Adept
Quattro, le robot industriel manipulateur le plus rapide au
monde
Christophe
Jacquemin 12/04/07
Il
s'appelle Adept Quattro. On dirait un peu une araignée
avec ses 4 bras d'ergonomie différente. Sorti de l'imagination
de cerveaux européens, il s'agit du robot industriel
manipulateur le plus rapide du monde. Conçu par la fondation
espagnole Fatronik, en collaboration avec le LIRMM (laboratoire
français CNRS/université de Montepellier2)*, Quattro
est deux fois plus rapide que tous les autres robots industriels
de ce type existants aujourd'hui sur la planète..
Le secret tient ici sur les solutions innovantes mises au point
par les chercheurs, autant sur la forme de ce robot parallèle
que sur son système de commande.
Des calculs d'optimisation de la dimension de chaque composant
ont été réalisés pour obtenir une
accélération maximale, adaptée aux contraintes
de l'industrie grâce au système de commande du
robot, qui limite les vibrations, donc le temps nécessaire
au robot pour déposer une pièce à un endroit
précis. Résultat : l'engin peut manipuler 240
pièces par minute et atteint des accélérations
de 200 mètres par seconde carrée avec des charges
de deux kilogrammes, contre 100 mètres par seconde carrée
et un kilogramme pour les robots actuels.
Ce
qui n'était tout d'abord qu'un prototype
n'a pas manqué d'intéresser l'industriel Adept,
l'un des leaders mondiaux de la robotique, en vue de sa production
à l'échelle industrielle. Depuis six mois, chercheurs
et industriels ont ainsi travaillé à ce transfert
de technologie qui vient d'aboutir à la mise sur le marché
du robot. Adept Quattro est destiné à toutes les
applications où l'on souhaite déplacer des objets
et les conditionner, particulièrement dans les secteurs
de l'agroalimentaire, de la santé et de la beauté,
ainsi que de l'électronique. Il s'agit donc ici d'un
énorme marché.
D'ores et déjà, plusieurs centaines de commandes
sont déjà passées, pour un coût variant
entre 30000 et 50000 euros suivant le travail d'intégration
à réaliser dans l'installation industrielle.
Une
belle histoire, pourrait-on dire... sauf qu'Adept est Américain,
avec sa maison mère basée dans la Silicon Valley.
N'y avait-il pas moyen de ficeler tout le projet pour qu'il
soit entièrement européen, de la conception jusqu'à
la production industrielle du robot ?
Les industriels du vieux continent devraient peut-être
méditer la phrase placée en exergue du logo du
site internet d'Adept : "Intelligent Robotics for the Global
Economy".
* Laboratoire
d'informatique, de robotique et de micro-électronique
de Montpellier. Depuis
six ans, le LIRMM s'est associé avec la Fundación
Fatronik, un centre de recherche appliquée du Pays basque
espagnol, pour concevoir des robots manipulateurs.
Pour
en savoir plus :
Adept
(présentation du robot Adept Quattro)
http://www.adept.com/products/details.asp?pid=71
LIRMM
: mécanismes parralèles :
http://www.lirmm.fr/~w3rob/SiteWeb/detail_activite.php?num_topic=1&num_projet=1&num_activite=3
voir aussi page de François Pierrot :
http://www.lirmm.fr/~pierrot/
Fundacion
Fatronik :
http://www.fatronik.com/noticia.php?id=79
Une
oreille électronique implantée sur un patient
Christophe
Jacquemin 10/04/07
Pour
la première fois en France, une prothèse auditive
électromagnétique a été implantée
entre la peau et la boîte crânienne d'un patient
de 20 ans souffrant d'aplasie auriculaire*. Rendue publique
ce 10 avril, cette opération guidée par ordinateur
a été réalisée à la mi-décembre
dernier par l'équipe du professeur Eric Truy, spécialiste
à l'hôpital Edouard Herriot de Lyon.
Souhaitant
intégrer l'armée, Pierre Alexandre Nouveau, né
avec une malformation de l'oreille gauche et une audition très
altérée s'était porté volontaire
à cette opération. Cette maladie rare, qui touche
1 pour 20000 naissances, entraîne une surdité dite
de transmission : les sons parviennent avec une perte de 60
à 70 décibels. La prothèse révolutionnaire
qui a été implantée, plate et longue de
5 cm, comprend un microphone, un processeur, une batterie (rechargeable
à travers la peau) et un transducteur délivrant
le message à loreille interne. Elle a permis d'ores
et déjà au patient de recouvrer environ 40 décibels.
