatiques
tout en évitant les collisions.
Conçu pour servir les besoins de surveillance des centres
de contrôle, il peut être utilisé de façon
efficace dans les bâtiments de bureau et les grands équipements.
Il peut également être équipé de
fonctions multimédias interactives, offrant alors les
services de guide ou de réceptionniste grâce à
son écran tactile et l'utilisation de la voix.
Aucune information
n'a encore été fournie sur le prix de ce robot.
Pour en
savoir plus :
Industrial Technology Research Institute
: http://www.itri.org.tw/index.jsp
Shin
Kong Security Co : http://www.sks.com.tw/Webeg/index.htm
Création
d'une encyclopédie numérique des espèces
vivantes en libre accès
Christophe Jacquemin - 09/05/07
Plusieurs
institutions scientifiques(1)
ont lancé ce 9 mai un projet d'encyclopédie numérique
de 300 millions de pages, visant à rassembler les 1,8
millions d'espèces vivantes pour l'instant recensées.
Cette Encyclopédie de la vie donnera ainsi un
libre accès à toutes les connaissances actuelles
sur la biodiversité terrestre, "permettant aussi
de mieux la préserver face aux risques présentés
notamment par le réchauffement climatique et la surexploitation
par les humains", ont annoncé les promoteurs
américains du projet. Son lancement est pour l'instant
financé avec des dons privés - à hauteur
de 12,5 millions de dollars - mais ses initiateurs espèrent
attirer des fonds publics, notamment ceux des pays du G8 favorables
à un tel système d'information.
L'Encyclopédie
offrira "des
informations précieuses et bien organisées sur
la biodiversité et sa protection à tout le monde,
partout dans le monde et à tout moment",
explique James Edwards qui dirigera ce projet. La création
de cet outil est aujourd'hui rendu possible grâce aux
récentes avancées technologiques réalisées
dans les moteurs de recherche et la visualisation de l'information.
1,25
million de pages seraient déjà été
scannées et il faudra environ 10 ans pour créer
l'ensemble des 300 millions de pages, contenant l'ensemble des
espèces vivantes cataloguées depuis 250 ans par
les scientifiques, constituant un outil de grande valeur pour
les chercheurs, les enseignants, les étudiants et les
décideurs politiques.
Cette Encyclopédie sera par ailleurs constamment actualisée
pour y inclure les nouvelles espèces identifiées
ou éteintes. Le catalogue, qui donnera une vue d'ensemble
de la biodiversité englobant le monde animal et végétal
ainsi que les champignons, pourrait aussi être ultérieurement
étendu à l'univers microbien.
Les
premières pages sont d'ores et déjà consultables
sur le site :
http://www.bhl.si.edu
(1)
L'intégrité scientifique de l'encyclopédie
est garantie par la participation de milliers d'experts dans
le monde. Par exemple aux Etats-Unis, les principaux participants
de ce projet sont notamment le Marine Biological Laboratory
/ Woods Hole Oceanographic Institute, l'université Harvard
(Massachusetts, est), Ernst Mayr Library of the Museum of Comparative
Zoology (Cambridge, MA) ), le musée d'histoire naturelle
de Chicago (Illinois, nord) et la Smithsonian Institution, ainsi
que la Biodiversity Heritage Library à Washington., Le
musée américain d'histoire naturelle ainsi que
le New York Botanical Garden (New York, NY), la Smithsonian
Institution (Washington, DC)/ En Europe, le Musée d'Histoire
naturelle de Londres et le Royal Botanic Garden, également
en Grande-Bretagne. Selon les promoteurs du projet, des extensions
seraient en cours avec l'Asie, l'Amérique latine, l'Afrique
et dans d'autres pays européens.
Emergence
d'une nouvelle culture au Royaume-Uni ? : soixante robots vont
interagir
au sein de "villages" robotiques
Christophe Jacquemin et Jean-Paul Baquiast - 08/05/07
Une
équipe pluridisciplinaire provenant de 6 institutions(1)
mène au Royaume-Uni un programme de 4 ans visant à
étudier la création et l'évolution de liens
sociaux entre 60 robots appelés à cohabiter dans
une société globale. Le financement de quelque
£735,000 est apporté par l'Engineering and Physical
Sciences Research Council.
