Nous
proposons ici une rubrique destinées à
publier des informations brèves suivant
de près l'actualité. Nous leur donnerons
une tonalité politique (politique industrielle,
politique scientifique, intelligence économique)
qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à
toutes les autres rubriques de la revue. La page
Infoxpress ne remplacera pas la page ACTUALITES
|
1,3
milliard d'euros pour la publicité alimentaire
en France
Un
article du Monde (14 Mars 2007, p. 19) chiffre à
1,3 milliard d'euros les sommes dépensées
par l'agroalimentaire français en publicité.
Celle-ci participe, de l'avis général, à
l'épidémie d'obésité, notamment
chez les enfants. L'Institut national pour la prévention
et l'éducation à la santé INPES a
été doté d'un budget de 10 millions
pour la communication en matière de prévention,
en application du décret d'application de 2007
et de la Loi de 2004 visant à combattre l'obésité
infantile. On voit la disproportion entre les messages
de l'Association nationale des industries alimentaires
et ceux de l'INPES. Continuez à grossir, petits-enfants,
le loup ne vous en aimera que davantage. 18/03/07
Main-mise
accrue des Etats-Unis sur la Banque Mondiale
Tous
les échos qui parviennent de cet organisme confirment
le rôle délétère qui joue son
président, Paul Wolfowitz et les équipes
complaisantes qu'il y a introduites. Non seulement Wolfowitz
n'a rien perdu de son militantisme néoconservateur
au service de la diplomatie américaniste la plus
engagée, mais il a poussé au départ
tous les cadres qui pouvaient maintenir un minimum de
multipolarité dans les interventions de la Banque.
Celle-ci demande pourtant à ses membres plus de
25 milliards de dollars pour les trois prochaines années.
Il faudrait selon nous y regarder à deux fois avant
de souscrire.
Signalons
- mais ceci n'a aucun lien avec cela (du moins en apparence)
- que les Etats-Unis avaient rejeté le 23 février
la déclaration d'Oslo adoptée ce même
jour pour interdire les bombes à sous-munitions
ou à fragmentation, particulièrement dangereuses
pour les populations civiles. Paris et Londres au contraire
avaient modifié leur point de vue, traditionnellement
favorable, et s'étaient prononcés contre
ces armes.
La
Cour des Comptes dénonce l'état de la recherche
sur les sciences de la vie en France
Dans un rapport qui vient d'être rendu public, la
Cour des Comptes constate que les sciences de la vie manquent
en France de perspectives stratégiques, de crédits
et de pilotage. Ce domaine absorbe le quart du budget
civil de Recherche soit 2,4 milliards d'euros. Il mobilise
quelque 12.000 chercheurs et enseignants. Pourtant, selon
le rapport, l'ambition affichée par le Comité
interministériel de la recherche scientifique et
technique en 1999 a été insuffisamment soutenue
dans la durée. Elle s'est "diluée"
à partir de 2002. Le pilotage par l'Etat est de
plus en plus insuffisant, sans que les structures horizontales
prennent le relais. L'Union européenne n'est guère
plus efficace. Pendant ce temps, les grandes nations concurrentes
ont accéléré leurs efforts. Le décrochage
vis-à-vis des Etats Unis et même de la Grande
Bretagne est particulièrement inquiétant.
On peut se demander comment ce rapport sera reçu
par les chercheurs et les organismes. Plus généralement,
qui aujourd'hui en tirera des leçons permettant
d'améliorer la place de la France, de ses laboratoires
et de ses industries ?
Il faut quoi qu'il en soit se féliciter de voir
la Cour sortir de son domaine privilégié
qui est le contrôle des comptes pour aborder - une
fois de plus - le domaine essentiel des stratégies
de recherche.