"Au premier allumage, en février, le son était
assez brut, comme celui dun talkie-walkie", déclare
Pierre-Alexandre Nouveau.. "Au fur et à mesure
des réglages, et le temps que mon cerveau shabitue,
les sons sont devenus plus nets. Il reste encore une marge de
progression, mais jentends beaucoup mieux dans les endroits
qui résonnent". Seule contrainte : il faut une
heure par jour pour recharger la batterie, grâce à
un boîtier qui s'aimante sur la tête ( induction
électromagnétique à travers la peau du
crâne).
"La
plupart des malades subissent une opération de chirurgie
esthétique vers lâge de 8 ans, pour reconstituer
une oreille par autogreffe, mais cela ne corrige pas leur audition.
Pour eux, les prothèses totalement implantables posent
un défi chirurgical : il faut en effet respecter loreille
créée par chirurgie esthétique, ne pas
toucher au nerf facial, et opérer dans un environnement
inconnu, les malformations du conduit étant différentes
dun individu à lautre", a expliqué
le professeur Eric Truy.
Deux ou trois
autres opérations de ce type, financées sur le
budget "stratégie et opérations innovantes"
du CHU la prothèse coûte 2.500 euros
devraient avoir lieu dans lannée à Lyon.
Lobjectif à terme est dopérer les
patients souffrant daplasie bilatérale, qui représentent
20 à 30 % des cas, et dont la surdité est presque
totale.
*
De telles prothèses avaient déjà été
posées sur des patients ne supportant pas les prothèses
classiques parce que leur conduit auditif était trop
infecté ou déformé par des opérations
multiples. Mais cest la première fois en France
seule lAllemagne la précédée
quelle concerne une personne souffrant daplasie
auriculaire.
Pour
en savoir plus :
Département
d'ORL, de Chirurgie cervico-maxillo-faciale et d'audiophonologie
du
CHU de LYon
http://www.chu-lyon.fr/internet/chu/etablissements...
Que
la force soit avec le robot humanoïde
Christophe
Jacquemin 05/04/07
Le
professeur Yasuo Kuniyoshi et son équipe japonaise du
Laboratory for Intelligent Systems and Informatics de luniversité
de Tokyo vient de présenter à la presse son robot
humanoïde bipède capable de soulever un paquet de
30 kg dune étagère ou encore de tirer à
lui en le décollant du sol par dessous des deux bras
un mannequin de taille humaine de 66 kg.
Cette
réalisation représente une avancée sans
précédent et témoigne du savoir-faire des
Japonais en matière de robot humanoïde qui, jusqu'à
présent, était capable de porter des poids n'excédant
pas 10 kg.
Ce
record a été obtenu grâce à la simulation
puis limplémentation dans le robot de mouvements
copiant ceux des humains, mouvements dont lévolution
est contrôlée par environ 1800 capteurs de toucher
répartis sur quasiment tout le corps de l'humanoïde.
Celui-ci, qui mesure 1,55m pour 70 kg, est assez semblable à
Daneel, un robot créé précédemment
par la même équipe et capable de passer en moins
de trois secondes d'une position couchée sur le dos à
une position accroupie.
Pour porter ou tirer les objets, l'idée est ici d'utiliser
le corps entier de l'humanoïde grâce aux indications
des capteurs, surtout dans les mains et les pieds, qui aident
à déterminer la force nécessaire à
fournir par les différents membres.
Yasuo
Kuniyoshi vise maintenant la combinaison de la bipédie
avec le soulèvement dobjets pour que le robot puisse
porter un objet de 30 kg tout en se déplaçant.
L'humanoïde bientôt travailleur de force ? C'est
en tout cas ce qu'imaginait déjà le dramaturge
tchèque Karel Capek dans sa fameuse pièce de théâtre
R.U.R (Rossum's Universal Robots), dont la première a
été jouée à Prague en 1921 (le roman
est paru en 1920). C'est d'ailleurs le théâtre
qui popularisera le mot robot, mot inventé par Joseph
Capek, frère de Karel, traduction du tchèque "robota"
qui veut dire travail forcé, corvée.