Les
robots seront répartis entre groupes, ou "villages".
Chaque robot copiera les autres en apportant de légères
modifications aux comportements observés, ce qui permettra
de faire apparaître des patterns comportementaux susceptibles
de se transformer en une culture globale. Bien évidemment,
cette culture n'aura rien d'humain, mais sera propre aux robots
considérés.
Les conditions environnementales seront régulièrement
modifiées afin de voir comment les robots s'y adaptent,
et si certains d'entre eux se révèlent plus performants
que les autres.
Au cours de cette expérience, les chercheurs espèrent
que ces nouveaux comportements émergents (qui pourront
être analysés de façon qualitative et quantitative)
témoigneront de l'émergence d'une "culture
robotique". Les
enseignements tirés de l'étude pourraient aussi
être exploités pour mieux comprendre l'émergence
des cultures chez les animaux et les humains : "naturellement
les comportements qui émergeront et évolueront
ne seront pas humains mais robotiques. Nous ne nous attendons
pas à ce que ces «mèmes» artificiels
aient une signification dans un contexte culturel humain - ils
seront seulement significatifs dan
s
le contexte fermé de cette société artificielle",
indique Alan Wienfield, roboticien au laboratoire des systèmes
intelligents autonomes de l'université West England (Bristol).
L'un des défis principaux de cette recherche sera de
pouvoir identifier et interpréter ces modes de comportement
comme évidence d'une culture naissante chez les robots.
"Il s'agit de voir si cette émergence peut nous
éclairer de façon plus générale
sur la façon dont la culture émerge, et quelles
implications cela peut avoir pour les sociétés
humaines, animales ou artificielles. Dans un sens nous utilisons
les robots comme un microscope pour étudier l'évolution
de la culture", explique le roboticien.
L'équipe projette également de lancer un site
Web de sorte que ce "laboratoire artificiel de culture"
puisse être observé par le public le plus large
possible, qu'il s'agisse des écoliers, des universitaires
ou simplement des passionnés...
Vu le faible coût relatif de ce projet, on comprend mal
que des projets analogues ne soient pas conduits dans de nombreuses
autres universités. Mais peut-être se heurte-t-on
encore à la crainte quasi-religieuse d'avoir à
considérer que les pratiques culturelles peuvent résulter
d'interactions simples entre composants eux-mêmes simples,
et être étudiées par des roboticiens évolutionnistes
plutôt que par des sociologues de formation littéraire
ou juridique ?
PS:
Dans
le même esprit, bien que cela n'ait pas grand chose à
voir, signalons que Carnegie Mellon propose des éléments
de robots pouvant être assemblés par des particuliers,
à partir d'un mode d'emploi simple. Il s'agit du Telepresence
Robot Kit (TeRK) conçu par le CREATE lab(2).
Les robots obtenus peuvent être pilotés et interagir
par Internet. Ils sont susceptibles de différents usages,
à partir de morphologies différentes. Là
encore, compte-tenu des progrès considérables
apportés par la technologie grand public, on ne peut
que regretter l'absence des industriels européens dans
ce domaine prometteur.
(1) Le projet groupe l'équipe suivante : Alan Winfield,
roboticien (Intelligent Autonomous Systems Laboratory, Université
West England), John W Crawford, biologiste théoricien
(université d'Abertay) ; Robin Durie, philosophe (université
d'Exeter) ; Frances Griffiths sociologue (université
de Warwick) ; Alistair Sutcliffe, informaticien (université
de Manchester) ; Jenny Tennant Jackson, historien d'art et
théoricien culturel (université métropolitaine
de Leeds).
(2) Community Robotics, Education and Technology Empowerment
Lab.
