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Infoxpress2

du 15 janvier au 31 janvier 2007

Nous proposons ici une nouvelle rubrique destinées à publier des informations brèves suivant de près l'actualité. Nous leur donnerons une tonalité politique (politique industrielle, politique scientifique, intelligence économique) qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à toutes les autres rubriques de la revue. La page Infoxpress ne remplacera pas la page ACTUALITES

 

Explosion à bord de Sea Launch

Source:. Space.com. Le premier lancement 2007 de la Sea Launch Company LLC s'est terminé par l'explosion à bord du lanceur Zenit 3SL portant le satellite de télécommunications SES New Skies NSS-8. Les dégâts sur la plate-forme semblent importants. On ne déplore pas de victimes, tous les équipages étant embarqués sur un navire d'assistance pendant les lancements. On ignore pour le moment la façon dont cet accident se répercutera sur le programme de tirs.

Ceci donnera en tous cas des arguments à ceux qui doutaient de la fiabilité d'une telle installation. 01/02/07

http://www.boeing.com/special/sea-launch/


Issy les Moulineaux dans le peloton de tête des villes intelligentes

Source Roger Grattery. Le Think Tank Intelligence Communities Forum lors du 29e Pacific Communications Council à Hawaï, vient de désigner les villes qui selon lui font le meilleur usage des TIC et de la large bande. En troisième se trouve Issy les Moulineaux. Aucune cité américaine n'a été retenue. Les citoyens d'Issy seront peut-être surpris de cet honneur. Ils connaissent surtout le grand déploiement médiatique de leur maire André Santini. Mais chacun sait que nul n'est prophète en son pays.

http://www.etworkworld.com/news/2007/012407-icf-ptc.html


Des pays européens acceptent le bouclier anti-missiles américain

Le gouvernement tchèque a accepté, le 24 janvier, la demande américaine d'accueillir sur son territoire une base relevant du système de bouclier antimissile que Washington souhaite mettre en place en marge de l'OTAN. Les oppositions internes ont été vigoureusement écartées. Dans le même temps, la Pologne, sans s'être encore prononcée, semble très tentée de suivre l'exemple tchèque. La demande officielle du gouvernement américain à la République tchèque et à la Pologne a été présentée le 19 janvier. La base américaine en République tchèque doit accueillir un radar, tandis que la base que Washington souhaite installer en Pologne accueillerait un site de lancement de missiles.

On peut se demander s'il appartient à des pays membres de l'Union européenne de prendre seuls des décisions aussi orientées au service d'une stratégie américaine de "Long war" contre le terrorisme aussi obscure que dangereuse. Le simulacre d'une démarche s'inscrivant dans l'OTAN ne peut tromper personne. D'ores et déjà le gouvernement russe a fait connaitre son étonnement et son inquiétude. A quoi dans ces conditions sert notre M. PESC Javier Solana. Que les juristes européens nous l'expliquent s'il vous plait. 25/01/07


Pour Bush, le réchauffement climatique n'existe toujours pas

Comme on pouvait le supposer, le discours sur l'état de l'Union de G.W.Bush au Congrès, le 23 janvier, n'a marqué aucun progrès dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le président s'est borné à recommander aux Américains de diminuer leur consommation de pétrole de 20% d'ici 2017. Mais ceci ne vise pas à réduire la production de GES, car G.W.Bush persiste à nier le caractère scietnifique des prévisions de hausse de la température globale: "the case has still to be made on global warming". Diminuer la consommation de pétrole vise seulement à rendre l'Amérique moins dépendante de ses importations du Moyen-Orient. Le pétrole non consommé sera remplacé par de l'éthanol, ce qui ne peut que plaire aux agriculteurs américains. On cherchera aussi à améliorer le rendement des moteurs à explosion.


L'Inde en route vers la Lune

(Source AP) Le 10 janvier 2007, un lanceur développé en Inde, le Polar Satellite Launch Vehicle PSLV-C7 avait mis en orbite une capsule (photo) de 550 kg, dans le cadre d'une expérience de réentrée (Space-Capsule Recovery Experiment). L'opération s'est bien déroulée puisque la capsule, après avoir orbité 11 jours, est en cours de récupération dans le Golfe du Bengale (22/01/07).

L'Inde n'a pas annoncé de programme habité vers la Lune, mais entend y envoyer une mission inhabitée en 2008.

Le lanceur PSLV-C7 avait décollé du Satish Dhawan Space Center à Sriharikota dans l'Etat de Andhra Pradesh. Il a mis en orbite simultanément, outre la capsule, 3 satellites: l'indien CARTOSAT-2, l'indonesen LAPAN-TUBSAT et l'argentin PEHUENSAT-1, le tout sur des orbites polaires à 635 km.