Pour en
savoir plus :
Laboratory for Intelligent Systems and Informatics
http://www.isi.imi.i.u-tokyo.ac.jp/index.html
Sur Karel
Capek :
http://capek.misto.cz/obrazky/divadlo/theatre.html
Nanotechnologies
: le futur est plus proche que nous le pensons
Christophe
Jacquemin 04/04/07
C'est
sous ce titre "Nanotechnologies : le futur est plus
proche que nous le pensons" qu'est paru fin mars dernier
un rapport du "Joint Economic Commitee" du Congrès
américain. Si nombres d'articles paraissent ici et là
sur les applications potentielles des nanotechnologies, leurs
auteurs restent en général très prudents
sur les éventuelles dates d'arrivée sur le marché
des nouveaux produits qui en découlent. Ce rapport dresse
ici la feuille de route des nanotechnologies, proposant également
l'inventaire des domaines et des applications où elles
auront un fort impact.
Le rapport distingue 5 périodes clés :
Dans une
seconde partie, le rapport rappelle le rôle et les responsabilités
du gouvernement et des principaux organismes de financement
dans le contrôle éthique, environnemental et sociétal
de toutes ces avancées technologiques.
Pour en savoir plus :
Consulter le rapport (disponible gratuitement sur le site du
Congrès) :
http://www.house.gov/jec/publications/110/nanotechnology_03-22-07.pdf
NB : Le rapport cité ci-dessus n'aborde pas la question
des financements. Mais rappelons ici l'intérêt
porté aux nanotechnologies par le secteur militaire américain
(et aussi chez-nous par la Direction Générale
de l'armement] notamment dans la réalisation de "poussières
intelligentes" (smart-dust) ou de combinaisons protectrices
pour les soldats. Ainsi, alors que le nombre de militaires tuées
en Irak depuis le début de la guerre ne cesse d'augmenter,
l'armée américaine (via l'agence DARPA) concentre
ses recherches sur la conception de protections corporelles
plus efficaces, fondant tous ses espoirs sur les nanotechnologies.
Dans ce cadre, une armure liquide devrait être disponible
avant la fin 2007.
[voir notre article, Une armure
liquide bientôt commercialisée, Rubrique "Du
côté des labos"]
Un
robot amphibien
Jean-Paul
Baquiast 28/03/07
Une
nouvelle espèce de salamandre vient d'apparaître
dans les parages du lac de Genève. Elle a été
baptisée Salamandra robotica. Comme ce nom l'indique,
il s'agit d'un robot qui peut alternativement marcher et nager,
en utilisant les mouvements coordonnés de ses 4 pattes
et des anneaux de son corps. L'animal ne semble pas incommodé
par la qualité de l'eau du lac, certes en amélioration
depuis quelques mois. L'intérêt de ce robot, développé
par l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne,
est de simuler le système spinal des animaux de ce type,
nommé le central pattern generator ou CPG. Le
CPG artificiel est un composant programmé pour produire
des signaux coordonnés destinés aux différents
moteurs en charge des mouvements. Le rythme donné à
ceux-ci permet de commander soit la marche soit la nage. Pour
le moment, la salamandre ne s'adapte pas d'elle-même aux
changements de milieux. Mais les recherches se poursuivent pour
la rendre de plus en plus autonome.
On
trouvera sur le site de l'EPFL un texte assez complet décrivant
l'animal (http://birg.epfl.ch/page65446.html
). Un certain nombre de documents intéressant d'autres
types de robots animaloïdes y sont aussi disponibles. Nous
ne pouvons que féliciter nos amis suisses. Ils démontrent
ainsi la grande avance qu'ils ont prise dans ce domaine important
de la robotique simulant la vie.
Le
CNES dévoile sa base de données sur les observations
d'OVNI
Jean-Paul
Baquiast 28/03/07
On
sait que le CNES, pour le plus grand plaisir des auteurs de
romans fantastiques, a toujours porté attention aux observations
d'OVNI réalisées sur le territoire français.
Un groupe d'étude avait été constitué
à cette fin, le " Groupe d'études et d'informations
sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés".
Plusieurs milliers de cas ont été collectés,
avec le plus grand souci de sérieux, notamment quant
à la critique de la validité des sources. La base
de données ainsi constituée vient d'être
mise en ligne. Le CNES, selon le directeur du Geipan, Jacques
Patenet, n'a pas voulu se faire reprocher de cacher des phénomènes
inquiétants.
Cette
démarche constitue semble-t-il une première mondiale,
tout au moins de cette ampleur. Les scientifiques et les curieux
y trouveront matière à réflexion et fantasmes.
