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N°24 - Avril 2007
Europe de la Défense et Défense de l'Europe
par le général
(CR) Jacques Favin-Lévèque
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On
pourrait avoir deux visions distinctes de
la défense collective Européenne,
à laquelle aspirent tous les européens,
face aux dangers multiformes qui caractérisent
le monde actuel:
- L’une, Euro-Atlantique, reposant sur
l’OTAN dans laquelle les Etats-Unis
jouent un rôle prépondérant
et qui constitue une sorte de protectorat
militaire américain, en fait de moins
en moins sûr compte tenu du basculement
vers le Moyen-Orient et vers l’Asie
des grands déséquilibres géostratégiques.
- L’autre, Euro-Européenne, autosuffisante,
reposant sur les seuls Européens, non
pas en opposition à l’OTAN, mais
complémentaire et disposant d’une
autonomie de décision et de moyens
pour les cas où les intérêts
et la vision politique de l’Union Européenne
ne coïncideraient pas avec ceux et celle
des Etats-Unis.
Il
semble pour le moins contradictoire de souhaiter
une Europe souveraine, capable de maîtriser
les technologies indispensables pour peser
sur l’évolution du monde et de
jouer un rôle déterminant dans
l’équilibre géopolitique,
géostratégique et économique
de la planète, si le continent Européen
reste tributaire pour sa propre Défense
de la décision et des moyens militaires
d’une tierce puissance, c’est-à-dire
l’Amérique, fût-elle alliée
et profondément amie des Etats membres
de l’Union.
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Il est banal de dire que le monde est dangereux. Il l’a
été pendant près de 50 ans dans un
cadre bipolaire, celui de l’équilibre de
la terreur entre le Bloc Occidental et le Bloc de l’Est.
Il l’est désormais d’une manière
toute différente dans le contexte d’un monde
multipolaire, qui donne aux menaces des aspects multiples
et variés.
Que
ce soient les risques de glissement d’une crise
régionale vers un véritable conflit à
dimension mondiale, que ce soient les menaces dues au
terrorisme international, aux risques de prolifération
des missiles balistiques et des Armes de Destruction
Massive, notamment nucléaires, mais aussi biologiques
ou chimiques, que ce soient les risques de déstabilisation
liés au trafic illicite des armes ou de la drogue,
au crime organisé, à l’immigration
clandestine et massive, chacun des pays membres de l’Union
Européenne est confronté aux mêmes
problèmes et chacun mesure son incapacité
à les résoudre seul, sans recourir à
une politique commune, ou tout-au-moins à une
harmonisation dans la lutte contre ces menaces aussi
nombreuses que diverses.
Depuis
les Traités de Maastricht, d’Amsterdam
et de Nice, ces pays ont décidé de doter
l’Union Européenne d’une Politique
Etrangère et de Sécurité Commune
qui, elle-même, doit engendrer une Politique Européenne
de Sécurité et de Défense. Le terme
de « sécurité » doit être
compris ici dans le sens de « sécurité
extérieure » de l’Union.
Il faut noter que l’on rapproche souvent les notions
de défense et de sécurité. Elles
sont en effet voisines, mais distinctes. La Défense
consiste à garantir l’intégrité
des territoires, la protection des populations et des
intérêts vitaux d’un pays contre
toute agression armée venant de l’extérieur.
La Sécurité concerne la protection des
populations contre des menaces qui ne sont pas strictement
militaires et qui risquent d’entraver ou d’empêcher
le déroulement normal de la vie des citoyens
et du fonctionnement de l’Etat. La notion de Sécurité
rejoint d’une certaine manière celle de
Défense lorsque les menaces viennent de l’extérieur
du pays.
Traditionnellement,
la Défense et la Sécurité extérieure
relèvent de l’emploi des forces armées,
la Sécurité intérieure de celui
des forces de police. Mais il faut bien reconnaître
que la mondialisation et l’interdépendance
croissante des pays dans le monde ont créé
de fait des zones grises dans lesquelles armées
et police peuvent être amenées à
conjuguer leurs efforts pour maîtriser des menaces
qui ne se définissent plus par rapport aux frontières
ou en référence au port d’un uniforme.
