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Infoxpress1

du 1er janvier au 15 janvier 2007

Nous proposons ici une nouvelle rubrique destinées à publier des informations brèves suivant de près l'actualité. Nous leur donnerons une tonalité politique (politique industrielle, politique scientifique, intelligence économique) qu'il n'est toujours pas possible d'imposer à toutes les autres rubriques de la revue. La page Infoxpress ne remplacera pas la page ACTUALITES

L'accord Microsoft/Inria, grand succès pour la recherche française ou accélération du pillage des compétences?

1. La presse bon teint se félicite de l'accord entre l'Inria et Microsoft relatif à la création d'un centre de recherche commun au sein du pôle de compétitivité System@tic. Voici quelques phrases (en italique rouge) extraites de l'article dédié à cette information par Annie Kahn du Monde (12/01/07, p. 14) avec les réflexions que pour notre part ceci nous suggère:

LM: " Trente chercheurs, dont les thésards, post-doctorants et ingénieurs, y collaborent déjà. Ils devraient être une centaine à terme à travailler sur des sujets de recherche fondamentale, dont les résultats pourront demander une dizaine d'années avant d'être appliqués dans l'industrie. Les deux partenaires apportent des moyens équivalents. Microsoft détachera moins de chercheurs, mais plus d'argent. L'Inria investira davantage dans les infrastructures, et la prise en charge de chercheurs non permanents. "

Nous comprenons que Microsoft se paye (à partir de sa fortune multi-milliardesque) des chercheurs français ou européens, que l''Inria aurait pu recruter pour son seul compte s'il avait disposé de quelques millions de ressources provenant de la recherche publique française ou européenne.

LM: " Georges Gonthier, un Français, ancien chercheur à l'Inria, désormais salarié de Microsoft Research à Cambridge (Angleterre), et Benjamin Werner, chercheur à l'Inria, tous deux très connus dans la communauté des chercheurs en informatique pour avoir démontré le théorème des quatre couleurs, rejoignent aussi le centre pour y diriger un projet."

Qui seront les prochains salariés de Microsoft?

LM: " L'Inria a déjà monté des partenariats de ce type avec d'autres entreprises : France Télécom, Alcatel, Thales, et dans le passé Bull. De nombreuses start-up en sont issues, dont Trusted Logic et Kelkoo."

Est-ce exactement la même chose pour un organisme de recherche européen que travailler pour Microsoft ou pour les entreprises européennes citées par l'article? "

LM " Ce nouveau centre de recherche est un pilote, affirme Eric Boustouller, PDG de Microsoft France, qui envisage d'intensifier les collaborations avec d'autres établissements de recherche. Microsoft finance des chaires ailleurs dans le monde. Nous y réfléchissons en France, avec Polytechnique, en particulier. Le Centre commun de recherche fondamentale créé avec l'Inria sera un point du maillage que nous mettrons en place."

On ne comprendrait pas en effet que Microsoft ne profite pas de ce premier succès pour étendre son maillage.

LM " Le centre sera très ouvert à d'autres collaborations, insiste-t-on tant à l'Inria que chez Microsoft. Situé sur la zone du pôle de compétitivité System@tic, il fera également partie du réseau thématique de recherche avancée (RTRA) Digiteo, qui outre l'Inria, réunit des laboratoires du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), du CNRS, de l'Ecole polytechnique, de l'Ecole supérieure d'électricité et de l'université Paris-XI (Orsay). "

Autrement dit, toutes les bonnes idées qui viendront de ces divers centres se retrouveront directement non seulement chez Microsoft mais dans les agences américaines pratiquant à grande échelle l'espionnage économique. Beau succès en effet.

2. Pour être objectif, nous joignons ce commentaire tout différent, reçu d'un correspondant:

" J'ai toujours autant de mal que lors de l'annonce de ce partenariat à comprendre quel est exactement le problème. Alors que certains déplorent la faiblesse des investissements de MS en France, voila un accord intéressant, en des termes que l'on ferait bien de comparer à ceux des autres contrats liant l'INRIA à une entreprise...

La polémique sur la nationalité de la société me semble toujours aussi déplacée et relevant d'un nationalisme (ou d'un européisme, soit la même couche mais cachée sous un drapeau bleu étoilé) de mauvais aloi. Aurait-on vraiment préféré que Microsoft fasse plutôt ce partenariat ailleurs ??? Les entreprises françaises (européennes) ont-elles des centres de recherche uniquement en France (Europe) ? Non, heureusement.