*
http://www.ccomptes.fr/Cour-des-comptes/publications/rapports/sciences-du-vivant/rapport-sciences-vivant.pdf
127
milliards de dollars pour les robots-combattants américains
L'Amérique avec 127 milliards de dollars prévus
sur 8 à 10 ans domine le domaine des matériels
militaires robotisés. Elle se prépare à
dominer le marché de la robotique civile. Les Britanniques
s'efforcent d'avoir une part du gâteau.
Pour
2015, le département américain de la défense
(DOD) prévoit qu'un tiers de ses forces combattantes
seront composées de robots. Ceux-ci feront partie
du projet FCS ou Future Combat Systems, qui, avec 127
milliards de dollars, est le plus grand programme technologique
jamais décidé dans l'histoire américaine.
Dès maintenant l'armée américaine
dispose de 20 systèmes de combat terrestres et
aériens télécommandés ou automatiques
(unmanned ground and air vehicles). Ceux-ci sont développés
dans le cadre du Joint Robotics Program Master Plan
doté de 13 milliards de dollars. Plus de 2.500
de ces matériels sont en service sur divers terrains
d'affrontements. En 2035, le DOD pourra aligner des robots-soldats
complètement autonomes.
32
pays sont réputés financer de telles études,
avec des moyens évidemment bien moins importants.
Les Britanniques sont les plus engagés. La firme
de défense et de sécurité Qinetiq
(QinetiQ North America) dispose de nombreux contrats,
lui ayant par exemple permis de développer le robot
Talon à partir de sa filiale américaine
Foster-Miller.
L'emploi
de ces matériels sur le champ de bataille ou dans
la lutte contre des manifestants civils pose de nombreuses
questions, qui font l'objet de débats, au moins
aux Etats-Unis. La première interrogation porte
sur leur fiabilité et plus particulièrement,
la possibilité qu'ils se trompent de cibles en
atteignant les forces amies. Rien n'exclut non plus qu'ils
soient incapacités par des techniques même
rustiques de brouillage ou détournés par
des intrusions électroniques.
Sur
un plan plus général, ces programmes démontrent
une nouvelle fois ce que nous avons plusieurs fois signalé.
Les progrès dans la robotique autonome découlent
principalement des investissements militaires eux-mêmes
couverts par le secret défense. Les sommes d'ailleurs
importantes consacrées par les entreprises japonaises
pour développer des robots dits de compagnie ne
peuvent être comparées aux crédits
militaires. Mais que feront les firmes – essentiellement
américaines – bénéficiant des
financements des Armées ? Les réintroduiront-elles
dans des systèmes civils vendus sur le marché
mondial ? Dans ce cas, elles bénéficieront
d'avantages compétitifs considérables. Ce
mécanisme est bien connu dans l'aéronautique,
où il favorise notamment Boeing. Demain, le marché
des robots autonomes sera devenu lui aussi très
important et concurrentiel. On peut prévoir que
les sociétés ayant travaillé pour
la défense américaine le domineront facilement.
*
Le projet Future Combat Systems http://www.globalsecurity.org/military/systems/ground/fcs.htm
* Unmanned Ground Vehicles (UGV) http://www.globalsecurity.org/military/systems/ground/ugv.htm
Un
grand programme européen, le canal Seine-Nord
Depuis
l'inauguration du canal du Nord, en 1965, la France et
avec elle l'Europe du Nord n'avaient pas connu de projet
de cette ampleur en matière de transport fluvial.
La réalisation du canal Seine-Nord Europe exisera
des travaux considérables: long de 105 kilomètres,
large de 54 mètres, le canal devra accueillir des
convois de 4 400 tonnes, contre 700 actuellement pour
le canal du Nord. Il permettra de relier le bassin de
la Seine à celui de l'Escaut. Le réseau
fluvial de la puissante Ile-de-France communiquera ainsi
avec les canaux et aux grands ports de la riche Europe
du Nord, comme Anvers et Rotterdam. Le canal offrira une
alternative au transport routier sur l'axe Amsterdam-Paris,
en situation de saturation, et stimulera un développement
plus respectueux de l'environnement. A terme, plus de
32 millions de tonnes de marchandises devraient transiter,
chaque année, par ce canal de grand gabarit. L'équivalent
de 1,6 millions de poids lourds. Soit un camion toutes
les vingt secondes...