Pour
en savoir plus
Article
de BBC News : http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/scotland/tayside_and_central/6587377.stm
Université
d'Abertay
: http://www.abertay.ac.uk/
Telepresence
Robot Kit (TeRK) :
http://www.terk.ri.cmu.edu/media/
Selon
le physicien français Thibault Damour,
certains trous noirs sont peut-être des trous de ver
Jean-Paul Baquiast 07/05/07
Thibault
Damour, né en 1951, est professeur de physique théorique
à l'Institut des hautes études scientifiques
(IHES) depuis 1989. Il est spécialiste de la relativité
générale et de la théorie des cordes.
Il est depuis 2007 membre de l’académie des sciences
de Paris. A partir de ses travaux théoriques, il a
publié des’ouvrages de vulgarisation, dont Si
Einstein m'était conté, Editions du Cherche-midi,
Paris 2005 et La relativité générale,
dans : Qu'est-ce que l'Univers ? - Université de Tous
les Savoirs, Tome 4, sous la direction d'Y. Michaud, Editions
Odile Jacob (2001).
En avril dernier, conjointement avec le physicien Sergey Solodukhin
de l’Université de Brème,Thibault Damour
vient de proposer une hypothèse audacieuse : certains
trous noirs pourraient être des trous de ver. On sait
que les trous noirs, supposés résulter de l’effondrement
gravitationnel d’étoiles massives, conformément
à la relativité générale, ne peuvent
par être observés directement. Les astrophysiciens
ne peuvent dont pas affirmer qu’ils « existent »
vraiment (à supposer que des choses existent vraiment
en cosmologie). Par contre, les astronomes ont identifié
de nombreux objets pouvant être des trous noirs, autour
desquels de la matière s’enroule avant d’y
probablement disparaître. L’existence de ces entités
exotique est donc très généralement admise.
On sait que les objets attirés par elles y disparaissent
sans retour.
Or
dans un article cité ci-dessous en référence,
Thibaul Damour et Sergey Solodukhin font l’hypothèse
que certains de ces objets pourraient en fait être des
trous de ver. Les trous de ver sont supposés être
des distorsions du tissu de l’espace-temps qui permettraient
de passer d’un univers à l’autre, dans l’hypothèse
des univers multiples. Le thème a été abondamment
exploité par la science-fiction. En effet, les trous
de ver seraient réversibles, celui qui s’y engagerait
pourrait en ressortir sans destruction ni perte d’information.
Ils permettraient donc de découvrir des univers éventuellement
différents du nôtre. Mais comment se présenteraient
à nous ces êtres étranges, pour le moment
uniquement prévus par certains physiciens théoriciens
?
En
fait, Damour et Solodukhin affirment que le trou de ver ressemblerait
tellement à un trou noir qu’il ne pourrait pas
en être distingué. Ceci expliquerait qu’ils
n’aient jamais été identifiés en
tant que tels. La matière tourbillonnerait autour d’eux
de la même façon qu’autour d’un trou
noir, les deux catégories d’objet déformant
identiquement l’espace-temps. La radiation dite de Hawking
propre au trou noir et qui n’existerait pas dans le trou
de ver serait si faible qu’elle ne pourrait être
distinguée de la radiation micro-onde de fonds cosmologique.
Par contre, une fois entré dans un trou de ver, on pourrait
en ressortir, après un délai indéterminé
(quelques milliards d’années éventuellement),
afin de rapporter ce qui aurait été observé
de l’autre côté. Rien de tout ceci ne peut
donc être testé compte-tenu des technologies actuelles.
Rien non plus ne permet dans l’état actuel des
hypothèses d’imaginer comment se formerait un trou
de ver.
Tout ceci demeurerait donc du domaine de l’hypothétique
et n’aurait pas d’applications pratiques immédiates
si les futurs accélérateurs de particules, notamment
le LHC devant entrer prochainement en service, n’étaient
pas supposés capables de former de microscopiques trous
noirs. Dans ce cas, ils pourraient aussi produire des trous
de ver et ceux-ci pourraient être identifiés du
fait qu’ils ne produiraient pas de radiation de Hawking
et que l’information qui y serait introduite ne disparaîtrait
pas.
On peut donc penser que, malgré le caractère aujourd’hui
hautement hypothétique des trous de ver tels que décrits
par Thibault Damour et Sergey Solodukhin, la question pourra
prochainement être à nouveau évoquée
avec de plus en plus de précision. L’imagination
des auteurs de science-fiction pourra donc continuer à
y trouver matière à littérature.