L'Europe ne devrait pas rester insensible à cette information.


L'IPCC plus inquiet que jamais concernant l'évolution du climat

On attend avec impatience le quatrième rapport de l’Intergovernemental Panel on Climate Change (IPCC), un des groupes officiels mis en place par la communauté internationale pour suivre l’évolution de la crise climatique. Ce rapport devrait être publié en février. Mais l'Observer s'en est procuré une version. Même si celle-ci n'est pas définitive, elle est plus inquiétante que jamais. http://observer.guardian.co.uk/uk_news/story/0,,1995348,00.html

" La fréquence des tempêtes dévastatrices, sur le modèle de celle qui vient de frapper l'Europe du Nord, va s'accroître considérablement. Le niveau d ela mer s'élèvera d'un demi-mètre sur le siècle, la neige va disparaître sauf sur les montagnes les plus élevées, les déserts vont s'étendre, les océans vont s'acidifier provoquant la mort des récifs coraliens, les vagues de chaleur mortelles vont devenir la règle.

L'impact de ces phénomènes forcera des centaines de millions de personnes à fuir leurs territoires dévastés, ce qui créera des vagues d'immigrations qui mettront en péril l'économie des pays les plus riches. "

Il est clair dans ces conditions qu'aucun gouvernement ne devrait désormais accepter de fermer les yeux sur ces prévisions. La Grande Crise est là et bien là. Nous verrons ce qu'en dira G.W. Bush dans son discours sur l'Etat de l'Union mercredi prochain. 22/01/07


Fuite en avant technologique américaine en Irak

La lecture de la presse américaine, celle du moins qui est inspirée directement par le Pentagone, lui-même inspiré directement par les pressions des industriels fournisseurs de la Navy et de l'Air Force, est stupéfiante. Manifestement, le Pentagone ne compte absolument pas sur les 25.000 hommes envoyés en renfort dans le cadre du "surge" proclamé par G.W.Bush pour améliorer la situation sur le terrain. Ce qui tirera l'Amérique d'affaire, en neutralisant définitivement les "terroristes", sera un recours plus exacerbé que jamais aux technologies centrées sur les réseaux de communications. Chaque commandant d'unité sera connecté aux autres et à de multiples capteurs aériens et satellitaires de façon à identifier et intercepter tous les mouvements de l'ennemi. A la suite de quoi des frappes "hit and kill" détruiront immédiatement les suspects, y compris évidemment au sein de ce qui reste de villes en Irak. Des systèmes plus sophistiqués les uns que les autres sont complaisamment décrits par les journaux techniques, par exemple la nouvelle génération du F35 dotée d'une nouvelle étonnante propriété, la "Spherical Situation Awareness" lui permettant de toutentendre et tout voir partout (cf http://www.dedefensa.org/choix.php?link_id=6986&comm=1). L'Etat-major semble également beaucoup compter sur le fameux LM F 22 Raptor conçu comme un avion totalement discret (stealth) destiné à intervenir dans des conflits traditionnels avec des adversaires équipés de puissants radars. On mesure l'intérêt d'un tel engin face à des combattants terrés dans des caves et armés au mieux de simple bazookas. (cf. http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3615 ).

Ce délire verbal au service du délire technologique devrait faire réfléchir, notamment les diplomaties européennes. Est-ce que toutes ces guerres américaines, en Irak après l'Afghanistan, et peut-être un jour en Iran, ont vraiment pour but la défense de l'Occident contre un ennemi mondialement acharné à se perte? N'ont-elles pas simplement pour but de donner aux entreprises du lobby militaro-industriel l'occasion de signer de mirifiques contrats? Après le pétrole, l'électronique comme moteur de la déstabilisation du Moyen Orient? Les ingénieurs et scientifiques qui travaillent dans ces secteurs feraient peut-être bien d'y réfléchir. Il vaudrait mieux pour tout le monde que leur énergie soit dépensée au service de la lutte contre les méfaits du réchauffement global, évoqués ci-dessus. 22/01/07

PS. : On ajoutera que dans le même temps, de hauts responsables de l'Air Force américains craignent de ne plus pouvoir utiliser les avions de combats en appui sol du fait du "jam" c'est-à-dire du brouillage provoqué par l'abus des leurres provenant de l'infanterie. Plus récemment, l'emploi des hélicoptères d'assaut, suite à de nombreuses pertes, a fait l'objet d'un ré-examen approfondi. Comme quoi la technologie trouve des limites, dans les guerres de 4e génération. 02/02/07


Le scandale BAE

On avait tendance jusqu'à présent à parler du scandale Yamamah, pour désigner les procédés par lesquels les représentants du géant aérospatial britannique avaient obtenu de l'Arabie saoudite un gigantesque contrat de fourniture dans le domaine de l'aviation militaire. Les soupçons très forts de corruption n'avaient pu être prouvés, pour une raison simple. Le gouvernement britannique avait pris ce dernier automne l'initiative de suspendre l'enquête, pour ne pas indisposer les autorités saoudiennes, à une époque où la bonne volonté des Etats arabes modérés est sans prix.