Il s'agit donc bien d'un de ces grands programmes
industriels et technologiques dont nous voudrions que
l'Europe se dote plus systématiquement afin
d'améliorer sa place dans le monde.
Début des travaux: 2008. Mise en service: 2012.
Coût: 2,6 milliards d'euros.
* http://ine.dad.be/documents/Waternews/Publications/Brochures/TEN_T_Seine_Nord.pdf
Bon
exemple donné par Sanofi-Aventis
La
presse internationale a salué l'annonce conjointe
de la firme pharmaceutique Sanofi-Aventis, basée
à Paris et de l'ONG Médecins sans
frontières, concernant l'introduction prochaine
de l'Asaq sur le marché international. Cette
molécule est destinée à procurer
un traitement efficace contre la malaria, pour le prix
d'1 euro environ. Sanofi ne percevra pas de bénéfices
sur les ventes aux pays pauvres. Mais le produit pourra
être vendu plus cher dans les pays développés.
L'Asaq pourra également être produite
et vendue par les génériqueurs. Espérons
que cet exemple sera suivi par les autres grosses entreprises
capitalistes du secteur, qui s'accrochent à
leurs brevets et à leurs profits, même quand
il s'agit de traiter des maladies qui font des centaines
de millions de victimes dans le tiers-monde.
* Communiqué de Sanofi Aventis http://en.sanofi-aventis.com/press/ppc_16017.asp
Lancement
réussi d'une Ariane 5 le 11 mars 2007
Source
AFP. Une fusée Ariane 5 a été lancée
dimanche du Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou et
a placé sur orbite les satellites de télécommunications
Skynet 5A (militaire, britannique) et INSAT 4B (civil,
indien). Ce lancement était le 31e d'une fusée
Ariane 5 et le premier pour l'année 2007.
Skynet
5A, d'une masse d'environ 4,7 tonnes, a été
lancé pour le compte d'EADS-Astrium, dont la filiale
Paradigm offrira ensuite des télécommunications
sécurisées pour les forces armées
britanniques, ainsi que pour l'Otan et d'autres pays.
Paradigm
Secure Communications a signé un contrat de 3,6
milliards de livres sterling (environ 5,4 milliards d'euros)
avec le ministère de la Défense britannique
portant sur la fourniture de services sécurisés
jusqu'en 2020. Le
lanceur européen a déjà placé
sur orbite les satellites de la série Skynet 4,
et Arianespace doit encore lancer Skynet 5B et 5C.
D'une
masse de trois tonnes, le satellite INSAT 4B de l'agence
spatiale indienne ISRO (Indian space research organisation)
est le treizième confié par l'Inde à
Arianespace depuis 1981. Ce
satellite de télécommunications et télévision
est équipé de 12 répéteurs
en bande Ku et de 12 répéteurs en bande
C. Sa zone de couverture s'étendra essentiellement
à l'ensemble du sous-continent indien.
Arianespace,
en position de leader mondial, a réalisé
en 2006 un chiffre d'affaires d'environ 985 millions d'euros
en lançant avec succès cinq Ariane 5 ECA
porteuses de 11 satellites. Le
nombre de lancements prévus en 2007 est de 6 Ariane
5 avec 10 satellites et une première mission de
l'ATV (ravitailleur automatique européen) vers
la station spatiale internationale, auxquels s'ajouteront
3 tirs de Soyouz (fusée russe) au départ
de Baïkonour. Arianespace
a un carnet de commandes global de plus de 40 satellites
à lancer.
Nous suivrons
avec attention le lancement de l'ATV, camion ravitailleur
mis au point par l'ESA, qui devra s'amarrer automatiquement
à la Plate-forme spatiale internationale.
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