Pour en savoir plus
Article
du NewScientist :
http://space.newscientist.com/article/dn11745-could-black-holes-be-portals-to-other-universes.html
Wormholes
as Black Hole Foils, par Thibault Damour, (Submitted on 20 Apr
2007) http://arxiv.org/abs/0704.2667
Thibault
Damour, page personnelle : http://www.ihes.fr/~damour/
Sergey
Nikolaevich Solodukhin : http://www.iu-bremen.de/directory/02892/
Simulation
d'un cortex de souris sur un super-calculateur ?
Christophe Jacquemin et Jean-Paul Baquiast - 03/05/07
James
Frye, Rajagopal Ananthanarayanan, et Dharmendra S. Modha,
chercheurs chez IBM (Almaden Research Lab) et de l'University
du Nevada, ont implémenté une simulation massivement
parallèle d'un modèle de cortex de souris sur
un super-calculateur 4096 Blue Gene L.
Sur des modèles analogues plus réduits, ils
avaient observé des propriétés dynamiques
constantes telles que la formation spontanée de groupes
de neurones et des patterns de décharge synchrone/asynchrone.
L'objectif avec ce nouveau modèle était de raffiner
l'architecture de calcul et d'ajouter des détails neurobiologiques
intéressant la macro et la micro neuroanatomie, des
neuromodulateurs et des équations dynamiques concernant
les relations entre neurones et synapses.
Le nombre de neurones estimés pour les deux hémisphères
du cortex de la souris est de 16 millions (100 milliards pour
un cerveau humain), avec 8.000 synapses par neurone.
Dans un premier temps, les chercheurs ont effectué
les calculs sur un modèle simplifié comprenant
8 millions de neurones et 6.300 synapses par neurone. Les
délais des influx nerveux ont été ici
fixés entre 1ms et 20 ms, une telle modélisation
imposant des contraintes énormes en matière
de puissance de calcul et de mémoire. La durée
de la simulation a été calculée pour
10 secondes, à une vitesse dix fois inférieure
au temps réel d'activation des neurones. Dès
lors, avec une résolution de 1ms et une fréquence
d'1 Hz, l'expérience a permis de simuler 1 seconde
du fonctionnement des 8 millions de neurones du modèle
(soit une moitié de "cerveau" d'une souris).
Une deuxième expérience a été
menée en simulant en simulant le fonctionnement de
16 millions de neurones avec 8.000 synapses par neurones.
Pour cela, les chercheurs ont utilisé une configuration
à 8.192 processeurs de leur BlueGene/L avec 4To de
mémoire vive. La simulation de 5 s de fonctionnement
a été effectuée en 168 s en temps réel.
Un dernier test de montée en charge a permis de réaliser
la même expérience avec 16.000 synapses par neurone
pour un temps d'exécution restant dans le même
ordre de grandeur.
Nécessité
d'une théorie intégrative générale
Disons-le
tout net : avec ces travaux il s'agissait plus de mettre en
évidence la faisabilité de simuler un nombre
important de connexions et d'étudier l'échange
d'informations à très grande échelle
que de reproduire le fonctionnement effectif du cerveau. Les
chercheurs ont en particulier pu affiner leur modèle
pour éviter les phénomènes d'atténuation
ou d'avalanche dans le déclenchement des influx nerveux.
Les recherches en intelligence artificielle tireront sûrement
le plus grand profit de cette prouesse technologique. Cela
dit, simuler le fonctionnement d'un cerveau ne se réduit
pas au simple fonctionnement des neurones et de leurs synapses
et du nombre de ceux-ci. Un bon modèle ne doit pas
être restreint à une simple juxtaposition des
neurones et de ses synapses (chacun étant simulé
par un processeur), mais doit rendre compte de l'intégration
mathématique de leur fonctionnement au sein d'un système
plus général simulant le réel tissu nerveux.