Mais le scandale ne se laisse pas étouffer aussi facilement. L'OCDE s'en inquiéte actuellement. Par ailleurs, au sein même de l'establishment britannique, on commence à trouver que derrière le scandale Yamamah se profile un autre scandale, bien plus gênant, celui par lequel BAE, anciennement fleuron de l'industrie britannique, est passé progressivement sous le contrôle du gouvernement et de l'industrie américaine. Du fait des liens étroits entre BAE et les institutions britanniques, ce sont celles-ci qui se révèlent soumises, plus encore que l'on pouvait l'imaginer, à l'influence du lobby militaro-industriel américain. Il s'agit d'un aspect des "special relationships" qui lient la Grande Bretagne et l'Amérique, sur lequel l'Europe de la défense ne peut pas faire l'impasse. Ou bien en effet les Anglais, quand ils parlent de défense européenne et plus généralement de diplomatie européenne, acceptent de prendre du recul vis-à-vis de BAE devenu le représentant du lobby militaro-industriel américian, ou bien ils ne peuvent être considérés par les autres Etats européens comme habilités à parler de défense européenne.

La question n'est pas anodine, lorsqu'il s'agit de programmes d'armements. La France en fait l'amère expérience, quand elle voit ses propositions concernant l'adoption du Rafale systématiquement contrées par les Britanniques et les Etats influencés par eux et par l'Amérique. Mais il n'y a pas que le Rafale. Tous les systèmes d'armes que l'Agence européenne de l'Armement pourrait envisager de financer seraient également en butte à l'hostilité de BAE et via BAE, des Américains, s'ils ne sont pas directement confiés à BAE..

Rappelons que, derrière les Américians, il faut voir dans ce domaine Lockheed Martin, dont l'influence sur l'establishment des Etats-Unis est au moins aussi grande que celle de BAE sur l'establishment britannique. Sans tomber dans le scénario noir, on pourrait facilement monter qu'une grande part de l'histoire contemporaine de ce que l'on appelle encore l'Occident a été écrite par les représentants occultes et associés de Lockheed et de BAE. Si le futur gouvernement britannique, celui qui succédera à celui dirigé par Tony Blair, ne comprend pas que ces liens adultères doivent être rompus, il perdra de plus en plus le droit de participer à la construction européenne.

Rappelons aux naïfs qu'ils avaient tort de s'étonner de voir l'Arabie Saoudite ne pas accueillir avec enthousiasme le projet d'acquisition d'avions Rafale défendu par Jacques Chirac lors de sa dernière visite d'Etat. Les dés étaient depuis longtemps pipés.

Sur Yamamah et plus généralement BAE, on lira l'incontournable source que représente le site Dedefensa. Voir notamment http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3610 et les autres articles associés, notamment http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3609.


Il est désormais minuit moins cinq à l'horloge de l'Apocalypse

La Royal Society de Londres s'est réunie le 17 janvier à l'initiative du conseil de direction du Bulletin of Atomic Scientists pour alerter l'opinion sur le double danger imminent qui menace dorénavant l'humanité: une reprise du risque de conflagration nucléaire et une crise climatique d'une ampleur sans précédent. En conséquence de quoi la célèbre grande aiguille de la Doomsday Clock qui mesurait depuis la guerre froide le temps nous séparant de l'apocalypse a été avancée de deux minutes vers minuit (de minuit moins sept à minuit moins cinq).

Le cosmologist Stephen Hawking (dont on sait qu'il est désormais pratiquement paralysé mais a conservé l'entière disposition de ses facultés intellectuelles), a rappelé la responsabilité des scientifiques face à la nécessité d'alerter l'opinion et les décideurs des risques encourus par le monde. La vie sur Terre pourrait sous peu se trouver totalement transformée.

Lord Rees of Ludlow, président de the Royal Society, a confirmé ces propos en affirmant que l’effet des activités humaines sur la biosphère, le climat et les océans est sans précédent. Il s'agit, selon l'expression qu'il a utilisé, de "menaces sans ennemis", ce qui ne doit pas empècher de les considérer comme une priorité politique au moins aussi grande que les risques nucléaires découlant de l'échec de la non-dissémination.