On
évoquera ici en premier lieu la notion de défense
et de sécurité extérieure au niveau
de l’Union Européenne, en soulignant la
nuance importante qu’il y a entre « l’Europe
de la Défense » et la « Défense
de l’Europe ». Puis on évoquera «
l’Europe de la Sécurité »
au regard des menaces qui pèsent sur ses membres
et qui ne revêtent pas l’aspect militaire
classique.
La
défense
Venons
en donc à la situation de l’Union Européenne
en ce début de siècle vis-à-vis
du problème de la guerre, des crises internationales
susceptibles de dégénérer en conflit
régional, voire mondial et plus généralement
face à la problématique du maintien de
la paix et des équilibres géostratégiques
dans le monde.
L’Europe
de la Défense
Europe de la Défense et/ou Défense de
l’Europe ? On désigne en fait sous le vocable
d’Europe de la Défense le processus de
coopération qui a été engagé
au sein de l’Union Européenne depuis le
traité de Maastricht en 1992 et le sommet Franco-Britannique
de Saint-Malo en 1998 pour atteindre des objectifs actuellement
limités à la résolution des crises
internationales par des moyens militaires et civils.
L’Union Européenne s’est dotée
pour cela d’une structure politico-militaire pour
conduire la gestion de crise et qui comporte :
-
Un Comité Politique, qui rassemble les ministres
des affaires étrangères ou les ambassadeurs
de chacun des 25 pays membres de l’Union ;
- Un Comité Militaire, qui réunit les
25 Chefs d’Etat-Majors et qui est actuellement
présidé par un Français, le Général
Bentéjat ;
- Un Etat-major stratégique, qui planifie les
opérations menées sous la responsabilité
de l’Union Européenne ;
- L’Agence Européenne de Défense,
destinée à harmoniser les besoins militaires
au sein de l’Union et à donner à
celle-ci l’autonomie technologique et industrielle.
L’Union
Européenne s’est fixée des objectifs
pour la fourniture de forces militaires et de moyens
civils adaptés au rétablissement et au
maintien de la paix dans la zone touchée par
la crise. Ne détaillons pas ici la nature des
missions et la composition des forces et moyensd’intervention.
Retenons seulement pour l’instant que les Etats
membres se sont engagés à fournir des
unités militaires et des moyens susceptibles
d’intervenir dans des délais extrêmement
brefs pour briser la crise dès ses premiers signes,
sans éluder la possibilité d’intervention
plus lourde et plus significative dans la durée
si la crise dégénère en conflit
d’intensité plus accentuée.
Il faut prendre conscience du fait qu’une situation
de crise n’est pas une situation de guerre, mais
qu’elle est susceptible de le devenir si on la
laisse se développer et prendre la dimension
d’un véritable conflit armé, mettant
face à face les forces armées du ou des
pays concernés. Le dispositif Européen
qui vient d’être évoqué et
que l’on nomme habituellement « Europe de
la Défense » a pour objectif d’empêcher
que la crise ne dégénère en guerre
et dispose donc de moyens adaptés pour éteindre
les premières flammes de l’incendie avant
que celui-ci ne prenne la dimension d’un brasier.
Par rapport à ce concept d’Europe de la
Défense, qu’est-ce que la Défense
de l’Europe ?
La
Défense de l'Europe
La
Défense de l’Europe est un concept beaucoup
plus large et beaucoup plus exigeant. La Défense
de l’Europe, c’est la défense de
l’intégrité des territoires, la
protection des populations et des intérêts
vitaux des pays membres de l’Union Européenne
face à une attaque de forces armées étrangères.
Dans un contexte de guerre caractérisé
par une attaque significative contre un ou plusieurs
Etats membres de l’Union Européenne, la
Défense de l’Europe est assurée
par chacun des pays membres dans le cadre de sa propre
politique de défense – pour ce qui est
de la France, cette politique est essentiellement une
politique de prévention reposant sur la dissuasion
nucléaire et sur la projection de forces et de
puissance – et , pour ce qui est de la défense
collective en l’état actuel des traités
internationaux, celle-ci relève de l’OTAN
pour tous les pays de l’Union qui sont également
membres de l’Alliance Atlantique, soit 19 pays
sur les 27.