En effet, la cognition résulte des propriétés
émergentes du tissu nerveux, qui elle-même résulte
des couplages entre les éléments du tissu. Un
bon modèle doit notamment être capable de coupler
le système neuronal au système glial et vasculaire...
On
en revient toujours à la même remarque : une
théorie intégrative générale est
nécessaire. Les chercheurs d'IBM trouveront à
notre avis avantage à lire les articles du neurobiologiste
Gilbert Chauvet sur la question, notamment ceux parus dans
le Journal
of integrative neuroscience, septembre 2006 (volume
5, n°3).
Pour
en savoir plus
IBM Research Report, "Scaling, Stability, and Synchronization
in Mouse-sized (and Larger) Cortical Simulations", par
Rajagopal Ananthanarayanan et Dharmendra S. Modha, 17 février
2007
http://www.almaden.ibm.com/cs/people/dmodha/CNS2007.pdf
IBM Research Report, "Towards
Real-Time, Mouse-Scale Cortical Simulations" , par James
Frye, Rajagopal Ananthanarayanan, et Dharmendra S. Modha,
5 février 2007
http://www.modha.org/papers/rj10404.pdf
Articles de Gilbert Chauvet publiés dans le
Journal of Integrative neuroscience, vol 5, n°3 (septembre
2006)
- page 381 : " A new paradigm for theory in integrative
biology - The principe of auto-associative stabilization :
biochemical networks and the selection of neuronal groups",
par Gilbert Chauvet
http://www.worldscinet.com/jin/05/0503/S0219635206001264.html
- page 417 : "On the existence of physiological age
based on functional hierarchy : a formal definition related
to time irreversibility", par Gilbert Chauvet
http://www.worldscinet.com/jin/05/0503/S0219635206001240.html
- page 443 : "On the integration of physiological
mechanisms in the nervous tissue using the MTIP : synaptic
plasticity depending on neurons-astrocytes-capillaries interactions",
par Pierre Chauvet, Jean-Marc Dupont et Gilbert Chauvet.
http://www.worldscinet.com/jin/05/0503/S0219635206001252.html
Exposition
"Robot mobiles" au Palais de la Découverte
(du 18 mai au 15 juillet)
Christophe Jacquemin - 01/05/07
Du
18 mai au 15 juillet, le stand "Un chercheur, une manip"
du Palais de la découverte se consacre aux Robots mobiles.
Au-delà des exposés traditionnels, c'est une
bonne façon pour le grand public et les adolescents
de pénétrer dans le monde secret des laboratoires
et de leurs acteurs. Le principe est simple : inviter un scientifique
à présenter ses travaux, ses expériences
et son établissement.
C'est ici Frédéric Giamarchi*, de l'IUT de Nimes,
qui présentera (à des jours définis)
un inventaire de ses réalisations, choisies pour leur
intérêt et leur côté spectaculaire.
Les autres jours, le relais sera pris par les médiateurs
du Palais.
Un
belle occasion de découvrir que, malgré leur
simplicité (toute relative) et leur «intelligence»
limitée, les robots mobiles peuvent montrer des comportements
fascinants révèlant des similitudes troublantes
avec les organismes vivants.
Le public est encouragé à discuter avec le roboticien,
qui sera présent sur le stand les 18 et 19 mai, les
9, 10, 29 et 30 juin et les 1er, 6, 7 et 8 juillet 2007.
* Frédéric Giamarchi est l'auteur de nombreux
livres initiant tout un chacun à la construction et
réalisation de robots mobiles. Voir
notre rubrique Biblionet
Pour
en savoir plus:
Site de Frédéric Giamarchi : http://www.geii.iut-nimes.fr/fg
Programme des manifestations "Un chercheur, une manip"
:
http://www.palais-decouverte.fr/index.php?id=357
Nb
: à propos des manifestations robotiques, voir aussi
nos deux articles (rubriques Manifestations) :
- Festival ARTEC des
arts et technologies, du 14 au 20 mai, à la Ferté-Bernard
(Sarthe)
- Festival national
des robots, du 23 au 27 mai 2007, à Mantes La Jolie
Les
sciences de la communication concernent les chercheurs et les
ingénieurs dans toutes les disciplines (appel à
projet de recherche)
Christophe Jacquemin - 30/04/07
L'Institut
des sciences de la communication (ISCC) du CNRS, qui vient
d'être créé, a vocation à valoriser
les travaux et les actions qui se rattachent aux sciences
de la communication et de l'information*.