Mais ce qui me choque encore plus, c'est la réaction horrifiée à l'idée que des chercheurs soient recrutés par un partenaire privé... Cela doit être un équivalent moderne de la chute du paradis... :-) Sans parler du fait que le public aurait le monopole de la recherche... Surtout en logiciel... On croit rêver...

Le vrai problème serait pour moi surtout que seul Microsoft soit capable de faire ce genre d'accord. C'est plutôt à créer les conditions pour que cela n'arrive pas que nous devrions nous atteler, non ?"

C'est un des problèmes, en effet, mais pas le seul. Microsoft n'est pas une entreprise comme les autres. On pourrait plutôt la comparer, dans son domaine, à Lockheed Martin. Sur cette dernière, voir Playboy. Dans ce texte, le journal explique comment Lockheed Martin a pris les pleins pouvoirs en Amérique http://www.playboy.com/magazine/features/lockheed/download.pdf

3. Pour rester objectif, nous publierons cet autre propos, tout à l'opposé, d'un autre correspondant:

"Que n'avait-on pas entendu, et qu'on continuera à entendre à nouveau. Ce type de "partenariat" est excessivement rentable pour Microsoft. Pour quelques dizaines de millions d'Euros (une somme ridicule, en fait, à l'échelle d'un gouvernement), Microsoft se positionne à la source pour :

- se mettre en position de force pour acquérir à moindre frais les innovations intéressantes ;

- empêcher de fait l'émergence de compétiteurs potentiels, spin-offs de laboratoires étrangers, qui pourraient lui demander plus d'énergie à combattre par la suite ;

- affaiblir les Etats européens, en ce que les innovations "Microsoft" ne génèreront pas de taxes pour les autres Etats, mais aux USA. C'est la "double taxe" : le contribuable Français paye pour l'éducation de ses ingénieurs, et repaye aux Etats-Unis pour les produits qu'ils ont imaginé. C'est même la "triple taxe", car dans le cas de ces chercheurs c'est aussi le contribuable qui paye leurs salaires ;

- se faire une pub d'enfer auprès des jeunes polytechniciens et autres élites qui décideront plus tard s'il faut mettre du Microsoft ou du Linux dans les administrations.

Et ils sont où, les avantages pour la France ?

Ce labo est, du point de vue stratégique, une défaite immense. Et le choix de la France n'est à mon sens pas innocent."


La transmission de pensée par ordinateur

Source IT. Wales http://www.itwales.com/997730.htm. Le Dr Ken Warwick, célébre dans le monde entier par les greffes audacieuses de processeurs bioniques qu'il pratique sur lui-même, explique dans cet interview qu'il prévoit à échéance de 10 ans la possibilité de communiquer directement de cerveau à cerveau par des liaisons électroniques. Au début, les messages seront rudimentaires, analogues à ceux qu'échangeaient les premiers postes télégraphiques au 19e siècle. Mais dans les décennies suivantes, les échanges de pensées pourront s'enrichir et se diversifier. Ainsi aujourd'hui la télévision est infiniment plus riche que l'antique télégraphe. Pour Ken Warwick, incontestablement, une humanité nouvelle, faite de ceux qui accepteront ces modes de communication, soit entre humains, soit avec des machines, émergera et se distinguera de ceux qui en resteront aux anciens modes de communication.

On sait que le Dr Warwick avait pendant quelques semaines expérimenté avec sa femme ce mode de communication. Nous pensons pour notre part que le progrès des BCI (Brain computer interface) non invasifs présentés dans notre numéro précédent permettra d'éviter ces greffes toujours pénibles et susceptibles de s'infecter.

* voir le site de Ken Warwick http://www.kevinwarwick.com/


La mise hors service de Mars Surveyor serait due à une erreur humaine

Source: The Register http://www.theregister.co.uk/2007/01/11/upgrade_not_so_much/
La Nasa (JPL) avait annoncé il y a quelques semaines que le vétéran des orbiteurs martiens, Mars Surveyor, était entré spontanément dans le mode Safe, ce qui l'empêchait de communiquer avec la Terre. Cette aventure avait été attribuée à la vieillesse. Le diagnostic serait différent aujourd'hui. Mars Surveyor serait encore vaillant, s'il n'avait pas été victime d'une erreur humaine dans l'enrichissement d'un de ses logiciels. Quoiqu'il en soit, il parait aujourd'hui mort et bien mort.

