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Dans cette nouvelle page, nous présenterons en quelques lignes certains ouvrages scientifiques peu connus ou inconnus de la presse française.

The Last Human par Esteban Sarmiento et al. (Yale University Press 2007)

Ce livre remarquable, écrit par une équipe d'anthropologues de l'American Museum of Natural History de New York, décrit avec le plus de détails possibles, compte-tenu des restes qui nous sont parvenus, les différents représentants du genre homo, depuis 6 à 7 millions d'années jusqu'à nos jours. Les auteurs insistent sur le fait que, partie d'une diversité importante et qui aurait pu être très prometteuse, cette évolution s'est de plus en plus rétrécie, jusqu'à ne laisser survivre qu'une seule espèce, la nôtre. Ceci est exceptionnel chez les mammifères où la variété est de règle. On peut s'en inquiéter car si l'homo actuel disparaissait, nul ne prendrait le relais en temps utile. Plus inquiétante selon les auteurs est la cause de l'élimination des lignées antérieures. Elle fut probablement due, selon eux, non à des causes "naturelles", mais à une violence et un exclusivisme profondément inscrits dans les gènes de l'homo sapiens. Aujourd'hui, la même histoire se répète, l'humanité assistant sans réagir à la disparition des primates les plus proches de l'homme, massacrés pour leur viande par des braconniers.

On se prend à rêver cependant à ce que pourrait être la Terre et les civilisations humaines si coexistaient aujourd'hui encore, en toute amitié, des descendants des principales lignées aujourd'hui disparues. Ce rêve s'est peut-être éteint très récemment. On sait que les anthropologues actuellement à la recherche des origines de l'homme de Florès pensent retrouver dans le folklore verbal de certaines tribus le souvenir d'un petit être velu qui descendait la nuit de sa forêt pour venir leur voler des aliments. JPB 12/02/07


Michaël Chrichton, Next (Harper Collins 2007)

Ce nouveau roman du talentueux mais intellectuellement complètement dévoyé Michaël Chrichton n'a pas encore été traduit en français, mais le sera sans doute bientôt. L'auteur s'y montre fidèle à une méthode qui lui avait permis à ses débuts de jouer un rôle utile dans la vulgarisation des grands problèmes scientifiques d'actualité, mais qui en fait aujourd'hui un véritable escroc intellectuel. Comme dans State of Fear, où il avait tellement déformé la présentation des nanotechnologies que le Prince de Galles avait failli en avoir une attaque, il s'en prend ici aux expériences transgéniques dont le principe est autorisé en Grande Bretagne par la Human Fertilisation and Embryology Authority. Celle-ci estime que la réalisation d'embryons "chimériques" réalisés à partir d'ovocytes animaux dopés de cellules humaines peut permettre de produire des lignées de cellules-souches intéressantes pour la thérapeutique. La firme américaine Advanced Celle Technology avait prétendu avoir créée un hybride vache-homme, mais ceci n'avait jamais été démontré. De plus, l'hybride se limitait à quelques cellules et n'avait donc pas plus de cornes que d'attributs humains. Mais Michaël Chrichton ne s'embarasse pas de ces nuances. Dans Next, il met en scène un "humanzee" , mi garçon, mi-chimpanzé et un autre héros, mi-perroquet, mi enfant précoce. Il gratifie l'un et à l'autre d'aventures aussi horribles que compliquées destinées à provoquer un rejet définitif de tout ce qui est génie génétique. Le pire est que dans la bande annonce du livre, il annonce "Ceci ne décrit pas le monde de demain. Il s'agit du monde d'aujourd'hui". " Welcome to our genetic world. Fast, furious, and out of control. This is not the world of the future - it's the world right now" .

Les conservatismes divers se réjouiront de cette présentation sans nuances. D'ores et déjà l'honorable Donald Bruce, directeur du Society, Religion and Technology Project de l'Eglise d'Ecosse, appelle à s'élever contre ce qu'il appelle l'"animal-human cloning". C'est son droit, comme c'est le nôtre de ne pas encourager Chrichton dans sa course au dollar par le biais du mensonge scientifique. JPB 12/02/07


Jonathan Moreno, Mind Wars, (Dana Press, 2006)

Jonathan Moreno est directeur du Center for Biomedical Ethics à l'Université de Virginie, Etats-Unis. Dans ce livre, il fait l'historique des différentes méthodes utilisées par de nombreux pays, depuis la guerre froide, pour "lire dans les pensées" des prisonniers et plus, généralement, mener la "guerre de la conquête des cerveaux" (psychological warfare). Les méthodes ont évolué depuis l'usage du LSD jusqu'à l'exploration fonctionnelle du cerveau, en passant par les méthodes d emise en condition psychologique. L'auteur présente un certain nombre des programmes non couverts par le secret défense conduits aujourd'hui par la Darpa, pour le compte du Pentagone et de la CIA. Il ne s'en inquiète pas, reprenant à leur égard le discours convenu sur la nécessité de la lutte (long war) contre le théorisme. Ceci fait suspecter l'indépendance de ce Center for Biomedical Ethics. On sait bien que le premier geste du renard entré dans le poulailler est de créer un comité d'éthique. 12/02/07

* Voir aussi sur ce sujet un article de Time: Comment changer une personnalité? http://www.time.com/time/printout/0,8816,1580389,00.html


David Edgerton. The Schock of the Old. Technology and global history since 1900 (Profile Books, 2006)

L'auteur est professeur d'histoire des sciences et technologies à l'Imperial Collège de Londres. Dans ce livre, il montre que le monde d'aujourd'hui dépend et dépendra longtemps encore de technologies d'hier et d'avant-hier, qui vont du navire de commerce à la tôle ondulée pour la construction, en passant par la bombe atomique et la pilule. Ces technologies ne sont pas près d'être remplacées par les nouvelles technologies, malgré la surestimation de ces dernières qui est faite. Ainsi, pour lui, la globalisation est le fruit, en positif comme en négatif,du transport maritime et non de l'internet. Si progrès il doit y avoir, dans l'immédiat, il consistera à améliorer les technologies anciennes. Il cite le super-porte-conteneurs Emma Maersk de 400 m de long, dont la charge sera supérieure de 15% à celle des navires actuellement en service 1).

Ceci ne veut pas dire que les pays riches doivent porter aux nues les anciennes technologies qui font vivre les pays pauvres. La tôle ondulée pourrait être avantageusement remplacée par une solution sophistiquée. Encore faudrait-il que celle-ci soit financièrement accessible et ne crée pas dépendance à l'égard des producteurs des pays riches. J'ajoute personnellement que, dans la perspective de la crise climatique, la question va se poser avec acuité. Il faudra remplacer les anciennes technologies qui seront trop polluantes ou destructrices (ainsi les poëles à bois traditionnels) par d'autres dont le bilan écologique sera meilleur mais dont le coût ne sera pas supérieur. JPB 12/02/07

1) Mais s'agira-t-il d'un progrès si la machinerie n'est pas améliorée? On a vu récemment les dégâts que peut faire un porte-conteneur au moteur sous-dimensionné et mal entretenu.

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