Dans ce cadre, L'ISCC vient d'ouvrir un appel à projet
de recherche (dépôt des dossiers avant 18h,
le 1 er juin 2007) et commence la constitution d'un annuaire
réseau des chercheurs, enseignant-chercheurs et ingénieurs
impliqués dans cette problématique dans un cadre
interdisciplinaire.
L'appel à projet s'articule autour de 5 axes :
* Son objectif st de structurer et de
stimuler le champ de recherche des sciences de la communication
par des créations de postes et de laboratoires, de
mise en réseaux déquipes et par des coopérations
internationales.
Pour
en savoir plus:
L'ISCC : http://www.iscc.fr
L'appel à projets : http://www.iscc.fr/appel_offre.htm
(les projets sont à déposer avant 18 h le 1er
juin 2007
L'annuaire réseau : http://www.iscc.fr/annuaire_reseau.htm
La
conférence Ambient Intelligence Developments à
Sofia-Antipolis au mois de septembre
Jean-Paul Baquiast 28/04/07
Le
concept d'Ambient Intelligence (AmI) rassemble des chercheurs
et développeurs provenant des fleurons de la technologie
européenne. La conférence prévue à
Sofia-Antipolis en septembre permettra d'en présenter
les divers aspects.
Le
concept d'Ambient Intelligence (AmI) a été développé
par l'ISTAG (Information Society Technologies Advisory Group)
qui conseille la Commission européenne et plus particulièrement
la Direction Générale « Société
de l'Information et Média » afin d'élaborer
des stratégies d'ensemble en matière de technologies
de l'information (IST) au sein du Programme-Cadre européen
de recherche.
L'AmI
vise à faciliter la mise en place d'interactions orientées
vers les besoins des utilisateurs entre des réseaux
de services efficaces et propices au développement
des initiatives. Il s'agira de dépasser l'actuel usage
des PC dont les possibilités sont encore limitées.
On fera pour cela appel à de nombreux dispositifs électroniques
insérés dans l'environnement quotidien et qui
seront accessibles grâce à des interfaces intelligentes.
D'où le terme également employé d' «
ubiquitous computing ».
Ceci
suppose de nombreuses technologies à développer
en parallèle :
• Des dispositifs hardware distribués et miniaturisés,
faisant appel aux puces intelligentes puis aux nanotechnologies;
• Des réseaux communicants mobiles et fixes,
formant une infrastructure internet en interopérabilité
totale
• Des serveurs massivement distribués
• Des interfaces homme-machine conviviaux, sur le mode
naturel.
• Des techniques assurant à la fois la fiabilité
d'exploitation (auto-test et auto-réparation) et la
protection des données et des identités personnelles.
L'AmI
trouvera des applications multiples aussi bien dans les activités
économiques que dans les services publics de la santé,
de l'éducation, de l'aide aux personnes isolées
et handicapées.
La
conférence de septembre à Sofia-Antipolis présentera
les divers acteurs et solutions envisagées à
ce jour dans le domaine. Des propositions stratégiques
en découleront. Elle sera évidemment ouverte
aux acteurs économiques internationaux, qui ne manqueront
pas cette occasion de mieux pénétrer le marché
européen. On ne peut que souhaiter voir les Européens
conserver l'initiative scientifique, technologique et sociétale
dans un secteur essentiel à l'indépendance et
à l'efficacité de nos pays.
Pour
en savoir plus
Le
comité de programme de la conférence de Sofia-Antipolis
:
http://www.strategiestm.com/conferences/amid/07/program-committee.htm
Gestion
scientifique des déchets, brevet de bonne gouvernance
Jean-Paul Baquiast 28/04/07

On trouvera sans doute exagérée l'affirmation
selon laquelle la maturité politique d'un Etat se juge
sur la bonne gestion de ses déchets, et notamment de
ses ordures ménagères. C'est pourtant le cas.