Nous citons: "According to reports, John McNamee, deputy director of solar system exploration at NASA's Jet Propulsion Laboratory, has said that a preliminary investigation already highlighted bad software as a possible cause of the Surveyor's problems. He says a botched upgrade in June 2006 could be to blame.
The upgrade was supposed to improve that craft's flight processors, but instead, it seems to have instructed the craft to turn one of its cooling radiators towards the sun. Over time, this has overheated the battery, forcing the Global Surveyor into safe mode.
If a software glitch is confirmed as the cause of the craft's untimely demise, the investigation will then focus on why the bug was not spotted before the code was dispatched. "


Le créationnisme frappe encore

Michaël Shermer, éditeur du site e.skeptic, dont le nom résume le programme, nous fait part dans un article récent des nouvelles avancées du créationnisme aux Etats-Unis et du soutien que cette doctrine reçoit des autorités fédérales (voir http://www.skeptic.com/eskeptic/07-01-10.html). Ainsi, selon le Dr. Donald R. Prothero, professeur de géologie à l'Occidental College de Los Angeles, et chargé de cours en géobiologie au California Institute of Technology à Pasadena, les rangers travaillant dans le Park National du Grand Cannyon ont reçu l'ordre de ne pas mentionner l'âge des couches géologiques de cette célèbre formation, pour ne pas heurter les convictions religieuses fondamentalistes des visiteurs. Beaucoup de ceux-ci professent en effet le créationnisme, attribuant selon la Bible à la Terre un âge ne dépassant pas 5 à 6.000 ans. Il s'agit d'instructions émanant directement de l'autorité fédérale et s'imposant aux employés du Park. Dans le même esprit, de nombreuses croix et panneaux d'information ont été érigées sur le site pour expliciter les messages bibliques.

Ces outrances conduisent à ne pas soutenir entièrement le point de vue du théologien français Jacques Arnould. Celui-ci, dans un livre récent "Dieu versus Darwin. Les créationnistes vont-ils triompher de la science?" (Albin Michel, 2006) fait l'historique, en les dénonçant, des errements du Créationnisme. Mais assez curieusement, il conclut en appelant à éviter également le dogmatisme scientifique, qu'il baptise de scientiste. Entre fanatisme religieux et scientisme, il ne devrait y avoir selon lui ni vainqueur ni vaincu, mais "à la manière des universités médiévales, une dispute entre acteurs dont l'objet serait le sens de la vie et de l'existence humaine".

Il faudrait savoir quand même de quoi l'on parle. L'âge du grand Cannyon et l'histoire darwinienne de l'évolution n'ont rien à voir avec le sens de la vie et de l'existence humaine. Je veux bien, en tant que matérialiste, discuter avec des spiritualistes du sens à donner à ces deux concepts, mais que la "dispute" ne se mêle pas d'expliquer aux scientifiques ni aux étudiants ce qui s'est passé sur Terre depuis l'apparition de notre planète. 10/01/07


Naissance du groupement de recherche du CNRS Or-Nano

Source Le Monde, 09/01/07, p. 9. Le CNRS annonce le lancement d'une structure fédérative regroupant une quarantaine d'équipes, visant à étudier les applications des nanoparticules d'or. Ce groupement de recherche, baptisé Or-nano (rien à voir avec l'ancien ministre de l'industrie Michel d'Ornano), étudiera les nombreuses applications industrielles, chimiques, thérapeutiques, permises par les nano-particules d'or. Celles-ci peuvent jouer des rôles importants, notamment comme agent de catalyse, par exemple pour oxyder le CO en CO2 dans les pots d'échappement et les piles à combustibles. Le coût du métal précieux, malgré ce que l'on peut croire, est moindre que celui du platine ou du palladium.

* GDR Or-nano http://www.insp.upmc.fr/or-nano/)


Le robot français NAO progresse

La start up française Aldebaran Robotics, comme promis, nous donne de ses nouvelles. La plateforme robotique humanoïde NAO est en bonne voie de développement. Quant à l'équipe, elle semble en pleine forme. Nous lui souhaitons une bonne année et les retombées qu'elle mérite. Affaire à suivre donc. http://www.aldebaran-robotics.com/ 07/01/07

Lu sur le site: "Le projet a été lancé début 2005 et vise à mettre à la disposition du grand public, pour un prix abordable, un robot humanoïde disposant de fonctions mécaniques, électroniques et cognitives dignes des prototypes de recherche (voir graphique ci-dessous).
Livré en standard avec des comportements de base, le robot sera dés sa commercialisation le support idéal pour s’initier à la robotique puis, enrichi de nombreux comportements, il deviendra un compagnon autonome pour toute la famille. Il évoluera ultérieurement de son rôle de compagnon vers une vraie fonction d’assistance pour les tâches quotidiennes (surveillance, télé-assistance, informations, lien réel-virtuel…).
Disposant d’une interface de programmation très intuitive, il permettra à tous les membres de la famille de découvrir la robotique en s’amusant. Véritable concentré de nouvelles technologies, notre robot saura également combler les amateurs de nouvelles technologies les plus exigeants ".