Qu'ils ne cherchent pas cependant d'images spectaculaires. Au
terme d'une recherche il est vrai superficielle nous n'en avons
pas trouvées. 75% des cas ont été expliqués,
le reste ne l'est pas. Ce qui ne veut pas dire qu'il s'agisse
de manifestations extra-terrestres. Mais on peut toujours rêver.
Geipan
http://www.cnes-geipan.fr/accueil.html
La
Bibliothèque numérique européenne Europeana
est désormais accessible
Jean-Paul
Baquiast 23/03/07
Nous
avons plusieurs fois fait mention du projet de Bibliothèque
numérique européenne, initialisé par la
Bibliothèque Nationale de France et notamment par son
président Jean-Noël Jeanneney. Les critiques se
sont multipliées sur ce projet, compte-tenu notamment
de l'écrasante présence de Google, tant par l'importance
des textes qu'il a numérisés que par l'efficacité
de son moteur de recherche. Pour ce qui nous concerne, nous
pensons que de toutes façons la BNF devait faire quelque
chose d'original, afin de valoriser à la fois ses collections,
sa culture bibliothécaire et la philosophie d'accès
qui est la sienne: publier en libre-accès, avec apport
de valeur ajoutée, les ouvrages libres de droits. Elle
devait aussi s'efforcer d'entraîner dans cette démarche
d'autres bibliothèques européennes. Voilà
qui est fait désormais.
Une
maquette avait déjà été présentée
à la fin de l'année. On peut dorénavant
accéder à un site opérationnel, qui a été
baptisé Europeana. La collection rassemble environ 12
000 documents libres de droits issus des collections de la BNF,
de la Bibliothèque Nationale Széchényi
de Hongrie et de la Bibliothèque nationale du Portugal.
Il s'agit de reproduction des documents originaux, mais numérisés
afin d'y rendre possible la navigation. Le moteur de recherche
est adapté de ce qu'avait proposé Exalead.
Il
s'agit d'une réalisation qui, pour le moment, ne pourra
intéresser qu'un public bibliophile. Par ailleurs, sa
dimension européenne reste réduite. Mais nous
pensons que, quelles que soient les difficultés et objections,
il faudra continuer et essayer d'impliquer davantage les institutions
européennes dans l'entreprise. Il n'est plus possible
désormais de reculer.
www.europeana.eu
Le
radar Marsis de la sonde européenne Mars Expres confirme
l'existence de quantités considérables de glace
d'eau aux pôles martiens
JPB-
CJ - 23/03/2007
Cette
estimation est le résultat d'une cartographie de l'épaisseur
du mélange de glace et de poussières réalisée
par l'instrument radar de Mars Express, qui a effectué
plus de 300 coupes virtuelles dans les strates de dépôts
recouvrant le pôle sud. Le radar est en mesure de «
voir » jusqu'à la limite inférieure des
couches glacées, qui par endroits atteint une profondeur
de 3,7 kilomètres en dessous de la surface. Des quantités
semblables ont été détectées au
pôle nord. Les strates de dépôts du pôle
sud de Mars couvrent une zone équivalente à une
grande partie de l'Europe.
Si l'eau ainsi détectée redevenait liquide (ce
qui est impossible vu la température de surface de Mars),
elle couvrirait la planète d'une couche uniforme de 11
mètres. Mais Mars dans sa jeunesse aurait hébergé
beaucoup plus d'eau, de véritables océans et des
fleuves, selon ce que fait supposer son relief actuel.
Le
radar Marsis (Mars Advanced Radar for Subsurface and Ionospheric
Sounding) a été développé conjointement
par le Jet Propulsion Laboratory et l'Université italienne
La Sapienza, sous la responsabilité de l'Esa.

Données obtenues par MARSIS montrant l'allure générale
des strates de dépôt au pôle sud martien
Pour
en savoir plus
Article
dans Science
(abstract) : "Subsurface Radar Sounding of the South
Polar Layered Deposits of Mars", par Jeffrey J. Plaut &
al.
Published Online March 15, 2007 Science DOI: 10.1126/science.1139672
Deuxième
Congrès de la Société de philosophie des
Sciences
.
Ce Congrès
se tient à Genève les 29, 30 et 31 mars 2007.
Nous ne pouvons que rappeler l'intérêt des approches
interdisciplinaires qu'organise la SPS. Il est dommage que les
interventions ne soient pas publiées en ligne, ni même
résumées, après un délai raisonnable.
Programme
du Congrès http://www.sps.ens.fr/activites/2007-2econgres/2econgres-programme.html
Site
de la SPS http://www.sps.ens.fr/