N'évoquons pas la situation désastreuse où
se trouvent sur ce point les pays du tiers-monde, car les
montagnes d'ordures qui caractérisent leurs mégalopoles
ne sont qu'un aspect de leur sous-développement général,
sur lequel ils ne peuvent pas grand-chose. Il est par contre
inadmissible que la même situation se retrouve et soit
tolérée dans les Etats européens riches.
C'est pourtant le cas.
Un
article du Monde (Les mines d'or de la Camorra, 25
avril 2007, p. 27) expose la situation scandaleuse qui caractérise
la région napolitaine. Un million de tonnes de déchets
est abandonné dans la ville et l'arrière-pays.
250.000 personnes sont exposées à des produits
toxiques et en soufrent gravement. Depuis trente ans, la mafia
locale contrôle les décharges. Cette situation
n'est pas propre à l'Italie et à son mezzogiorno.
Elle se retrouve plus ou moins partout en Europe. En France,
les départements méditerranéens, y compris
la Corse, réputée paradis touristique, font
montre de la même négligence criminelle, qui
découle en grande partie là encore de luttes
d'influence entre intérêts sordides. Les écologistes,
qui insistent tellement sur le problème posé
par les déchets nucléaires, ne sont pas assez
offensifs face aux comportements collectifs déshonorants
en matière de déchets ménagers. Ils ne
peuvent se dédouaner en invoquant la nécessité
de faire pression sur l'industrie et le commerce pour diminuer
les emballages inutiles. Les deux démarches doivent
être menées en parallèle.
Il
est possible cependant, à peu de frais mais avec un
minimum d'engagement de la puissance publique, de faire beaucoup
mieux. Un article de la revue NewScientist (Garbage
of Eden, 14 avril 2007, p. 39) expose en détail comment
la ville Etat de Singapour, riche de 4,5 millions de résidents,
a résolu son problème à la satisfaction
générale. Le tri sélectif et la transformation
des produits recyclables, l'incinération des déchets
humides et le dépôt des cendres dans une île
artificielle, Pulau Semakau (notre image), transformée
en biotope et entourée de mangroves, le recours aux
énergies renouvelables et la plantation d'arbre pour
compenser la consommation d'oxygène due à l'incinération,
permettent à l'Etat d'envisager sans inquiétude
un avenir hygiénique jusqu'à 2050. Même
si les autorités singapouriennes présentent
la situation avec un peu trop d'optimisme, leur comportement
est exemplaire. Bien des villes, en Asie et surtout en Europe,
devraient s'en inspirer.
Nous
disons qu'il s'agit d'un élément essentiel permettant
de juger de la maturité politique d'un Etat, et de
son aptitude à la bonne gouvernance. La solution du
problème suppose en effet, en priorité, des
administrations publiques, centrales et locales, intègres,
compétentes et énergiques. Ce n'est pas l'appel
au marché qui résoudra le problème. Elle
nécessite ensuite des citoyens disciplinés et
pour cela, bien informés et motivés. Il faut
enfin que des investissements intellectuels et financiers
importants soient consacrés à la mise en place
d'équipements adéquats, en utilisant les technologies
les plus modernes et en en payant le coût.
En
Europe, le sujet ne devrait pas être laissé à
la charge des seules municipalités et des intérêts
sordides sinon mafieux qui s'en emparent souvent. Il devrait
être abordé au niveau d'une agence européenne,
relayée par les administrations d'Etat et dotée
de crédits d'intervention suffisants. Dans la perspective
du réchauffement climatique et de la détérioration
des conditions d'hygiène et de santé publique
qui en découlera, la question est désormais
de première importance.
Une
relance de l'Europe spatiale ?
Jean-Paul
Baquiast 28/04/07
Nous
ne cessons de dénoncer ici la désinvolture et
les luttes d'intérêts qui handicapent en permanence
la pourtant indispensable stratégie spatiale européenne.
Les erreurs accumulées sur le programme Galiléo,
qui risquent de compromettre son aboutissement, en sont la
preuve .