Exploration robotique de Mars. Succès américains. Report sine die des projets européens

La Nasa peut à juste titre se féliciter du fait que ses deux robots d’exploration martienne Spirit et Opportunity viennent de fêter avec succès leur 3e année de service sur la planète rouge. Contre toute attente, ils sont encore opérationnels et, grâce à des logiciels up-gradés à distance par les techniciens du JPL, ils promettent encore de nouvelles moissons de données aux scientifiques. Dans le même temps, le puissant vaisseau orbiteur Mars Reconnaissance Orbiter (mro) a remplacé avantageusement son prédécesseur Mars Global Surveyor arrivé en fin de vie. Sa précision est égale à celle d’un satellite espion terrestre. Pour les mois à venir, par ailleurs, la Nasa se prépare à lancer deux nouveaux robots d’exploration, Phoenix en août 2007 et le gros Mars Science Laboratory (msl) fin 2009.

Pendant ce temps là, l’Esa européenne voit ses projets sur Mars reportés de plusieurs années, - ce qui dans la perspective de la compétition avec la Nasa, veut presque dire sine die. La mission Exomars qui devait déposer un robot d’exploration sur Mars en 2009, est remise à plus tard pour des raisons de crédits. Il aurait fallu que l’Esa ait pu faire appel à une fusée Ariane 5 plutôt que la fusée Soyouz initialement prévue pour raisons d’économie. En effet, une Ariane permettrait d’emmener, outre le rover, un orbiteur européen capable de lui servir de relais vers la Terre. Sinon l’Esa serait obligée de compter sur la bonne volonté de la Nasa, dont les Européens ont de bonne raison de douter.

Faute d’accord financier pour abonder un crédit calculé trop court (650 millions d’euros), l’Esa devrait dans la meilleure des hypothèses attendre 2013. On est loin des ambitions visant à faire de l’exploration martienne la pierre de touche d’une volonté européenne de participer avec ses propres moyens au retour sur la Lune et sur Mars. Ainsi, faute de quelques centaines de millions d’euros (1,50 euro par tête d’européen), l’Europe va voir le cinéma spatial autour de Mars se dérouler sans elle. Il en sera de même évidemment des futurs programmes lunaires, américains et chinois 07/01/07

* Mars Reconnaissance Orbiter http://marsprogram.jpl.nasa.gov/mro/
* Mars Science Laboratory http://mars.jpl.nasa.gov/msl/


Windows Vista, oui ou non?

Microsoft présente son nouveau système d’exploitation pour PC, Vista, comme apportant des avantages considérables. Voir
http://www.microsoft.com/Windowsvista/ ou http://www.microsoft.com/windowsvista/getready/default.mspx

Tout est présenté comme incontournable pour les utilisateurs de PC, qui n’auront pas d’autres choix qu’acheter Vista et ses nombreuses fonctions incluses dont on ne sait à peu près rien. Néanmoins, le milieu du logiciel libre réagit et dénonce ce qu’il appelle un véritable coup d’Etat réalisé aux dépends des possesseurs de PC et matériels compatibles. Ce sont les spécifications de la fonction dite de « protection de contenu » de Vista qui sont les plus critiquables. On trouvera une longue analyse de la question dans la note « Analyse du coût de la protection de contenu de Windows Vista » à l’adresse http://chl.be/vista/

Selon le résumé de ce document, nous citons : « Windows Vista inclut une refonte totale des éléments au cœur de l'OS, afin d'assurer la protection de contenu pour le dénommé "contenu de première qualité", typiquement des données HD issues de sources Blu-Ray ou HD-DVD. Assurer cette protection engendre des coûts considérables en termes de performance et stabilité du système, de surcoût pour le support technique, et du coût du matériel et du logiciel. Ces problèmes affectent non seulement les utilisateurs de Vista mais aussi l'industrie des PC toute entière, puisque les effets des mesures de protection s'étendent pour couvrir tout matériel et logiciel qui communiquera au final avec Vista, même si il n'est pas employé directement avec Vista (par exemple du matériel d'un ordinateur Macintosh ou d'un serveur Linux). Ce document analyse le coût induit par la protection de contenu de Vista, et les dommages collatéraux que cela implique dans toute l'industrie informatique. »

Pour ceux qui ne se sentiraient pas de taille à entrer dans des considérations de cette nature, la meilleure solution sera, lors de l’acquisition d’un nouveau matériel, de renoncer une bonne fois aux systèmes d’exploitation vendus par Microsoft. 08/01/07

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