On
pourrait en fait avoir deux visions distinctes de cette
défense collective Européenne, à
savoir :
- L’une, Euro-Atlantique, reposant sur l’OTAN
dans laquelle les Etats-Unis jouent un rôle prépondérant
et qui constitue une sorte de protectorat militaire
américain, en fait de moins en moins sûr
compte tenu du basculement vers le Moyen-Orient et vers
l’Asie des grands déséquilibres
géostratégiques.
- L’autre, Euro-Européenne, autosuffisante,
reposant sur les seuls Européens, non pas en
opposition à l’OTAN, mais complémentaire
et disposant d’une autonomie de décision
et de moyens pour les cas où les intérêts
et la vision politique de l’Union Européenne
ne coïncideraient pas avec ceux et celle des Etats-Unis.
Il
semble pour le moins contradictoire de souhaiter une
Europe souveraine, capable de maîtriser les technologies
indispensables pour peser sur l’évolution
du monde et de jouer un rôle déterminant
dans l’équilibre géopolitique, géostratégique
et économique de la planète, si le continent
Européen reste tributaire pour sa propre Défense
de la décision et des moyens militaires d’une
tierce puissance, c’est-à-dire l’Amérique,
fût-elle alliée et profondément
amie des Etats membres de l’Union.
Capacités
militaires dont l'Europe devrait se doter en propre
En
terme de technologies militaires, cette exigence d’autonomie
implique pour l’Union Européenne qu’elle
possède des capacités propres au moins
dans les domaines suivants
- Systèmes de renseignement stratégique,
de communication et de positionnement par satellites.
- Numérisation de l’espace de bataille
et intégration des systèmes de défense,
notamment des drones d’observation et de combat,
dans le concept de network centric warfare
- Moyens de transport stratégique aériens
et maritimes
- Système de défense antimissile
- Moyens de combat et logistiques adaptés en
performance et en volume au soutien d’un conflit
de haute intensité dans la durée
Tout
cela suppose l’existence d’une base industrielle
et technologique de défense européenne
hautement compétitive et un effort budgétaire
en matière de recherche et d’équipement
de défense à hauteur des objectifs de
la politique étrangère de l’Union.
En l’état actuel de l’Union Européenne,
il revient de fait à l’Agence Européenne
de la Défense dont le rôle était
inscrit dans le traité constitutionnel, mais
qui, fort heureusement, avait été créée
par le Conseil Européen avant l’échec
du référendum, de faire en sorte que ces
objectifs soient atteints. Or il y a effectivement beaucoup
à faire.
Aucune
de ces exigences d’autonomie n’est réellement
atteinte à l’heure actuelle et l’effort
de défense des pays membres de l’Union
Européenne est très en dessous de ce qui
serait nécessaire pour que celle-ci puisse prétendre
à l’autonomie évoquée plus
haut
Un
fossé se creuse chaque jour davantage entre les
Etats-Unis et l’Europe en matière d’effort
financier de défense, fossé qui prend
la dimension d’un fossé technologique et
qui mettra rapidement l’Europe hors-jeu si elle
ne fait pas un effort très significatif en matière
de recherche et technologie de défense et en
matière d’équipements de haute technologie.
Tout au plus peut-on dire que l’Union Européenne
sera autosuffisante à moyen terme :
- Dans le domaine des satellites de positionnement avec
Galiléo,
- Dans celui du transport aérien avec l’avion
de transport militaire stratégique A400M,
- Dans celui des moyens de combat de haute intensité
au plan qualitatif, mais pas au plan quantitatif (c’est-à-dire
dans le domaine des avions et hélicoptères
de combat, des navires de guerre, des chars de bataille,
des drones de reconnaissance et des missiles),
- Enfin, en ce qui concerne l’industrie de défense,
dans les domaines aéronautique et naval seulement.