L'Europe
va-t-elle cependant se reprendre ? Un élément
d'actualité mérite d'être évoqué,
même si une hirondelle ne fait pas le printemps. Il
s'agit du rapport présenté par la Commission
et l'Agence spatiale européennes (ESA) le 26 avril
à Bruxelles. C'est le tout premier document définissant
une politique spatiale commune, dans un domaine où
les rivalités entre l'Esa et la Commission ont fait
jusqu'alors beaucoup de dégâts.
Le
rapport ou, comme l'on dit, la Communication (Communication
on the European Space Policy ) vise à convaincre
les Etats membres de l'importance stratégique du secteur.
Il faut aussi montrer aux contribuables européens que
des dépenses supplémentaires valent la peine
d'être consenties pour des activités qui touchent
désormais tous les domaines de l'existence. Mais à
cette fin, les erreurs de Galiléo ne doivent pas être
répétées.
Intégrer
la défense
Un
point important du nouveau document concerne la référence
au domaine du spatial de défense, jusqu'ici réservé
à ceux des Etats membres qui s'y intéressaient
en propre. Afin de mieux rentabiliser les investissements,
la séparation entre programmes civils et militaires,
pourrait être assouplie, le "partage et la mise
en commun des ressources" permettant "des solutions
plus rentables". L a Commission et l'ESA reconnaissent
à ce propos, mettant fin au non-dit qui prévalait
jusque-là pour s'assurer de la participation des Britanniques,
que des programmes tels que Galileo "pourraient avoir
des utilisateurs militaires".
Mieux
coordonner les acteurs
Cette
recherche d'efficacité passe aussi par un renforcement
de la coordination entre les acteurs du secteur. Mais le rapport
ne va pas jusqu'à retenir la solution de transformer
l'ESA en une agence de l'Union (au prétexte semble-t-il
que des Etats-non membres participent aussi à la direction
de l'Esa). Pourtant, une telle intégration aurait pour
avantage d'unifier des règles de fonctionnement très
différentes. Mais plusieurs Etats, attachés
à la logique du retour sur investissement, n'en veulent
pas. La politique spatiale européenne se contente donc
d'envisager des "améliorations" de l'accord-cadre
de 2004 entre l'ESA et la Commission.
Des
projets communs, tels que le programme GMES d'observation
de la terre par satellite, serviront de laboratoires à
des procédures unifiées. Pour ce dernier programme,
Günter Verheugen, vice-président de la Commission,
chargé des entreprises et de l'industrie, n'est pas
inquiet. "Nous ne connaîtrons pas les mêmes
difficultés que Galileo, a-t-il déclaré
jeudi en présentant la communication, parce que nous
nous reposerons sur un financement public et non un sur un
partenariat public-privé." Ce point est important.
Il faut se persuader que les intérêts commerciaux
ne sont pas compatibles, sauf marginalement, avec les stratégies
spatiales des grandes puissances.
Galiléo
M.
Verheugen a par ailleurs assuré que l'Europe "ne
pouvait pas renoncer" à Galileo. Son collègue
Jacques Barrot, commissaire aux transports, doit présenter,
le 10 mai, des propositions pour sortir le projet de l'impasse
dans laquelle il se trouve. Un révision du partenariat
public-privé est à l'étude. Trois scénarios
seraient envisagés, les fonds publics prenant en charge
ou 12, ou 18, ou la totalité des 30 satellites de la
constellation - contre 4 à ce jour.
Au total, l'investissement à la charge des contribuables
pourrait, dans l'hypothèse haute, représenter
environ 3,5 milliards d'euros (contre 1 milliard aujourd'hui).
La Commission pourrait suggérer de procéder
à de nouveaux appels d'offres pour construire et lancer
les satellites. "Cette approche permettrait de gagner
du temps pour négocier un contrat de concession concentré
sur l'exploitation du système". Encore faudrait-il,
selon nous, que la préférence européenne
soit appliquée sans défauts dans ce domaine
stratégique essentiel.
Pour
en savoir plus
Communiqué
de l'Esa
http://www.esa.int/esaCP/SEMOOD12Z0F_index_0.html