Philippe Grasset fait dans le bulletin Dedefensa, à propos de cet évènement, deux observations que nous approuvons pleinement:

La première concerne la “politisation” accélérée de la crise climatique, — dans le bon sens du terme. La crise climatique est en train de prendre une place fondamentale, aussi importante que les matières politiques et idéologiques les plus importantes Le fait qu’elle soit considérée de la même façon que le danger d’affrontement nucléaire, qui est un événement hautement politique, est significatif.

La seconde, concernant l'appel à la mobilisation du monde scientifique, est que l'optimisme dans les possibilités libératrices de la science est en train de se transformer en pessimisme. Ceci parce que l'humanité semble se révéler incapable de maîtriser les effets destructeurs de l'évolution technologique. Ce serait la première fois en 400 ans qu'un tel sentiment pénétrerait la communauté scientifique. Le pessimisme scientifique né en 1945 à la découverte des destructions que pouvait provoquer la bombe atomique n'avait pas duré longtemps. Aujourd'hui, les menaces semblent tellement diversifiées et incontrôlables que le pessimisme scientifique reprend de plus belle, du moins chez les scientifiques qui s'efforcent de rester conscients. 19/01/07

* Sur Stephen Hawking, lire http://news.independent.co.uk/environment/article2171680.ece


Missile tueur de satellites en Chine

Les Chinois ont testé avec succès le 11 janvier un missile tueur de satellites. C'est un article de l'hebdomadaire Aviation Week confirmé par les agences de renseignement américaines dont la CIA et la NSA, qui a fait connaître l'évènement, non encore commenté par le gouvernement chinois. Lors de cet essai, les Chinois auraient détruit à 800 km d'altitude un vieux satellite météo leur appartenant, avec une charge lancée par un missile balistique. Le lancement aurait eu lieu depuis le centre spatial de Xichang, dans le Sichuan. La collision a eu lieu à quelque 800 kilomètres au-dessus de la Terre. Les spécialistes craignent que cette destruction ait répandu de nombreux débris dans une zone très fréquentée par les satellites.

La Chine devient après les Américains et les Russes la 3e puissance spatiale capable de cet exploit militaire. La Japon et l'Australie s'inquiètent, mais surtout les Etats-Unis. Ils avaient jusqu'ici affirmé ne pas accepter qu'un Etat puisse mettre en danger leur maîtrise de l'espace, qu'ils veulent absolue. Le tir de missile a été commenté, le 18 janvier, à Washington, par le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Gordon Johndroe. Il s'agit d'un acte "en contradiction avec l'esprit de coopération auquel les deux pays aspirent dans la zone de l'espace civil".

La Chine, que le Pentagone soupçonne de dépenser de deux à trois fois plus en budget militaire annuel que les 35 milliards de dollars officiellement déclarés, fait surtout montre, en procédant à ce tir, de sa capacité à neutraliser des satellites militaires ou espions d'autres pays. Une démonstration de force qui signalerait une confiance nouvelle des Chinois dans leur technologie militaire, malgré l'embargo imposé en 1989 par l'Occident aux ventes d'armes.

Début janvier, China Aviation Industry Corp. présentait d'ailleurs à la presse chinoise un modèle de Jian-10, son avion de combat de dernière génération. "La Chine est devenue le quatrième pays capable de développer ses propres chasseurs avancés, ainsi que des réacteurs et des missiles", avait alors déclaré Geng Ruguang, le vice-directeur général du groupe aérospatial chinois.

Cet exploit montre aussi le retard de plus en plus grand pris par l'Europe dans le domaine du spatial militaire. L'Europe serait incapable de se défendre contre des armes balistiques s'en prenant à ses propres satellites. Est-ce pour autant que les négociations pour la démilitarisation de l'espace, qui ne progressent pas depuis 40 ans, du fait principalement du refus américain, pourraient être relancées. La perspective apparaît peu probable. 19/01/07


Réunion scientifique de la Société Européenne de télémédecine

Nous sommes heureux de relayer l'invitation de la Société Européenne de télémédecine à participer à sa réunion scientifique du 29 janvier 2007. Elle se tiendra à Paris, Université René Descartes, 12 rue de l'Ecole de médecine, 75006. Elle sera présidée par les Professeurs Dhainaut président de René Descartes et Louis Lareng, président de la Société.
Programme http://www.societetelemed.eu/doc/SET/Set-Fr-2007-01-29.pdf

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