En
ce qui concerne l’industrie de défense
terrestre, la situation est d’ores et déjà
très compromise, compte tenu du contrôle
ou de la prise de participation de l’industrie
américaine sur une grande partie du potentiel
industriel européen dans ce secteur qui est pourtant
tout aussi stratégique que les autres secteurs
de la défense
On
est donc très loin de l’autonomie stratégique
et technologique de l’Europe. Au-delà même
du problème politique que constitue la double
appartenance OTAN-UE de la plupart des pays Européens,
l’harmonisation des efforts de défense
et d’armement de l’Union repose sur le poids
que saura prendre l’Agence Européenne de
Défense auprès de chacun des pays membres.
L’Europe
de la Défense doit poursuivre sa montée
en puissance afin de satisfaire les ambitions légitimes
du continent à jouer un rôle déterminant
dans les affaires du monde. L’Europe de la Défense
doit déboucher à terme sur une Europe,
souveraine et autonome, capable de se défendre
par ses propres moyens, sans pour autant s’aliéner
l’amitié et les liens privilégiés
qu’elle entretient avec l’hyperpuissance
Américaine, voire avec d’autres acteurs
du monde multipolaire, Russie, Chine, Inde, Japon ou
autres.
La
Sécurité
Il
s’agit pour l’Union Européenne de
faire face aux menaces qui ne revêtent pas l’aspect
d’une agression par des forces armées classiques,
mais qui, du fait de la mondialisation, pèsent
sur la sécurité de ses habitants. Ce sont
principalement le terrorisme international, l’immigration
illégale de plus en plus massive, la criminalité
transfrontalière de plus en plus organisée
et aux multiples aspects : trafic d’êtres
humains, de stupéfiants, de fausses monnaies,
de matières premières ou même de
matières radioactives, ce sont également
les risques que les catastrophes naturelles font courir
aux populations.
Certaines
de ces menaces se situent dans la zone grise dans laquelle
les parades relèvent autant des forces armées
que de la police. C’est le cas dans une certaine
mesure de la lutte contre la prolifération des
armes de destruction massive et contre le terrorisme,
dans laquelle les services de renseignement et les forces
spéciales des armées conjuguent leurs
actions avec les moyens des forces de police et de sécurité
intérieure.
Dans
d’autres cas, notamment pour tout ce qui touche
à l’immigration clandestine, à la
criminalité internationale et au trafic de stupéfiants,
les contre-mesures relèvent clairement des autorités
policières et juridiques et il va de soi que
là encore aucun des membres de l’Union
ne peut contrer seul des menaces dont la dimension et
l’ampleur sont à l’échelle
de la planète.
Les organismes
Aussi
l’Union Européenne s’est-elle dotée
d’un certain nombre d’institutions et d’agences
spécialisées afin de mener une politique
commune de sécurité face à des
menaces qui ne relèvent pas clairement de la
PESD. Dans le jargon Bruxellois, il s’agit là
du domaine relatif au 3ème pilier, alors que
la PESC et la PESD relèvent du second pilier
?
Quel
est donc le dispositif communautaire en la matière
? Il comporte essentiellement !
- Un Office Européen de Police (Europol)
- Un organe Européen de coopération judiciaire
(Eurojust)
- Un Collège Européen de Police (Cepol)
- Une agence de coopération opérationnelle
aux frontières extérieures ( Frontex)
*
Europol a été créé en 1992.
Son siège est à La Haye. Son obectif est
d’aider les pays membres à coopérer
dans la prévention et la lutte contre la criminalité
internationale, notamment dans les domaines suivants
:
. filières d’immigration clandestine
. trafic de stupéfiants et d’êtres
humains
. trafic de matières radioactives.
*
Eurojust est une Unité de coopération
judiciaire Européenne créée en
2002. C’est un organe permanent de coopération
dans les affaires pénales qui est destiné
à améliorer l’efficacité
des autorités compétentes des Etats membres
dans la lutte contre la criminalité transfrontalière.
*
Cepol est un Collège Européen créé
en 2000 en Grande-Bretagne afin de faciliter la formation
transfrontalière des Hauts Fonctionnaires de
Police des Etats membres et de promouvoir une approche
intégrée dans la lutte contre la criminalité
et les menaces à l’ordre public
* Frontex est une Agence Européenne destinée
à exercer un contrôle aux frontières
de l’Union et qui développe pour cela les
techniques les plus avancées dans le domaine
des empreintes biométriques. Frontex devrait
mettre en place à plus ou moins long terme un
système d’entrées-sorties automatisé
permettant d’enregistrer les ressortissants des
pays tiers entrant ou sortant du territoire de l’Union.
Des lacunes fondamentales
l existe de nombreux autres organismes destinés
à améliorer la coordination des actions
menées par chacun des pays membres, mais force
est de constater qu’il y a des lacunes fondamentales
pour que le dispositif coercitif et juridique soit réellement
efficace.
C’est
notamment :
- L’absence de définition claire des frontières
de l’Union que les élargissements successifs
n’ont cessé de repousser et qui, même
si elles étaient stabilisées, ne seraient
pas matérialisées par un dispositif cohérent
et efficace de contrôle . Tant qu’il n’existera
pas un dispositif Européen de garde-côtes
aux limites maritimes de l’Union, notamment en
Méditerranée, tant que le contrôle
aéroportuaire ne sera pas harmonisé et
coordonné, tant que l’espace de Schengen
restera aussi hétérogène au plan
juridique , l’Europe de la sécurité
n’aura pas d’existence réelle au
regard des menaces qui pèsent sur elle.
-
La 2ème lacune est structurelle : c’est
la complexité des rapports entre le 2ème
et le 3ème pilier qui demeure en dépit
des dispositions du traité de Nice qui devraient
faire disparaître ces structures. Curieusement
le Haut-Représentant à la PESC traite
de la sécurité de l’Union, mais
n’a sous sa responsabilité que les moyens
de la sécurité extérieure. La zone
dans laquelle sécurité extérieure
et sécurité intérieure sont de
plus en plus mêlées est de plus en plus
grise et les structures semblent inadaptées.
-
Mais en fait la lacune la plus grave de l’Union
dans ce domaine difficile et multiforme de la sécurité
réside dans l’absence d’une véritable
politique Européenne en la matière.
Il
est indispensable de prendre au niveau de l’Union
les problèmes que pose l’arrivée
de plus en plus massive d’immigrés clandestins,
que posent leur régularisation ou leur expulsion
éventuelle. Les entrées de clandestins
cumulées pour les 27 pays de l’Union dépassent
le million chaque année et ce nombre ne cessera
de s’accentuer à l’avenir si l’Europe
se montre incapable de mener une politique équilibrée
en accord avec les pays d’origine.
De
même les réseaux maffieux internationaux
prolifèrent et jouent habilement des disparités
de traitement et des spécificités juridiques
propres à chacun des pays membres.
Quant
au terrorisme qui a frappé ces dernières
années à Madrid et à Londres, qui
s’apprêtait à le faire à Berlin
et qui dispose dans de nombreux pays de l’Union
de réseaux dormants prêts à passer
à l’action , il constitue la menace la
plus déstabilisante pour notre civilisation et
la plus porteuse d’insécurité dans
la vie quotidienne.
Conclusion
L’Union
Européenne s’est dotée d’outils,
certes imparfaits, mais néanmoins susceptibles
de lutter grosso modo contre ces multiples menaces,
mais n’a pas en fait dégagé de consensus
clair se traduisant par une politique commune, tant
en ce qui concerne l’utilisation de ces outils
que l’attitude à adopter vis-à-vis
des pays ou des organisations qui alimentent l’insécurité,
quelle qu’en soit la forme . Là encore,
le Traité Constitutionnel aurait vraisemblablement
permis d’avancer dans la bonne direction.
Mais on ne refait pas l’histoire et l’avenir
dira si l’Union Européenne saura poursuivre
dans ce domaine comme dans d’autres la construction
initiée il y a maintenant 50 ans. C’est
en fait toute la question de la maturité de l’Europe
politique et de sa volonté réelle d’être
au XXIème siècle une puissance indépendante,
souveraine et solidaire, fière d’avoir
enfin surmonté son passé tumultueux et
consciente de sa vocation à faire triompher le
droit dans un monde dangereux.
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